ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, — | à SOIXANTE ET UNIÈME ANNÉE. — ge SÉRIE, T. 22. Mo. Bot. Garden, 1896. san eenen ACADÉMIE ROYALE DE BELGIQUE. | BULLETI ze . fs Ee BULLETIN DE L'ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE. 1891. — Ne 7, CLASSE DES SCIENCES. Séance du 4 juillet 1891. M. F; Prarrav, directeur. M. le chevalier Enom. Marcuau, secrétaire perpétuel. Soni présents : MM. F. Folie, vice-directeur; PJ. Van ‘CORRESPONDANCE. M. le docteur J. Crocq, membre de l’Académie royale de médecine, demande le dépôt dans les archives d’un billet cacheté qu’il a remis au secrétariat sous la date du 9 juin dernier. — Accepté. — La Classe apprend avec un vif intérêt la célébration, le 9 août prochain, du cinquantième anniversaire da doc- torat de l’un de ses associés, M. le professeur D" A. W. von _ Hofmann, de Berlin. — Une lettre de félicitations lui sen de adressée. i = — M. le Ministre de PIntérieur envoie, pour la biblio- thèque de EA un sen des ouvrages sui- MS = 4° Archives de biologie, t. X, XI, fasc. Let; - æ Annales du cercle hutois des sciences, t. VIII, ar et # Kans’, S Le Cellule, recueil de cytologie, t. VI, 14” et 2 fa eles. < — — Remerciements. rr Brésil en 4889 laati D. à l'occasion exposition universelle de Paris); vaçáo du passagem de Venus em 1882; Un n explorateur brésilien : rea kilomètres de - 2 ) (9 à litre d’ nb à les ouvrages La Classe reçoit encore, suivants : » 1° Introduction à la géométrie des espaces à trois dimensions; par A. Calinon. Présenté par M. J. Delbœuf ; = X A. Sur un mémoire de M. W. von Bezold relatif à la theorie des cyclones ; B. Sur les courants de déversement qui donnent naissance aux cyclones ; par H. Faye, associé; 5° A. De la phagocytose et de l'absorption de la graisse dans l'intestin ; B. II° nederlandsch natuur- en geneeskun- dig Congres, tenu à Utrecht les 5 et 4 avril 1891; p Description d'une naine, idiotie, microcéphalie anté- rieure, persistance du trou de Botal, etc.; par le D: E. Houzé; 5° A. Notice sur les mœurs des batraciens, 5e fascicule; B. Le discoglosse du Nord de Afrique et son acclimatation en France; C. Nouveaux faits d’hybridation observés chez es batraciens anoures; par Héron-Royer; 6° A. Le développement du sang dans le foie embryon- naire; ; B. Contribution à l’étude du mécanisme de la crétion urinaire; par O. Van der Stricht. — Remercie- — M. von Flatt, de Elesd, vià Grosswardein- (Hongrie), soumet une liste de noms de graminées en langue latine, | en demande Ja traduction dans la langue vulgaire du 1° Note sur les dépôts wealdiens et néocomiens du sud- est de la Hesba; ye et du sud du Brabant; par le major Verstraete. — Commissaires : MM. Dupont et Briart; ( 4) DH Sur une nouvelle théorie scientifique; par Ed. was à Bruxelles. — Commissaire : M. Lagrange. RAPPORTS. Sur un procédé de généralion de la surface iv par Fr. Deruyts. Rapport de MC. Le Paige. Dans un beau travail, couronné au concours universi- _taire de l'année 1889-1890 (1), M. Deruyts a rencontré parmi de nombreux résultats, pour la plupart fort intéres sants, un mode de génération de la surface du troisièm ordre. Étudier le procédé de construction qui en résul tait et en déduire l'existence des courbes situées sur | Surface n'étant pas le but poursuivi par l’auteur dans Mémoire que je viens de signaler, il s’est borné à indiquer = rapidement la marche que l'on pourrait suivre po = aborder ces questions. Aujourd'hui, le jeune Pamira reprend à nouveau Ci Sujet pour le traiter avec détail : c'est l'objet du trav présenté à la Classe. L'auteur établit d'abord son théorème général, q à modifie de façon à lui donner la forme suivante : ' Si un id se déforme de telle facon que deur des ži w P la Soc. roy. des sciences de Liège, t, XVil. cotés s'appuient sur deux couples de droites fixes tandis ` que le troisième côté décrit un cône quelconque de sommet fixe, le sommet opposé décrit une surface cubique mul- ~ tiple; l’ordre de multiplicité de celte surface est égal à l’ordre du cône. Il est donc loisible de prendre pour cône un plan. Ceci permet de construire la surface dont on se donne quatre ~ droites el trois points. í M. Deruyts déduit tout d'abord du théorème énoncé différentes conséquences qui en découlent immédiatement. Il traite ensuite la question de l'existence et du grou- pement des vingt-sept droites de la surface, puis il discute quelles sont, parmi les surfaces de troisième ordre les plus générales, celles qui peuvent se construire par son procédé. . Hl serait oiseux de suivre l'auteur dans ces divers déve- 5 _ loppements; je me bornerai à appeler Pattention sur les 5 résultats énoncés à la fin du paragraphe 4 et dans le para- 4 graphe 5. M. Deruyts poursuit son étude en recherchant quelques à un double-six de la surface; ceci n’est d’ailleurs qu'un commencement, car l’auteur nous promet un prochain L'étude actuelle nous paraît, à tous égards, digne de l'approbation de l’Académie, et nous sommes heureux de voir en demander l'impression dans le Bulletin de la ance. conclusions, appuyées par M. Mansion, sont mises aux voix et adoptées. . giques dans le Luxembourg, en passant successivem par Libramont, Bertrix, Chiny, Herbeumont et reveni COMMUNICATIONS ET LECTURES. Sur les gelées blanches; par F. Folie, membre de l’Académie. Au mois de mars de l'an dernier, j'ai communiqué ! à la Classe des expériences très intéressantes, faites par ! M. le comte d'Espiennes, dans sa propriété de Scy près Ciney, sur les températures relatives observées au haut et au bas d’une côte. Il est résullé de toutes ces expériences que la nuit, un temps calme, l'air froid coule du sommet vers le fonc et continue généralement à se refroidir dans sa course. : au mouvement de Fair, Un fait bien frappant est venu, pendant le mois de juin, confirmer cette déduction. Mais un autre fait, dont lex cation doit être différente, est venu s’y joindre. Voici _ faits, tels que je les ai observés le 14 et le 15 juin. _ J'étais allé organiser de nouvelles stations météor par Bertrix. La gelée du 12 au 13 juin avait aai Piene grand dee: les plantations de pommes de terre particuliè „ment en avaient beaucoup souffert, tant sur les pe CE) que dans la vallée, ici cependant par places seulement, et notamment plus encore à Chiny, près des rives de la Semois, que sur la route de Florenville à Bouillon. Mais un mal plus considérable avait été fait aux arbres, aux chênes et aux hêtres surtout. Sur le haut plateau des Ardennes, entre Bastogne et Libramont, les chênes étaient gelés jusqu’à la hauteur de trois à quatre mètres; les chênes élevés étaient intacts. Les forêts qui avoisinent Bertrix étaient parfaitement indemnes, de même, du reste, que celles de Chiny, des Amerois et d Herbeumont. Mais lorsque l'on descendait de Saint-Médard à Floren- ville par la gorge des Épioux, on voyait que les hêtres avaient été gelés d’autant plus qu’ils étaient moins hauts _ et qu’ils étaient situés plus bas dans la gorge. = Les ravages s’arrêtaient à la vallée même de la Semois. Je ne me rappelle pas avoir vu un arbre gelé dans les forêts de Chiny, des Amerois et d’Herbeumont, que j'ai parcou- rues en partie, tandis que les pommes de terre, les fougères également, l'avaient été, en plein air il est vrai. C’est surtout sur la route des Ardoisières, qui conduit d'Herbeumont à Bertrix, que le phénomène curieux dont je parle se manifestait avec la régularité la plus frappante. Cette route est tracée au fond d'une gorge creusée, comme celle des Épioux, par un ruisseau assez fort. = Tandis qu’à Herbeumont même les bois étaient parfai- _ tement verts, à peine arrivé dans celte gorge on constatait _ qu’un bois de grands hêtres était tout à fait rouge. On se fùt cru à la fin de l'automne, et la teinte était si uni- _ forme et si belle que j'hésitais à l’attribuer à la gelée, et : que le conducteur de la voiture niait qu’elle fût due à cette cause. CR) Pas de doute, cependant. Un peu plus haut, les grands | hêtres étaient indemnes, les taillis ravagés ; à mesure que ` nous nous approchions de Bertrix, le phénomène s’accen- tuait toujours dans le même sens; les arbres moyens déjà — restaient sains, les plus petits seuls étaient attaqués. Sur le — plateau même de Bertrix enfin, ce n'est guère que jusqu’à un mètre du sol que les pousses des jeunes hêtres étaient | roussies par la gelée. 4 Quelle est la conclusion à tirer de ces observations? « En premier lieu, que, si l’on veut préserver les cultures des Ardennes contre ces effets si funestes des gelées blan- ches, on doit commencer par reboiser les plateaux. i Les forêts sont de grands modérateurs de la tempéra- M ture, et forment, de plus, un obstacle à l'écoulement de — Pair froid dans les vallées, en même temps qu’elles sont — un abri pour les jeunes taillis qui poussent sous leur dôme. Le paysan Ardennais, il est vrai, ne voyant dans le boi- = sement des Fagnes qu’une diminution de pâturage et de . _lilère, et ne se doutant pas des avantages autrement considérables qu’il retirerait des forêts, ne prendra jamais l'initiative du reboisement. : Le Gouvernement, je pense, peut lui forcer la main, et -il y va de Vintérêt général. | -~ Une seconde conclusion semblerait découler aussi des observations qui précèdent : c'est que les gelées blanches sont plus redoutables près du sol qu’à quelques mètre au-dessus. Ce fait est confirmé par mainte TEE j'ai rap- porté dans ma Petite Climatologie que près de Marche des d pyramides, plantées entre des lignées de poiriers à hau! _ tige, avaient eu leurs fleurs gelées, tandis que ces derniers : étaient intacts. Est-ce un effet de température ou d'humidité? Je serais = disposé à croire que celle-ci y joue le plus grand rôle; _ j'ai vu, en effet, les jeunes pousses de pommes de terre 3 résister à Cointe, par une gelée sèche, à 4 sous zéro, | tandis qu’elles étaient noircies quelques jours après par 2 sous zéro, ces températures constatées, l’une et Pautre, _à l'air libre. | La question mérite cependant d’être élucidée, et je me propose d’instituer à la fia de lété quelques expériences = sur ce sujet, qui est très intéressant pour notre agriculture. Sur un théorème de M. Servais; par E. Catalan, | Associé de l’Académie. a A la page 595 du dernier Bulletin de l’ Académie, on lit : = « Un cercle concentrique à une conique la rencontre en _» deux couples de points diamétraiement opposés A, et A», _» Az el As. Si Sj, Sa, Sz, S; sont les puissances d’un _» point S du cercle, relativement aux cercles de courbure ks en Aj, Aa, Az À,,on a 1 1 1 1 Re S + S= S; + Sn e f 8 vi z 2 2 4 z aucune des quantités S,, Sa, Ss, S4 n'est nene >» ie, la seconde équalion équivaut à > S-S Da Si. SS — ee (40) ou, en vertu de la inde à x à : S:S; = S;S;. n Nous avons donc ce système : SE S, + S= S; + Si. . . . . . o | i | i SS, = Sn . . . ; > + ; ed AUX Il en résulte, par la théorie des équations du second | degré, S;=S, où $, S—S, ou Si. Supposons, pour fixer les idées : =S. GS, seen de . . . Le lieu de l'équation (5) est laxe radical des cerc osculateurs en An Az, C'est-à-dire, l’un des axes de ~ Conique donnée. De même, le lieu de Ora "a ie l'autre axe de cette comique; elc. Liège, 29 j Jen 1891. Hý P S. Antérieurement à la présente Note, j'ai échan quelques lettres, sur le même sujet, avec M. Le | Mais cette correspondance n’a pas noni (H) M. Mansion fait savoir à la Classe, à propos de cette | communication de M. Catalan, que M. Servais lui a signalé hier la petite erreur relevée par M. Catalan, et qu'il espère prochainement envoyer à la Classe, à ce sujet, une rectification à sa précédente Note. Bruxelles, le 4 juillet 1891. Sur une extension de la loi de réciprocité de M. Hermite; par Jacques Deruyts, correspondant de l'Académie. La loi de réciprocité, qui est due à M. Hermite, peut s'énoncer de la manière suivante : « Pour des formes » binaires aux variables xx, le nombre des fonctions - » invariantes de degré k pour une forme d'ordre h est » égal au nombre des fonctions invariantes de degré À » pour une forme d'ordre k (°) ». Il ne semble pas que l'on ait obtenu jusqu'ici une proposition correspondant au remarquable théorème de M. Hermite, dans le cas de formes à plus de deux varia- bles. Une observation bien simple suffit à montrer que la généralisation directe ne peut pas avoir lieu. En effet, la forme quadratique ternaire a un invariant du troisième degré, qui est son discriminant; au contraire, la forme ae ternaire n’a aucun invariant du deuxième degré. ©) Voir, par exemple, Sarmox, Algèbre supérieure (trad. par Bazin}, E 429. — La démonstration de M. Hermite a été publiée au Cam- bridge and Dublin Mathematical Journal; nous regrettons vivement de ne pas avoir pu nous procurer le Mémoire de l'illustre géomètre. Pour obtenir une extension de la loi de réciprocité, on — doit donc introduire des formes qui ont des propriétés 4 spéciales. Dans la note actuelle, nous nous bornons à considérer — les formes aux variables xT ... x,, qui sont décompo- sables en facteurs linéaires quelconques; nous démontre- À rons le théorème suivant : Les fonctions invariantes de degré k pour une forme décomposable d'ordre h gen ala2 si at sont en même nombre que les fonctions invariantes de = degré h pour une forme décomposable d'ordre k die blb® dE, eai Désignons par les caractéristiques p, des fonai _ algébriques entières et réelles qui dépendent seulement _ des coefficients de formés algébriques. Nous représente- =- Tons de même par les caractéristiques q, les fonctions _ algébriques entières des différentes séries de variables. ‚ela posé, nous dirons que la formule G=pg Paja ee: + pPI -fournit une expression irréductible de Ç, quand il n’est pas ; possible de remplacer >'p‚g, par une somme analogue, comprenant moins de r termes; dans ces conditions, il _ m’exisle aucune relation du premier degré entre pr, Pas … Prs Up=, On est immédiatement conduit à faire les remarques suivantes (°) : ; a Voir notre Essai d'u une théorie générale des formes avi p- 104. 3 (15) 1° Dans une expression irréductible Xp‚g,, les quan- tilés p; sont des fonctions linéaires des coefficients de Ç. 2 Une expression de 3p,a, est irréductible s’il n'existe aucune relation du premier degré entre Pipa.. Pr, Qia … Qr Il résulte de là que les coefficients linéairement indé- pendants de G sont en nombre r. à IL. Nous appliquerons les considérations précédentes à la fonction G'= pigi + Pigs + + + pause + +. (1) en supposant qu’il existe entre pi, ps, pl, des relations linéaires £(p'}—0 en nombre me et que les fonc- tions 9, Qg, -+ Q'a Satisfont aux rel blables {(q'}—0 p © etàs—i nouvelles équations du premier degré £,(q')—=0. Les relations $(p')=0, $(q')=0 et £i(g')— 0 peuvent s'écrire: à ~ # , , s Ae a Pi = Ea pi + EPs + + + + Ep, a r , * È Tent T East te Æ Es fe igs ts Eom, ; nie un mn ES boana q; = aqi + kafa + enn + hilli | j=t+1,1+9,...8, ettres e eln PEN des constant réelles por ima- = g pi gie pe bede br IV. Posons encore : == (Sbi a b2.. bh)", 1 [p] pr ER da bk) TE (Sj, ba, T ,, 1 Fa = (Srta, 22,1, Ee xk) (STA op, Tan et Si l'on donde aux coefficients numériques £, des valeurs convenables différentes de zéro, on a 1 = (P] Titi- Entre les fonctions [p']et [q'], il existe les mêmes rela- _ tions linéaires; donc, le résultat que nous avons obten pour la formule (1) s'applique à >? rite US Das part, les fonctions [q'] différent set S -~ par des facteurs qui ne sont pas nuls ; ; conséquemment les. _ coefficients de 0’ se réduisent linéairement à e d’entre eu D’après ce qui précède, on peut énoncer cette propriété Les fonctions 9, 0! ont le même nombre p de coefficients indépendants. | D Définissons l'opération O par la formule : d d bi) (b2 l le ge G a (or A (oi a a (ok ze a (a) > _C) On a, pour abréger, d d “ — = bj — + + dai he ET HAT CH) Op = #. nous aurons Conséquemment, tout coefficient de 9’ se déduit du coefficient correspondant de 9 par l'opérateur O. Puisque les coefficients de 9 s'expriment linéairement au moyen de p d’entre eux vj, uz, … up, les coefficients de 9 s'expri- ment de la même manière au moyen de Ov, Ouz, … Our. Comme nous l'avons vu, Oet 6’ ont le même nombre de . Coefficients linéairement indépendants; par conséquent, ¿l n'existe aucune relation du premier degré entre Ou;, Ou, + Oup. VL Soit ọ une fonction invariante de degré k par rap- port aux coefficients de la forme #, décomposable en facteurs linéaires Pa al, a9 a ahs nous Supposerons que ọ contient, à des degrés déterminés, _les différentes séries de variables (x1), (x2) … et les coeffi- cients de formes algébriques f’, f”, La quantité ç est -évidemment exprimable comme fonction du premier degré des coefficients de 9; en la développant suivant les coeffi- _cients linéairement indépendants de 9, nous aurons : P eon At + Tets od me Tous El CIE T, désignent alors des fonctions indépendantes de af, a2, … ah. 3°° SÉRIE, TOME XXI. CR Une opération polaire quelconque n’altère pas la pro- priété d’invariance; par suite, Pi == 0? == T, Ov, a Te Ov, oe ou T,Ov, est une fonction invariante. De plus, +, ne peut pas être — nul; en effet, Ov, Ova … Ov, sont linéairement indépen- dants de la même manière que y; vz... vp, et si ?, était nul, | il en serait de même de ?. 3 Représentons par : g == Thu, + Tied, + eren +- Thu, P” = Tu + Tu, + + + T25 us, . . . . yi . . . RE o= TN, v + TNiu + +T pp les fonctions invariantes analogues à o qui n’ont entre elles lions +, correspondantes sera : = T4, Ou + Tis. Ov, + + + TI,.0u,, vis 18,05 + T2, Oo, +. 4 T2, .0v,, Ta TN, -0v -+ TN. Ou, + vee + TN „Ou . ~ Si les N fonctions +, n'étaient pas linéairement indé- _ pendantes, il existerait une même relation du premier ~ degré entre les éléments des colonnes du tableau : ne T. Tot, T2, T2..,T2, LE LE TN, TN, … TN; 3 ; (19) p ` r e d 1 dès lors, les N fonctions (2) auraient entre elles une rela- | tien du premier degré, ce qui est contraire à nos supposi- EE AEE tions. En conséquence, les N fonctions (+,) sont linéaire- ment indépendantes. Les fonctions invariantes +, sont du premier degré par rapport aux coeflicients de 8 = (K, b1 a1 b2 … bk); elles sont donc du degré 4 par rapport aux coefficients de la forme décomposable CSS EU bk: Les développements qui viennent d’être indiqués nous conduisent à ce résultat : S'il existe N fonctions invariantes distinctes de degré k pour la forme décomposable d'ordre 4, on en déduit N fonctions invariantes distinctes , de degré h pour la forme décomposable #, d'ordre k; du reste, 9 et +, ont les mêmes degrés relativement aux séries de variables (x1), (x) … et aux coefficients des formes /’, f” … différentes de F, F.. 5 Ee Soit N, le nombre des fonctions invariantes de degré 4e = par rapport à #,;ou pourra obtenir N; fonctions inva- _ riantes distinctes de degré k par rapport à #; d'après les Dn relations N, 5 N et NS N, on obtient N, = N. On a nope ce théorème : Le nombre des barnes invariantes o de degré k par = get à une ete décomposable d'ordre h, | F—=al,a2, .…. ah, ( 20 ) est égal au nombre des fonctions invariantes ©, de degré h _ par rapport à une forme décomposable d'ordre k, Ë F, =b1,b2,... bk,; les fonctions +, 9, sont des mêmes degrés par rapport aux … éléments qui ne dépendent pas de £,Î,; de plus, les fonc- | tions ©, se déduisent des fonctions © par la relation — gi — 0%. | 1 > Remarques. — I. D'après les résultats d’une étude anté- rieure (°) sur les particularités essentielles, les fonctions 4 invariantes de la forme décomposable # se déduisent des fonctions invariantes d’une forme f quelconque de même ordre aux variables x4r,… x,; il suffit de remplacer les coefficients de f par ceux de $. Le théorème indiqué ci-dessus peut donc s’énoncer de la manière suivante : Les fonctions invariantes de degré k pour une forme f d'ordre h et les fonctions invariantes de degré h pour une | forme f, d'ordre k, sont réductibles au même nombre d’entre elles, quand f et f, se réduisent à des formes F, $, décom- posables en facteurs linéaires. = IE Les fonctions invariantes +, ©, se correspondent deux à deux par la relation © étant une opération kanten des séries de variables teg O Lee cit, pe isk (21) Si donc ọ a une particularité relative aux variables, il en est de même de 94. Supposons, par exemple, que ọ désigne un covariant primaire; celle fonction sera caractérisée par les condi- tions suivantes : 1° de contenir seulement n — 1 séries de variables (x1), (x2), … (xn —1); 2° de satisfaire aux n — 2 équations aux dérivées partielles e d d ú 5 d z x == x2 A T E s>.. xh E Ve | dx? dxõ ` dxn — 1 4 D'après la relation (5), la fonction invariante +, satisfera t A . . . + aux mêmes conditions : elle sera par suite un covariant f primaire. On déduit de là que le nombre des covariants primaires de degré k par rapport à la forme $ d'ordre h est égal au nombre des covariants primaires de degré h pour la forme $, d'ordre k. VII. ExemrLeE. — La forme cubique ternaire f a deux invariants, ordinairement représentés par S et T ; le pre- mier est du quatrième degré, le second est du sixième degré. Si on prend f—6:x,r:7;, les fonctions S et T ont _pour valeurs — ct et — 8:6 (°*). Donc, la forme décompo- _sable f — a1 ,a2,a5, a un invariant du quatrième degré et un autre du sixième degré. D’après le théorème, les formes ternaires f wist. et Fi — 04... V pir = (©) Voir, pour les valeurs plci de S, T, par exemple: = vam Théorie des courbes planes (trad. er aan 275, ses (22) dolen avoir chacune un seul invariant du troisième degré : c'est ce que nous allons vérifier. Observons d’abord que les formes quelconques, d'ordre 4 et 6, représentées À symboliquement par : eenst =! à “4 ` : f= a = bi = de = — Ont chacune un seul invariant du troisième degré; invariants dont il s’agit sont 1=(Æ abc), J1=(E ab; cs. D'après sa valeur explicite (°), I se réduit à — 12e,:,:;, S l’on donne à f la valeur dori, (ET, + Era + €313). D’après I n „Ja pour valeur — 5405, quand on prend fi E TET ae Conséquemment, I et J restent différents de zéro pour les formes décomposables f, =$, fi= $, ainsi qu'il résulte de la propriété indiquée ci-dessus. VHI. Le théorème de réciprocité se généralise pour les formes ütle) X u2(>) X ... X vh(y), = décomposables en facteurs uv(v) définis de la manière _ suivante ; (C) L'invariant I est représenté par A dans l'ouvrage déjà cité T M. Salmon; sa valeur explicite est indiquée à la page 574. 0 La valeur de J est égale au produit de :° par le coefficient (aaa tt ce}? Vd le ee $ sent ? \6 à j 5 E x +" 2" Le 5 | i 4° On a u'y) = Ui + DV + eer + Ugo) 2° Vivar. vg sont des fonctions de t séries de variables (x4), (x2), … (act), et vj, va, … vo sont des fonctions sem- blables des coefficients de ¢ formes linéaires l, 12, … lt. Ainsi, par exemple, on peut prendre u(y) = (ll l24 lt), Zn; on peut même supposer que les variables de cer- taines séries ont des valeurs déterminées. Nous nous proposons de reprendre ultérieurement l'étude de ces questions. Deux Lernéopodiens nouveaux recueillis l’un aux Açores, Pautre sur les côtes du Sénégal; par P.-J. Van Beneden. valle, divers parasites recueillis les uns dans l'archipel des Açores, les autres dans la baie de Dakar sur la côte | du Sénégal, et, au milieu de plusieurs formes intéressantes =~ de Copépodes, nous avons trouvé deux Lernéopodiens également remarquables par leur singulière conformation : celui des Açores a été recueilli par M. Chaves sur un ~ poisson de la famille des Raies, connu dans le pays sous le = nom d’Alveor; c'est un gigantesque Ceratopterus, qui ne mesurail pas moins de 4 !/, mètres depuis l'angle externe d’une de ses nageoires pectorales jusqu'à l’autre; celui de la baie de Dakar habitait la peau d’un Squale très abon- dant sur la côte du Sénégal, et qui, au lieu de vivre au large _ comme la plupart des poissons de cette famille, y vit tran- Nous avons reçu, l'été dernier, à quelques jours d'inter- t al le pag des côtes, comme le montrent les- à - a de 25 millimètres. | (24) nombreux campanulaires qui recouvrent jusqu’à l’ovisac : nous devons ce dernier à l'obligeance de M. Chevreux, qui . Fa recueilli sur les lieux, à bord de son yacht Melita. On connaît déjà des Copépodes recueillis sur la côte , d'Afrique au nord de l’équateur, également sur des pois- ` sons Plagiostomes; Gerstäcker en a fait connaître trois T différents sous les noms de Longidium, Gangliopius et. 4 Nogagus. 3 Dans ces dernières années, les Lernéopodiens ont été — l'objet de plusieurs travaux fort importants : M. Vejdovski : a étudié le Tracheliastes polycolpus sons le rapport anato- — mique el sous le rapport de ses métamorphoses (1), et la — famille entière a été l'objet d'un travail spécial de la part d de M. Kurz (2). Celui-ci a pu se procurer à Trieste un très — riche matériel pour cette étude. A Nous nous occuperons d'abord de l'espèce des o 3 BRACHIELLA CHAVESII. Ce Lernéopodien a tous les caractères de la famille, et _— sur l'unique femelle que nous avons reçue nous avons a heureusement trouvé un måle; de cette manière nous pou- vons faire connaître les deux sexes. | La femelle. La femelle est longue de 40 millimètres, et avec les lanières qui terminent le corps en arrière elle atteint _ (4) Vesmovskt, Unters. ü. d. Anatomie u. Metamorph. d. dn _liastes polycolpus, Zeit. f. wiss. Zool.;t. XXIX. 1877. (2) Korz, Studien über di: Familie d. dezen Zeits. f. w. Zool, t, XXIX, 1877. . Le corps est divisé en trois parties bien distinctes : la partie céphalothoracique, la partie abdominale et les lanières ; les deux longs bras sont situés vers le milieu de la longueur du corps; ils sont complètement libres et se terminent par un bouton chitineux creusé comme une écuelle. La partie céphalothoracique consiste dans un long cou dont la tête n’est point séparée ; à l'œil nu on ne distingue aucun dppendice qui la fasse reconnaître; en se servant d'une bonne loupe on distingue la bouche et un peu au- dessous une paire d'appendices qui se terminent chacun par un fort crochet; c’est une première paire de pattes- m.âchoires fort éloignée de la seconde. La partie la plus intéressante, par son développement el par son aspect, c'est l'abdomen; il est parfaitement distinct du reste du corps; il s’élargit depuis la naissance des bras, s’aplatit notablement à mesure qu'il s'élargit et prend une forme triangulaire. La partie postérieure est tronquée. Du côté du dos comme du côté du ventre, on voit, sur la ligne médiane, un cordon le long duquel on aperçoit des dépressions irrégulières, que l’on est tenté de comparer à des traces de segmentation et qui rappellent plus ou moins l’embranchement auquel l'animal appartient. L'abdomen est terminé par quatre longues lanières, deux dessus et deux dessons, qui s'étendent le long des _ovisacs comme si elles devaient leur servir de tuteur. M. Kurz figure dans trois espèces différentes ces mêmes -~ appendices abdominaux à l’état rudimentaire, et il en figure également quatre dans l’Anchorella hostilis. L abdomen manque complètement dans cetie espèce. Les quatre appendices ou upio sont cylindriques, ae (26) régulièrement placés deux du côté du dos, deux du côté a du ventre, légèrement recourbés au bout. Elles ne sont au ; i fond que la continuation de l'abdomen. Elles dépassent | 1 un peu en longueur les ovisacs et conservent la même épaisseur sur toute leur étendue. 1 A la face ventrale on voit fort bien leur origine, comme | le montre la figure 5, planche 1. a C'est entre eux que se loge le mâle; nous le représen- w tons en place, figure 3, planche 4. Cette figure donne À exactement la proportion relative de sa taille. + Les ovisacs ou tubes ovifères sont remarquables par leur granile épaisseur ; au lieu d’avoir les œufs disposés sur un « 1 rang, comme dans beaucoup de ces Copépodes, on compte _jusqu’à dix œufs sur un seul rang, ce qui donne à chacur de ces tubes l'aspect d'une mosaique. La couleur jaunâtr de chaque tube contraste aussi avec la couleur blanche Be lanières qui les entourent. Le male. * Le dimorphisme sexuel est général chez les Crustacés, et Combattant parmi les oiseaux et En parmi poissons. Dans le plus grand nombre, il y a surtout une différe! | de taille; le måle est plus petit que la femelle et celle- dépasse dans certains Copépodes parasites plusieurs cen- taines de fois la taille du måle. à Les plus remarquables sous ce rapport ce sont les Copé- on ln c'est-à-dire les Crustacés siphonostomes. dr 3 Les Loemargus et les Cecrops diffèrent à peine entre eux anssi bien pour la taille que pour les caractères exté- ricurs. Les Pandariens diffèrent très peu de taille, mais la diffé- rence entre les sexes est encore assez grande pour avoir attribué les deux sexes à des genres distincts. Les différences les plus notables se trouvent dans les Lernéopodiens, les Chondrocanthiens et les Lernéocériens. Ce sont eux que l’on avait réunis sous le nom de Lernéers. Les Siphonostomes vivent sans doute aux dépens du sang de leur hôte; les autres n’ont point de siphons et se sustentent probablement avec le peo des sécrétions cutanées. Beaucoup de Siphonostomes ne sont parasites que de passage : comme les sangsues ils lâchent leur proie quand ils sont repus, pour l'attaquer de nouveau quand le besoin s'en fait sentir. Le mâle conserve toute son indépendance et ne se réduit pas au simple rôle d'un Spermatophore. Dans tous les ordres de la classe des Crustacés on en trouve qui ne peuvent se suffire : les Pagures vivent dans -des coquilles d'emprunt; au lieu de se retirer dans la vase comme les Callianassa, ils choisissent la demeure d'un mollusque et ne sont plus condamnés à vivre et à mourir sur place. Les Pinnothères réclament l'hospitalité d’un mol- _ lusque acéphale pour vivre en communauté. Les Praniza vont attaquer les poissons, mais sans se dépvuiller de leurs armes comme les Copépodes siphonostomes. Beaucoup — d’autres, comme les Caprella, les Cyames et les Hyperia, _ les Cymothoa, les Anilocra, les Sphoeroma, ne demandent ___ _Qu’un simple secours. a: 28 ) De grandes différences a existent dans la taille . comme dans la forme. À Comme chez les Trachéliastes, et, sans doute, chez tous — les Lernéopodiens, le corps du mâle est divisé en deux | régions bien distinctes : une antérieure, qui correspond à la tête et au thorax, une postérieure, qui représente l'abdomen; le céphalothorax est un peu plus iewe op Á que abdomen; ai Pun ni l'autre ne présentent des traces | de segments. Le mâle du aarin dalmanni a été figuré par | Kroyer; il présente de grandes différences avec celui qui à - nous occupe; le céphalothorax ne présente guère de diffé- — rences, mais l'abdomen a un tout autre aspect, il est étroitet | divisé par segments; ces derniers sont si bien accusés qu'on — ne saurait méconnaître la nature annelée de l’animal; son _— abdomen est tout uni, sans traces de segments, ce qui | = dépend sans doute de ce qu'il est vide dans l’un el plein | de liqueur spermatique dans l'autre. = M.C. Vogt a reproduit le dessin de plusieurs mâles, mais sans aucune indication d’âge ni de saison. I faudrait les connaître dans les différentes phases de leur évolution | pour les comparer avec utilité. Il y en a dans le nombre qui viennent à peine d’éclore, tandis que d'autres, du | moins à en juger par la vacuité des glandes sexuelles, ont dépassé l’époque de la maturité. . Chez le måle que nous avons sous les yeux, nous voyons. derrière les pattes-mâchoires qui se dirigent d'arrière en _ avant, figures 4 et 8, planche 1, un appendice unique, qui se -~ Ma la surface couverte d'aspérités. Il est complèteme -déroulé dans le dessin que nous en donnons figure 9. La partie een du ine montre ye ! | k ] 4 / par M. (29) appendices faiblement développés comme chez les autres mâles; nous avons pu distinguer, autour de la bouche, une première paire, formée de trois articles armés de quelques soies; puis d'une seconde paire, également armée de soies, formée du même nombre d'articles, mais moins développée: ce sont les antennes supérieures et inférieures. La troisième paire d’appendices est armée d’une pièce également chitineuse et qui se termine par trois dents qui font reconnaitre la première patte-mâchoire. En dessous on distingue ensuite, dans le même individu, deux paires d’appendices mous, à peu près également développés, correspondant aux longs bras des femelles et représentant par conséquent les pattes-mâchoires. Ils sont dirigés d’arrière en avant, comme nous les avons repré- sentés, et ne sont point terminés par des crochets comme on en voit chez d’autres Copépodes. Ce Lernéopode tient évidemment des Charopinus de Kroyer, mais, par son céphalothorax étroit et allongé, il rentre dans l'ancien genre Brachiella de Cuvier, et nous le désignons sous le nom de Brachiella Chavesii. C'est M. Chaves qui l'a recueilli et qui a bien voulu nous l'envoyer. Nous pouvons réunir ainsi ses caractères : abdomen de forme triangulaire, quatre appendices cylin- driques disposés parallèlement aux ovisacs, point de segment caudal. Habite un Ceratopterus, recueilli aux Açores. BRACHIELLA CHEVREUXII. Le second Lernéopodien que nous avons à faire con- naitre a été recueilli sur un Squale dans la baie de Dakar, Chevreux. Nous en AERE eng SE ze ee dont deux avee des ovisacs pleins, et deux måles encore M en place sur le segment caudal de leur femelle. Nous avons tout lieu de croire que ces parasites ont été | arrachés vivants de leur hôte et jetés immédiatement dans Pateohol. | Nous décrirons d’abord la femelle, qui n'a en tout quel 11 ou 12 millimètres, dont 5 pour le céphalothorax, 5 pout 1 l'abdomen et le restant pour les ovisacs. La femelle. Le céphalothorax est parfaitement divisé en un longi -~ cou flexible comme un cou de cygne et un thorax asse K large; au bout du thorax se trouve un appendice caudal s relativement étroit, également large sur toute sa longueur et qui est à peine distinct au milieu des ovisacs et des lanières. 3 Toutes les femelles ont une attitude semblable : la têt et le cou relevés comme un serpent qui menace de sa langue bifide; comme dans les Lernéopodiens, les deux appendices bien développés du céphélothorax correspon dent aux pattes-mâchoires de la première paire, qui font l'effet d'une mâchoire écartée. La tête elle-même n’est pas nettement séparée di resté du corps et ses prose ne se découvrent pas facile < maol La première paire d'antennes consiste dans deux gros: tubercules sans soies, situés en face l’un de l'autre el for mant la partie antérieure de la tête. La seconde paire d'antennes est située au-dessous des -autres el se compose de trois ou quatre articles, comme le _ antennes ordinaires; ils diminuent insensiblement logeer ns l’article rs jusqu'à l'article distal. L’orifice de la bouche est allongé et entouré d’un cercle du bord duquel partent des soies raides formant une brosse circulaire. A côté de l’orifice buccal est situé un appen- dice fort peu développé, qui par sa forme rappelle la. la seconde patte-mâchoire. On reconnait aussi la man- dibule. Les deux bras ou pattes-mâchoires sont très inté- ressants : ils sont très courts chez plusieurs individus, mais il y en a d’autres chez lesquels ils sont longs et réunis au bout par l'appareil spécial qui doit les amarrer. Cet appareil consiste en un cône tronqué, de nature chilineuse, d'une couleur jaunâtre contrastant avec la couleur blanc de lait des autres organes. Dans l’intérieur on distingue des pièces solides, qu'on désignerait sous le nom de mandi- bules ou de mâchoires si elles se trouvaient à la bouche. La région abdominale est nettement séparée de la région précédente : elle s'élargit brusquement et s'étend à peu près au même point en longueur et en largeur. Cette région varie beaucoup selon létat de plénitude ou de vacuité des ovaires; les flancs de quelques femelles sont ondulés par la présence des œufs qu’ils renferment et font ressembler ces Lernéopodiens à un griffon de la fable, L'abdomen est suivi d'un court segment qui manque dans l’espèce précédente : lappendice caudal; il est étroit au point de n’avoir que le quart de la largeur de l'abdomen et ne se termine point par une fourche. A l'extrémité de lappendice caudal on distingue à tra- vers la peau, à la face supérieure, un double vagin que l’on peut suivre jusqu’à l'abdomen ; son orifice est visible Gn près de Pextrémité libre. L'abdomen est terminé par quatre lanières à peu près de la grosseur de l’appendice caudal, avec lequel on peut les confondre; les deux supérieures sont un peu plus ( 52 ) courtes que les inférieures. Entre ces lanières on voit le deux ovisacs qui les dépassent en longueur et en largeu . On voit deux ou trois œufs dans la largeur de chaque ovisac. La longueur de ces prolongements est variable; dans la plupart ils atteignent la largeur de l'abdomen, du moins les supérieurs. Les inférieurs sont généralement plus courts. Nous avons vu cependant des individus chez les quels ils dépassaient les supérieurs en longueur. Malgré l'énorme diversité de formes des femelles, les mâles des différents genres présentent à peine des diffé- rences entre eux; ils sont tous divisés en deux régions: une pour le céphalothorax, une pour l'abdomen et un double appendice, fort petit, pour le terminer. La tête est conformée de la même manière et, en dessous du céphalothorax, on voit les deux paires de pattes- mâchoires à peu près également développées et terminée par un fort crochet. Le måle. Le mâle est fort intéressant : nous en avons trouvé un libre et un autre encore en place au bout d’un des appen dices abdominaux d’une jeune femelle sans ovisacs; un mâle men d’une femelle adulte dont les œufs étaient développés complètement dans l'ovisac. Il avait la bouche appliquée à la peau dans le voisinage des orifices sexuels. ; i rieur; la bouche est circulaire et entourée d'un cercle de | (35) petites soies; dans l'intérieur on distingue si bien les muscles qu’on pourrait faire la myologie des diverses régions du corps; dans le céphalothorax on voit les deux paires de pattes-mâchoires, dont les postérieures armées de crochets servent de moyens d’attache. Derrière eux on voit le pénis déroulé. L'abdomen est terminé par deux appendices de forme conique. Par le long céphalothorax et le développement de l’ab- domen, ce Crustacé appartient également au genre Bra- chiella, et nous lui avons donné comme nom spécifique celui de M. Chevreux qui nous l’a remis; de là le nom de Brachiella Chevreurii. L'abdomen est fort large et ondulé, terminé par quatre appendices cylindriques et un segment caudal. Habite la peau d'un Squale recueilli dans la baie de Dakar (côte da Sénégal). EXPLICATION DES PLANCHES. inn Prancue I. Brachiella Chaves. Fie. 1. — Une femelle de grandeur naturelle, vue du même côté que la figure 2. Fie. 2. — La même, vue du côté du dos. Le céphalothorax, les bras, l'abdomen, les lanières supérieures et inférieures et les ovisacs Sont en place. Fie. 5. — L'abdomen vu par la face ventrale pour montrer lori- Sine des lanières et le mâle en place. e oo Sme SÉRIE, TOME XXI. 5 ” Fia. 4. — Le mâle grossi, montrant les pattes-mächoires de profi et derrière elles le pénis déroulé. Fie. 5. — La tête du même mâle vue à un plus fort grosses pour montrer les antennes et les pièces de la bouche. Pic. 6. — Le haut de l'abdomen vu de profil. Fie. 7. — Les pattes-mâchoires vues de profil avec l'origine d pénis. 5 Fig. 8. — Le pénis déroulé, isolé. Fic. 9. — Sommet de la tête de la femelle, vue par la face vet rale, montrant les pattes-mâchoires en place ainsi que les antenne ; Î . Fg, 40. — L'extrémité des bras ou pattes-mâchoires par ~ pour montrer la cupule qui sert à Pamarrer. Fig. 11. — Une portion de l’ovisac avec les œufs en place. Rte Prancue H. Brachiella Chevreuxii. Fie. 1. — Femelle de grandeur naturelle. Frie. 2. — La même, vue’à un faible grossissement; elle app! en avant sur les deux bras (pattes-mâchoires); l'abdomen est o et terminé par quatre lanières, deux supérieures et deux inférieu et lappendice caudal. Entre ecs lanières on voit les deux ovis qui sont pleins. Fic. 5, — Une femelle également adulte, vue à un plus fort gro sissement; la première paire de pattes-mâchoires fait l'effet g mâchoire ; la tête montre en avant sa première paire d'antennes au-dessous, be seconde pure ese bien petite. i r terminée par un organe & _ tincux qui Ponte Bia arrière, dele, on voit l'appen | caudal, et au-dessus, les q yoe lanières entre lesquelles se trou Lik. G Severens, succ TTL. Goffart. nd naden Ar id Wide Dt ink ee te A T On Se QE yry Lith, C. Severeyns, succ TIL Coffart. Fic. 4. — Une femelle également adulte, vue du côté du dos et montrant comme la précédente l'appendice caudal au milieu des lanières et des ovisacs. Fie, 5. — La tête isolée de la femelle, vue en dessous pour montrer torifiee dela bouche avec les spies en brosse, les antennes, les palpes et les pattes-mächo:res. ; Fie. 6. — Le bout de la: T d'une femelle portant un måle en place. ; Fie. 7. — La partie antérieure du corps d'un mâle dans la même ; position, vue à un plus fort grossissement: on voit tout autour de la 13) bouche les deux paires d'antennes, puis au-dessous les deux paires de pattes-mächoires; on distingue très bien à travers la peau plu- sieurs muscles des appendices. Sur un procédé de génération de la surface cubique; par RE, Francois Deruyts, docteur en sciences PA, et l mathématiques. = L Dans un travail récent (°) nous avons indiqué une extension à la géométrie de l'espace du procédé établi par Chasles, pour la constiuction des cubiques planes; nous _ avons été conduit dans cette voie à un procédé permettant 7 _ d'engendrer la surface cubique générale. - Nous nous proposons ici de développer diverses con e quences de ee mode de génération; pour ce but, il nous | parait nécessaire d'établir quelques de! | gE cursale, p. 51. — Mémoires de ta Société T ze série, t he (56 ) | Soient dans l’espace un cône du degré n, C,, et deux couples de droites fixes di, da et Qz, Us. Les deux surfaces du second ordre qui ont respeclive- ment ces couples de droites et une même génératrice du | cône comme directrices, se coupent suivant une cubique gauche dont le lieu est une surface d'ordre 5n, Ss. Cette surface possède comme droites n“’“ les quatre. droites a,, a, as, a4, ainsi que leurs communes transver- » sales d} et də. Cette proposition se démontre aisément, en faisant usage du prìncipe de correspondance de Chasles. À La surface S,, se décompose en une surface cubique multiple. Pour le faire voir, il suffit de faire le raisonne- ment suivant : soit d une droite quelconque de l’espace; les plans tangents communs aux deux surfaces du second ordre, qui ont pour directrices PE dpd, d et u;,a,d, constituent une développable de la troisième classe. Par _ le sommet du cône C,, on peut mener à cette développable trois plans osculateurs «,, æ, as. Le plan ay, par exemple, coupe le cône C, suivant n génératrices et les n cubiques gauches correspondantes coupent évidemment la droite d en n points coïncidents, qui appartiennent à la surface S,, : c'est ce qui démontre notre proposition. De là, il résulte le théorème suivant : _Tuorème L Si un triangle se déforme de telle façon que deux de ses côlés s'appuient sur deux couples de droites fixes, tandis que le troisième côté décrit un cône (37) quelconque mais de sommet fixe, le sommet opposé décrira une même surface cubique multiple. L'ordre de multipli- cité de celte surface est précisément égal à l’ordre du cône choisi. Désormais, nous prendrons le cône le plus simple, c’est- à-dire un faisceau plan de rayons. IT. Le théorème que nous venons d’énoncer permet de construire la surface cubique possédant quatre droites données a,, as, az, a, et passant par trois points donnés As, Aa, A3. Partageons pour cela les quatre droites données en les deux couples dj, Ct Qz, Q; par exemple : des points A,, As, A5, menons les transver- sales à ces deux couples; les plans qui unissent les trans- versales issues d'un même point se coupent en un point QO. Prenons le point O comme centre d’un faisceau plan quelconque de rayons et achevons les constructions indiquées plus haut; nous obtiendrons la surface cubique demandée Ss. Observons que le point d’intersection M des traces des couples de droites Qi, Q3 Ct 45,0, sur le plan du faisceau choisi appartient à la surface, et que cette surface est indépendante du choix du plan du faisceau. En conséquence, si nous considérons tous les plans qui passent par le point O, le lieu de l'intersection des droites, unissant les traces de ces plans sur les deux couples de droites fixes, est la surface cubique. Il est aisé de s'assurer que le point O appartient à la surface; de plus, (38) il est hole de construire les deux intersections d'une. droite quelconque d passant par O avec la surface Ss. En effet, prenons trois points B,, B,, B; quelconques. 4 sur cette droite, et de ces points menons les transversales. 4 ki, ka, ks aux deux droites a, 42; les plans qui unissent ces transversales à la droite d rencontrent a; et a, en trois. 4 couples de points, dont les jonctions coupent d en trois | points C4, Cà, Cz; les points doubles de l'homographie < caractérisée par les couples eo o 5 | | (BiG:), (BC), (B;C;) 1 sont les points cherchés. Comme conséquences de ce que nous venons d'établir, nous pouvons énoncer les deux théorèmes suivants : | THÉORÈME Il. L'intersection de deux surfaces du second ordre ayant chacune deux directrices fixes et ayant en nie commun une directrice qui appartient à un réseau de droites, est située sur une surface cubique. = TaéorÈme III. Les plans d’une gerbe marquent sur deux — | couples de droites fixes des points tels que l'intersection de _ leurs jonctions se déplace sur une surface cubique. = Ce dernier théorème peut s'énoncer encore de la façon Ae suivante: z THÉORÈME IV. Les rayons de deux congruences linéaires | 5 qui sont situés dans les plans d’une gerbe, se coupent n a des points dont le lieu est une surface cubique. . Nous pouvons encore énoncer sans démonstration nouvelle le théorème corrélatif suivant : __ Tutorème V. Les plans qui unissent les rayons de deux ee linéaires et qui pouent pa les “res d'un i En particulier, si les deux congruences linéaires appar- tiennent à un même complexe linéaire; autrement dit, si les deux couples d'axes de ces congruences sont les direc- trices dune même surface du second ordre, la surface , cubique engendrée se décomposera en cette surface du second ordre el en un plan. Par conséquent, nous oblenons le théorème suivant : Taéorème VI. Les plans d'une gerbe rencontrent deux couples de directrices d’une surface du second ordre en des couples de points dont les jonctions se rencontrent en des points situés dans un même plan. III. Recherchons maintenant les vingt-sept droites de la surface cubique, en partant du procédé de génération que nous avons indiqué. Pour cela, nous nous poserons le problème préliminaire suivant : Étant daki une surface cubique et quatre droites de celle surface n’ayant aucun point en commun, trouver les droites restantes ? Soient S, la surface donnée et aj, a, az, a, les droites données. Les deux transversales d,. d, aux quatre droites don- nées sont situées sur Sz; les plans (ad 1) (a;d;), (asd,), (ads), i (aid), (a:d2), (asda), (aida) coupent S, suivant huit droites - Cris Azis Azt Uns | en : í 8 T) Aiz A223 Azz Age i ce Les quatre premières droites de ce tableau (T) ont en (40) commun une transversale commune d,; elles en ont une seconde k,, qui appartient à S;; de même, les quatre der- nières droites du tableau (T) ont en commun deux trans- versales d, et k, qui appartiennent à Sz. Il est facile de s'assurer que 1° : a,,, par exemple, ne rencontre ni 434, Ni a5,, Di a,,, ni Qa, et que a, rencontre à A23, A32, A42; 2° aja ne rencontre pas aas, Azz Azz, un Et ds que «y rencontre ası, 431, 44); 8° kı rencontre da et que k, rencontre d}. Les deux plans (k, di) (kı da) se coupent suivant une | droite k’ qui a en commun avec S; quatre points et qui, par conséquent, est située sur celte surface. _La surface réglée du second ordre qui a pour directrices les droites a,, as, a; de S;, rencontre cette surface S; suivant deux génératrices d,, də; elle a donc une troi- _ sième génératrice aja; qui appartient à Sz. Les plans : o (asa), (a24,:3), (aza,ss) coupent S; suivant trois nouvelles droites : Lys Los Lz. De la même ia, les trois surfaces réglées du second _ ordre qui ont pour directrices respectivement 01,02, Q45 Qi, Oz, Q4; Us, Ass (lgs ont en commun avec S, trois nouvelles droites Airi Uisa Ust (41) Les groupes de plans (aa), (asus), (aa), (a‚4,5s), (asasss), (astiz) (asasss), (ass), (Asaa) rencontrent S; suivant neuf droites, Yis Yar Yoo Zis Z3 Zis Ua, Uz, Uge Ces neuf droites ne sont pas distinctes. En effet, les couples de plans (CAT AR (CAAE (ass), (ass:42); (asus), (ass); (Ciz), (aise); (aint), (asses); (aasst,), (assd,) se coupent en des droites qui appartiennent à la surface; par conséquent, les droites Ya Far Us, Ua, Ziy u coincident respectivement avec Tzs Yan Yis Ziy Las Lie | Nous obtenons ainsi vingt-sept droites situées sur S;; on peut démontrer par les procédés ordinaires qu'il n'en kn existe pas d’autres. | | 42 ) | 4 à Dans le tableau suivant, nous écrivons les droites qui _ forment les quarante-cinq tritangents : ce tableau nood sera utile pour la suite-de notre travail. | aday, | asdiass | asdiass | adiaz | kid,k' kad,k! | Xilo1@5o | Lalulse adla | d2dadsa | asdaazs | Aydelge | kiarastar | kelyazlae | Tazas | Tels ; $ en i ararss Lil A2t4azta | Aslyosts | 44412423 | KiGissdsa kaaygsdza | Tuklye zak y Í 4 i i dydysaa| Aalso4Ya | Az0134Y2 | A443422 | hiGysatas | Kallyz4laa | L31122 zkh è #4 Aydysati | Gotosats | 323401 | A4đo34T1 | Krdazatat koüssalye | Lstyotas | Y41021 Yadaalan) Yalantae | Yadralan | 74041032 | 340424031 an Eee Remarquons : 1 que les droites kı el k, sont les com- | munes transversales aux quatre droites ajas, 4424, Gy34s 42345 À 2 Que la droite k’ est l'intersection des plans (k; da)» 2 7 (ko fi ij EE vement les intérséctions ies six c couples de plan ns (avai East (au), (assets); (asssa), (aasit); : (asst) (asss); (asssas), (aix) ; (aude), (aise); a (43) 4° Que les couples de droites Qis Oras Qas A225 Asg ses Qis Agg sont les couples de transversales communes aux quatre groupes respectifs de droites ais Los Tzs Y5; Aa, Lis Tz, Yi 5 A; Lys La, Zi; Oss Tis Zis Y2- ; En résumé, si l’on connaît les quatre droites a,, az, az, a; de Js, et si l’on peut déterminer A4235s d194s A4349 A234, ON SA De ENT IE Ee be E $ # LA ox? SENE, pa pourra, en faisant abstraction de la surface, construire les dix-sept droites restantes. Dans le mode de génération qui ressort du théorème HHI, | il est facile de construire les quatre droites asz, @iois @i34s d A234: i ‘4 En effet, si O est le centre de la gerbe de plans, le | | plan (Oa,) rencontre a; et a, en deux points dont la jonction à est une droite de la surface : cette droite est celle que nous avons représentée par la notation a,34, puisque, à part d, et da, Cest la seale droite qui rencontre a;, as, as. : De la même façon, nous pourrons, à laide des plans ` (Oas) (Oa3) (Oa), construire les droites G24 a123, 4255- - __ Si du point O nous menons les transversales aux deux couples de droites a4, as, 45, a4, nous obtenons deux droites qui appartiennent à la surface Sz. Ces droites sont celles que nous avons désignées par les notations ge Si l’on se donne quatre droites a4, aa, az, a, d'une surface (44) i cubique et trois points A,, Aa, Az, on pourra construire linéairement onze autres droites et quinze plans tritan- gents. En effet, représentons par la notation (28) (28)z (28); les trois transversales menées, des points A,, Aa, Az, aux deux droites z, 3; les plans (aus) (asa:)); (Cara (sas); (Caas) (asau)s) se coupent en un point 0, ; les plans _(@a)u (az01)1); ((aashs (0201); ((aas} (axe) se coupent en un point Os; enfin, les plans (aa (asas);); (aa, (aa): (Cas, ( (asa,)s) se coupent en un point Os. De O,, 02, O; menons les transversales respectivement ` aux couples de droites Gi, da; as, ds; Az, Q45 Az, Q45 z, Az; Ai, A45 _nous obtenons les six droites Tz Zi Tis Y25 Xas Yie Les trois plans (as z1), (oe, ya), (£2 y1) se coupent en une ’ même droite qui est la droite ee nous avons représentée par K. (45) Les plans (o1a5), (4,05), (oi), (024), (0,a,), (024), CAR (0243) se coupent suivant les droites oz» Urzas Uitzi Aass. Les-plans (oa), (022), (o1as), (0144), (0201), (0202), (0205), (0204), (0s4,), (0302), (033), (0305), (ryz), (L241), (X521) sont par conséquent quinze plans tritangents. IV. Recherchons quelles surfaces nous pouvons obtenir par le procédé que nous avons indiqué : il est nécessaire _pour cela d'examiner les hypothèses suivantes : - 1° a,, as, az, a, et leurs communes transversales d;, d> sont réelles. Dans ce cas, il est facile de s'assurer que les vingt-sept droites de la surface sont réelles; Ais Aa, Az, As, SORT réelles; d} et da sont imaginaires conjuguées. Il en résulte que les droites ysss Oszsr Aisi ass, Lis Los Lis Yis Yes Fis k sont réelles, et que les droites kis Ko Aii, Aars ue, Asis sas Asas 52 X 16 sont imaginaires. Dans ce cas, nous obtenons une surface cubique possédant douze droites imaginaires et quinz droites réelles. La surface possède en outre quinze plans tritangents réels qui sont : (a, dis x); (as, diss, X1); (Us, Oras X5); (Ass Mns X3); (Xi; k', vels à {a izn 21); (as, aia Ya) 5 (Us, Arzoo Ya); (dés Muse La): (£a k’, Yı); (drs Areas Y1); (as, azy 3i); (as, ass W) (as Asso 21) 3 (as, k'y Z1)5 3° ay, as sont réelles, et les couples az, a di, da sont | imaginaires conjuguées. Dans ce cas, Oi Aars A, A22, Azi; Usa) Uur, Agay hi, ha, Uyss, dis sont imaginaires; Bn ` Qizi Azzi Lzy Zu hk sorted” td | : - En NCE , la surface conti t sept droites réelles, S et elle possède cinq triangles kneed réels, enen ais 2, 1) (en duss AA (t; kE z 1}; (au, Uz2, 2); on dv ds x x droites réelles, tandis quel les deux autres contienne t a es droites i peus ne de quatre, de cinq manières, de facon à former en tout (47 ) quinze droites réelles et quinze plans tritangents réels : on est donc conduit au même résultat que pour la seconde hypothèse; 5° aj, Aa} az, A45 dy, da sont trois couples de droites imaginaires conjuguées. On est conduit à une surface contenant trois droites —_ réelles xz, z}, k’, el vingt-quatre droites imaginaires : les sept plans tritangents (asies221) (as u3s) (X3011032) (15042021), (xik ya) (xk yi) (xsk'z,) sont réels; l’un de ces triangles tritangents contient les droiles réelles, et les autres passent deux à deux par la même droite réelle et contiennent en outre deux droites imaginaires conjuguées. Nous obtenons donc, par les constructions que nous avons indiquées, toutes les surfaces du troisième ordre, en égard à leur classification par RRRS à la réalité des droites qui y sont situées. Nous pourrons, en conséquence, énoncer le tora suivant : Étant donnés une surface du troisième ordre et deux couples de droites de cette surface, le plan des transver- sales menées à ces couples de droites par un point quel- conque de la surface passe par le sommet d’un triangle —_ tritangent. | ose Il existe — 216 couples de droites de la surface qui ne se bound pas; sur les droites de ces couples s'appuient cinq droites qui peuvent s'associer par groupe UX 16 5x de = a paires de En de proue u s 'ensuit $ (48 ) | les vingt-sept droites de la surface peuvent se ranger de 216 x 15 — 3240 manières, de façon à former deux couples de droites ne se rencontrant pas. Par conséquent, si des points de S; on mène les transversales aux systèmes _ de couples de droites de la.surface, les plans de ces trans- versales passeront par groupes par les mêmes points. V. Il existe vingt-quatre systèmes de deux couples de droites telles que, si des points de la surface on mène les transversales à ces couples, les plans de ces transversales passent par un même point. 3 En effet, par exemple, les transversales menées d’un point quelconque de S; aux deux couples dy, de Us, A; passent par le point O, de rencontre de x; et z4. Parmi les vingt-sept droites de la surface, les huit droites suivantes : as, As, Aras) Aian Aino Aias Aus Ua + + + + (1) \ rencontrent x; sans rencontrer z,, et les huit droites Qi, de, ass Wiza Azt, A22, Uas U . ee (2) rencontrent z; sans rencontrer rz. Les huit droites du tableau (1) peuvent se grouper par couples de droites ne se rencontrant pas, des vingt-quatre manières suivantes : Qia Guess Guess Asa) ias Oss) Cass Amr) Ajos A225 ess Us 5 en dn Uia dia 5 Oso Aus Qis Oor) Qizg Q225 Oros Az 5 Aya s Aars Qiz, Q22 5 Aia, Oz 5 Asa, As 5 Qus Qu; On, As > On sss | Qa s a25 An, a35 An}; As Az) Un, A4 5 üz 9045 ( 49 ) et les huit droites du tableau (2) peuvent se grouper par couples, des vingt-quatre manières suivantes : Qizi, Aass, Cize ses Cisis Asi; Css, Ai; Oizo Ou Aisi U2 5 (4) Azzer Use 5 Aasi Aiz) Aasi Aars Oases Azi; Qas Ui 5 Uy, LETE Us s Qi 5 Azo, U, ; Ozzy Aa 5 Az, Qu; Az, Qi 5 Us ; A ; Ass ge; y; Aar, da 5 Ag y U, 3 Aiz, Q25 U, ‚2; A un couple de droites du tableau (5), nous ne pouvons associer qu’un couple du tableau (4) de façon à former deux couples de droites ne se rencontrant pas; ainsi, au couple a,,, a», nous ne pouvons associer que le couple st ar: Si des points de S; nous menons les transversales aux deux couples azy, a24; as), ass, le plan de ces transversales passera par le point 0}. | En effet, supposons que ce plan ne passe pas par le point O,, mais par un autre sommet P de triangle tritangent. D'après ce que nous avons vu précédemment, P est le Point de rencontre de la droite de la surface qui s'appuie Sur le couple a,,, aa,, sans rencontrer ni Az, Di aus, et de la droite de la surface qui s'appuie sur le couple az), azi, Sans rencontrer ni 4j, ni az; : or, ces droites sont x; ct Fin Par conséquent, le point P coïncide avec le point O,. En résumé, nous pourrons énoncer le théorème suivant : Si des points d’une surface du troisième ordre on mène les transversales aux couples de droites de la surface qui Wont pas de point commun, les plans de ces transversales Passent, par groupe de vingt-quatre, par les mêmes sommets des triangles tritangents. VI. Nous nous proposons actuellement de rechercher STe SÉRIE, TOME XXII. Mo. Bot. Garden, Ws Ee de Ee MUR Ee ( 50 5 | quelques systèmes de courbes de la surface; nous ferons pour cela usage du lemme suivant : Les plans qui enveloppent un cône de la classe n, Cn, ayant leur sommet en un point O, marquent sur deux couples de droites fixes a,, a»; az, 34, des couples de points tels que Pintersection de leurs jonctions se déplace sur une courbe gauche d'ordre 5n, Ga. Pour démontrer ce lemme, remarquons que si, des points d'un plan z quelconque, on mène les couples de transver- | sales aux couples did, Aza; les plans de ces couples enveloppent une surface de la troisième classe. Cette surface a, en commun avec le cône C,, 3n plans tangents qui correspondent aux points de la courbe Gss situés dans le plan 7.. Si le point O coïncide avec le point tritangent O, de la surface Sz, et si les quatre droites aj, aa, az, a, appar- tiennent à la surface, la courbe G, sera située tout entière sur S;. Deux courbes Gs, G5,, correspondant à deux cônes C, et Ci, se coupent en n? points; en effet, les deux cônes ont»? plans tangents communs, et à ces plans il correspond _ les mêmes points appartenant aux deux courbes G,, el Gie Si le plan (o, dj) était tangent au cône C,, la courbe Gs, correspondante se décomposerait en la droite dy, et en une courbe d'ordre 3n — 1, G,- Deux courbes, telles que Gau Se coupent en n?— 1 points; deux courbes, telles que Gs, et Gs, ;, se coupent en n° points. Si le cône C, était tangent au plan (04 di), la courbe _ Gs, se décomposerait en da droite i et en une courbe K agint Kosie | T 4 0425» Ma4, AES a»z; el en une courbe Hs, (51) Deux courbes d'ordre 3n — 1, l’une Gs, l’autre Konis se coupent en n° points. Si le cône C, était tangent aux deux plans (0, di) (o, də), la courbe résultante se décomposerait en les deux droites di, da et en une courbe Gs, Deux courbes semblables à Gs, Se rencontrent en n? — 2 points : deux courbes, Pune G,,, l'autre G;,_,, se rencontrent en n? points; deux courbes, l’une G, ou Kani, l’autre Gs, „se rencontrent en n? — 1 points. Si le cône C, était tangent au plan (0, a), la courbe G;, se décomposerait en la droite a,;, el en une courbe H d'ordre 5n — 1. Deux courbes, l'une G, ou K i, l’autre H,,,, se rencontrent en n? points. Si le cône était tangent aux deux plans (o, a,) (0> a3), la courbe G,, se décomposerait en les droites a,34, a234 et en une courtie Hi Deux courbes G.,, H;,_:, ont x? points en commun; deux courbes G,, ‚ on K,., et H,,_. ont n? points en commun; et deux courbes H,,, et H;,, ont n? — 1 points en commun. Si le cône €, était tangent aux plans (o, a,) (04 a) (0, a;), la courbe G,, se décomposerait en les droites 4,34, 434, das, el en une courbe Hs Deux courbes Gs, H, ont n? points en commun; deux courbes G,., ou K, et Has ont également n? points en commun; deux courbes H,,_,, Hsn- ont n? — 1. points en commun; et deux courbes H;,_:, H;,_; ont n°2 points en commun. Enfin si le cône C, était tangent aux plans (0, a,) (0; “or (01 as) (o, a4), la courbe se décomposerait en les droites | ( 52 ) . Une courbe telle que H,,, a en commun avec des — courbes telles que G;,, Gs, Hsn- Hs, +, H;,_:, des points en nombres respectifs, nn — A, n? — 9,1 — 5. VIH. En général, une courbe telle que G;, est rencontrée par les droites ay, aa, az, a, en 2n points. En effet, le cône du second ordre qui a pour sommet le point O, et qui est tangent à la surface du second ordre, qui a pour directrices a,, az, a,, par exemple, a en com- mun avec le cône C,, qui a servi à engendrer G;,, 2n plans tangents : ces plans tangents communs correspondent aux points de la courbe G;, qui sont situés sur a. Les deux transversales d4, da ne peuvent rencontrer Gs; car on ne peut, en général, mener par une droite un plan tangent au cône C,. D’après ces considérations, et d’après le tableau des triangles tritangents (§ HI), les droites i uE Qir Aars Azis Aass Aro) A223 Usa, Asas Lis Las Lay Yis Yos Zin k rencontrent la courbe G,, chacune en n points, tandis que _ _les droites | Urz5s Ais Asus A34 ne la rencontrent pas, et que les droites k; et kọ la ren- _ eontrent en 2» points. r Si l’on remplace dans la génération de la surface S; les deux couples de droites a,, az; az, a, par les deux couples a123» Aass 54, Q234 OUt en conservant le point O, comme centre du réseau de plans, un cône quelconque de classe n, ~ ayant son sommet en O,, donnera naissance à une courbe _ : nt située sur oriee w (35) Cette courbe G;, sera rencontrée en 2n points par les droites ais Oros Aisi Azp Us do; elle maura aucun point en commun avec les droites dis A2, Az, y, ki, ka, tandis que les quinze droites restantes la rencontrent chacune en » points. Les deux systèmes de six droites du double-six U, l2 303 > Us ‚hi, ha l (B) tsi Miza Man Miess Ar, Aa i jouent donc des rôles inverses par rapport aux deux courbes Gs, Gz, tandis que les quinze droites qui ne font pas partie de ce double-six jouissent des mêmes propriétés. Par analogie à une appellation qui a été faite dans le cas de n — 1, nous dirons que les deux courbes G,, et G5, sont associées par rapport au même double-six (A). En conservant le point O, comme centre de la gerbe de plans, nous pouvons remplacer dans la génération de la surface les deux couples de droites 44, as; az, a, par vingt- quatre autres coupies de droites. Prenons, par exemple, le couple Aiz, An; Qip Osi Tout cône C, ayant son sommet an point O, donnera naissance à une courbe H,,, située sur Sz; cette courbe o sera rencontrée eń 2x points par les droites Ages lsp Mis lsn ds, Yn (54) et elle n’aura aucun point en commun avec les droites Baay Asoy Azis Uy Las Ki, tandis que les autres droites la rencontreront en n points. Enfin, si nous remplaçons le couple aioz, &11 5 Gysss 431 par le couple a, az et ax», a}, le còne qui a donné lieu à H;, donnera naissance à une courbe H}, qui sera associée à H,;, par rapport au double-six | \ Avans Misis Cats Ast; das Yu} “A j Azo 3 Aias A5 3 U2 > Los ki \ En nous reportant à ce que nous vu précédemment, nous en déduisons que les cônes de classe n, ayant leurs sommets placés en un point tritangent quelconque, donnent lieu à vingl-quatre systèmes de courbes d'ordre 5n situées sur la surface cubique : ces vingt-quatre systèmes se par- tagent en douze couples de courbes, associées deux à deux par rapport à un même double-six. Remplacons encore le couple de droites a,, a2; az, Q47 respectivement par les couples ay, k,; a, k, et par les _ couples azz; da el a55,, diz, et remplacons le point O; par le point O de rencontre des droites a,, et as. Tout cône _ - de classe n ayant son sommet en O donnera lieu à deux courbes K,, et Ks, situées sur la surface S,. Il est facile de _ s'assurer que ces courbes sont associées par rapport au double-six (A). _: Comme on peni associer les droites d’un même six d’un n oiei de 55 x 3— 45 manières différentes, de façon à former deux couples de droites, n’ayant aucun point en _ commun, nous en déduisons qu'en considérant les cônes de classe n 2 ont leurs : sommets en tous les poisi tri- (33 ) tangents de la surface, on obtient quarante-cinq systèmes de courbes d'ordre Sn associées par rapport à un même double-six : il existe donc en tout 36 x 45 — 1620 systèmes analogues de courbes. Les cônes qui donnent lieu aux systèmes de courbes associées à un même double-six, ont leurs sommets situés aux quarante-cinq points tritangents formés par les quinze droites de la surface qui n'entrent pas dans le double-six en question. Dans un prochain travail, nous nous proposons d'étudier plus en détail les systèmes de courbes de la surface. CLASSE DES LETTRES. Séance du 6 juillet 1891. M. G. TIBERGHIEN, directeur, président de l’Académie. M. le chevalier Ep. MarcHa, secrétaire perpétuel. Sont présents : MM. Lamy, vice-directeur ; Alph. Wau- ters, P. Willems, S. Bormans, Ch. Piot, Ch. Potvin, J. Ste- cher, P. Henrard, J. Gantrelle, Ch. Loomans, L. Roersch, L. Vanderkindere, Alex. Henne, G. Frédérix, le comte _ Goblet d'Alviella, F. Vander Haeghen, Ad. Prins, membres; Alph. Rivier, associé; J. Vuylsteke, Em. Banning, A. Giron, | le baron de Chestret de Haneffe, Paul Fredericq et Gode- froid Kurth, correspondants. M. H. Hymans, directeur de la Classe des beaux-arts, assiste à la séance. M. le chevalier de Harlez s'excuse de ne pouvoir y assister. CORRESPONDANCE. WV, Ae C Delain a et Émile Hübner | acensent e de leur eren de membre et d'associé. Var + NE EN rt DN Se od: Me Cine PE LA an RE TT MA (57) — M. le Ministre de l'Intérieur et de l'instruction publique envoie pour la bibliothèque de l'Académie un exemplaire des ouvrages suivants : 1° Les habitations ouvrières en Belgique ; par le baron Hipp. de Royer de Dour ; 2° Les élus d'Anvers depuis 1830 ; par J.-B. Van Mol; 5° Les fusillés de Malines ; par Georges Eekhoud ; 4° De Belgische conscrits in 1798 en 1799; par Augustin r s; 5° L'ennemi de ouvrier : le cabaret; par Jules Philo» dème ; 6° Acta Mar Kardaghi Assyriae prefecti, etc. ; par J.-B. Abbeloos ; 7° Documents et rapports de la société paléontologique de Charleroi, t. XIV; ° Don Juan, dramatisch gedicht; par Hendrickx. — Remerciements. — M. Wauters, secrétaire-trésorier de la Commission royale d'histoire, présente le premier exemplaire du tome X des Relations politiques des Pays-Bas avec l'Angleterre sous le règne de Philippe II; publiées par le baron Kervyn de Lettenhove. M. J. Stecher, président de la Commission pour la publication des œuvres des grands écrivains du pays, pré- sente le premier exemplaire du t. IV des Œuvres de Jean Lemaire de Belges. Hommages d'ouvrages : 1° La mission des Académies ; discours par G. Tiber- ghien ; se 2 Jean Lemaire de Belges; sa vie; ses œuvres ; m en J. Stecher ; (38) 5° G.-L. Hérard, sculpteur et graveur ; par le baron de _ ‚ Chestret de Haneffe; 4° Concession monétaire de Charles le ke å begren À métropolitaine de Besançon ; par A. Castan ; ° Supplément aux recherches sur les monnaies des l comtes de Hainaut, de M. Renier Chalon; par pe de . Witte; à 6° Liège sous le régime hollandais, 1820 à 1830 ; par Auguste Hock, avec une préface par A. Micha, et une note _ de M. Stecher; = T° Codex diplomaticus comitum Karolyi de Nagy- Karoly, vol. 1-IV ; par le comte Tibor Karolyi ; A 8° Madame de Warens et le pays de Vaud ; par Albert de Montet; = 9 La querelle des investitures dans les diocèses de Liège et de Cambrai, 2° partie; par Alfred Cauchie; extr. _in-8°, avec une note de M. Lamy. — Remerciements. j $ = La Classe renvoie à l'examen de MM. Rivier, Lamy A et Roersch un travail de M. Chauvin, professeur à l'Uni- versité de Liège, sur le Scopélisme. _ PROGRAMME DE CONCOURS POUR L'ANNÉE (895. PREMIÈRE QUESTION. _ Quelle a été en Flandre, avant l'avènement de la maison : de | Bourgogne, l'influence ph des grandes villes, et Tiet 11. EME EO MENEN (59, _ DEUXIÈME QUESTION. N Faire l’histoire de la littérature francaise en Belgique, de f 1815 à 1850. ; TROISIÈME QUESTION. Quel est Peffet des impôts de consommation sur la valeur | vénale des produits imposés? En d’autres termes, dans $ quelle mesure ce genre d’impôts pèse-t-il sur le consom- maleur? Exposer et discuter, à l’aide de documents statistiques, les résultats des expériences récemment faites à cet égard en divers pays, et plus spécialement en Belgique. QUATRIÈME QUESTION. On demande une étude critique sur les Vies de saints de - l'époque carlovingienne zien Epen le Bref jusqu’à la is fin du X° siècle). à L'auteur ne s’attachera qu'aux Vies présentant un inté- rêt de ch CINQUIÈME QUESTION. Faire, d’après les résultats de la grammuire comparée, une étude sur le redoublement dans les thèmes verbaux et nominaux du grec et du latin. SIXIÈME QUESTION - = On demande une étude sur les divers systèmes péniten o tiaires modernes considérés au point i vue de la théorie pénale et des résultats obtenus. P ( 60 ) SEPTIÈME QUESTION. Faire l’histoire de la philosophie scolastique dans les Pays-Bas et la principauté de Liège, jusqu’à la révolution française. La valeur des médailles d’or présentées comme prix sera de mille francs pour la septième question et de huit cents francs pour chacune des autres questions. Les mémoires devront être écrits lisiblement et pourront être rédigés en francais, en flamand ou en latin. Ils devront être adressés, francs de port, avant le 4° février 1895, à M. le Secrétaire perpétuel, au palais des Académies, à Bruxelles. | L'Académie exige la plus grande exactitude dans les citations, et demande, à cet effet, que les auteurs indiquent les éditions et les pages des livres qu’ils citent. Les auteurs ne mettront point leur nom à leur ouvrage; ils y inseriront seulement une devise, qu'ils reproduiront dans un billet cacheté renfermant leur nom et leur adresse. Faute par eux de satisfaire à cette formalité, le prix ne pourra leur être accordé. Les ouvrages remis après le terme prescrit, ou ceux dont les anteurs se feront connaître, de quelque manière que ce soil, seront exclus du concours. = L'Académie croit devoir rappeler aux concurrents que dès que les mémoires ont été soumis à son jugement, ils sont et restent déposés dans ses archives. Toutefois, les ~ auteurs peuvent en faire prendre des copies à leurs frais, en s'adressant, à cet effet, au secrétaire perpétuel. — Ed aid, 2:13 bi = End ET Gi AV A tr RA Ne NE arie En antie PE Pe | - PE EE I ET PRIX PERPÉTUELS, PRIX TEIRLINCK POUR UNE QUESTION DE LITTÉRATURE FLAMANDE. (Quatrième période : 1892-1896.) Un prix de mille francs sera accordé au meilleur ouvrage en réponse à la question suivante: Faire l’histoire de la prose flamande avant l'influence bourguignonne, c’est-à-dire jusqu’à l'époque de la réunion de nos provinces sous Philippe de Bourgogne, vers 1430. Le délai fatal pour la remise des manuscrits, qui peuvent être rédigés en français, en flamand ou en latin, expirera le 1% février 1896. Les concurrents devront se conformer aux conditions réglementaires, ci-dessus, des concours de l’Académie. PRIX JOSEPH DE KEYN. Sixième concours. (Deuxième période : 1890-1891.) Enseignement moyen et art industriel. La Classe des lettres rappelle que la deuxième période du sixième concours annuel pour les prix Joseph De Keyn sera close le 31 décembre 1891. Tout ce qui a rapport à ce Concours doit être adressé, avant cette date, à M. le Secré- taire perpétuel de l’Académie, au palais des Académies. Cette période, consacrée à l’enseignement du second degré, comprend les ouvrages d'instruction ou d'éducation — moyenne, y compris l'art industriel. 4 62 ) Une somme de trois mille francs pourra être répartie _ entre les ouvrages couronnés. Peuvent prendre part au concours : les œuvres inédites, aussi bien que les ouvrages de classe ou de lecture qui auront été publiés du 1° janvier 1890 au 31 décembre 1891. Ne seront admis que des écrivains belges et des ouvrages conçus dans un esprit exclusivement laïque et étrangers aux matières religieuses. Les ouvrages pourront être écrits en français ou en flamand, imprimés où manuscrits. Les imprimés seront admis quel que soit le pays où ils auront paru, Les manuscrits pourront être envoyés signés ou ano- nymes; dans ce dernier cas, ils seront accompagnés d'un pli cacheté contenant le nom de l'auteur et son domicile. Les manuscrits demeurent la propriété de l’Académie, mais les auteurs peuvent en faire prendre copie à leurs frais. Tout manuscrit qui sera couronné devra être imprimé pendant l’année courante, et le prix ne sera délivré à l'auteur qu'après la publication de son ouvrage. La Classe des lettres j jugera le concours sur le rapport d'un jury de sept membres, élu par elle, dans sa séance du mois de janvier de l’année 1892. NOTES BIBLIOGRAPHIQUES. J'ai l'honneur d'offrir à la Classe, de la part de M. Hock, de Liège, sa nouvelle étude de mœurs et cou/umes natio- nales. Cette fois, Cest un livre tout vécu, c'est la physio- nomie de Liège de 1820 à 1830. L'auteur rend justice au pearen; hollandais qui dota sa province de bonnes éco ae d'une université et des usines Cockerill. Plien AAW kh een Berdien NE P, BEET i 4 Et ELT in VE, ORL A Dre iS 7 ON Mn BL EN Ve TT Mer te Fe 4 E Na à DUR LE MS 5 (65 ) Tout en blämant les mesures qui rendaient la langue néerlandaise presque partout obligatoire, il avoue qu'il y avail peut-être un peu d’obstination de la part des Wallons à ne pas vouloir apprendre le flamand. On dirait qu'il s'inspire ici de la vieille tradition de la principauté épiscopale, où les deux langues nationales étaient respec- tées. Mais il s'inspire aussi de l'esprit wallon qui aime les dictons, les images très saillantes et les gausseries sans fiel. J. STECHER. J'ai l'honneur d'offrir à la Classe, de la part de M. l'abbé Cauchie, la seconde partie de son savant travail sur La querelle des investitures dans les diocèses de Liège et de Cambrai. Dans le premier chapitre, l’auteur décrit la lutte entre l'évêque de Liège Otbert et les monastères de Saint- Laurent et de Saint-Hubert, Les chapitres second et troisième nous montrent la lutte se continuant jusqu'à ce _ que le monastère de Saint-Hubert ait fait sa soumission à Otbert. Finalement, tout le clergé liégeois adhère au parti de l’empereur Henri IV et de l’évêque Otbert contre le pape. Les trois chapitres suivants racontent les luttes de Cambrai, les revers de Henri IV et la tin du schisme. L'auteur n’a négligé aucune source d'information; il traite son sujet avec l’impartialité de l’historien. Dans le cours de son travail, il aime à s'appuyer sur la Chronique de Saint-Hubert, dont il défend avec une critique exacte l'impartialité contre le savant professeur de Berlin, M. Krollig. da T. J. LANE. RP en PA dn A Ps mue Fi FO NPY Hc (64) COMMUNICATIONS ET LECTURES. Gand, le 50 juin 1891. MONSIEUR ET HONORÉ COLLÈGUE, Dans la notice que j'ai adressée à l'Académie au mois de mai de l’année dernière, et qui fut seulement publiée dans le Bullletin du mois de février de cette année, sur la signification du mot Negotiator citriarius, j'ai reconnu qu’on ne parvenait point à donner une explication plausible | des rapports qui pouvaient exister entre des métiers aussi différents que celui d’ébéniste et celui de corroyeur. _M. le commandeur de Rossi voulut bien me signaler l’inexactitude de la lecture faite par M. Borsari de l’inscrip- tion du Transtevere, et me dire que la vraie leçon était non pas corarii mais bien eborarii. Des recherches ultérieures m'ont fait connaître que, dès la fin de 1889, M. Ch. Hülsen avait lu eborarii et avait donné au mot citriarii le même sens que celui que … je lui ai attribué dans ma notice, sans rechercher cepen- dant quelle était la nature du bois travaillé spécialement par les citriarii (1). (1) « Aber nicht, dit-il, wie der Berntsgeter Borsari gelesen hat der Gerber und Citronenhändler, sondern der eme era und nent B. d. L a p. 288. ( 65 ) Cette lecture fut maintenue par M. Hülsen dans ses Miscellanea epigrafica (1); de son côté, M. O. Gradenwitz, qui a étudié Pinseription au point de vue juridique, adopte la lecture de M. Hülsen, et rappelle que les tables de luxe faites de bois de citrus reposaient sur un pied en ivoire (2); ce qui explique d'autant mieux les rapports entre les eborarii et les citriarii (5). M. Gradenwitz semble s'en tenir exclusivement aux tables précieuses, tandis que M. Hülsen, dans ses Misce!- lanea, adopte une signification plus générale et en arrive à considérer les citriarii, ainsi que je Pai fait moi-même, comme étant des ouvriers de meubles de luxe (4). Il se fait done que, par des études indépendantes l'une de l’autre, nous sommes arrivés à adopter une même conclusion et à reconnaitre que les citriarii ne pouvaient être des marchands de citrons, mais bien des menuisiers de luxe que j'ai appelés des ébénistes. M. Hülsen n’avait pas à rechercher — son étude n'ayant pas ce but — quelle était la nature du bois travaillé par ces citriarii. Je crois avoir établi que ce n’était pas le bois du citronnier mais bien le thuya articulata, et que dans ET A E (1) B. d. 1., 1890, p. 287, (2) Minn Privatieken + p- 702. (5) Die Gleichstellung, dit-il, erklärt sich daraus, dass die Luxus- tische aus Citrusholz mit Elfenbeinfuss gearbeitet wurden; darum hatten eborarii und citriarii häufig mit einander zu thun und waren gewissermassen auf einander angewiesen. O. Grapenwirz. Das Statut für die Zunft der Elfenbeinarbeiter (Zeitschr. der Savigny-Stiftung f. Rechtsgesch. Röm. Abth. 1890, XI, p. 76). (4) Mi avvidi non trattarsi di conciatori e venditori di moa; ma invece di fabbricanti di mobili di lusso. B. d. I., 1 Th p- 287. gm SÉRIE, TOME XXII. f la suite on a désigné sous le nom de citriarius tout ouvrier travaillant des bois précieux. | Celle interprétation paraît encore plus évidente, du = moment qu'on lit eborarii au lieu de corarii. On comprend = ainsi comment une corporation d'eborarii pouvait accueillir = dans son sein des citriarii, c'est-à-dire des ébénistes. Les détails qui précèdent complètent la notice publiée dans les Bulletins. C'est ce qui m’autorise à vous prier de 5 bien vouloir communiquer la présente lettre à l'Académie. - Veuillez agréer, Monsieur et honoré Collègue, l'assurance de ma considération la plus distinguée. ADOLF DE CEULENEER. A Monsieur P. Willems, professeur à l'Université de Louvain. (67) CLASSE DES BEAUX-ARTS. Séance du 2 juillet 1891. M. H. Hymans, directeur. M. le chevalier Em. MarcHaL, secrétaire perpétuel. Sont présents : MM. C.-A. Fraikin, Ernest Slingeneyer, F.-A. Gevaert, Ad. Samuel, Ad. Pauli, Jos. Schadde, Th. Radoux, Jos. Jaquet, J. Demannez, P.-J. Clays, G. De Groot, G. Biot, Th. Vinçotte, J. Stallaert, Henri Beyaert et G. Huberti, membres ; J. Hennebicq, le comte Jacq. de Lalaing, F. Laureys, Ed. Van Even et Charles Tardieu, correspondants. CORRESPONDANCE. me M. Balat écrit qu’une indisposition l’empêche d'assister à la séance. Il remercie en même temps pour la lettre de félicitations qui lui a été adressée par l’Académie, au - sujet de sa nomination de correspondant de l’Institut de France. — M. le Ministre de Pintérieur et de l'instruction _ publique demande, conformément à l’article 5 de l'arrêté . ` (68 ) royal du 5 mars 1849 qui organise les grands concours de composition musicale, que la Classe lui désigne trois membres pour faire partie du jury chargé de décerner le prix du concours de l’année 1891. (Voir ci-après.) — M. Stallaert offre, au nom de M. le comte Goblet d'Alviella, membre de la Classe des lettres, un exemplaire de son livre intitulé : La migration des symboles. La Classe vote des remerciements à M. Goblet et décide l'impression au Bulletin de la note lue par M. Stallaert en présentant cet ouvrage. Des remerciements sont aussi votés à M. Fernand Levieux, de Bruxelles, pour l'hommage d’un exemplaire de sa brochure portant pour titre : Essai sur le développe- ment de la peinture de paysage et sur les voyages d'artistes aux XV° et XVI? siècles dans leurs rapports avec Phistoire de l’art en Belgique. NOTE BIBLIOGRAPHIQUE. J'ai l'honneur d'offrir à la Classe des beaux-arts, au nom de notre excellent confrère et ami, M. le comte Goblet d'Alviella, membre de la Classe des lettres, le livre qu’il vient de publier sous le titre : La migration des symboles. La plupart des chapitres ont paru respectivement dans les Bulletins de l'Académie, la Revue de l'histoire des religions et la Revue des deux mondes. L'auteur les a entièrement refondus et t augmentés dans son livre actuel. L'unité du volume consiste précisément y Le eben LS A Re A ET EPS eene AU ON DE EEA ¢ n v f $ ( 69 ) dans la tentative pour déduire de ces rapprochements les lois qui président à la migration et à la transformation des symboles en général. Dans la première partie, l’auteur s’est efforcé de faire pour les principaux symboles, tels que les différentes formes de la croix, le triscèle, l'aigle à deux têtes, le lotus, le caducée, le foudre, arbre de vie, le globe ailé, la main de justice, le guerrier terrassant le dragon, le sagittaire, le perron de Liège, le pyr d'Augsbourg, etc. ce que d’autres ont fait pour la migration des fables et des légendes. Il s'est attaché particulièrement à retrouver les voies par lesquelles les plus répandues de ces combinaisons symbo- liques, là ou elles ne sont pas le résultat d’une rencontre fortnite, ont passé depuis les temps les plus reculés, d'un peuple à un autre, pour se répandre parfois sur tout le vieux continent et arriver enfin jusqu’à nous. Dans la seconde partie, il a établi la loi qui amène les symboles voisins ou analogues à se fondre en une figure intermé- diaire partout où ils entrent en contact. Je n’insisterai pas davantage sur des points qui offrent surtout de l'intérêt pour les membres de la Classe des lettres; mais il nous a semblé que la Classe des beaux-arts ne saurait rester indifférente à ce livre, qui nous révèle un côté tout nouveau au point de vue de la science archéo- logique et symbolique dont doit être armé, dirai-je même, — tout artiste avant de se livrer aux grandes compositions > historiques et emblématiques, c'est-à-dire au grand art. ‚ Les symboles et les accessoires figurés des religions af tiennent une trop grande place, en effet, dans tout ce qui est du domaine de l'architecte, du peintre et du sculpteur, pour que ces artistes ne sachent pas gré à M. Goblet da service qu'il vient de derden rendre. … è Ces remarquables observations (accompagnées de gra- vures qui sont d’une précision et d’une netteté si grande, et qui rendent si correctement le caractère des modèles qu’il a eus à sa disposition) seront pour nous dorénavant un guide précieux et fidèle. J. STALLAERT. ÉLECTIONS. _ Conformément à l’article 5 de l'arrêté royal du 5 mars 1849, portant organisation des grands concours de com- position musicale, la Classe fait choix de trois de ses membres pour faire partie du jury qui sera chargé de juger le concours de l’année actuelle; les suffrages se portent sur MM. Gevaert, Samuel et Radoux. Ces noms seront communiqués à M. le Ministre de lIn- - = térieur et de l’Instruction publique. RAPPORTS. Il est donné lecture de l'avis que la section d’archi- ~ tecture a émis sur le projet d'itinéraire de voyage soumis _ au Gouvernement par M. Kockerols, lauréat du concours Godecharle. … Cet avis, p bl ratifié par la Classe, sera transmis au même ee PURE ER ASS en EN EAO UNE RE MEE OBE RES Ted NE PTA AT De a Ee fan D re Naar CANNES et en MORE DEAE RNN EA LPE EAE CA e FEE S E EN 8. y i nd (7t) COMMUNICATIONS ET LECTURES. Note sur un retable qui se trouve au village de Willberga, en Suède, exécuté par le sculpteur belge Jean Borman; par Ed. Van Even, correspondant de l’Académie. Jean Borman, qui travaillait à Bruxelles entre les années 1479 et 1518, doit être considéré comme l’un des sculpteurs belges les plus remarquables de cette époque. Ses travaux sont pleins d'invention, de sentiment et d'originalité. Il a laissé des compositions en bois de chêne qui valent incontestablement les productions de ‘nos meilleurs peintres d'alors. Le temps avait complètement effacé son souvenir. On ne connaissait plus une seule de ses œuvres. z Une découverte faite dans un manuscrit des archives de a Louvain nous permit, il y a quatorze ans, d'établir que le plus beau retable de notre Musée royal d’antiquités est sorti de son ciseau. Cette trouvaille assigna au sculpteur brabançon une place honorable dans l’histoire de Part (1). On sait que l'admirable travail que nous venons de men- _‘tionner représente le Martyre de saint Georges, el porte —— le millésime de 1493. Il fut exécuté pour la chapelle de , Notre-Dame hors les Murs, à Louvain, démolie en 1796. (1) L'auteur du retable de 1493 du Musée de la porte de Hal, à En Bruxelles, dans le Bulletin des Commissions royales d'art et d’archéo- logie de 1877. an en À e (72) Nos recherches sur Jean Borman nous ont fait con- stater que cet artiste, qui, d'après un document de 1515, était considéré comme le premier sculpteur de Bruxelles, a fourni une longue carrière, et qu'il avait un atelier où il employait un certain nombre de ou gezellen (1). J Il était done permis d'espérer la découverte d’autres travaux de ce tailleur d'images. Notre attente n’a pas été trompée : en 1883, M. le con- seiller aulique Fried. Schlie, directeur du Musée de Schwerin, découvrit, dans l’église paroissiale de Güstrow, ancienne résidence du grand-duc de Mecklenbourg, un second retable de Jean Borinan. C'est un travail capital, un vrai joyau de la dernière époque de l'art ogival. Il étale aux regards la passion du Sauveur dans une série de neuf hauts-reliefs, dorés et _ polychromés. Les volets sont ornés d’admirables peintures de Bernard Van Orley. Sur le fourreau du glaive d’un soldat, qui se trouve dans le groupe représentant le Portement de la croix, on lit le nom de l'artiste, sculpté en relief, dans la forme flamande : Jan Borman. M. le professeur Schlie a consacré au splendide retable de Güstrow un remarquable travail, accompagné de neuf pänchen photographiques reproduisant non seulement l'autel proprement dit, mais aussi les peintures des on (2). (1) Maitre Jean Borman, le plus grand sculpteur belge de la fin du XVe siècle, dans le Bulletin des Commissions royales d’art el d'archéologie de 1884. (2) De FRienricH Scuuie, Das disent der beiden Brusseler Meister Jean Borman und Bernard van Orley, in de Pfarrkirche zu Güstrow. Güstrow, 1885; in-folio. EEN se Pier TT CASEN Ee K | | d es wou Of % “ (48 ) En faisant connaître cette œuvre de deux de nos anciens artistes, il a acquis des droits à la reconnaissance de tous ceux qui s'intéressent à la gloire artistique de la Beigique. La découverte de Güstrow constituait une nouvelle preuve des mérites exceptionnels de l'artiste. On n'avait pas tout retrouvé. Le 2 avril dernier, M. Schlie nous informa que M. Hans HiLpeBranp, l’antiquaire du royaume de Suède, venait de découvrir, dans un village de son pays appelé Willberga, situé entre Upsal et Stockholm, un troisième retable de notre Jean Borman. C’est encore une œuvre capitale. Nous devons à l'amitié de M. Schlie les photographies de ce retable. Comme il s’agit d’une œuvre inconnue de l’un de nos anciens artistes, nous espérons que les mem- bres de la Classe des beaux-arts de notre Académie ne les verront pas sans intérêt. En plaçant ces planches sous les yeux de nos honorables confrères, nous nous faisons un devoir d'exprimer nos vifs remerciements à notre ami M. Schlie. Le retable de Willberga est moins grand que celui de Güstrow ; mais, de même que ce dernier, il offre tout ce que la sculpture de l'époque pouvait produire de plus compliqué, de plus abondant, de plus typique. Les parties architectoniques, surtout les baldaquins des niches, nous paraissent plus riches de détails que celles du retable de Güstrow. Elles sont fouillées avec la grâce, la minutie, la délicatesse de la dentelle. Les hauts-reliefs principaux de l'autel de Willberga représentent trois scènes de la passion du Christ : 1° le ment. Portement de la croix; ® le Calvaire; 5° l'Ensevelisse- a at EA or DT Le ment de la Co pee ge Hy from de phs is ps croix et l'Ensevelissement, l'artiste a apporté çà et là un (74) La predella, ou partie inférieure du retable, se compose de six arcatures séparées, renfermant les bas-reliefs suis vants : 4° la Visitation; X la Fuite en Égypte; 3° la Naissance; 4° la Circoncision; 5° l Adoration des Mages; 6° la Présentation au Temple. Ces scènes ont la grâce pure et touchante des compositions picturales de l’époque. Le retable est surmonté d’une galerie à jour d’une forme très agréable. La partie centrale de cette galerie est couronnée d’une grande statue d'Ecce homo. Au milieu des baldaquins des hauts-reliefs représentant le Portement de la croix et l’'Ensevelissement, l'artiste a placé deux petits bas-reliefs offrant deux autres scènes de la passion : 1° le Christ devant Pilate; 2 la Descente de croix. Chacun de ces bas-reliefs est surmonté de la statue d’une sainte femme. Les volets du retable sont ornés de peintures qui semblent appartenir à l’école flamande du commencement du XVIe siècle. Jusqu'ici on n’a pas trouvé le nom de Borman sur Pautel de Willberga. Mais l'analogie, la similitude qui existe entre les scènes de ce retable représentant le tement de la croix, le Calvaire et l'Ensevelissement el les mêmes sujets de celui de Güstrow, ne laissent aucun doute sur la paternité de ce travail. Le Calvaire de Will- berga est la reproduction, figure par figure, de celui de Güstrow. Le singe qu’on remarque sur le dos d’un cheval dans le premier retable apparaît également dans le second. Dans les deux autres scènes, le Portement de la changement. C'est ainsi que dans l’autel de Willberga il a augmenté le nombre des personnages de la scène le Porte- (75 ) Cependant le fond de la composition est resté. Au premier plan de l’Ensevelissement de Güstrow, on remarque un vieillard tenant la couronne d'épines; dans le même sujet de Willberga, l'artiste a placé en cet endroit une femme qui pleure, qu’on retrouve à la Descente de croix de Güstrow. L'analogie que nous venons de constater entre les parties essentielles des retables de Willberga et de Güstrow prouve que Jean Borman possédait, comme les sculpteurs de notre époque, une grande série de modèles qu'il faisait reproduire, sous sa direction, par ses gezellen, en les modifiant, selon les circonstances. Les retables de Bruxelles et de Güstrow ont perdu leur couronnement; celui de Willberga le possède encore. Ce dernier est le plus complet des trois autels connus de Borman, et offre, par conséquent, un haut intérêt, non seulement au point de vue de l’art, mais aussi sous le rapport de l’archéologie. | Les relations commerciales et diplomatiques de la Belgique avec le Nord, au XVI? siècle, expliquent la présence de ces deux ceuvres flamandes dans ce pays, l’une dans le duché de Mecklenbourg, l'autre en Suède. C'est une nouvelle preuve de la grande réputation dont jouissaient alors nos artistes à l'étranger. — OUVRAGES PRÉSENTÉS. ne | Chestret de Haneffe (Baron de). — G.-L. Hérard, empate et ; graveur. État actuel de sa biographie. Bruxelles, 1891; extr. in-8° (7 p.). -o (76) Goblet d'Alviella (Comte). — La migration des symboles. 4 Paris, 1891; vol. in-8° (54% p.). Tiberghien (G.). — La mission des Académies. Bruscian 1891; extr, in-8° (35 p.). Stecher (J.). — Jean Lemaire de Belges, sa vie, ses œuvres. Louvain, 1891 ; in-8° (107 p.). Jaucken (Louis). — Joseph Gaucet, sa vie, ses œuvres. 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Lameere (J.). — De notre procédure criminelle à la fin de l’ancien régime. In-8°. Matthieu (Ernest). — Notice historique sur la foire et le marché de Gammerages. Braine-le-Comte, 1891; in-8°. Pirenne (Henri), — Histoire du meurtre de Charles le Bon. In-8°. Soil (Eug.). — Projet de revision des statuts des congrès de la fédération archéologique et historique de Belgique. In-8°. Cercle archéologique d'Enghien. — Annales, tome HI, 2°, 5° et 4° livr.; in-8°. Tandel (Émile). — Les communes luxembourgeoises, t. HE. Arlon, 1890; 1 vol. gr. in-8°. Analectes pour servir à l’histoire ecclésiastique de la Bel- gique, 2° série, t, VI, 1° et 5° livr. Louvain; in-8°. Cercle archéologique de Mons. — Annales, tome XXII. — Table des 20 premiers volumes des Annales. Société des sciences, des arts du Hainaut. — Mémoires, De série, tomes II et IH. — Bulletin, 5° série, n° 6. Mons; in-8°. _ Société archéologique de Namur. — Annales, t. XVIII, 4° livr., t. XIX, 1. Cercle archéologique du pays de Waes. — Annales, t. XII, At livr.; t. XIII, 47° et 2° livr. Sociélé historique et littéraire de Tournai. — Boletins, > t. XXIII. In-8°. Fürth (H. von). — Beiträge und Material zur Geschichte der aachener Patrizier-Familien, Bd I-III. Bonn, 1882-1890; 5 vol. in-8°. — ur Slowianszezyzny, t. I i Il. Posen, 2 vol. in-8. — ie für die Geschichte des Oberrheins, Karlsruhe, neue Folge, Band V, 2-4; VI, 1 und 2. In-8°. See SÉRIE, TOME XXII. E (82) Historischer Verein für Niedersachsen. — Zeitschrift Jahr- gang 1890. Hanovre; in-8°. Museumsverein für dus Fürstenthum Lüneburg. — Jahres- bericht, 1887-90. In-8°. Université de Marbourg. — Thèses, etc. Historisch-litterarischer Zweigverein des Vogesen-Clubs. — Jahrbuch für Geschichte, Sprache un! Litteratur Elsass- | Lothringens, Jahrgang, VI. Strasbourg, 1890; in-8°. ~ Commission départementale des monuments historiques. — Bulletin, tome II, 1. — Mémoire, t. Ier, 4"° livr. Arras; in-8°. Société des antiquaires de la Morinie, S'-Omer. — Bulletin historique, n% 151, 153-156. — Les chartes de S'-Bertin, t. II. In-4°. Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes. — Revue agricole, etc., 1890, 1. Valenciennes; in-8°. = Ministère de Instruction publique, Paris. — Bibliothèque __ des écoles françaises d'Athènes et de Rome : fase. 57-59. ; =- — Documents inédits sur l’histoire de France : Lettres de Peiresc, t. II. Bibliographie des travaux historiques et archéologiques, t. II, 4" livr. Paris, 1890. + Le moyen âge, Bulletin d’histoire et de philologie, 1888- Se 1890, 1891; n” 2-5. Paris. B Société d’émulation de Roubaix. — Mémoires, t. I-VII, 2° série, t. I-V, 1868-1889. In-8°. - Canadian Institute. — Proceedings, vol. VH, fase. L Toronto; in-8°. Accademia dei Lincei. — Atti, serie quarta : Rendiconti, vol. VIL, 1-9, 4891. In-8°. Societa romana di storia patria. — Archivio, vol. A XIII, 4 e2. Museum van oudheden te Leiden. — Verslag van den directeur, 1886-1887. In-8°. TABLE DES MATIÈRES LLASSE DES SCIENCES. — Séance du 4 juillet 1891. edes — Billet cacheté ass par le Dr J. Crocq. — FR ra tième ann rom du ste pe M. le professeur A.-W. v de Berlin. za Rave et hommage d'ouvrages. — M. von Flatt demande la traduction, Pit la la angue vulgaire € pays, de noms de er inées. — Tra shan scrits p à Pex aa MANO de apport de MM. Le so & kan à sur un travail de me Fr. Derat ie A ES de mine ” la he cubique SRE E ET LECTURES. — Sur tés gelées Bineli r par E Folie. . Sur un théorème de M. Servais; par E. Catalan et P. Mansion Sn Sur une extension de loi pi elan ” M. Basu par m Der a Deux Le nas ern y recueillis Pun aur > Açores, Pautre sur les. M N Segal: - è + n Beneden . Sur é d de l fo : en LA or afs: Fr. Deep … à Us J 9,11 11 LASSE DES LETTRES. — ue du 6 5 juillet 1891. : a OE osa — Remerciements pour les élections. — Euvoi, présen- tat pa et hom ee pores — T manuscrit de de M. ane soumis à l'examen … - CONCOURS ANNUEL. — > Programme po n à TEIRLINCK. LIRLINOURe Pax doser DEKENN. — 1 du Viec concours. + À : NG QUE. IE Sí DES X-ARTS DE LE OYA OYALE DE BELGI R DES BEAU ACADEMIE R ADÉMIE ness 7 LAC REN eend AJATON IMAGAJ BULLETIN DE L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE. 1891. — No 8. CLASSE DES SCIENCES. mme | Séance du 1°" aout 1891. M. Prarrau, directeur. M. le chevalier Em. MarcHaL, secrétaire perpétuel. Sont présents : MM. F. Folie, vice-directeur, P. Van Beneden, ie baron de Selys Longchamps, Gluge, G. De- walque, E. Candèze, Éd. Dupont, Éd. Van Beneden, C. Malaise, A. Briart, J. De Tilly, Ch. Van Bambeke, G. Van der Mensbrugghe, W. Spring, L. Henry, M. Mour- lon, P. Mansion, J. Delbœuf, P. De Heen, C. Le Paige, membres ; E. Catalan, Ch. de la Vallée Poussin, associés ; A. Renard, Ch. Lagrange, L. Errera, F. Terby et J. Deruyts, correspondants. _ 3° SÉRIE, TOME XXII. + Tre Aar LP ( 84 ) CORRESPONDANCE. La Classe apprend, avec un vif sentiment de regret, la perte qu’elle a faite en la personne de l’un de ses associés de la section des sciences mathématiques et physiques, M. Guillaume Weber, décédé à Göttingue, le 23 juin dernier. i z — M. le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique envoie pour la Bibliothèque de l'Académie un exemplaire de l'ouvrage, par Rodolphe Van Wetter : L’éclai- rage électrique à la guerre, avec atlas. — Remerciements. — MM. S. Champy et le chevalier Le Clément de Saint- Marcq, à Anvers, demandent le dépôt dans les archives _ de l’Académie d’un pli cacheté portant le timbre postal du 15 juillet 1891, relatif à un perfectionnement nouveau applicable à toutes les machines dynamo-électriques. — Adopté. + — Hommages d'ouvrages : Ee 1° A. Sur les formules correctes de la nutation initiale; B. Les travaux à l'Observatoire de Bruxelles et à celui de - Cointe (Liège) en 1890 ; par F. Folie; avec une note qui _ = figure ci-après; FA 2 Mathesis, recueil mathématique, tome X, 1890; par P. Mansion et J. Neuberg; avec une note qui figure ci- après; 5° A. Un dernier mot sur l'homme tertiaire de Spiennes; B. Un instrument des temps préhistoriques actuellement en usage aux environs de Mons ; C. Premiers résultats des recherches zoologiques et anthropologiques… à Bovenlan- den; D. Sur un caillou erratique originaire du Saint- Gothard, recueilli près de Beverst; E. Découverte d'une- molaire d'Elephas antiquus; par E. Delvaux; 4 # EEA INE rn rd (85) 4° Sur une transformation géométrique; par Alph. Demoulin ; 5° L’Unification des heures. Situation actuelle; par L. de Busschere. — Remerciements. — Les travaux manuscrits suivants sont renvoyés à l'examen de commissaires : 1° Synthèse directe des alcools primaires; par Paul Henry. — Commissaire : M. W. Spring; 2 Note sur la présence de fossiles d’âge sénonien dans le gravier à NUMMULITES LÆVIGATA qui sépare le bruxellien supérieur des environs de Bruxelles du sable laekenien verdätre de Dumont; par le major Verstraete. — Commis- saires: MM. Dupont, Briart et Mourlon; 5° Recherches sur les organismes inférieurs, Ul et III; - par Jean Massart. — Commissaires : MM. Errera et Van Bambeke ; 4° Notes préliminaires sur l’organisation et le dévelop- pement de différentes formes d’Anthozoaires, 2° communi- cation; par Paul Cerfontaine. — Commissaires : MM. Éd. Van Beneden et F. Plateau; 5° Sur l’hygroscopicité comme cause de l’action physio- logique à distance découverte par Elfving; par L. Errera. — Commissaires : MM. Gilkinet et Van der Mensbrugghe. - RÉSULTAT DES CONCOURS DE LA CLASSE POUR 1891. Deux mémoires ont été reçus en réponse à la première question sur la sommation d’une série de Lambert. = Le premier porte pour devise : Ol à oradiw tpéyovres Ravres uty Toéyoucty, els dé Aaufaver tò Boaferov. — _ Le second : Est modus in rebus, sunt certi denique fines. Commissaires : MM. Catalan, Mansion et De Tilly. US (86 ) NOTES BIBLIOGRAPHIQUES. J'ai l'honneur de présenter à l’Académie, au nom de M. Neuberg et au mien, le tome X de Mathesis, journal que nous publions en livraisons mensuelles depuis janvier 1881. Ce recueil mathématique s'adresse principalement aux professeurs et aux élèves des classes supérieures des athénées et des collèges, et, en même temps, à ceux des écoles spéciales. C'est assez dire que le cadre de notre journal exclut les hautes spéculations scientifiques; son programme ne comprend, si j'ose ainsi parler, que la partie élémentaire des mathématiques supérieures; et la partie supérieure des mathématiques élémentaires. Mais, dans ces limites étroites, nos collaborateurs ont su se tracer une voie originale, en traitant d’une manière approfondie les sujets qu’ils ont abordés. Sur quelques points, Mathesis contient des recherches dont l'équivalent ne se trouve nulle part ailleurs, par exemple en arithmé-. tique, sur les nombres parfaits et le calcul symbolique; en analyse, sur les principes fondamentaux de cette science et sur le calcul approché des intégrales définies; en géo- métrie, sur la théorie des coordonnées et sur celle des transformations. : Je dois signaler, en particulier, dans ce dernier domaine, d'innombrables articles sur ce que Pon a appelé la Géo- métrie récente. La géométrie récente touche, d’une part, aux premiers éléments de la science, d'autre part, à la géométrie projective et à l'étude des transformations D ou birationnelles. On pent en faire remonter l'origine à Euler et à Steiner. Elle a été lo objet des der- nières recherches du regretté J. Casey, de la Société royale _ de! Londres. Toute la Bene de cette rash relative à (87 ) l'espace à trois dimensions, qui est loin d'être élémentaire, est une création de mon savant collaborateur et ami, M. Neuberg. La géométrie récente dn plan et de l'espace vient d’ailleurs d’être introduite dans le Traité de Géo- métrie de MM. Rouché et de Comberousse. Elle va donc devenir classique, et c’est, grâce surtout aux recherches publiées dans Mathesis, qu'elle forme ainsi un corps de doctrine distinct. P. Mansion. Ma réponse à M. Tisserand n’ayant pas encore paru, M. le Dr N. Herz, directeur de l'Observatoire Kuffner (Ottakring, près Vienne), à cru bon de reprendre, en les développant davantage, les arguments de M. Tisserand, dans le n° 3041 des Astronomische Nachrichten. J'ai l'honneur de faire hommage à l’Académie de ma réponse insérée dans le n° 3049 du même recueil. Elle commence par les lignes suivantes : « Le D’ N. Herz me fait vraiment trop d'honneur en intitulant son article (n° 3041) : « Zu Hrn Folie’s tägliche Polhühenschwankung »; le vrai titre en devrait être: « Zur Laplace’schen täglichen Polhôhensch wankung » », et se termine par celles-ci : « Pour le dire en passant, j'estime la précision des observations modernes supérieure à la correction des for- mules dont on fait usage dans leur réduction. La revision de ces formules fait, comme je lai dit, l'objet essentiel de mes travaux, et l’on conçoit que je n aie pu écrire encore sur ce sujet, qui demande tant de recherches et tant de calculs, que des notes assez brèves. Le seul chapitre de la nutation initiale est en voie dachèvement; c'est pourquoi j'ai pu en i. parier ici in extenso. (88) Mais on a vu combien la matière est difficile, et il eût été prudent de ne pas aborder, sans une préparation suffi- sante et sans de longues méditations, un sujet aussi délicat, où plas d'un astronome, plus d’un géomètre distingué même, s’est mépris, où il est surtout vrai de dire que la critique est aisée et l’art difficile, sans vouloir rappeler un autre mot plus célèbre et plus ancien encore. »: s F. Fous. ) Ee JETE, PN et et el RAPPORTS. — « Sur lavis favorable de M. Spring, le Bulletin renfer- mera une note de M. Paul Henry, docteur en sciences à Louvain, et portant pour titre : Synthèse directe des alcools primaires. » ao Sur les sections circulaires dans les surfaces du second degré; par Cl. Servais, professeur à l'Université de Gand. Rapport de M, C. Le Paige, premier commissaire. « Les droites conjuguées par rapport à une surface du second ordre, qui sont orthogonales, forment, comme on sait, un complexe tétraédral, dont l’équation pour une surface s 2 4 a PER + ed 4= 0, à p € | . par exemple, est 6 + mire En Me ue D: Les propriétés de ce complexe sc sont bien connues et ont ee éé O = ai p À H 5 $ F X + 5, Pi ii Fe ie 89 M. Servais les a combinées avec celles des coniques focales pour en déduire un exposé nouveau de la théorie des sections circulaires dans les surfaces du second degré. Il est inutile de dire que notre jeune collègue retrouve, par la voie qu’il a suivie, les théorèmes connus. La méthode me paraît élégante : on verra, je pense, avec intérêt, la façon dont l’auteur établit l'existence des sections circulaires, du double système de ces sections et en discute la réalité. Aussi, bien que, au point de vue géométrique, la méthode actuelle ne me semble point l'emporter en simpli- cité sur celle qui est généralement employée, comme elle établit une liaison curieuse entre la théorie des sections circulaires et des théories importantes pour l'étude des quadriques, j'ai l'honneur de proposer à la Classe d'or- donner l'impression de la courte note de M. Servais dans le Bulletin de la séance. » La Classe a adopté ces conclusions, auxquelles se sont ralliés les deux autres commissaires, MM. Mansion et Deruyts. Sur la courbure des lignes d'ordre p, etc. par Alph. Demoulin. Rapport de M. C. Le Paige, premier commissaire, « Je n'ai malheureusement pas eu le temps d'examiner avec toute l'attention qu'il mérite le petit travail de M. Demoulin : j'ai dû me borner à une lecture rapide de ce mémoire dont je ne voudrais pas retarder l'impression. L'auteur fait une application spéciale des formules ee a données dans un mémoire antérieur; les résultats qu'il obtient me semblent intéressants, et je crois pouvoir pro- (90) poser à la Classe d'ordonner l'impression de la nouvelle étude da jeune géomètre dans le Bulletin de l'Académie.» La Classe a adopté ces conclusions, auxquelles se sont ralliés les deux autres commissaires, MM. Mansion et Deruyts. Notes préliminaires sur l’organisation et le développement de différentes formes d’Anthozoaires (deuxième com- municaiion); par Paul Cerfontaine, assistant à l'Institut zoologique de Liège. Rapport de M, Éd. Van Beneden, premier commissaire, M. Cerfontaine a présenté à l’Académie, il y a quelques mois, une première communication, dans laquelle il a fait connaître les résultats des recherches qu’il a poursuivies, à la station zoologique de Naples, sur l’organisation et le développement de différentes formes d'Anthozoaires. Il complète aujourd’hui le compte rendu des observations qu’il a eu l’occasion de faire, par une seconde communica- tion. 1. Il décrit sommairement un nouveau Cérianthide péla- gique, recueilli dans la mer Rouge. Cette forme se distingue nettement de toutes les espèces décrites jusqu'ici. L'auteur la désigne sous le nom de Cerianthus brachysoma. IL. Il a étudié avec le plus grand soin l'ordonnance des tentacules marginaux et labiaux chez le Cerianthus mem- branaceus, el fait connaître les variations qui se produisent dans la topographie de ces organes, aux stades successifs de l'évolution individuelle. Ses résultats diffèrent notable- ment de ceux de J. Haime, de von Heider et de P. Fischer. HI. Dans son chapitre intitulé : « Observations physio- logiques sur l’Astroïdes calycularis », il relate un fait très Ee ie, $ hade et EE Le x $ EE E A (NH) remarquable de régénération. Von Koch avait constaté que si l’on enlève d’un coup de ciseaux les parties molles d'un individu épanoui, à quelque distance du polypier, la partie du corps restée en place reproduit un nouveau disque buccal, une bouche, un pharynx et des tentacules. M. Cerfontaine, en observant ce qu’il advient de la portion détachée, a vu celle-ci se compléter, elle aussi. Mais, con- trairement à toutes les prévisions, elle ne reproduit pas une nouvelle base; elle ne se fixe pas par son extrémité lésée, pour engendrer ensuite un nouveau polypier; elle reste libre et produit, au niveau de la surface de section, un second disque buceal avec bouche et cercle de tenta- cules. Il en résulte des individus sans polypier, se termi- nant à chacun de leurs pôles par un disque tentaculifère, et pourvus à chacune des extrémités de leur axe d’une bouche et d'un pharynx. Obligé de quitter Naples, M. Cerfontaine n’a pas pu suivre ultérieurement ces individus à deux bouches, ni par conséquent déterminer ce qu’il en advient dans la suite. IL. Le quatrième chapitre fait connaître une série de cas tératologiques observés chez diverses formes d’Acti- niaires. Ces observations ne manquent pas d'intérêt au point de vue de l’architectonique générale des Hexacli- niaires. Le travail qui nous est soumis fait connaître une série de faits nouveaux et intéressants. Je propose à la Classe de décider l'impression de la note de M. Cerfontaine dans le Bulletin de la séance, et d'o je donner en même temps la reproduction de la planche qui accompagne le manuscrit et des figures intercalées dans le texte. Toutes ces figures sont nécessaires Eer l'intelli- gence du texte. TN PT er Ne 7 Re mt mal At An a A LEO EE TE ES a © è ee Rn (92) Rapport de M, F. Plateau, second commissaire. « La lecture de la notice de M. Cerfontaine m'a beaucoup intéressé. D'accord avec mon savant confrère, M. Éd. Van Beneden, je propose à la Classe de décider l’impression, dans le Bulletin de la séance, du travail en question ainsi que de la planche et des dessins qui l’accompagnent. » La Classe a adopté les conclusions de ces rapports. Recherches sur les organismes inférieurs; par Jean Massart, Rapport de M, L. Errera. J'ai pris connaissance des deux notes que M. Massart adresse à l'Académie. Elles me semblent faites avec soin el apporter des additions intéressantes à nos connais- sances sur la sensibilité des organismes inférieurs, à la gravitation et à la concentration du milieu ambiant. J'estime qu’elles sont, comme les travaux antérieurs de l’auteur, dignes des encouragements de l’Académie, et j'ai l'honneur d'en proposer l'insertion dans le Bulletin de la séance. -La Classe a adopté ces conclusions, auxquelles a adhéré M. Van Bambeke, second commissaire. Étude sur un phénomène lumineux et calorifique accom- pagnant l’électrolyse; par MM. Lagrange et Hoho. Rapport de M. Van der Mensbrugghe, premier commissaire. ~ « On sait qu’un fil métallique très fin, plongé dans un électrolyte approprié et servant d'électrode négative lors u passage d’un courant de grande intensité, donne par- fois lieu à la formation d’une gaine lumineuse. C’est ce _ Phénomène intéressant que MM. Lagrange et Hoho ont (95 ) soumis à une nouvelle étude formant l'objet de la note soumise par eux au jugement de l’Académie, Et tout d’abord ils donnent un petit historique de la question, puis décrivent la manière dont ils ont opéré eux-mêmes. L’électrolyte qu’ils ont surtout employé était formé d’acide sulfurique à 66° de l’aréomètre de Baumé, et dilué au dixième en volume; l’électrode négative était un fil de cuivre de 0"",95 de diamètre, plongé à une profondeur d'environ 0,5 sous le niveau. Je me demande pourquoi les auteurs n’ont pas illustré le texte d’une figure qui eût singulièrement facilité la des- cription et qui, de plus, aurait permis à tout autre obser- vateur de répéter aisément l'expérience. Si l’on opère avec une force électro-motrice croissante, on observe d’abord, d’après les auteurs, les phénomènes ordinaires de l’électrolyte, puis il se produit à l'électrode négative un crépitement particulier; le liquide, qui semble bouillonner autour de celle-ci, se creuse par intermittences sous l'extrémité du fil, qui, dès lors, n’est plus en contact avec l’électrolyte, Dans ces conditions, la force électro- motrice était de 16 volts. Dès qu’elle devenait égale (ou supérieure, sans doute?) à 16,08 volts, on voyait appa- raître des points lumineux entre le fil et le liquide. Les auteurs ne disent pas nettement à quelle force électro- motrice correspondait, dans les mêmes conditions, la nais- sance de la gaine lumineuse qui entourait l'extrémité de l’électrode. Comme le courant ne peut se transmettre alors qu’à travers un espace rempli de gaz et de vapeur, on comprend que la résistance développée dans la gaine lumineuse est énorme, et qu’il s’y produit ainsi une éléva- tion de température parfois suffisante pour faire fondre le fil de cuivre. Il serait trop long de signaler ici toutes les parce En (94) rités intéressantes qui ont attiré l'attention des auteurs; je dirai toutelois que les auteurs ont déterminé graphique- ment la relation entre les différences de potentiel et le degré de concentration de l'acide sulfurique, les rapports entre l'intensité du courant et la surface d'immersion pour des électrodes en fer el en cuivre de différentes sections, et plongées dans de l'acide sulfurique à 15,5 °/, en poids, et enfin la relation entre l'intensité du courant el les surfaces d'immersion pour des électrodes en fer et en cuivre de 1"°,75 de diamètre, et plongées dans de l'acide sulfurique à divers degrés de concentration. Je termine par quelques observations dont j'engage les auteurs à tirer profit. En premier lieu, comment ont-ils pu apprécier des dixièmes el même des centièmes de volts avec un instrument où chaque division correspondait à 5,38 volts, et permettait d'apprécier encore le quart, sot 1,46 volts? Sans indication précise, le lecteur ne comprend pas l’approximation signalée dans plusieurs passages. En second lieu, les auteurs n'ont pas observé avec soin, me paraît-il, la forme de la surface-limite du liquide immédiatement dans le voisinage de électrode; cette forme était-elle régulière à un certain moment? avait-elle _ une courbure très variable d'un point à un autre? Les réponses à ces questions auraient peut-être permis d’expli- quer certaines particularités touchant la comparaison du calcul avec les résultats obtenus. En résumé, j'ai l'honneur de proposer à la Classe de voter l'impression du travail de MM. Lagrange et Hoho dans le Bulletin de la séance. » M. De Heen, second commissaire, ayant adhéré à ces conclusions, elles sont mises aux voix et adoptées (1). (1) Ce travail sera inséré dans le prochain Bulletin. ” & E Š erpen tgn Alg LE TER SO RS EN SNS A Te EEN NT adh be kei: ( 95 ) COMMUNICATIONS ET LECTURES. Sur la prédominance et l'extension des dépôts de l’Éocène supérieur asschien, dans la région comprise entre la Senne et la Dyle ; par Michel Mourlon. Il n’est peut-être pas de dépôts tertiaires qui aient donné lieu, en Belgique, à des recherches aussi étendues que ceux rapportés par Dumont à ses systèmes laekenien el tongrien marin, et cependant les relations stratigra- phiques et paléontologiques existant entre ces dépôts pré- sentaient, naguère encore, assez d'inconnues pour que l’Académie ait jugé à propos d'en faire l’objet d'une des questions inserites à son programme de concours pour 1890. Cette question est restée sans réponse et, bien qu'elle ait été maintenue au même programme pour 1892, je ne crois pas pouvoir me dispenser de faire connaître, dès maintenant, quelques-uns des résultats auxquels m'ont amené les levés de la Carte géologique, dans la région comprise entre la Senne et la Dyle. Au moment de la reprise des travaux de la Carte qui eut lieu l'an dernier, le levé des dépôts tertiaires dans la région dont il s’agit, présentait un surcroît de difficultés, par suite de l'introduction dans la série tertiaire du nouvel étage ledien considéré généralement maintenant comme appartenant à l'Éocène supérieur. L'existence de cet étage, bien qu'ayant rencontré quelque incrédulité au début, ne tarda pas à être admise par tous les géologues à même de contrôler les faits sur lesquels elle repose. Il en fut ainsi, grâce aux recherches de M. E. Vincent, sur Samer bo ien, 1880, „pp. 30-101. (9%) déjà eu l’occasion d’appeler l'attention de l’Académie (1), et grâce aussi à mes propres recherches, dont les résultats sont également consignés dans nos Bulletins (2). Me trouvant être ainsi Vun des auteurs des difficultés qui viennent d'être signalées, il était assez naturel que j'en supportasse les conséquences, et Cest ce qui me fit entreprendre résolument le levé des planchettes sur le territoire desquelles affleurent les dépôts lediens. On sait que Dumont rapportait à son système laekenien tous les sables qui séparent ceux de l'éocène moyen bruxellien des dépôts argilo-sableux, qu’il assimilait au tongrien marin. Les remarquables et persévérantes recherches de MM. Rutot, Van den Broeck et G. Vincent sur ces sables ont permis d'y reconnaître plusieurs étages distincts. Ce sont, outre l'étage laekenien proprement dit, les étages wemmelien et asschien, auxquels il faut ajouter maintenant l'étage ledien qui vient prendre place entre les deux premiers. Le fait de devoir distinguer sur la Carte ces quatre étages par une teinte et des annotations spéciales, alors que dans les cartes de Dumont ces mêmes étages sont con- fondus sous une même teinte, constituait une difficulté en apparence fort redoutable. Mais heureusement que la nature s'est chargée de sim- plitier cet état de choses par l'élimination totale ou partielle de certains dépôts, élimination résultant du ravinement de ces derniers par des dépôts moins anciens. C’est ainsi que les roches calcaires de l'étage laekenien proprement dit, ou (1) Bull. de PAcad. roy. de Belgique, 5° sér., t. XIV, 1887, pp. 15-19, (2) Ibid , t. XIV, 1887, pp. 598-616; t. XVI, 1888, pp. 252-276; png ie S nn Pe RA MAAR Jp NEN E A S (97) les sables gris verdätres provenant de leur décalcification, ont été, en général, presque complètement enlevés et remplacés par les roches analogues de l'étage ledien, et qu'il arrive même parfois que les graviers de base de ces deux étages se trouvent confondus en un seul, comme j'en ai fait connaître de curieux exemples, notamment à Melsbroeck près de Bruxelles. J'ai montré aussi que les roches de l'étage wemmelien constituent un dépôt fort localisé et que la plus grande partie de celles qu’on avait rapportées à cet élage, tant aux environs de Bruxelles que dans les collines de la Flandre et jusqu’à Cassel en France, appartiennent au nouvel étage ledien. Mais ce qui était plus inattendu et qui ressort à l'évidence de mes dernières recherches, c'est que, dans la partie de la région faisant l’objet de cette commu- nication, qui s'étend vers le sud jusque près de Nivelles et de Genappe, les dépôts rapportés par Dumont à son système laekenien appartiennent à l'étage asschien, et ne sont séparés des roches bruxelliennes que par une couche peu épaisse ou par quelques lambeaux de sables lediens cu wemmeliens qui ont échappé à la dénudation. C’est en effectuant, l'an dernier, le levé de la planchette de Tervueren, que je fus amené pour la première fois à cette nouvelle interprétation. La grande tranchée du chemin de fer au sud de Hoeylaert me permit de constater que le sable fin rapporté au lae- kenien était séparé des sables blancs bruxelliens par un épais gravier formé de grains de quartz et de glauconie, tout à fait identique à celui de la base de l’asschien et reposant lui-même sur des sables graveleux renfermant _ des lits ferrugineux concrétionnés, pétris de fossiles id surtout de petits oursins avec des Nummulites lævigala ronlées vers le bas. he a5 (98 ) Voici la coupe que je relevai dans celte tranchée en en rafraîchissant la paroi occidentale sur un point situé à 60 mètres au sud du viaduc. Coupe dans la tranchée au sud de Hoeylaert. 2 . Limon kie calcarifère devenant brunâtre à la partie supérieure, avec une seule se de lent roulés à la base. mètres. 4,30 Sable jaunâtre et très blanc vers le bas . 1,80 . Couche épaisse formée de grains de quarts et de glauconie caractéristique de l’asschien, dans un sable blanchâtre, en partie ikee par le fer et renfermant des lits de c crétions hin fossilifères (Pecten corneus, ete.) 0,50 . Sable fin blanc ‘et jaune “moueheté peu ou point gravelcux. . 0,15 Sable graveleux durci, ferrugineux, passant à un grès ferrugineux très fossilifère renfer- mant de grandes Cyprines, des Oursins, et la Num. levigata roulée, atteignant jusqu'à . 0,15 j. Sables blanc et jaune pouvant se confondre à qu ce vue avec le sable supérieur, mais nt de plus en plus quartzeux vers le ee reilen: des concrétions ferrugi- neuses géodiques à la ser supéricure ret un banc de sable ferrugineux durci fossili- fère à 2, 50 du gravier n°5. . . . à D > en PM o Z 9 ot = pi a Toran. tam Au delà de la tranchée du chemin de fer, la bande de sable fin qui surmonte le bruxellien présente une solution de continuité, contrairement à ee que renseignent les cartes de Dumont, qui en font, comme il est dit plus haut, du laekenien. Une série de sondages m’a permis, en effet, de constater que des couches de limon, atteignant parfois jusqu'à | 13 mètres d'épaisseur, reposent directement sur les sables m 5 Et CE u . de pies de Ì „600 mètres. re ; En FA Es rae EA E tie SN ET EN RER (99 ) Le sable fin reparaît à l’est de la tranchée où il forme un massif présentant quelques affleurements intéressants, notamment au nord du hameau de Malaise dépendant de La Hulpe, et au sud d'Overyssche. Au nord de Malaise, on voit sur le talus occidental d'un chemin creux dirigé sud-ouest, dans un bois de sapins, la coupe que voici : Coupe au nord de Malaise (La Hulpe). 1. Terre végétale et cailloux. „ Sable jaunâtre fin présentant presque au contact du lid un niveau ferrugineux qui ne paraît pas être continu. De très épais, dépassant 07,40 et formant deux niveaux séparés zeelt u sable graveleux qui se trouve aussi au-dessous du niveau inférieur; c'est dans ce dernier que pon rik les Nummulites et autres fossiles roulés. Sable quartzeux juge bruxellien avec banes de limonite géodique De ne rf he ze i% y Pr y Bien que le gravier de la couche n° 5 soit moins bien caractérisé que celui de la tranchée au sud de Hoeylaer:, la coupe précédente présente les plus grandes analogies avec celle de ladite tranchée et les coupes suivantes, rele- vées au sud d'Overyssche, vont nous fournir de nouvelles indications. C'est d’abord celle qui s'observe dans un chemin creux qui réunit le hameau de Reutenbeek à la route de Mont-Saint-Jean à Louvain. Voici cette coupe : Coupe au hameau de Reutenbeek. LL Fee végétale en mètres. 0,40 2. Sable jaunâtre fin présentant, v vers de basun _ ou plusieurs niveaux de grès ferrugineux . 5,20 A REPORTER. + + 5,60 57° SÉRIE, TOME XXII. 8 ( 100 ) REPORT. Asbe. 3. Sable sen gris-blanchâtre d’un E tout particulie 0,25 Asa. 4 Gravier avec Fes noires Four un A jaune ferrugineux. . 0,10. B. 5. Sable bruxellien décalcifié, Sunâtre, avec lignées de grès altérés effrités et blocs fer- rugineux géodiques, ea très volumi- neux, à plusieurs niveaux . 3,90 Torir: en Un peu au nord-est de la coupe précédente, on en observe une autre identique à celle-ci, dans un chemin qui aboutit également à la route de Mont-Saint-Jean à Lou- vain; seulement, la couche de sable argileux n° 3 est beaucoup plus épaisse et passe à la partie supérieure à une véritable argile grise, bigarrée de jaune, parfois blan- châtre, d'aspect feldspathique, et rappelant tout à fait celle de l’asschien (Asc). u nord de cette dernière coupe, de l'autre côté de la route de Mont-Saint-Jean à Louvain, on observe, à l'entrée d'un ravin qui aboutit vers le nord-est près du châtean d'Overyssche, sous 2 à 4 mètres de limon avec cailloux roulés, un gravier de plus de 1 mètre d'épaisseur, inter- stratifié de sable fin argileux et surmontant du sable jaune bruxellien, également assez fin, avec bancs de concrétions géodiques ferrugineuses qui présentent de beaux escarpe- ments lorsqu'on descend le ravin. Enfin, un certain nombre de sondages, pratiqués dans le massif de Malaise, ont rencontré, sous un limon rela- tivement peu épais, du sable fin légèrement glauconifère avec concrétions ferrugineuses vers le bas, atteignant par- fois plus de 6 mètres d'épaisseur, et séparé du sable quartzeux bruxellien par un gravier mince glauconifère. Comme on le voit par ce qui précède, la nature des a RUE DE eden Kl ST ( 101 ) dépôts qui, dans la tranchée de Hoeylaert comme dans le massif de Malaise, surmontent le sable bruxellien, semble bien justifier leur assimilation aux roches analogues de l'étage asschien. Néanmoins, pour mettre hors de doute celle nouvelle interprétation, il fallait en trouver des applications sur d’autres points, que me fournit heureuse- ment le levé des planchettes de Waterloo, de La Hulpe, de Nivelles et de Genappe. J'avais déjà reconnu sur les mamelons les plus élevés de la première de ces planchettes, notamment sur « l’em- placement de l'Observatoire de Napoléon », ainsi que près de la « Belle-Alliance » et du « Lion de Waterloo », l'existence d'une argile glauconifère identique à celle de l'asschien. En parcourant toutes ces immenses plaines mamelon- nées, si tristement célèbres par de sanglants combats, je fus porté tout d’abord à assimiler au nouvel étage ledien les sables fins renseignés comme laekeniens sur les cartes de Dumont, qai présentent quelques affleurements dans les chemins creux et qui, sur les points culminants dont il vient d’être fait mention, s’observent sous l'argile glau- conifère, sans autre ligne de démarcation avec cette der- nière que celle fournie par la nature différente des sédi- ments. Toutefois, j'avais déjà remarqué que ces sables pré- - sentent des caractères un peu particuliers, en ce qu’ils sont généralement glauconifères, souvent argileux, et fréquem- ment parsemés de taches rouges sanguines. La construction d'une nouvelle route entre « l'empla- cement de Observatoire de Napoléon » et le hameau de Bruyère-Madame, sur le territoire de la planchette de Nivelles, men fournit l'explication. en Je pus constater, en effet, dans un dt ae en (102) hont contre ladite route, pour en retirer le sable néces- saire à son pavement, le gravier de base caractéristique de l’asschien au milieu de sables mouchetés de blanc et de jaune, présentant, à première vue, tous les caractères du ledien. Voici la coupe de ce déblai : Coupe d'un déblai contre la nouvelle route au nord de Bruyère- Madame. . Limon et cailloux à la base . , . mètres. 1,50 : 1 „Asb. 2. Sable argileux gris-jaunâtre. … 1,00 5 . Sable avec concrétions géodiques atie. tées, et lit ferrugineux ondulé. se S Asa. 4. Gravier formé de grains de quartz et de glauconic. . . 0,05 LE. 5. Sable gris Hinena i et be avec cit da concrétions et taches ferrugineuses jau- a PN a a 2,50 Torsi. GA Il est à remarquer que le sable AT n° 2 que je rapporte au nivean Asb dans la coupe précédente, devient plus argileux et glauconifère à mesure que l’on remonte la route vers le sud-ouest, où il présente des lits d'argile grise dans un affleurement essentiellement temporaire, Situé près d’une maison et un peu en contre-bas de la _ roule qui est surélevée en ce point. Au nord de ce der- nier affleurement, on voit le sable argileux passer à l'argile En sableuse du niveau Asc. De beaux affleurements, analogues Ten rouje. | aux précédents, s’observent encore au nord-ouest de ces derniers, dans un emi à pe ae Sros à la nou- (4105: ) Au sud de celle-ci, près le hameau Trou-du-Bois, on observe la coupe suivante dirigée nord-ouest : Q. Asc. > A Asa. Le. Coupe au sud-est de Trou-du-Bois. Limon avec abondants cailloux à la base. Sable argileux jaune bigarré de grisâtre. . Sable d’un beau jaune et grisâtre avec veinules rouges sanguines à la partie supérieure, où s'observe it de concrétions ferrugineuses. Sable glauconifère et graveleux. 5. Sable fin jaune graveleux. Un sondage pratiqué au bas de l'affleurement me fit rencontrer, sous ?",10 de sable semblable au n° D: ot he ed 6. Be ferrugineux épais atteignant jusqu'à 050. 7. Sable quartzeux jaune. A Pest-sud-est de la coupe précédente, le sable jaune fin ledien affleure en deux points dans un chemin creux, sous 5 à 4 mètres de limon avec abondants cailloux à la base; il est séparé des sable et grès bruxelliens altérés, en partie décalcifiés, par un gravier renfermant d'abondantes Nummulites levigata roulées. En suivant la nouvelle route vers le nord-est jusqu’à sa bifurcation avec la route de Bruxelles à Charleroi, on retrouve, à partir de 350 mètres au sud-ouest de cette der- nière, les sables gris-blanchâtres et jaunâtres avec lits argilo-ferrugineux et concrétionnés (Asb), fortement ravi- nés par le limon quaternaire, présentant à sa base des cailloux parfois très abondants. Le long de la grand'route de Bruxelles à Charleroi, de nombreux petits déblais pour plantation d'arbres m'ont - permis d’observer en trois points différents, peu éloignés les uns des autres, situés respectivement sur les ne chettes de Rares de Nes et de nes au-dessus (104) des sables et grès bruxelliens, les graviers de base du sable graveleux ledien et du sable glanconifère avec taches rouges sanguines que je rapporte à l'étage asschien (Asb). La bande ledienne, qui réapparaît ainsi plusieurs fois dans celle région, se prolonge vers le nord jusque sur la plan- chette de La Hulpe, où l’on en observe encore quelques _affleurements, dans la même position que précédemment, sur les talus de la nouvelle route qui aboutit à Maransart. Partout ailleurs on voit les sables à facies asschien directe- ment en contact avec les roches bruxelliennes, ou séparés de ces dernières par une couche peu épaisse ou des lam- beaux de sable graveleux qu'il est le plus souvent impos- sible de figurer sur la carte. Je rapporte ce sable graveleux au nouvel étage ledien, à canse de ses caractères pétrographiques, et aussi parce _ qu'il mest arrivé de trouver, en des points fort éloignés les uns des autres, à la surface du sol ou à la base des dépôts quaternaires, des plaques silicifiées et graveleuses pétries de Nummulites variolaria et autres fossiles caractéristiques de l'étage ledien. C'est notamment, d’une part, sur la planchette de La Hulpe, au sud de Maransart, sur les talus de la route, un peu au sud de la ferme Croissant, ainsi qu’à l’est de ce point, le long de la nouvelle route qui mène au hameau de Sauvagemont, et, d’autre part, sur la planchette d'Ucele, à l’ouest d'Alsemberg, où la sonde est arrêtée dans le sable jaune fin par une roche dure, qui, d’après des rensei- gnements fournis sur place, se rencontre toujours vers 6 à 7 mètres de profondeur et présente la même composition Vs que les plaquettes de grès celluleux calcarifères à Num- murs variolaria recueillies à la surface. orsque les sables à facies asschien sont en contact = avec, les roches ue ils Pen fréquemment à Et Ra ( 105 ) des lits de concrétions ferrugineuses, dans lesquels j'eus la bonne fortune de découvrir de nombreux gîtes fossil:- fères dont quelques-uns sont remarquables par l'abondance et la bonne conservation des espèces constituant une faune rappelant tout à fait celle du wemmelien. Je signalerai, en premier lieu, celui de la belle sablière ouverte au hameau de Sauvagemont, dépendant de Couture-Saint-Germain, pour l'exploitation du sable blanc employé pour les usages domestiques. Cette sablière présentait, au moment où je la visitai, en mai dernier, deux grands déblais séparés de 40 mètres l’un de l'autre. Seulement, les couches plongeant au sud, tandis que, dans le déblai septentrional, on ne voit au- dessus des sables bruxelliens que les couches rouges ferrugineuses avec concrétions limoniteuses géodiques fossilifères à oursins, avec plusieurs lits ondulés de concré- tions dont un se trouve au contact du gravier de base et variant en épaisseur de 2 à 5 mètres; le déblai méridional présente cette même couche réduite à un peu plus d'un mètre et surmontée de plus de 4 mètres de sables glauco- nifères plus ou moins argileux, et présentant, vers le bas, un lit de concrétions ferrugineuses également fossilifères, comme le montre la coupe ci-après du déblai méridional : Coupe de la sablière du hameau de Sauvagemont (Couture-Saint-Germain). Q. 1. Terre végétale. . . mee 0,50 Asb. 2. Sable argileux jaune et gris avec fragments a de roches ferrugincuses et poche de sable jaune argileux très limoniteux. . . - + 4,20 . Sable gris blanchâtre, parfois os de jaunâtre . . . > Wi . » . i hal ct A REPORTER. - - 3,99 ( 106 ) REPORT. . . _ Lit de concrétions ferrugineuses fossilifères. or Sable semblable à 3, mais légèrement argi- leux, surtout vers le bas. . à . Sable ferrugineux jaune inne et bru nâtre rempli de concrétions ferrugineuses graveleuses . . us a > A n =] . Gravier dans le sable dus D dre te er vw oo . Sable jaune verdâtre décalcarisé avec petits lits argileux au contact du gravier séparé du sable blanc n° 9 par un bane presque con- tinu de grès lustré altéré se divisant en plaquettes . . ; $ am . Sable quartzeux d'un beau blanc avec points noirs de glauconie, présentant dans le déblai septentrional quelques tubulations sableuses friables à la partie supérieure et un niveau de grès lustrés arrondis à 2,25 de la COENEN in ee Fori : 12,00 Il est à remarquer que sur le point culminant, entre le hameau de Sauvagemont et celui de La Hutte, situé au sud du premier, on voit le sable fin correspondant à celui de la sablière, devenir très argileux. Le niveau ferrugineux fossilifère de la base de l’asschien qu’on vient de voir si bien développé dans la sablière de Sauvagemont, est très constant dans les différentes bandes de sable fin de la planchette de La Hulpe et j'y ai souvent recueilli des fossiles dans un remarquable état de conser- vation, notamment an sud de Haute-Ransbêche, dans le chemin creux qui conduit à Smohain. Il en est de même sur les planchettes de Waterloo et de (107) Genappe. Dans cette dernière, j'ai rencontré dans un chemin creux, un peu au nord du hameau de Glabais, un gîte fossilifère des plus remarquables, qui m'a fourni un grand nombre d’espèces et dont la coupe suivante renseigne: la position exacte : Coupe au nord de Glabais. Q. 1. Cailloux avec un peu de limon recouvert de terre végétale. Asb 2 7 Soar gris blanchâtre et jaunâtre devenant argileux 50 à 0®,40 au contact de la couche n° 1, 3 P mètres. Asa. 3. Sable jaune et rouge. brunåtre, ferrugineux, parfois moucheté de in, graveleux, avec “deu niveaux continus de conerétions ferrugineuses très fossi- lifères, renfermant un grand nombre de petits oursins (Maretia grignonensis) et autres espèces qui paraissent identiques à celles du wemmelien, telles que : Cardium parile, Solarium grande, Psammobia effusa, Solecurtus Deshayesi, Pecten corneus, Tellina filosa, Pholadomya virgulosa, Lucina, Voluta, Furri tellu crenulata, Nau- tilus, ete. Les concrétions fossilifères se trouvent à partie T de la couche n° 5, qui a une épaisseur de 1”, 4. Gravier. B. 5. Sable bruxellien décalcarisé. Au nord-est de cette coupe, on observe, sur le talus du chemin croisant, le même sable fossilifère gris el jaune ferrugineux, avec taches rouges Hapa devenant a leux vers le haut, où il passe à l'argi Les faits qui précèdent, choisis à | dessein parmi ceux (108 ) très nombreux que renseignent mes levés, en voie de. publication, suffiront, je l'espère, pour montrer que la plus grande partie des dépôts sableux considérés par Dumont comme laekeniens dans la région qui fait l’objet de cette communication, doivent être rangés à la partie inférieure de l'étage asschien. Je dois aussi signaler, comme conséquence de ce qui précède, qu’il ma été donné de reconnaître qu’en de certains points, notamment entre Braine-l'Alleud et Waterloo, le sol, recouvert souvent d'un épais limon quaternaire, est formé, en majeure partie, non pas de sable bruxellien, comme le renseignent les cartes de Dumont, mais d'un gravier qui, dans la tranchée du chemin de fer au nord de Braine-l'Alleud, atteint plus de 5 mètres d'épaisseur. Ce gravier, recouvert en ce point de 2 mètres de limon, repose sur les sables et grès calcareux bruxelliens, et renferme les mêmes lits de concrétions ferrugineuses géodiques à débris d’oursins et autres fossiles wemmeliens qu'on vient de voir à la base des dépôts argilo-sableux, qui doivent rentrer dans l'étage asschien. J'ajouterai que, tout récemment, à Boitsfort, au haut de la rue des Trois-Tilleuls et sur le talus occidental de celle-ci, j'ai pu constater la présence d’abondantes Nummulites wemmelensis dans un lit de concrétions ferrugineuses situé dans le sable jaune fin, presque au contact de l'argile glauconifère asschienne. Ce fait démontre qu'ici encore le sable fin que, dans une précédente communication (1), je n'avais pas cru -~ < (1) Bull. de ¥ Acad. roy. de Belgique, t. XVI, 1888, p. 265. We à PE PUR à ( 109 ) pouvoir séparer du sable graveleux ledien, doit être réuni à l'argile asschienne à laquelle il passe insensiblement. Il me reste, en terminant, à signaler un dernier résultat obtenu à l’occasion de mes levés de la Carte, et qui consiste en ce que, grâce à de nombreux sondages dépassant souvent {5 mètres de profondeur, j'ai été amené à reculer notablement la limite méridionale des dépôts sableux figurés comme laekeniens sur les cartes de Dumont. C’est ainsi que ces dépôts, au lieu de s'arrêter, comme on l’a cru jusqu'ici, au nord de Nivelles et de Genappe, se prolongent bien au sud de ces localités, jusque sur les planchettes de Gouy-lez-Piéton et de Gosselies, où ils sont recouverts par des épaisseurs considérables de limon. — Synthèse directe des alcools primaires; par Paul Henry, docteur en sciences. L'alcool méthylique H;C — OH ou carbinol est l'alcool par excellence et l’alcool primordial. Les alcools primaires, secondaires et tertiaires en dérivent par la substitution respective à un, deux ou trois atomes d'hydrogène, de radicaux hydrocarbonés C,H.. Cette idée générale manque de confirmation expéri- _ mentale, du moins de confirmation directe, en ce qui con- cerne les alcools primaires. ; -J'ai été assez heureux pour la réaliser, € et j'ai Fhonneur de la faire eonnaitre à l’Académie. ee ( 110. ) Les éthers simples méthylique et éthylique monochlo- rés (1), qui ont respectivement pour formule CH, << OCH 2 3 et CH, < OCH, Peuvent être considérés comme dérivant 25 > du earbinol dans lequel l’hydroxyle est rendu inactif par Pintroduction des groupements CH; et C,H,; en même temps dans le chlore, non seulement toute l'aptitude réac- tionnelle est conservée, mais elle est encore exaltée par le voisinage de l'oxygène. Sous l’action des combinaisons organo-zinciques, ces composés échangent aisément le chlore contre le radical hydrocarboné pour donner un éther plus carboné que son généraleur. L'équation suivante rend compte de la réaction. CH, cl on (nec ocus; + In < CH, = Zn Ch +2 CH. CH, — OCH, _ CIH,C ; sa HC’ 20, Éb. 60°, a été obtenu en 4877 par M. Friedel (Bulletin de la Société chimique de Paris, t. XXVIII, p. 171), directement par l’action du chlore sur Péther méthylique H,C —(OCH,). (4) L’éther méthylique monochloré L'éther méthyl-éthylique monochloré fr > 0, qui lui est en tout 5”. analogue, bout à 80e. J'ai obtenu ces deux produits par la méthode indiquée par mon père, action de HCI sur l’aldéhyde méthylique en solution aqueuse de 40 à 50 ef, en présence des aloools. Cette réaction est des plus nettes, et ce mode de préparation des plus aisés, Mon père se propose de publier prochainement un travail sur cet objet, qui se rattache aux études qu’il a entreprises sur les dérivés monocarbonés. Ft La réaction se fait avec une grande élévation de tem- pérature ; aussi faut-il avoir soin de ne laisser tomber que goulte à goutte l’éther chloré dans la combinaison zincique énergiquement refroidie. L'introduction de chaque goutte est accompagnée d’un-bruissement. Il en résulte une masse épaisse, sirupeuse, mélange de Zn CI, et de l’éther produit. L’action de l’eau sur cette masse en sépare l’éther qui vient Surnager. J'ai trouvé préférable d'isoler l'éther, non pas par décantation, mais par distillation, car on se débarrasse de celle façon d’un résidu résineux dont on n’évite que fort difficilement la formation, et qui gêne les rectifications ultérieures. Après distillation à l'appareil de Lebel et Henninger, les produits ont été traités au sodium et soumis à une dernière rectification. Le rendement de la réaction est fort satisfaisant; il atteint environ 90 °/, de la quantité théorique. à CH; Ether méthyl-propylique 0< C-H, Ce produit résulte de l’action du zine-éthyle sur oxyde de méthyle monochloré. Il bout à 41°, sous la pression de 761" (1). Sa densité à 20°, l'eau étant à la même (4) M. Chancel, qui a obtenu précédemment ce produit (Liebig's Annalen, t. CLI, p. 505), lui assigne un point d'ébullition de 490-520, Cette indication est inexacte, J'ai refait cet éther à l'aide du méthylate de sodium et du bromure de propyle. Le produit obtenu de cette façon bout, à une première distillation, entre 59° et 45°, la enk NES dn er En ( F2) température, est 0.7581. La densité de vapeur trouvée est 2.67. Poids de la substance . + 08r 02814 Fönmon de la vapeur. : 4 . . . 124% Volume de la vapeur. > > . . . 68° Température . . . ek 100! La densité calculée est 2. 55. Oxyde d’éthyle propyle OSG On TE Ce produit résulte de l’action du aah sur l’éther méthyl-éthylique monochloré, HCl (OC,H;). Il bout sous la pression de 762", entre 64°-65°. Sa densité à 20° est égale à 0.7474. La densité de vapeur a été trouvée égale à 3.11, d’après les données suivantes: Poids de la substance. . . . . . 080284 Lennon de la vapeur … > .:... 40% Volume de Ja vapeur. . . … . : 667 Température. . . . bende EU . La densité calculée est 3. 04. majeure partie passant à 41°. La densité à 20° est égale à 0.7528. La densité de vapeur calculée étant 2,55, je l'ai trouvée égale à 2.68. Les points d’ébullition indiqués par M. Chancel pour les éthers de l'alcool propylique normal, alcool qu’il a eu le mérite de découvrir, sont en général entachés d'erreur. L'éther propylique (C‚H,)O, qui bout d'après lui à 85°-86°, bout à 90°7 (Zander, A., 214, p. 165). L'éther aen Ee 20 signalé comme bouillant à 49°-52°, bout à 41°, L'éther éthylpropylique Ce ba dont il indique le point d'ébul- ition de 85°-86°, bout, d'après Brühl, à 635°-64° (A., 200, p. 177). Ar (115 ) cie Hé CH; Oxyde de méthyle-butyle normal O< CH, Hg Ce produit résulte de l'action du zinc-propyle sur l’oxyde de méthyle monochloré; au point de vue physique, ce produit est analogue aux autres éthers simples; il se fait remarquer par son odeur agréable. Il bout à la température de 71°, sous la pression de 7597™, Sa densité à 20° est également à 0.7593. La densité de vapeur, théoriquement égale à 3.04, a été trouvée égale à 3.16. Poids de la substance . . . . . 06,0294 Tension de la vapeur: 1. + eve Volume de la vapeur. + . - . . 666 Température > © + - 2... 19 Ce produit, préparé dans les conditions que je viens de signaler, me semble constituer l'intermédiaire le plus simple pour faire l'alcool butylique normal CH,OH —(CH;); = CH., Je ferai remarquer, en passant, que la préparation du zinc-propyle à laide du couple zinc-cuivre de MM. Glad- stone et Tribe ne présente pas plus de difficultés que celle du zinc-éthyle; malheureusement le rendement, au lieu d'atteindre 95 °/,, n’atteint plus que 70 à 75 °/, de produit pur. Il se dégage pendant lopération une notable quantité de gaz, partiellement absorbable par le brôme, mélange de propane et de propylène. Oxyde d'éthyle-butyle OZ er L'oxyde préparé à l’aide du zinc-propyle et de l'oxyde de méthyle-éthyle monochloré, bout à 92°, sous la ee. à | c 1 u > de 753", La densité de vapeur de ce produit a été trouvée égale à 3.58. Poids de la substance . . . . . 05°,0500 Tension de la vapeur, . . . . . 1057 Volume de la vapeur. . ... . . 62° Température . . . Sie dos LE Ed La densité calculée est 5.53. Pai aussi fait réagir sur les combinaisons organo-zin= ciques l’acétate de méthyle monochloré, qui aurait dû me donner, d’après l’équation suivante : CN ACCES OCH a” + Zn < Te == Zn.Cl + UCS Gem, — cat Le T stla atly. 7 „les acétates de propyle et de butyle normaux, produits _ dont la saponification ultérieure m'aurait fourni les alcools correspondants. Mais trois essais tentés dans diverses conditions, et dont deux ne m’ont donné que de la résine, le troisième ayant été accompagné Rap m'ont fait Abandonner cette réaction. Laboratoire de chimie générale de l'Université de Louvain. (115) Sur les sections circulaires dans les surfaces du second degré; par Cl. Servais, professeur à l’Université de and. La méthode que nous suivons pour la recherche des sections circulaires dans les surfaces du second degré, s'appuie sur deux théories importantes relatives à ces sur- faces, la théorie des coniques focales et celle du complexe des droites conjuguées rectangulaires. Elle est indépen- dante de la position du centre de la surface et n’exige aucune discussion analytique. 1. Un cercle possédant une infinité d'ases, le centre d’une section circulaire sera un point singulier du com- plexe des axes des coniques réelles où imaginaires situées sur la surface; il devra donc se trouver sur un des plans de symétrie, Le plan de la section, étant lui-même un plan singulier de ce complexe, sera perpendiculaire au même plan de symétrie. Donc : Les sections circulaires sont parallèles aux axes de symétrie de la surface. 2. Soit l la trace d'une section circulaire sur un plan de symétrie, p et p; les pôles de l par rapport à la conique focale et à la conique principale situées dans ce plan; r le pôle de pp, par rapport à la conique focale. La droite pp: étant perpendiculaire à /, r sera le centre d’un faisceau de droites du complexe situé dans le plan de la section; r sera done le centre du cercle et se trouvera an milien de la corde interceptée par ! dans la surface. Le Po Pi gme SÉRIE, TOME XXII. ue étant le pôle de { par rapport à la section principale, rps sera un diamètre de' cette section, et ses cordes conju- guées dans les deux coniques focale et principale seront pa Fic. i. : parallèles respectivement à pp: et à i; elles sont donc » focale et principal de Ee ri WE PEEN PR Ed RO EE DU A RE ve an Ee rl MORE CHI y passera par p et sera parallèle à rm ou perpendiculaire à rl; r est donc le centre du faisceau du complexe situé dans un plan z mené par l perpendiculairement au plan de symétrie considéré. Le plan polaire de r par rapport à la surface aura sa trace sur ce plan de symétrie, parallèle à la droite Z. Menons une droite du complexe par le point r : celle droite sera un axe de la section faite par le plan mené par celte droite parallèlement à sa conjuguée. Dans ce cas, ce plan se confond avec le plan z, et sa section dans la surface sera nécessairement un cercle ayant pour centre le point r. 5. Considérons dans un plan de symétrie la conique focale et la conique principale; les cordes conjuguées passant par un point fixe S, d’un diamètre par rapport à ces deux coniques, forment deux faisceaux projectifs, ayant deux couples d'éléments rectangulaires réels ou imaginaires conjugués. Donc: Il existe deux systèmes de sections circulaires perpendi- culaires à un plan de symétrie. 4. RÉALITÉ pes SECTIONS. — Les deux faisceaux pro- jectifs ont pour éléments doubles, une parallèle à un axe _ commun des deux coniques et une perpendiculaire à cet axe; pour construire les deux couples d'éléments rectan- gulaires, il suffit de connaître un couple d'éléments homo- logues quelconques. Par le centre S des faisceaux, faisons passer un cercle coupant les rayons doubles aux points M et N, et le couple d'éléments correspondants en K et K’. Joignons le centre du cercle aux points K de la première série, on obtient une troisième série de points K, projec- tive à la seconde. Pour obtenir la droite qui joint les points doubles de ces deux séries, d’ailleurs involutives,on mène les droites MK, et NK, MK’ et NK,; les R o 4 (118 ) d'intersection de ces deux couples de droites sont sur la droite cherchée. Les diamètres du cercle passant par ces points doubles, donnent les deux couples d'éléments rec- tangulaires RR’ et TT’. La droite qui joint les points doubles, est la polaire du point d’intersection Q des droites Fe: 4 MN et K‚K’. Ce point sera extérieur au cercle, lorsque les ~ deux points K, et K’ seront sur une même demi-circon- ~ férence, sous-tendue par le diamètre MN; c’est-à-dire _ lorsque l'arc KK’ empiète sur l'arc MN. Ce cas se pré- _ sente seulement quand les coniques focale et principale ~ Situées dans le plan de symétrie sont deux coniques à in en Td ane ee à CH9) centre d'espèces différentes, ou deux paraboles tournées en sens contraires. Dans les autres cas, les cordes conjuguées à un même diamètre sont toutes deux dans l’angle MSN. Il résulte de ce qui précède, qu’une quadrique à centre ne possède que deux systèmes de sections circulaires réelles. Ces sections sont parallèles respectivement au grand axe, au moyen, au petit, dans l’hyperboloïde à une nappe, dans l’ellipsoïde et dans l'hyperboloide à deux nappes. Dans le paraboloïde elliptique, elles sont perpendicu- laires au plan de symétrie qui renferme la parabole de plus petit paramètre, et le paraboloïde hyperbolique ne possède aucune section cireulaire réelle. 5. La propriété énoncée au n° 5 permet de déterminer dans les surfaces à centre, la direction du diamètre con- jugué des sections circulaires, perpendiculaires au plan de symétrie renfermant les axes b et c. Soient a et x, les angles de deux diamètres conjugués r et r} dans la conique principale, + et a, ceux de r et de son conjugué r, dans la conique focale, on aura tga . tga = A et P o E tga. iga, = — Pak si P,, P,, P, sont les puissances des involutions déter- minées sur les axes par les points conjugués par rapport à la surface. De ces deux égalités on tire : P.P, PPP, tga : tga = (420 ) Pour que les deux diamètres r; el rs “soient reclangu- laires, il faut que : 3 P P,— P, tg a = — e , P, P, rk Pa par conséquent, Ee PEP re P, P,— P, C'est par la discussion de cette formule que M. H. Schrö- ter, dans son remarquable Traité sur les surfaces du second ordre, établit la réalité des sections circulaires de ces der- nières. Nous croyons que la marche suivie par nous est plus en rapport avec les théories de la géométrie projec- live. Sur la courbure des lignes d’ordre p possédant un point multiple d'ordre p — 1; par Alphonse Demoulin, pro- fesseur agrégé de l'enseignement moyen, docteur en sciences physiques et mathématiques. Dans notre mémoire Sur la courbure des lignes planes (C), nous avons fait connaître un nouveau système de coor- données et une formule de la courbure d’une ligne plane dans ce système de coordonnées. Nous avons ensuite _ appliqué cette formule aux coniques et aux cubiques. 5 Nous demandons à la Classe la permission de revenir a sur ce sujet, en appliquant la formule en question aux > ei saannin d'ordre p possédant un point multiple z 121 ) 4. Nous commencerons par rappeler en quoi consistent le système de coordonnées et la formule auxquels nous venons de faire allusion. \/ wdd: (T) Fre. 4, Considérons, dans un plan, la figure de référence consti- tuée par un axe A et deux points A et B. Soit O le poin: de concours des droites AB et A. Les coordonnées (m, n) _d'un point quelconque M du plan sont les distances, affec- tées de signes convenables, du point O aux points A’ et B, 7 où A est coupé par les ok AM et BM. Soit e(m,n) = 0 lons T, le point d’intersection de A avec la Po à 1 _ au point À. Cela posé, l2 rayon de courbure Pa de) en ce dernier | point est donné par la ef _ sin BAT, BO. sin AT, a . — e AB AT, sin sin AOT, #. l'équation d'une courbe (I) passant par le point A. Appe- — 422 ) 5 2. Supposons maintenant que (F) soit uue courbe algébrique d'ordre p présentant en B un point multiple - d'ordre p — 1. ê Wi z F0: 5 et À Fi. 2. Soient : Ti, … Tp, les points d’intersection de A avec les tan- gentes au point B; ts es 0,_, les points de rencontre de ces tangentes avec la parallèle à A issue de A; Ars …, À, les points communs à celle parallèle et à la ligne (T); S,, -> S, les points où l'axe A est coupé par les droites qui joignent B aux points A1, …, Api. L'équation de (T) est de la forme vlmn)==A,+ An +... Arn imina Arn” 0. On en déduit oen vn A1+2An+..+(p—1)4, eh iv So ai En Pm 1+Ain+ + A", in! d'où, en observant que OT, = — A,, 4 A, E | or = Ai — AoA = OT, ens x) m—OT, A, Ja »=0 EPO IE EE RO EE Pe U à Epen: € En REFER EL Ee hae 3 pe 7 A wt S» | 125 ) La formule (1) peut donc s'écrire 1 sina sine BO.OT, A: = e ER Eaa + Å; . . (2) 2p, sin 7 AB.AT, A, y pourvu qu'on pose BAT, =z, ATO 4, AOT, =p. ll s’agit maintenant d'évaluer, en fonction d'éléments ok et Ài. p— 1) sont les racines géométriques, les quantités — Les longueurs OT, (i — 1, 2, 3, de l'équation A nt + «+ Ait + A= Donc : rd A, TES Quant aux segments OS,, ils véritient l'équation APT ue ce + Ain + 1 —0. , Par suite, Le 1 Zo Substituant dans (2), on trouve 1 sinesind BO.OT, (tt Qr 6 2e. sine ABAT, Bo aa : Mais on a Re OS, _BO AA, OT, BO A5 Remplacons dans l'égalité précédente. Nous obtiendrons, loutes réductions faites, la formule suivante : RE | PRN _Sin'e.sino DAS 25 aeron 7 (2 A OT AA ie "O Kd = iu J Nous pouvons donc énoncer ce (ikoreine: ‘ Par un point quelconque À d’une courbe mgit m d'ordre p, admettant un point B multiple d'ordre p—1, on mène une sécante qui rencontre la courbe aux points Arsen, Ap etend, …, B, , les tangentes au point mul- en Cela posé, si cette sécante est inclinée de l'angle 6 sur la tangente en A, le rayon de wadde pan p A est _ donné par la formule NS" 4 4 sin? a sine J24 A 1-1 (1) an er A 2e, sin (a + sin(a + 4) a désignant l'angle que la tangente fait avec AB. 5. Passons à la détermination des p — 1 courbures de — la ligne (T) au point multiple d'ordre p — 4. Nous appel- lerons A ce dernier point et nous désignerons par B un _ point quelconque de la courbe. A étant un axe pris arbi- : _trairement dans le plan de m, Pass de cette ligne ré smeten +n 0. ÆAo+A en e +n(A+Aim+..+A", im" jl. _ Ts, T, 4 les points d’intersection de A avec les tan- gentes au point multiple A; O M,a, O, les points où ces tangentes rencontrent la | parallèle à A issue de B; 5 Dia B, ı les points communs à cette päraliële el à HN TSi Ss points d'intersection > A et des droites "M. Ga re AA, une corde de (F) veraf à A; Pts -spp les rayons de courbure de (D) : au “point À Pe désignant le rayon. de courbure relatif à la branche tangente à à AT, = Cherchons à déterminer la quantité pr La formule (1) donne — EE a en 2e, | AB AT, sing LA m= OT; sv -simne BO sino 14 Fm De l'équation de la courbe, on D déduit > 2 Di = f(m), E (e) + aft m); * Ben ? AOM) ss P Set POR à Fei En ( 126 ) donc fim) = A',_‚{m —OS,) … (m — OS, _‚) et, par suite, ROT, )— A’ p—1 (OT, — —0S,) (OT, — OS, ij =A ST... Te D'autre part, les segments OT, vérifient l'équation Fm) — 0; | donc : F(m) = (m — OT,) … (m — OT, ‚) el ' F'(m) = (m — OT.) … (m —OT,_;) + (m — OT,)x(m), . x(m)étant un polynôme de degré p— 5 en m. De cette : dernière égalité, on dédnit F(OT,) — (OT, — OT.) … (OT, — OT) = TT; … TT Enfin, il est aisé de voir que Substituant dans (5), on trouve 1 sinasins 4 ST, … ST 2e, : sin ? AA . AK AT, Di. ... Ta A0 af aca! nt, nous obtiendrons, toutes réductions faites, : ? i la Prejean orthogonale du point A sur BB, : | ik im Bp ata | AA. A, wn B9,- B, zov] 4 De là ce théorème : Soit (T) une courbe d'ordre p admettant un point mul- tiple A d'ordre p — 1. En ce point, menons les p — 1 tan- gentes, savoir AT;, AT, , … AT, ,. Tracons une sécante quelconque Ò qui coupe la ligne(T) aux points Bı, B3, … B P et en 6,,03,…, 0,_, les tangentes au point multiple. Soit P la projection orthogonale de A sur à et AA, une corde de (T) parallèle à cette dernière droite. Cela posé, le rayon de courbure, au point À, de la branche tangente à la droite AT, est donné par la formule te à ce ir CR ran a ent BE and Cas (Ua 010, … -bpi AA, . LOS Bo. ... B pôk AP (11) 2p, = 4. Prenons, sur la sécante B,B:, une origine fixe et appelons 9,,…,0,, les distances, à cette origine, des 3 “pl points 6,, …, 9, ,. Posons Ee a: Soit w, l'angle que fait la sécante B,B, avec la tan- gente AT,. La formule (II) peut s’écrire ST an a a u, 1 1 1 8 $'(4,) = Bo, .. B, 4 Ok sin® [7 à À étant un facteur qui ne varie pas avec k. On déduit de celte égalité ae I Pt 4 de Re RD 2 Be, B4 pr sin? o 2 PACA) Or, en vertu d’un théorème d’algèbre bien connu (*), le (*) Voir, par exemple, Camiure Jonpan, Cours d’analyse de PÉcole polytechnique, t. II, p. 550 (en note). a (128 ) second membre est nul; on a donc, entre les p — 1 nag de courbure au point A, la relation suivante : T 1 f 3 B KJ ese mn or sin? Og a an Notes préliminaires sur l’organisation et le développement _ de différentes formes d’Anthozoaires (deuxième commu- nication); par Paul Cerfontaine, assistant à l Institut zoologique de Liège. V. — Sur un nouveau Cérianthe de la mer Rouge, Cérianthus Brachysoma (n. sp.). Cette espèce provient de la mer Rouge, où elle fut- ; capturée en 1884 dans une pêche pélagique. M. Lo Bianco, dont Vobligeance est hautement appréciće par tous les naturalistes qui se rendent à la station zoolo- gique de Naples, a bien voulu me confier, pour en faire la description, unique exemplaire qui ait été recueilli. Le corps a la forme d'un cône légèrement aplati — _transversalement, la face de troncature répondant au disque buccal, le sommet du cône au pôle aboral. Près du sommet se trouve l’orilice caractéristique des Cérian- _ 5 L'extrémité antérieure est marquée par une forte côte Zoe dorso-ventrale; c'est là un caractère très saillant pour — 2 pe en nous dede et c'est cetle ie que nous AE LE ENT eN EEN ‘Fo tar Ni VEER ADEN dn En EE À AE AET PO pur, EE ot A 7 Lt hee ME EA Vor ne LE NN Die LN # À DE ES RAS j AE aa? bte t E KDA 4 3 j 4 wr war ki y ( 129 ) voyons si fortement accusée dans les figures 4 et 3 de la | planche |. Cette particularité donne immédiatement à : l'animal une apparence nettement bilatérale. Les faces latérales sont cannelées, c'est-à-dire que l’on y trouve des côtes séparées par des sillons; ces sillons répondent à l'insertion des cloisons mésentériques, et leur longueur diminue d’avant en arrière (1). La présence de ces sillons, répondant dans la paroi du corps aux sarcoseptes, est encore une particularité propre à celte espèce. | La partie postérieure du corps présentait une appa- i rence chagrinée, comme nous le montre la figure 1, a planche I. Les coupes démontrent que cette apparence est due à des épaississements irréguliers de la couche épithéliale de l'ectoderme. Conformément à ce qui existe chez tous les Cérian- thides, nous trouvons deux rangées de tentacules, une rangée marginale et une rangée buccale, et entre les deux s'étend le disque buccal; mais ce qu’il y a de particulier dans cette espèce, c'est que, dans les tentacules margi- naux, nous ne trouvons qu’un seul cycle, et il en est de même pour les tentacules buccaux. Le disque buccal est une membrane assez développée dont les stries radiaires, très apparentes, répondent à _ l'insertion des cloisons mésentériques. Les tentacules marginaux, relativement très développés, sont au nombre de trente, dont un impair et médian est (1) Les termes dorsal, ventral, ete., sont ici employés d'aprés l'orientation donnée aux Cérianthides par Ép. Van BENEDEN : Déve- - loppement des Arachnactis, Arch. de Biol., t891 ` ( 1450 ) à l'extrémité antérieure; on trouve ensuite à droite quatorze et à gauche quinze tentacules marginaux laté- raux. À l’extrémité postérieure ces tentacules sont plus petits, surtout le dernier de gauche. Cela nous indique que ce sont les plus jeunes, en d’autres termes, que c’est là le lieu de formation de nouveaux éléments. Les tentacules buecaux, dans l'exemplaire que j'ai en entre les mains, étaient au nombre de vingt-sept, dont treize à droite et quatorze à gauche; il n’y a pas de tenta- cule labial vis-à-vis du marginal impair, et les tentacules- labiaux les moins développés se trouvent également à l'extrémité postérieure. Nous trouvons donc ici pour les tentacules absolument la même disposition que celle que j'ai décrite dans une note précédente (1) pour le Cerianthus oligopodus, mais leur nombre chez cette forme larvaire est déjà supérieur à ce qu’il est chez l’adulte de l'espèce oligopodus. On voit ici, d'une façon manifeste, que les nouveaux tentacules se développent à l'extrémité postérieure du corps; on y trouve toujours des éléments en voie de forma- tion, fait qui a été signalé et figuré en premier lieu par G. von Koch chez le Cerianthus membranaceus. Je mwai pas trouvé sur la face interne des tentacules mar: ginaux les orifices décrits par von Koch chez le C. mem- branaceus, par Éd. Van Beneden chez le C. vermicularis, el par moi chez le C. oligopodus. Il est probable que ces orifices se développent plus tard dans le cours de l’évolution des Cérianthes; peut-être (1) Notes préliminaires dans les Bulletins de l’Académie royale de Bages, 5° série, t, XXI, n° 4, 1891. ( 131 seulement quand ils sont descendus au fond de la mer pour y mener une vie sédentaire. Le schéma 2 de la planche I représente la disposition des tentacules. Les tentacules buccaux se trouvent insérés sur le bord de l’orifice buccal, qui avait une forme ovalaire. A la bouche fait suite l’'æœsophage, qui s'étend à peu près jusqu'à mi-distance entre le disque buccal et le pore dorsal. La partie antérieure du bord libre de l’œsophage se continue en une lanière jusqu’à 3 millimètres de l'orifice aboral. Cette lanière délimite une gouttière, qui n’est que la continuation du sulcus cesophagien, et elle est rattachée dans toute sa longueur à la paroi du corps par les cloisons de la loge directrice. _ Comme nous le montre la figure 5 de la planche |, le sulcus n’est pas limité à la loge directrice, mais s'étend à droite el à gauche vis-à-vis de plusieurs loges; et, dans toute l'étendue du sulcus, Vépithélium de œsophage présente des caractères particuliers. Dans le reste de son pourtour, le tube pharyngien montre des cannelures analogues à celles de la paroi du corps; on y trouve des côtes el des sillons en rapport avec les loges et les cloisons mésentériques Les cloisons mésentériques sont au nombre de trente- trois, dont dix-sept à gauche et seize à droite. Du côté gauche, treize cloisons sont rattachées à l'œso- phage dans toute la longueur de ce dernier; à droite, douze seulement sont dans ce cas. La seizième à droite, la seizième et la dix-septième à gauche n’atteignent pas encore de rs de ces trois | 3"° SÉRIE, TOME XXII. 10 ( 152 ) cloisons sont en voie de formation et affectent une forme à peu près triangulaire; un côté répond à la paroi du corps, le second au disque buccal, le troisième est libre dans la cavité du corps.. La figure 5 de la planche I représente une coupe réelle faite un peu en deçà du bord libre de l’œsophage; à gauche nous trouvons treize cloisons complètes, et la quatorzième, en voie de développement, ne se voit que sur la paroi du corps. A droite nous trouvons douze cloisons complètes, et une treizième moins développée se voit en même temps sur la paroi du corps et sur le tnbe pharyn- gien; ce qui nous indique que les cloisons, pendant leur croissance, se terminent par un bord concave el se pro- longent plus loin sur la paroi du corps que sur le tube cesophagien. Le schema 4 de la planche I représente la longueur relative des sarcoseptes. Ils sont alternativement de grandeurs différentes; cette alternance a été signalée chez le C. membranaceus, en premier lieu, par von Heider. Si nous numérotons les cloisons mésentériques par paires, en commençant par celles de la loge directrice, nous pouvons dire que les cloisons de rang pair sont plus longues que celles de rang impair; de plus, la longueur des cloisons paires ainsi que des impaires diminue d'avant en arrière, si nous faisons abstraction des cloisons directrices qui s'arrêtent en même temps que le prolonge- ment antérieur de l’œsophage. L’alternance n’est bien marqnée, chez ce jeune individu, que jusqu’au numéro 9. Quoiqu'il s'agisse d’une forme larvaire el menant encore une vie pélagique, il y a déjà quelques produits sexuels développés. On rencontre, en effet, des œufs dans les cloi- LAN 02 De li ecn Eed x A ETAR TAE RENE e (155 ) sons 4 et 6, de sorte que les cloisons de rang pair seront fertiles à partir de la cloison 4. L'ensemble des caractères de la forme que je viens de décrire rapidement ne permet pas de la rattacher à l'évolution d'un Cérianthide actuellement décrit, et nous devons la considérer comme une nouvelle espèce. Je propose de désigner cette forme sous le nom spécifi- que de brachysoma (payus, court el swja, cofps), à rai- son de ce caractère qui frappe à première vue que le corps est très court relativement à la largeur (fig. 1, pl. I). La forme du corps, le petit nombre et la grandeur des tentacules, et cette circonstance que l'animal menait une vie pélagique, tout cela pourrait nous porter à rattacher celte forme au genre Arachnactis, mais, pour des raisons sur lesquelles je reviendrai dans le mémoire in extenso que je compte pouvoir publier bientôt, il est préférable de désigner cet animal sous le nom de Cerianthus brachy- soma. On n’avait pas décrit jusqu’à ce jour un seul Cérianthide de la mer Rouge, et naguère Klunzinger (1), dans sa Monographie des Corailliaires, en niait encore l'existence. VI. — Disposition des tentacules chez le Cerianthus membranaceus. La sériation des tentacules chez le Cerianthus membra- naceus a été décrite de différentes façons. L'année der- (4) Krenzincen, Corallthiere des rothen Meeres, 1877. hd ( 154 ) nière parut encore un travail de P. Fischer (1), dont le premier chapitre est consacré à l’étude de la disposition des tentacules chez cette espèce. J. Haime (2) nous dit à la page 368 de son mémoire : « Le groupe labial répétant en petit près du centre du » disque l'appareil tentaculaire marginal tout entier, on » devait s'attendre à retrouver dans ces appendices acces- » soires les mêmes rapports de posilion que j'ai constatés » entre les divers tentacules principaux; c’est, en effet, ce » qui arrive : on y reconnaît de même trois rangées cir- » » » » culaires qui reproduisent exactement par le nombre et les relations de leurs éléments les trois rangées de tenta- cules principaux, le cercle interne de ceux-là correspon- dant au cercle interne de ceux-ci, et ainsi des autres. » D'après Haime, il y a done trois cycles dans les margi- naux et dans les buccaux, et ces cycles se correspondent exactement par le nombre et par la position. A. von Heider (5) admet également trois cycles dans la rangée marginale comme dans la labiale, mais, d’après lui, le cycle interne marginal correspond à l'externe labial, le moyen au moyen, l’externe à l’interne. Quant au nombre des tentacules labiaux, il serait égal à celui des marginaux et la disposition serait partout la même tout autour du disque buccal. (1) P. Fiscuen, Nouvelle contribution à l'actinologic française. Actes de la Société linnéenne de Bordeaux, 1890. (2) J. Haime, Mémoire sur le Cérianthe. Ann. des sc. nat., 1854. _ (5) A. vox Hemer, Cerianthus membranaceus (Haime). Sit- i zungsber. der k. Akad. d. Wiss. in Wien, 1879. ( 155 ) Carl Vogt (1) ne trouve également que trois cycles dans chaque couronne. Il attire notre attention sur le tentacule marginal impair et signale ce fait important que, vis-à-vis de l’un des angles de la fente buccale, on rencontre des tentacules plus petits qui nous indiquent le lieu de for- mation des nouveaux éléments, tant dans la couronne labiale que dans la couronne marginale. Vogt fait aussi remarquer que ces tentacules plus petits sont de gran- deurs différentes, qu’ils augmentent de taille vers les deux côtés et qu'ils sont placés dans des cycles différents. Fischer (2) insiste sur ce point, que, chez tous les individus qu’il a examinés (treize exemplaires), le nombre des tentacules marginaux était impair, à cause de la pré- sence d’un tentacule impair dont la position est constante vers Pun des angles de la bouche. Voici la sériation des tentacules d’après Fischer : I admet également comme constante l'existence de trois cycles dans chaque couronne. Le tentacule marginal impair appartiendrait au premier cycle et serait flanqué à droite et à gauche de deux tentacules du troisième cycle. Après cette irrégularité, l'arrangement devient normal et semblable à celui des Actinies à symétrie rayonnée. On trouve successivement 1.5. 2. 3. + 1.5. 2. 5; enfin, au voi- sinage du point opposé au tentacule impair, nouvelle irré- gularité : la dernière série marginale serait formée à droite et à gauche par quatre tentacules disposés dans l'ordre : en (1) Canı Voor, Des genres Arachnactis ct Cerianthus. Arch. de Biologie, 1888. (2) P. Fiscuen, loc. eit. = de 1.3.2. 1., le dernier tentacule droit serait pair comme celui du côté gauche et appartiendrait au premier cycle. Dans la couronne labiale il y a, d’après Fischer, un tentacule impair, puis à droite et à gauche neuf tenta- _cules disposés irrégulièrement. A partir de ce point la sériation devient régulière en groupes de quatre tenta- cules disposés comme il suit: 1. 2.3. 5. + 1. 2. 5. 3. Enfin le dernier tentacule labial droit est pair comme celui du côté gauche et appartient au second cycle. Pour lui aussi _ le nombre des tentacules est le même dans chaque cou- ` ronne. Comme j'avais un abondant matériel à ma disposition pendant mon séjour à la Méditerranée, j'ai cru bon, en présence de toutes ces données contradictoires, de vérifier ( 137 ) la disposition des tentacules sur des individus vivants de différents âges, sur des exemplaires conservés et enfin sur des séries de coupes transversales. Comme le montre la figure 1, les tentacules marginaux sont disposés sur trois cycles. Le tentacule antérieur, impair et médian, se trouve un peu en dehors de l’aligne- ment, c'est-à-dire qu’il se trouve dans une position inter- médiaire entre les séries interne et moyenne; à droite et à gauche de ce tentacule médian viennent deux tentacules dont le premier fait partie de la série externe et dont le second se trouve inséré entre la série moyenne et l'externe. | | ( 138 ) A partir d'ici la sériation devient tout à fait régulière; on aura constamment des groupes de quatre tentacules, dont un premier dans la série interne, un second dans Vexterne, un troisième dans la moyenne, enfin un qua- trième dans externe. Cela se continue de cette façon jusqu’à l'extrémité postérieure, où nous trouvons toujours de nouveaux tentacules en voie de formation et qui con- tinuent à se placer dans le même ordre au fur et à mesure qu’ils se développent. e côté gauche est toujours un peu en avance sur le côté droit, et les quelques derniers tentacules de droite et de gauche ont des grandeurs décroissantes vers l'extrémité postérieure, c'est-à-dire vers leur lieu de formation. La figure 2 nous représente en A la sériation en cycles des tentacules postérieurs chez un individu plus âgé que celui représenté figure 1. En B sont indiquées les gran- deurs relatives des dix tentacules postérieurs de ce même exemplaire. La figure { nous montre la disposition des tentacules marginaux chez un jeune Cérianthe. Nous y trouvons le tentacule antérieur ct médian, puis de chaque côté deux tentacules; ensuite la sériation régu- lière, en groupes de quatre, commence. Dans ce jeune exemplaire il n’y à encore que quatre groupes complets de chaque côté; chez d'autres exemplaires, d'âges et de grandeurs très différents, j'ai trouvé toutes les transitions, jusqu’à des individus qui comptaient de chaque côté vingt groupes et même davantage. Telle est la disposition des tentacules marginaux chez la grande majorité des individus; mais losgi on a affaire à des exemplaires très âgés, les tentacules du troisième cycle ~ ne sont pius insérés sur une même ligne circulaire, mais a EE ENOR Dn NE hort denn Bek bi a, ( 159 ) ils sont placés alternativement plus en dedans et plus en dehors (fig. 5). Cependant les groupes de quatre tentacules Fi. 3. Disposition des tentacules marginaux chez le Cerianthus membranaceus adulte. — A. extrémité antérieure. restent parfaitement reconnaissables et les cinq tentacules antérieurs conservent leur position caractéristique. Aussi, quand on examine un grand exemplaire à l’état d'exten- sion, on observe ce fait, que J. Haime a du reste parfaite- ment décrit, que les tentacules marginaux constituent quatre cônes concentriques dont Finterne est fourni par les tentacules du premier cycle, le second par ceux du deuxième cycle. le troisième par les tentacules du troi- sième cycle qui se trouvent insérés un peu plus en dedans, et le quatrième par ceux du troisième cycle qui sont insé- rés plus en dehors. Le nombre des tentacules marginaux varie constam- ment pendant l'existence individuelle d’un Cérianthe, constamment de nouveaux tentacules se forment à l'ex- trémité postérieure, alternativement à droite et à gauche, ce qui enlève toute valeur à ce fait, auquel £ ischer semble attacher grande importance, à savoir : que chez un certain ( 140 ) nombre d'exemplaires qu’il a eus à sa disposition, les tenta- cules marginaux étaient en nombre impair. Chez le jeune individu dont la disposition des tentacules marginaux est représentée figure 1, les tentacules du troi- sième cycle sont sur une même ligne circulaire ; chez des individus plus jeunes encore on ne trouverait que deux cycles, et primitivement il n'y a qu’un cycle. La sériation des tentacules buccaux varie également avec l'âge des individus, en d’autres termes, avec le nombre des tentacules. Chez de jeunes exemplaires ces tentacules sont aussi disposés en deux cycles, et primitivement en un seul. Chez un individu adulte, au contraire, on compte cerlainement _ jusqu’à cinq lignes d'insertion. Cela provient naturellement de ce que les tentacules buccaux, insérés sur un cercle beaucoup plus restreint que le cercle marginal, trouvent de moins en moins de place les uns à côté des autres à mesure que leur nombre augmente; il se fait alors que, ne pouvant plus s'insérer sur trois cycles, il se produit des déplacements qui amènent les tentacules à se trouver sur un plus grand nombre de cycles. Remarquons encore ici que les nouveaux tentacules buccaux se forment aussi à l'extrémité postérieure où nous trouvons toujours quelques tentacules plus petits, et qu'il existe chez le Cerianthus membranaceus un tentacule buc- cal impair vis-à-vis du marginal impair, ce qui n'est pas le cas chez d’autres espèces. Le développement des tentacules buceaux est plus tar- dif que celui des marginaux, c'est-à-dire que le nombre des buccaux est toujours plus petit que celui des margi- _ ginaux. Il y a constamment près de l'extrémité postérieure du C. membranaceus quelques loges mésentériques pour- À vues de ERTE voted. alors qe ces mêmes loges EN ERGEN Rie RL 141 ) n’ont pas encore de tentacules buccaux; par conséquent, les schémas de J. Haime, de von Heider et de Fischer ne peuvent être exacts, puisque, d’après ces auteurs, le nombre des tentacules buccaux serait égal à celui des tentacules marginaux. VIIL. — Observations physiologiques sur lAstroides calycularis. Von Koch a reconnu, après une série d'expériences, que si, dans une colonie épanouie d’Astroïdes, on enlève d'un coup de ciseaux la partie molle d’un individu, à quelque distance du squelette, la partie restée en place reproduit une nouvelle couronne de tentacules, un nouveau disque buccal, une bouche, etc.; bref, l'individu coupé se com- plète de nouveau après un certain temps. Pendant que je m’occupais de l’étude du développement des larves d’Astroïdes, je gardais constamment dans les aquariums un certain nombre de colonies adultes. Vou- lant un jour répéter cette intéressante expérience de von Koch, j'avais coupé de la sorte plusieurs individus, et les morceaux détachés étaient tombés au fond de l'aquarium dans lequel l'expérience se faisait. Quelques jours après, en examinant les colonies, je fus étonné de voir sur le fond du bassin une des parties déta- chées, à l’état d'extension, avec la couronne de tentacules bien épanouie. Ce morceau d'Astroïdes était donc encore bien vivant, et je pus m’assurer qu’à certains moments de la journée il était fortement contracté, à d'autres moments bien épanoui. Bientôt d'autres morceaux se montrèrent dans des condi- lions identiques. La surface de section semblait se cicatriser etc ces s orga- ien l étions ane d'existence. L'idée me vint naturellement de faire l'expérience sur un plus grand nombre d'individus et de suivre attentive- ment ce qui allait en advenir. ( 145 ) Il était à supposer qu'après cicatrisation un nouveau squelette allait se développer du côté de la surface de sec- tion et, dans ce cas, il eût été très intéressant de suivre la reformation du squelette chez l'adulte. Mais, contrairement à mon attente, voici ce qui se pro- duisit chez ces individus coupés, après un temps variant entre deux et trois mois. D'abord, conformément aux observations dec von Koch, la partie restée en place (fig. 5, A) sn un individu entier (fig. 6, A’). Zon Fie. 6. Mais ce qui était surprenant, c'est que la partie coupée (lig. 5, B.) reproduisit également du côté de la surface de seclion une couronne de tentacules, une bouche et un œsophage (fig. 6, B’). De sorte qu'en coupant un individu à polypier on obtient un nouvel individu complet, et naturellement avec sque- lëtte, aux dépens de la partie restée en place, et ensuite deux individus incomplets, en ce sens qu'ils n'ont pas de squelette, rattachés l'un à l'autre par leurs parues molles, Em 22 TD fn SHEN. en A UNE CRE TA Et Vka Ee A LH A E EER E en ( 444 ) Ayant dù quitter Naples vers le milieu du mois d'octobre, je n'ai malheureusement pu poursuivre ces expériences et voir ce qui en adviendrait dans la suite, ce qui ne man- querait certes pas d'être très intéressant. Ce fait est certainement de la plus haute importance au point de vue de la signification du squelette des Madrépo- raires, puisque nous voyons des individus vivre ainsi sans squelette, s’accroître, se compléter, en tant que parties molles, et reproduire par une sorte de bourgeonnement inusité de nouveaux individus. | Il serait également intéressant de voir si, dans ces cool tions, de semblables individus donnent naissance à des pro- duits sexuels. J’espère d’ailleurs pouvoir revenir sur ces différents points. Cette façon de couper au voisinage du squelette des individus hien épanouis de madréporaires présente un grand avantage à un autre point de vue. Tous les naturalistes qui se sont occupés de l'étude de l’organisation des Hexactiniaires à polypier, connaissent la difficulté qu’il y a de fixer ces animaux à l'état d'exten- on attend le moment où ils se trouvent à l’état d'extension, on les prend alors sur une spatule et on les transporte vivement dans un liquide fixateur énergique (sublimé con- centré chaud ou froid, acide acétique glacial). J'ai pu obtenir de cette façon de belles séries de coupes transver- sales pour l'étude de la disposition des tentacules et des sarcoseples; de plus, les tissus se trouvent dans un état de conservation suffisant pour en faire l'étude | sion. | | Quand on a dans un aquarium de ces individus coupés, __ PRES. ie Ee D Ut: D tr à "à (145) VIN. — Quelques cas tératologiques chez différents Anthozoaires. Nous venons de voir un exemple curieux de régénéres- cence des parties molles chez l’Astroïdes. A cette occasion je veux dire quelques mots au sujet de plusieurs cas téra- tologiques que j'ai rencontrés. 1° Un Cerianthus membranaceus de taille considérable possédait cent soixante et un tentacules marginaux sur le bord du disque buccal. Ces tentacules étaient disposés dans une sériation régulière, telle que nous l'avons vue tout à l'heure (fig. 5). Seulement, nous trouvons à droite vingt et un groupes de quatre tentacules, tandis qu'à gauche il wy a que dix-huit groupes, ce qui fait, avec le tentacule médian et les deux premiers de droite et de gauche, un total de cent soixante et un tentacules marginaux. En outre, chez l'animal en question, on trouve, à 2 cen- limètres de distance du bord du disque buccal, un groupe de neuf tentacules insérés dans la paroi du corps; 2 Une Anemonia sulcata avait l'apparence d’un indi- vidu se reproduisant par scissiparité. On aurait dit deux individus accolés l'un à l’autre dont la séparation n'était encore marquée que du côté du pôle oral. Il y avait deux bouches et deux disques buccaux, ainsi que deux couronnes de tentacules; les coupes transversales ont démontré que les deux cesophages étaient complètement séparés dans toute la hauteur. Les cloisons mésentériques étaient dis- posées de telle façon que l’on ne pouvait retrouver ni dans le grand individu, ni dans le petit, ni dans les deux réunis, la disposition typique réalisée chez les Hexacti- niaires. Pour les tentacules, il n’était pas davantage amas de les ramener à la Pr ppe HN NA Dé ade ( 446 ) Pour les détails je renverrai à mon travail in extenso; 5° Une larve d'Astroïdes, nageant encore librement, ne présentait. extérieurement aucun caractère anormal; mais Fie. T: Fia. 8. Fia. 9. Fis. 40. Fr. 41. Fic. 12, nn Qj la série des coupes transver- sales montre que l’œsophage se divise en deux tubes dé- bouchant séparément dans la cavité du corps. L'oeso- phage présente d’abord, à la coupe, une forme circu- laire (fig. 7), puis une forme ovalaire (fig. 8); plus bas cet ovale s’étrangle en son mi- lieu (fig. 9) et puis se dé- double en deux parties (lig. 10) dont l’une se continue inférieurement dans les bour- relets mésentériques de la paire de sarcoseptes de première formation, Fautre dans ceux de la paire de seconde formation (fig. 11). Sur les coupes qui passent en dessous de l’œsophage nous retrouvons les douze cloisons typiques avec leurs caractères ordinaires (fig.12)- 4 L'examen d’un nombre considérable d'exemplaires e Bunodes sabelloïdes mon- tre que les irrégularités sont tellement nombreuses dans cette espèce, qu’il est pour ainsi dire rare de rencontrer des Ai 147 ) individus montrant les tentacnles régulièrement disposés. Cette espèce vil en grande abondance près de la côte sur des coquilles de Mytilus minimus; on rencontre dans la disposition des tentacules toutes les variations imaginables, 1 et il est certain que cela n’est dû qu'à des accidents sur- os venus aux animaux examinés. Ils ont été écrasés, déchirés 8 ou coupés mécaniquement, et puis, après cicatrisation, ils vi ont continué à vivre en affectant des formes irrégulières. Ces faits n’ont peut-être pas grande importance, mais ils nous montrent que les anomalies sont nombreuses dans le groupe des Anthozoaires, par suite de la rapidité avec laquelle se cicatrisent les blessures ou contusions que ces animaux reçoivent et de la facilité qu’ils possèdent de régénérer, en tout ou en partie, les parties de leur corps qui viennent à être enlevées accidentellement. La fréquence de ces monstruosités mérite d’être signa- lée et doit nous mettre en garde contre l'établissement de nouvelles espèces ou de nouveaux genres, qui ne seraient quelquefois fondés que sur des caractères térato- logiques. EXPLICATION DE LA PLANCHE, — Fıc. 4. — Cerianthus brachysoma, grossi trois fois, vu du côté droit; les tentacules ont été coupés près de leur base; e.a. côte en antérieure. A, Extrémité antérieure; P, extrémité postérieure. Fic. 2. — Schéma représentant Ja disposition. des tentacules ne marginaux et buceaux; G, gauche; D, droite. Ee T.M. A. Tentacule marginal antérieur. _ La flèche indique le plan de symétrie bilatérale. _ 3"* SÉRIE, TOME Xxl (148) Fia. 5. — Coupe passant un peu en deçà du bord libre de l'œso- | phage. c. a. Côte antérieure ; elle est déterminée par la loge direc- trice qui refoule en avant la paroi du corps; G, gauche; D, droite. Fie. 4. — Figure demi-schématique pour montrer le nombre et la disposition des cloisons mésentériques. A. Extrémité antéricure; P P’, extrémité postérieure; lan, prolon- gement de l'œsophage en forme de lanière; o. a. orifice aboral; G, côté gauche; D, côté droit. L'animal est supposé avoir été ouvert suivant son bord postérieur dorso-ventral et vu de dedans. Recherches sur les organismes inférieurs (1); par Jean Massart. IE — La SENSIBILITÉ A LA CONCENTRATION CHEZ LES ÊTRES UNICELLULAIRES MARINS. Dans un travail publié il y a deux ans (2), j'ai exposé les recherches que j'avais faites sur la sensibilité à la con- centration des solutions salines. J'avais expérimenté sur des Bactéries, des Infusoires Flagellés,' des Infusoires Ciliés, l'Hydre verte et la Grenouille. Tous ces organismes habitent Peau douce; placés en présence de solutions con- centrées, ils exécutent des mouvements qui les éloignent du liquide salin; il y a une répulsion manifeste. J'avais — également étudié l'irritabilité de la conjonctive humaine: (4) Les premières Recherches sur les organismes inférieurs ont été _ publiées sous le titre de : I. La loi de Weber vérifiée pour l’héliotro- _pisme d'un Champignon. (Bull. Ac. roy. des Se. de Belgique, 1888.) -~ (2) Sensibilité et adaptation des organismes à la concentration des pe solutions Tp Esa de braan t. IX, 1889). (149 ) elle est sensible aux solutions plus concentrées que les larmes et aux solutions moins concentrées. Voici du reste quelques-unes des conclusions que je déduisais de mon travail : Un gränd nombre d'agents extérieurs jouent le rôle d'excitants sur l'organisme vivant. La lumière, la chaleur, la pesanteur, le courant électrique, la vapeur d’eau, le contact, les propriétés chimiques des corps, les vibrations sonores, sont autant d'excitants qui mettent en jeu l'irrita- bilité des cellules. Les expériences que j'ai faites montrent qu’à côté deux il faut admettre aussi la concentration des solutions. L’excilation produite par les solutions varie suivant le poids moléculaire et suivant la structure moléculaire de la substance dissoute ; les répulsions exercées sur les orga- nismes sont inversement proportionnelles aux poids molé- culaires, et proportionnelles aux coefficients isotoniques | qui ont été établis par M. de Vries (1). C’est chez les Bactéries que cette loi se vérifie avec le plus de précision. Pendant un séjour que je fis à Middelkerke, en juin et juillet 1890, en qualité d’interne de Hôpital maritime, j'ai pu Compléter mes recherches sur le tonotaxisme. J'ai fait ces expériences à l’hospice Roger de Grimberghe et je les ai Fe continuées au laboratoire de LH de l'Université de — Bruxelles. É pe On se procure en abondance les organismes nécessaires | en faisant macérer dans l’eau de mer des varechs, des bryozoaires et d’autres débris animaux et végétaux que les Fate vagues abandonnent sur la plage. Ces objets renfermés (1) H. pe Vries, Eine Methode zur Analyse m int Ee venen f. wissensch. aen Bd. wete 1 ve 150 ) dans des facons sont d'un transport très facile, et c'est ainsi qu’en rapportant des matériaux de la côte belge en mars 1891, j'ai pu répéter à Bruxelles les observations que J'avais faites à Middelkerke lan dernier. Pour contrôler ces expériences, il n’est donc pas nécessaire de dispon d'un laboratoire maritime. _La méthode des tubes capillaires, à l’aide de laquelle j'avais fait la plupart des études antérieures sur ce sujet, n'est applicable que pour les organismes qui possèdent à un degré suffisant la sensibilité aux propriétés chimiques des corps. Or, tous les êtres marins que j'ai cus à ma dispo- — 7 sition, même les Bactéries, sont dépourvus de toute irrita- bilité de cette nature. J'ai done dû recourir au dispositif qui m'avait déjà servi pour les Infusoires : sur un large porte-objet, on place un cadre de carton bien plan et for- tement mouillé. D'autre part, on dépose sur une grande -lamelle une goutte peu épaisse contenant les organismes à _ z étudier, puis on renverse cette lamelle sur le cadre de carton; les êtres unicellulaires sont ainsi soustraits aux pressions mécaniques, l'oxygène a un libre accès vers eux, cnfin le liquide ne se concentre pas par évaporation. On peut de cette manière les cultiver en sonne suspendue pendant un temps indélini. _ Pour essayer si les êtres en expérience sont sensibles à | l'excès de concentration, il suffit, avant de retourner la lamelle, de déposer à l’une des extrémités de la goutte quelques parcelles de chlorure de sodium; ce corps se _ dissout lentegent et les molécules salines diffusent peu à _ _peu vers l'autre extrémité (voir fig. 1). L'étude de la sen- _ Sibilité au défaut de concentration est plus délicate. On dépose sur la lamelle la goutte d’eau de mer, puis, à côté de elle, une goulle d'eau distillée que Kon réunit à la ds par. > | ri [i 2 _Pflanzen. Rd. t, 4872 ) (154) tout sur le cadre de carton. Pour que l'expérience réussisse, il faut qu'il ne se produise aucun courant visible de l'une des gouttes vers l’autre; on y arrive en proportion- nant convenablement leur grosseur. Dès le moment où la communication est établie entre elles, les sels de l'eau de mer commencent à diffuser vers l'eau distillée. J'ai eu à ma disposition en grandes quantités trois Spirilles, un Flagellate et trois Infusoires Ciliés. J'ai négligé toutes les expériences que je ne pouvais faire que sur un petit nombre d'individus, parce que, dans ces con- ditions, les résultats n’ont pas toute la netteté désirable. A plusieurs reprises, j'ai essayé d'isoler par des cultures sur plaques les Spirilles que j'ai rencontrés. Jamais je n'ai obtenu le moindre succès. A défaut de leurs caractères de développement, j'ai done dû me contenter d'étudier leur modes de coloration, leurs mouvements et leur forme. Je les désigne par les lettres A, B, C. Ils sont tous les trois avides de matières colorantes, mais on ne peut les teindre ni par la méthode de Gram, ni par les procédés qui ont été indiqués pour la détermination du bacille de la tubereu- lose. Leurs mouvements sont très vifs; ils nagent en tonr- nant autour de leur axe. Le Spirille B présente les mêmes réactions tactiles que celles que j'ai observées chez le Spirillum undula, dont il a la forme et les dimensions; il s'accole à la surface libre du liquide et aux corps solides en aplatissant longitudinalement ses tours de spire. Les Spirilles A et C sont insensibles au contact; ils _ rappellent, comme dimensions et comme forme, le Vibrio serpens de Cohn (1). Lorsqu'on dépose près du bord de la goutte où nagent (1) F. Coux, ne über Bakterien. (Beitr. z. Biol. - ORE Spirilles Aac a, perike s cristaux de chloruié | de sodium (fig. 1), on constate que le sel se dissout peu à 4 C1 Na. CINa Fic. 4. Peu; à mesure que la solution saturée ainsi obtenue diffuse! vers le milieu de la goutte, les Bactéries primitivement -disséminées (a) se retirent devant les molécules salines (£);_ au moni a une Pre les ne sont tous rassemblés à (153) Bactéries, d'abord réparties également dans toute la goutte (x), ne tardent pas à se retirer de plus en plus loin du canal de communication à mesure que l’eau de mer se dilue par suite de Ja diffusion du sel vers l’eau distillée (8). Finalement elles se retrouvent toutes le plus loin possible de cette dernière (y). Ces deux Spirilles sont donc sensibles aux solutions plus concentrées que l’eau de mer (hyperisotoniques) comme aux solutions moins concentrées (hypisotoniques). Tous deux se comportent de la même façon; si l’on ajoute à cela qu’ils présentent les mêmes caractères de forme et de coloration, on comprendra que je les aie con- fondus jusqu'au moment où j'ai fait sur eux des expé- riences de géotaxisme : pour la pesanteur, leurs réactions sont tout à fait différentes. (Voir le travail suivant : La sensibilité à la gravitation.) Le Spirille B se montre absolument insensible aux solutions trop concentrées el aux solutions trop étendues. Par tous ses autres caractères, il se rapproche du Sp. un- dula, mais tandis que celui-ci fuit énergiquement les solutions trop concentrées, le Spirille B se laisse chaque fois surprendre par elles. Le seul Flagellate que j'aie pu étudier, le Heteromita rostrala, se comporte absolument comme les Spirilles A et C. J'ai expérimenté sur trois Infusoires ciliés : Anophrys sarcophaga, E uplotes harpa et Oxytricha gibba. L'observa- tion est plus aisée qu'avec les Spirilles : comme les indi- vidus sont beaucoup plus grands, on peut très facilement suivre leurs mouvements au microscope. Tous les trois sont très sensibles aux solutions hyperisotoniques. Les deux premiers fuient également les liquides hypisoto- s niques. Quant à l'Oxytricha ae il an abiolament Se ( 154) insensible au défaut de concentration; lorsque, dans l'expérience des deux gouttes communicantes, il arrive à la limite que les Anophrys ne franchissent pas, on ne le voit jamais rebrousser chemin; il continue sa course, mais à peine est-il dans le liquide trop dilué qu’il commence à gonfler : aussitôt il se met à tourner sur place, jusqu’à ce que l’eau qui pénètre constamment dans la cellule finisse par la faire éclater. Le tableau suivant résume les observations; le signe + indique que l'organisme réagit; le signe O, qu'il est insensible. SENSIBLE -A LA SOLUTION hyperisotonique. bypisotonique. Spire An sis a + + SUR ne en O D Spree E E Zea E + + Anophrys sarcophagi Binn + + Euplotes harpa. A aa + + Oxytricha gibba . . . a O La plupart des êtres unicellulaires marins que j'ai pu examiner fuient done les solutions hyperisotoniques et les solutions hypisotoniques. Si nous considérons la sensibilité à la concentration comme analogue à la sensibilité à la lumière, à la pesanteur, etc., que présentent les organismes inférieurs, nous grouperons sous le nom de tonotaxisme positif les mouvements qu'exécutent les êtres inférieurs pour se diriger vers une solution plus concentrée (expé- riences avec l'eau distillée) et nous appellerons tonotaxisme __négatif leur migration vers les liquides moins concentrés ep avec le chlorure de sodium). A l'exception des Oxytriches, les divers êtres qui : S'écartent des milieux hyperisotoniques fuient aussi les UX h, ypismonighes < ils theichent à rester dans mar de Pate MENT RENE DES Se CR FE NE TEE DT 17 AR an Me nu et Ve ( 455 ) liquide physiologique, l'eau de mer, ou du moins dans une solution dont la valeur osmotique est voisine de celle de l'eau de mer. L'expérience suivante est concluante à cet égard (fig. 3) : à l’une des extrémités d'une goutte d’eau de mer dans laquelle nagent des Anophrys, on dépose quelques cristaux de chlorure de sodium, puis on met la goutte en communica- tion par son autre bout avec une goulle d'eau distillée. Les Infusoi- res disséminés dans toute la goutte (a) s'éloi- gnent bientôt et du sel ét de Peau distillée (8). Mais, à mesure que le sel diffuse dans l'eau de mer et de celle-ci dans l'eau pure, les Ano- phrys se rapprochent de plus en plus du canal (y). Peu de temps après, tous les indi- Vidus ont traversé le canal et se sont accu- mulés auprès de son ou- en verture dans la goutte d’eau distillée vers la- — quelle s'est déjà trans- hees portée une bonne quan- -tité de chlorure de sodium o. Finalement on iier trouve. Aore z g Re e E 7 fr Pony PE Prat TAST '] #4 pr FAENAS as MAT lie € Een PER: C1 Na. CI Na C1 Na (156) disséminés dans cette dernière goutte (e). Il y a donc pour. ces organismes un optimum de concentration vers lequel ils tendent à se diriger. L'optimum dans les phénomènes de sensibilité a été étudié par divers physiologistes. Le plus grand nombre - des faits connus se rapportent à la sensibilité de la lumière. M. Strasburger (1) observa que certaines zoospores d'Algues fuient une lumière intense et se rapprochent au contraire d'une lumière plus faible. Il y a entre ces deux extrèmes un éclairement optimum. M. Stahl (2) fit des remarques analogues sur la position que prennent les grains de chlo- rophylle dans la cellule. D’après M. Sachs (3), les tiges adultes de Tropæolum présentent les mêmes réactions que les zoospores étudiées par M. Strasburger. Les observations de M. Engelmann nous intéressent davantage. Dans ses études sur l'assimilation (4), ce phy- siologiste utilisa la sensibilité de certaines Bactéries vis- à-vis de l'oxygène : elles se portent vers les sources d'oxygène, telles que les cellules d'Algues éclairées. Mais elles ne se placent pas contre l’Algue elle-même : elles restent toujours à une certaine distance de celle-ci, et si, par hasard, elles s'en approchent de trop près, elles exé- Cutent immédiatement un mouvement de recul. Les | _ diverses Bactéries se tiennent à des distances variables i (1) Ep. STRASBURGER. Wirkung des Lichtes und der Wärme auf Schwarmsporen. (Iena, 1878.) _ (2) G. Stan. Ueber den Einfluss von Richtung und Starke der Beleuchtung. (Bot. Zeit, 4880.) (5) J. Sacus. Vorlesungen über Pflanzenphysiologie. (ll. Auflage, 1887.) a | (4) W. Excermans in Bot. Zeit, 1880-1881. ( 157 ) chaque espèce reste dans la zone où l'oxygène atteint la tension qui lui convient le mieux. Le même auteur (1) a fait sur le Paramæcium bursaria des expériences qui per- mettent de conclure qu'il existe également chez cet Infu- soire un optimum pour la sensibilité à l'oxygène. Il en est de même pour les organismes marins que j'ai étudiés. Lorsqu'une grosse goutte d’eau de mer contenant des Spirilles et des Anophrys est recouverte d’une lamelle, la pénurie d'oxygène ne tarde pas à se faire sentir à l'in- térieur du liquide. Aussi voit-on les organismes déserter les zones moyennes pour s'accumuler le long des bords de la lamelle (fig. 4) et autour des bulles d'air emprison- LE et eue pes RES 3 a 5 4 3 aS P "Tone a Spirilles 4 S SE Es RN „zond lrophrys- gn RU N 5 r ne ute rain sens ous. PAL pAs Er de Une bulle d'air _ sein du liquide. Fie. 4. Un coin de la lamelle de verre qui recouvre le liquide nées dans la préparation (tig. 5). Les Anophrys se placent Ee le plus près de l'oxygène; les Spirilles se maintiennent un peu en arrière. Les individus qui s'écartent de la zone qu’ occupe leur ephe soit m se dirhams de la tn hd: Werben (1) W. Enceuwann. Ueber Licht und Fartenperepton n niederster ue ques ar Bd 29, ae | ee ( 158 ) source d'oxygène, soit pour s'en éloigner, y reviennent aussitôt. L'une et l’autre de ces espèces recherchent les endroits où la tension de l'oxygène leur convient le mieux, et fuient ceux où ce gaz est en solution trop concentrée ou trop diluée. Ainsi que le démontrent les expériences, il en est de même pour la sensibilité à la concentration saline. De ces recherches découle la conclusion suivante : Les organismes habitués à vivre dans un milieu de con- centration constante fuient pour la plupart et les solutions à concentration plus faible et celles à concentration plus forte. Ce résultat est à rapprocher de celui que mont fourni mes études sur la sensibilité des cellules de la con- jonctive humaine : celles-ci sont également baignées par un liquide de concentration constante, les larmes, et, de même que les êtres unicellulaires marins, elles sont sen- sibles à l'excès et au défaut de concentration. III — La SENSIBILITÉ A LA GRAVITATION. Le géotropisme est très manifeste chez les plantes supérieures : nous voyons les arbres dresser leurs tiges vers le ciel tandis que leurs racines s'enfoncent dans la terre. L'expérience démontre que les mouvements de bas en haut pour la tige et de hant en bas pour les racines doivent être considérés comme une réaction de ces organes contre l'excitation due à la gravitation. Les tiges suivent une direction inverse de celle que la pesanteur tend à leur faire prendre : on les dit négativement géotropiques. Les racines se dirigent dans le sens des lignes de force de la gravitation : elles sont positivement géotropiques. Des phénomènes analogues se rencontrent chez les _ plantes inférieures : les lilaments fructifères de plusieurs ( 159 ) Mucorinées et particulièrement du Phycomyces nitens prennent, sous l'influence de la pesanteur, une direction verticale, D'après mes expériences, d’autres champignons (Aspergillus, Penicillium, Botrytis) ne sont pas sensibles à cet excitant. Les animaux sentent-ils la pesanteur comme telle? H est permis d'en douter. Parmi les êtres unicellulaires mobiles, un très petit nombre ont été étudiés à ce point de vue. Les expériences ont porté presque exclusivement sur des organismes fla- gellés verts (Euglena viridis, Chlamydomonas pulvisculus el secondairement Hematococcus pluvialis et zoospores d'Ulothrix tenuis). M. Fr. Schwarz (4) a constaté le premier que les Euglènes et les Chlamydomonades s'accumulent dans les parties supéricures du vase qui les contient; lorsqu'on fait tourner lentement le récipient, ils restent disséminés. Sr on dispose les Flagellates sur une machine à force centri- fuge, on les voit se diriger vers le centre de lappareil. Is tendent donc à suivre une direction diamétralement opposée à celle que leur imprime la force que l'on fait agir sur eux. La pesanteur les ferait tomber au fond du vase : ils s’amassent dans la région la plus élevée. La force centrifuge tend à les éloigner du centre de rotation : ils s’en rapprochent. De même que les tiges des plantes supé- rieures sont négativement géotropiques, les Euglènes et les Chlamydomonades sont négativement géolaxiques. (+ Fa. Sas Der Eiriftuss der Sehwerkraf? se die Den erscheinungen von Chlamydomonas und aean er der — | Deutsche botan. Geschenk. Bd 2, 1884 ) deed ( 460 ) M. Aderhold(t) a refait les expériences avec plus de | précision. Il introduit les organismes dans des tubes capil- laires, disposés verticalement. fi les voit se rassembler dans la partie supérieure des tubes. Le travail de M. Verworn (2) est venu remettre en ques- : tion l'existence même de la sensibilité à la pesanteur. ll explique de la façon suivante l'accumulation des Fla- gellates dans les couches supérieures du liquide : « Dass bei vollständigem Stillstand der Geissel das hintere Ende des Protists im Fallen nach unten gerichtet ist und nicht das vordere geisseltragende, erscheint mir aus rein physi- kalischen Gründen ganz selbstverständlich. Denkt man sich nun ein solcher Individuum seine Geissel bewegend, so muss es sich im ganzen, da beim Schwimmen die Geissel vorangerichtet ist, bei nicht allzustarker Thätigkeit der- selben nothwendig nach der Oberfläche des Wassers, also `- dem Schwere entgegen, beregi Moin die Geissel stark schlägt, werde gen von dieser Richtung natürlich grösser sein. » D’après M. Verworn, l'orientation verticale de ces Flagellates n’est donc pas le _ résultat de leur irritabilité : elle est uniquement due à une série de pelites chutes, c'est-à-dire à une action purement mécanique de la pesanteur. -= Cette théorie n’est nullement d'accord avec les expé- _ riences que j'ai faites à ce sujet. Les espèces que j'ai ~ essayées appartiennent aux groupes des Bactéries, des ze Infusoires Flagellés et des Infusoires Ciliés. Pour faire ces (1) R. ApgnnoLn. Beitrag zur apaa sa oord Kräfte bei der bek A iederer En (Jen itsch. f. Naturw. Bd 22, ( 161 ) recherches, je remplissais du liquide contenant les êtres en expérience des tubes étroits ayant environ 0""5 de diamètre. Dans ces conditions, la sensibilité à l'oxygène doit nécessairement intervenir. Lorsque les tubes sont déposés à plat, les organismes ont de la tendance à se diri- ger indifféremment vers Pun ou l’autre des bouts ouverts du tube; aussi les voit-on abandonner peu à peu les zones moyennes du liquide pour se rassembler aux deux extré- mités. Quand les tubes sont verticaux, il n'en est plus d'ordinaire ainsi. Voici comment je dispose l'expérience : les tubes sont fixés sur la platine du microscope de telle sorte qu’ils soient verticaux lorsque le microscope est incliné horizontalement; on peut alors, à l’aide d'objectifs à long foyer, suivre ce qui se passe dans le liquide. Bacréries. — J'ai étudié les Spirilles A et C. (Voir le tra- + vail précédent : La sensibilité à la concentration chez les êlres unicellulaires marins.) | Les Spirilles A se dirigent tous vers le haut du tube, même ceux qui en occupaient primitivement la portion la plus déclive. Lorsque tous les individus se sont rassem- blés en haut, on retourne le tube. Les Spirilles sont alors soumis à deux influences diamétralement opposées : d'une part, la sensibilité à l'oxygène qui les ferait rester auprès de Vorifiee inférieur; d'autre part, la sensibilité à la pesan- teur qui tend à leur faire regagner les couches supérieures. C'est cette dernière influence qui l'emporte. Aussitôt après le retournement, les microbes commencent à quitter le | bout inférieur, Mais il y a un grand nombre d'individus FA qui, après s’être éloignés un peu, reviennent ra pt. vers le bas; ils paraissent hésiter à quitter l'oxygène. ia Néanmoins, au bout de dix à quinze minutes, tona se trouvent réunis n de etre dere T = ( 162 ) Les Spirilles C se rassemblent toujours en bas. Il ne Ô s'agit pas d’une chute passive, car l'examen microscopique montre qu'ils sont animés de mouvements très vifs et que dans le tube vertical ils nagent très activement vers le fond. Il est curieux de voir que deux Spirilles qui présentent exactement la même sensibilité à la concentration et à l'oxygène (voir le travail précédent), se comportent si diffé- remment pour la pesanteur. Le Spirille A est négative- ment géolaxique, landis que le Spirille C l’est positive- ment. _FLAGELLATES. — J'ai soumis à l'expérience le Polytoma Uvella, le Chlamydomonas Pulvisculus et le Chromulina Woroniniana. Les deux derniers sont très sensibles à la lumière; j'ai donc dû modifier légèrement le dispositif. Les tubes de verre remplis du liquide de culture sont placés verticalement sous une caisse noire et on les exa- mine après un temps qui varie de dix minutes à une heure. La sensibilité à l'oxygène découverte par M. Aderhold chez le Chlamydomonas ne vient aucunement troubler l'expérience; mais il faut que l'examen microscopique soit fait assez rapidement pour que la lumière n'ait pas le temps d'intervenir. 7 Les Polytoma sont négativement e. : ils saccu- _mulent dans les couches supérieures du liquide. Les Chlamy ydomonas sur lequels j'ai expérimenté prove- naient d'une fosse à purin où ils formaient une épaisse couche. En les recueillant à la surface; on obtient un liquide qui en renferme des quantités énormes. Le lende- main, la plus grande partie s’est déposée au fond du fla- con. Les individus des couches supérieures du flacon se négativement géotaxiques. O On délaie dans une ( 163 ) grande masse d’eau fraiche la boue nent au fond du flacon et constituée par les Chlamydomonas. La plupart se rapprochent de la surface; il persiste néanmoins un léger dépôt. Un long tube de verre est rempli de liquide contenant à la fois des individus du haut et du bas L'exa- men fait au bout d'une heure (voir la fig. schématique ci- contre, I) montre une accumulation considérable au bout supérieur (A) et une autre plus légère, inférieure (B). Le tube est alors brisé en son milieu, de telle sorte (II) que A se trouve en bas et B en haut. Au bout d’une heure (III), les individus de A se sont de nouveau dirigés vers le haut et ceux de B vers le bas. d. | 5e se ; Fic. 6. Une étude attentive montre que les Chlamydomonas rassemblés en B sont prësgne inertes; lors du retourne > 7 gme SÉRIE, TOME zt no ( 164 ) ment du tube, on constate qu’en tombant vers le fond ils n’exéculent que des mouvements ciliaires peu prononcés. Aussi suis-je porté à croire que leur accumulation dans la portion déclive est une chute passive dans laquelle la réaction contre la gravitation n’a rien à voir. Ils tombent pour la plupart avec orientation indiquée par M. Ver- worn : les cils en haut, la portion postérieure du corps en bas. Les Chromulina Woroniniana décrits par M. Fisch’ (1) appartiennent à un groupe de Flagellates jaunes, dont une autre espèce a été étudiée par M. Woronin (2), sous le nom de Chromophyton. D’après ces deux observateurs, les organismes présentent ceci de particulier, que pendant la belle saison on les voit flotter comme une fine poudre jaune sur la surface des pièces d'eau et des bassins des sèrres, tandis qu'en hiver on les rencontre au fond de l'eau, — particulièrement dans les cellules poreuses des Sphaignes. A la température de 15°-20° C., ils se dirigent vers les couches supérieures, tandis que vers 5°-7° C., ils gagnent au contraire les couches inférieures du tube capil- laire. On constate pour ces êtres un phénomène tout spé- cial. Leur réaction contre la pesanteur change de signe suivant que la température est élevée ou basse. Leurs mouvements phototaxiques subissent une modification analogue : à 20° C., les Chromulina se rapprochent de Ja source de lumière; à 5 C., ils s'en éloignent. Ces faits expliquent pourquoi en été ils flottent sur l'eau et pourquoi en hiver ils vont se loger au fond. (4) Fiscu, Untersuchungen über einige Flagellaten. (Zeitschr. f- wissensch, Zool., Bd. 17, 1885.) _ (2) Wonosin, Chromophyton Rosanoffii. (Bot. Zeit., 1880.) he FRE RS ( 165 ) Il n'existe pas beaucoup d'exemples de sensibilités qui changent de signe suivant les conditions extérieures. M. Stahl (1) a vu que les rhizomes de diverses plantes sont positivement géotropiques lorsqu'ils sont éclairés, et qu’à l'obscurité ils prennent une direction transversale par rapport aux lignes de force de la pesanteur. D’après M. Sachs (2), les jeunes plantules de Tropæolum et de Hedera sont positivement héliotropiques, alors que plus tard elles fuient la lumière. INFUSOIREs Cités. — L’Anophrys sarcophaga et l’Eu- plotes harpa, que j'ai déjà étudiés à propos du tonotaxisme, se rassemblent constamment au bout supérieur du tube. Lorsqu'on retourne celui-ci, ils remontent vers les couches les plus élevées. Néanmoins il en reste toujours quelques- uns près de la surface libre inférieure. Des expériences comparatives faites pour déterminer la sensibilité à Foxy- gène chez les Spirilles A, B et C, et chez les Infusoires ciliés (voir le travail précédent), montrent que ces derniers S'amassent dans des régions où la tension de l'oxygène est plus forte que dans la zone où se tiennent les Spirilles : ils ont done un plus grand besoin d'oxygène que ceux-ci. La Vorticella nebulifera paraît insensible à la pesanteur. Les individus de cette espèce se portent indifféremment vers les deux orifices du tube, que celui-ci soit horizontal ou vertical. M. Aderhold a constaté que les zoospores du Polyphaga Euglenae, ainsi qu’un Flagellate voisin des (1) G. Sranr, Einfluss des Lichtes auf den Geotropismus. (Berichte der deutsche Bot. Gesellsch., 1888.) (2) J. Sacns, beke za über Teo (IL. O 1887.) ( 166 ) Bodo, sont également insensibles à l'excitant qui nous occupe. Du reste, pendant le cours de ces recherches, j'ai souvent rencontré des poules qui étaient dans le même cas. _ Le tableau suivant résume mes observations. Le signe + exprime que l'organisme est positivement géotaxique; le signe — indique le géotaxisme négatif; le signe O, l'indifférence. DURE Ae ie : F SP Gee es oo se F Polytoma Uvella Model due AE hlamydomonas Pui BEN es ms Chromulina Woroniniana à 159 — 20e c. Dirk azi Ja omulina bains Ab G 5), + nophrys sarcophaga , . . o ese RS fe GEEN MED Dn de à O BODEOFER hpa, don ee NO dose w Mes expériences ne concordent nullement avec la théorie de M. Verworn. L'accumulation des Spirilles A, Poly- toma, Chlamydomonas, Chromulina, à 15°-20° C., Ano- phrys et Euplotes, dans les couches supérieures, et des Spirilles B et Chromulina, à 5°-7° C., dans les couches inférieures, est le résultat d’un transport très actif pendant lequel on ne constate pas les petites chutes dont parle M. Verworn. D'ailleurs, les expériences de retournement que j'ai faites avec le Chlamydomonas et le Polytoma viennent lever tous les doutes. Aussitôt le tube retourné, tous les individus se trouvent dans les portions les plus basses, et beaucoup d’entre eux sont attachés contre la surface inférieure du liquide : leurs cils sont en ce moment dirigés en bas; ce n’est certes pas une chute qui peut | leur faire exécuter un mouvement de bascule. ane à la dn que prennent ces êtres not une jk f à isde tre UE à P ( 167 ) chute au sein de Peau, elle est loin d’être toujours con- forme à ce que suppose M. Verworn. On les tue par l’addi- tion de quelques gouttes de solution d’iodure de potas- sium iodé, puis on introduit le liquide dans des tubes capil- laires qu'on fixe verticalement à la platine du microscope incliné. Les organismes tombent alors vers la portion déclive : les Polytoma et les Chlamydomonas ont les cils dirigés en haut, mais les Spirilles et les Anophrys tombent dans un sens quelconque. Quant aux Chromulina et aux Euplotes, ils se déforment trop rapidement pour qu’on puisse faire sur eux des observations précises. Voici les conclusions que je crois pouvoir tirer de cette étude : 1° Des organismes mobiles, sensibles à la pesanteur, se trouvent non seulement parmi les Flagellates, mais encore parmi les Bactéries et parmi les Infusoires Ciliés ; 2° Deux formes très voisines de Spirilles présentent des réactions géotaxiques totalement différentes ; 5° Le géotaxisme du Chromulina Woroniniana change de signe suivant la température; 4 Contrairement à ce que suppose M. Verworn, l’aceu- mulation des organismes unicellulaires dans les couches superficielles du liquide est bien réellement un fait d'irri- tabilité, En terminant ces deux notices, je suis heureux de pou- voir remercier M. le docteur Casse, médecin-directeur de l'hôpital maritime de Middelkerke, et M. le professeur Heger, de leur bienveillant concours. z Fait au laboratoire de physiologie de l'Université de Bruxelles en mars-mai 1891. te ve AN ze te D DÉS TE MER EE et LOS Ro MER se FO MENT FR es 5 ; EnA nr \ x ( 168 ) CLASSE DES LETTRES. Séance du 3 août 1891. M. G. TIBERGHIEN, directeur, président de l’Académie. M. le chevalier Em. Marcrar, secrétaire perpétuel. Sont présents : MM. Lamy, vice-directeur ; Alph. Wau- ters, A. Wagener, P. Willems, Ch. Piot, Ch. Potvin, P. Hen- rard, J. Gantrelle, Ch. Loomans, L. Roersch, L. Vander- kindere, Alex. Henne, G. Frédérix, membres; A. Giron, correspondant. CORRESPONDANCE. M. le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique envoie, pour la bibliothèque de l’Académie, un exemplaire des ouvrages suivants : 4° L'Évolution sociale en Belgique, etc; par le D" De Camps; % Mémoires archéologiques, tome V; par D.-A. Van Bastelaer ; | 3° Bibliotheca Belgica, livraisons 104-107; par F. Van- der Haeghen; ke Annales historiques de la commune de Farciennes, tomes I et II; par J. Kaisin; Be Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles, tome V, 2° livraison. — Remerciements. — La Société d'émulation de Cambrai envoie le pro- gramme des questions qu’elle a mises au concours pour ( 169 ) — M. de Maere-Limnander, président du comité d'or- ganisation, fait savoir que le vingt et unième congrès pour la langue et la littérature néerlandaises se tiendra à Gand, du 23 au 26 août; il prie l'Académie d'envoyer un délégué à cette session. — M. Vuylsteke y représentera l'Académie, : — Hommages d'ouvrages : 1° Roumanille. Sa vie et sa mort; par Louis de Backer; 2 Prince Philippe de Saxe-Cobourg et Gotha. Curio- silés orientales de mon cabinet numismatique; 5° Omaggio alla Reale Societa numismatica belga nella solenne ricorrenze del suo cinquantenario, par la Rivista italiana di numismatica. La Société royale belge de numismatique joint à cet envoi un exemplaire en bronze du jeton qu’elle a fait frapper à l’occasion de son cinquantenaire; 4 Het huiselijk geluk, leer- en leesboek voor de scholen; par Mee Lievevrouw-Coopman (ouvrage couronné par le jury De Keyn en 1891); 9° Méreaux des familles brugeoises; par le baron Jean Bethune, première partie, illustrée de 252 gravures; 6° Les plus anciens vestiges de l’homme en Amérique; par le Marquis de Nadaillac, associé de l'Académie; T° Les Masuirs, recherches historiques et juridiques sur quelques vestiges des formes anciennes de la propriété en Belgique; par Paul Errera, présenté par M. Vanderkin- dere, avec une note qui figure ci-après. — Remerciements. NOTE BIBLIOGRAPHIQUE. J'ai l'honneur d'offrir à la Classe, de la part de M. Paul Errera, avocat à Bruxelles, un ouvrage en deux volumes intitulé : les Masuirs, recherches historiques et juridiques ( 170 ) sur quelques vestiges des formes anciennes de la proprii en Belgique. Bien que ce livre se présente sous la forme modeste d’une thèse d’agrégation à la faculté de droit de l'Université de Bruxelles, c'est une œuvre approfondie et toute neuve sur un des points les moins connus et les plus curieux de notre histoire interne. L’auteur, qui a consacré- de longues années à ses recherches, a découvert, en pays wallon et en pays flamand, de nombreux vestiges d'anciennes propriétés collectives, et il a pu, pour les com- munaux de Châtelineau, retracer sans lacune leur destinée depuis le XIII? siècle jusqu’à nos jours. L'un des volumes de M. Errera comprend une série importante de documents, la plupart inédits; l'autre est consacré à l'étude analytique de ces documents et à l'exposé synthétique de la question des Masuirs. Je suis heureux de pouvoir ajouter que, pour l’érudition et la méthode, le livre ne mérite que des éloges. . Léon VANDERKINDERE. RAPPORTS. Étude sur l’éloquence Parlementaire belge sous le régime hollandais (1815-1830) ; par Panl Bergmans, avocat, ete. — à Gand. De Rapport de M. Ad. Prins, premier commissaire. « L'éloquence parlementaire belge ne date réellement que de 1850; pour former des orateurs politiques, il faut une vie politique indépendante, une opinion publique qui se passionne pour des idées et de grands courants pour soutenir les hommes voués à la chose publique. Cette _ -éloquence parlementaire, qui est née en France avec la CHE révolution et a brillé avec un si vif éclat sous la restau- ration, qui en Angleterre a fourni une longue série d'ora- teurs illustres, ne pouvait pas se développer chez nous de 1815 à 1830. Le milieu vivant, vibrant, enthousiaste, géné- reux qui avait déjà produit Chateaubriand, de Serre, Royer- Collard, Fox, lord Grey, manquait à nos provinces. C'est aussi pour ce motif qu’une étude sur les orateurs belges de cette époque ne saurait, même de loin, rappeler l'attrait, le pittoresque, l'intérêt parfois dramatique des beaux ouvrages de Villemain, Aulard, Chabrier sur l'éloquence des parlements de France et d'Angleterre pendant la même période. M. Bergmans n’a d’ailleurs pas eu la prétention de faire un travail analogue à ceux que je viens de citer. Il wa eu d'autre but que de tracer un tableau d'ensemble de nos débats parlementaires de 1815 à 1850, en esquis- sant le portrait de ceux de nos députés qui méritent de fixer l'attention. Il l'a fait avec méthode, clarté et simpli- cité; il a réuni des renseignements intéressants, et je pro- pose donc à la Classe d'autoriser l'impression du mémoire. » Rapport de M. Vanderkindere, deuxième commissaire. « Je partage absolument l'avis de M. Prins. Si le mémoire de M. Bergmans ne présente pas un très vif intérêt, c’est que le sujet lui-même n'offre que peu de ressources à l'historien. Il était utile cependant de rappeler les modestes débuts de la vie parlementaire en Belgique, et c’est pourquoi je conclus à l'impression. » Rapport de M, Ch. Potvin, troisième commissaire, « Je suis porté à juger plus favorablement l'époque etavec moins d’indulgence l'écrivain, car, si le sujet manque — - d'intérêt, cest un peu parce que l'auteur n’a pas su en (Hy tirer parti, Ces notes, même en leur donnant ce titre modeste, sont bien incomplètes pour présenter une juste idée d’une période de notre histoire où les esprits se sont préparés aux sentiments de liberté qui ont présidé à la Constitution belge. Des citations, si bien choisies qu'elles soient, non plus qu’un extrait d'une excellente biographie du baron de Gerlache, ne me semblent pas sufire. S'il s'agissait d'un concours, il n’est pas douteux pour moi que ce mémoire ne serait pas couronné. Faut-il demander moins pour admettre une étude dans nos publications? Ceux qui pensent qu’on a souvent usé de trop d’indulgence et qu'il serait utile de veiller à cet intérêt si important pour un corps académique, hésiteront comme moi. Cependant, en présence de l'accord de mes honorables confrères, je me borne à m'abstenir et je ne combattrai pas leurs conclu- sions, suffisamment motivées. » La Classe adopte les conclusions de ces rapports; elle décide l'impression du travail de M. Bergmans dans le recueil in-8° des Mémoires. COMMUNICATIONS ET LECTURES. M. Ch. de Harlez communique un aperçu d’un travail qu’il se propose de présenter à la Classe sous le titre de: Les divinités chinoises. M. Tiberghien donne lecture d’un travail intitulé : Le nouveau spiritualisme. — La Classe en vote l'impression dans les mémoires in-8°. == Dn Ar NEL Hd NED A2 SU | (175) CLASSE DES BEAUX-ARTS, Séance du 6 aout 1891. M. Fénis, vice-directeur, occupe le fauteuil. M. le chevalier Eom. MarcHaL, secrétaire perpétuel. Sont présents : MM. C.-A. Fraikin, Ernest Slingeneyer, F.-A. Gevaert, Ad. Samuel, G. Guffens, Jos. Schadde, Jos. Jaquet, J. Demannez, G. De Groot, G. Biot, J. Stallaert, Henri Beyaert, J. Rousseau, Max Rooses, membres; J. Hen- nebicq, Charles Tardieu, correspondants. CORRESPONDANCE. La Classe apprend, avec un vif sentiment de regret, la perte qu'elle a faite en la personne de M. Joseph Du Caju, correspondant de la section de sculpture, décédé à Anvers, le 5 juillet dernier. Elle vote des remerciements à M. Hymans qui a bien voulu se faire l'organe de l’Académie lors des funérailles. Une lettre de condoléance sera adressée à la famille du défunt. (474) Discours prononcé au nom de la Classe, le 8 juillet 1891, aux funérailles de M. Jos. Du Caju; par M. Hymans, directeur de la Classe des beaux-arts. En venant, au nom de l’Académie royale de Belgique, porter la parole dans cette funèbre cérémonie, c’est à nos souvenirs communs, Messieurs, que je fais appel pour donner à mon discours sa juste portée, L’éloquence de ces souvenirs nous donnera la mesure de la perte que viennent de faire et l'Art belge et le Corps savant que j'ai l'honneur de représenter. ‚ Le nom de Du Caju se confond dans notre mémoire avec tout nn ensemble de travaux dont la destination et le mérite avaient dès longtemps consacré la légitime notoriété. Enfant d'Anvers — il avait vu le jour en 1825, — élève de son Académie, également de notre regretté confrère Joseph Geefs, le défunt laisse à sa ville natale ses travaux les plus nombreux et les plus estimés. Collaborateur de Durlet pour la décoration des stalles de Notre-Dame, il fit, dès l’année 1848, paraître au Salon de Bruxelles son groupe de Boduognat, destiné à devenir, bien des années après, un des monuments d'Anvers. OEuvre d’un statuaire de vingt-cinq ans à peine, ce colos- sal ensemble était fait pour frapper vivement le public. Le jury du salon ne fit que ratifier son arrêt en gedore à l’auteur une médaille de vermeil. Anvers, encore, compte parmi ses monuments la statue -~ de Teniers, érigée en 1867, la statue de Leys, solennelle- ment jnaügurée er en 1875. ( 175 ) L'épreuve était redoutable, l’entreprise hardie de dresser en pleine place publique l’image d’un illustre citoyen, représenté dans le banal costume moderne, sans compter que ce citoyen, étant connu de tous, son bronze allait revê- tir aux yeux de la foule le caractère d’un portrait à peine idéalisé. lei encore Du Caju s'est tiré, non sans honneur, de sa délicate mission, et j'ose dire très franchement que sa statue de Leys ne le cède à aucun autre monument de l'espèce érigé à Anvers. La statuette de marbre, datée de 1875, de Léopold If, placée au musée, est, dans ses proportions plus modestes, un monument encore. Portraitiste habile, le sculpteur a voulu être, de plus, un historien fidèle. Son effigie de notre roi esl faite, certainement, pour donner à la postérité une idée infiniment précise de la physionomie du prince dont le nom s’identifiera, dans notre histoire, avec quelques- unes de ses phases les plus heureuses. Remarquez que dès l’année 1866, donc l'un des pre- miers, sinon le premier de tous, Du Caju avait été appelé à faire le buste de notre souverain, buste aujourd’hui placé à l'hôtel du Gouvernement provincial. Je puis citer encore, parmi les œuvres léguées par notre confrère à sa ville natale, plusieurs statues décorant les façades de ses théâtres, de son Athénée royal, elc. Mais si Anvers revendique Du Caju pour lun de ses artistes les plus méritants, cet artiste, ne loublions pas, appartient à la Belgique entière. Le Musée de l'État, à Bruxelles, nous montre une de ses œuvres les plus imposantes : là vision apocalyptique de la Chute de Babylone, exposée en 1869, exécutée en marbre en 4884; la gare du Midi, une série de bas-reliefs; Eo détail peut-être ignoré de quelques-uns d'entre vous, le (176 ) colossal buste de Minerve, dont la silhouette couronne si harmonieusement le monumental portique du Palais de justice, est aussi son œuvre. A Liège, enfin, à la cathédrale de Saint-Paul, les bas- reliefs des stalles émanent de Du Caju. Ce n'est pas tout. Artiste dans le sens le plus réel du mot, Du Caju n’a pas voulu limiter son étude à la forme seu- lement. A l'exemple d’un si grand nombre de ses confrères de la Renaissance, il a voulu manier le pinceau. Plusieurs de ses peintures, exposées en 1860 et en 1875, ont été fort bien accueillies. Le Miracle des roses, exposé en 1860, devint la pro- priété de l’État; la vision de saint Hubert; Ambiorix vaincu, montrant aux femmes et aux vieillards réfugiés dans les forêts la ruine de leur pays; Athalie faisant à Abner et Mathan le récit de son rêve, parurent en 1875. Le succès était venu, du reste, stimuler les efforts de notre confrère. Les récompenses ne lui firent pas défaut. Chevalier de l'ordre de Léopold le 8 octobre 1861, il était, depuis le 21 février 1874, officier de notre ordre national. Vous le voyez, les titres du défunt à l'attention de l’Académie étaient nombreux et considérables à l’époque où notre Compagnie, ayant à pourvoir à la succession de Louis Jehotte, le jugea digne de ses suffrages. Ce fut le 8 janvier 1885. Je tiens à ajouter, à bied de l'artiste, que ces suffrages furent spontanés. Enlevé trop tôt à son pays, à sa famille, à son art, notre confrère appartient désormais à la postérité. Elle saura, j'en ai la confiance, assurer à l'artiste un nom respecté. C'est à nous qu’appartient le souvenir de l’homme, Il est inscrit dans nos cœurs. (177) RAPPORTS. Il est donné lecture : 1° Du rapport favorable de la section de sculpture, sur le buste en marbre de feu J. Braem, exécuté par M. Namur. — Renvoi à M. le Ministre de l'Intérieur et de l’Instruc- tion publique; 2° Des appréciations de la section d’architecture : A. Sur le sixième rapport semestriel de M. J. De Wulf, prix de Rome pour l'architecture, en 1887; B. Sur le quatrième rapport semestriel de M. De Bracy, boursier de la fondation Godecharle pour l'architecture, n 1888. — Renvoi au même haut fonctionnaire. _ Nouvelles considérations au sujet de la restauration et de la conservation des tableaux; par Louis Lampe. Rapport de MM, Félis (rapporteur), Slingeneyer; Stallaert et Rousseau, Á « M. Lampe, auteur d’un mémoire sur la nécessité de fonder une école pour la restauration des tableaux anciens, présenté à l’Académie et qui a été l'objet d'un rapport, adresse à la Classe des beaux-arts deux nouvelles commu- | nications : une lettre où il npm à quelques-unes des observations auxquelles avait donné lieu son premier tra- vail et une note où il expose les procédés au moyen des- quels on peut opérer avec soin, avec prudence et avec succès le refixage des parties soulevées des anciennes peintures. M. Lampe est animé d’un zèle très louable pour la conservation des tableaux de maîtres dont les généra- tions précédentes nous ont transmis le précieux héritage, et l’on voit que la théorie et la pratique des travaux de restauration lui sont également familières. Sa lettre con- firme les idées exprimées dans son mémoire antérieure- ment reçu par la Classe, et les réponses qu'il fait aux objections que renferme le rapport auquel ce travail a donné lieu, tendent naturellement à démontrer le bien- fondé des principes devant, selon lui, servir de base à la créalion d’une école de restauration sous les auspices du Gouvernement. La note sur le refixage des parties soule- vées des anciennes peintures donne des indications très précises et fort justes sur la manière dont s'opère un tel travail. Ce n’est qu'un des nombreux points de l’art de la restauration; mais il est traité avec compétence. En résumé nous désirons, avee M. Lampe, voir se multiplier les bons restaurateurs, et si l'atelier modèle dont il propose la création devait avoir ce résultat, on ne deman- derait pas mieux que de le voir établir, à la condition que le choix de la personne chargée de diriger cet atelier fùt fait avec une grande circonspection. Peut être une telle place devrait-elle être mise au concours. » _ La Classe a adopté les conclusions de ce rapport collectif. | OUVRAGES PRÉSENTÉS. Folie (F.). — Travaux des Observatoires de Bruxelles et de Cointe, en 1890. Extr. in-8° (7 p.). — Sur les formules correctes de la nutation initiale. Kiel, 1891; extr. in-4° (4 p.). Mansion et Neuberg. — Mathesis, recueil mathématique, t. X, 1890. Gand; in-8°. Errera (Paul). — Les Masuirs, recherches historiques et juridiques sur quelques vestiges des formes anciennes de la propriété en Belgique. Bruxelles, 1891; 2 vol. in-8°. Stocquart (Le D! A.). — Note sur les anomalies de l'artère cubitale chez Phomme. Bruxelles, 1891; extr. in-8° (16 p., 4 pl.). Magnette (F.). — Guillaume d'Orange et la Pacification de Gand. Gand, 1891 ; extr. in-8° (15 p.). : dd oenen (F.). — Bibliotheca Belgica, livr. 104 ET à 10 | a (Th.-Iyn.). — Levensschets van Jacobus de Kort, | eersten prelaat der herstelde abdij van Postel-Molle. san 1894; in-8°, Wetter (Rodolphe Van). — L'éclairage électrique à la guerre, Madrid, 1889; in-8°, avec atlas. Kaisin (J.). — Annales historiques de la commune de Far- ciennes, t. 1 et H. Tamines, 1889; in-8°. - Bethune (Le baron Jean). — Méreaux des familles zer geoises, 1"° partie. Bruges, 1890; vol. in-4°. Lievevrouw-Coopman (M). — Het huiselijk geluk, leer- w leesboek. Gand, 1891 ; in-8°. è 3" SÉRIE, TOME XXII. | 45 ! Demoulin (Alph). — Sur une transformation géométrique. Bruxelles, 1891 ; in-8° (55 p ) De Camps (Le D"). — L'évolution sociale en Belgique, ses péripéties au point de vue des classes ouv rières. L'enquête Ee ouvrière de 1886. Bruxelles, 1890; vol. in-8°. Bastelaer (D.-A. Van). — Mémoires archéologiques, t. V. Bruxelles, 4891; vol. in-8°. De Busschere (L.). — L'unification des heures. Situation actuelle. Bruxelles, 1891; extr. in-8° (62 p.). ` ` Delvauz (E.) — Un dernier mot sur l'homme tertiaire de Spiennes. Bruxelles, 1891 ; extr. in-8° (16 p.) — Un instrument des temps préhistoriques actuellement en usage parmi les bûcherons aux environs de Mons. Bruxelles, 1891 ; extr. in-8° (6 p.). — Premiers résultats des recherches zoologiques et anthro- pologiques dans les grottes de Bovenlanden, par M. le Dr Dubois. Bruxelles, 1891; extr. in-8° (6 p ). — Sur un caillou erratique originaire du Saint- Gothard, recueilli près de Beverst, dans la vallée du Demer. Liège, 1891: in-8° (8 p.). À — Découverte d'une molaire d'Elephas antiquus, ete. Liège, X 1891 ; in-8° (9 p.). | Gao. Willems-fonds. — Nederlandsch liederbock, 1° deel. : — Jaarboek, 1890. ze *. Bibliothèque Gilon. — Lazare AE par Georges Barral- Verviers, 1891; ; in-12, ALLEMAGNE. _ BRESLAU. rik für Geschichte. — Zeitschrift, 25. a 740-42. . Ci. Verein für Naturkunde. — Bericht 56 und 57. DARMSTADT. Verein sé Erdkunde. — Notizblatt, IV. Folge, a AL Heft. 7 ( 181 ) 3 Harte, Akademie der Naturforcher. — Leopoldina, 26. Heft. ; — Geschichte der Akademie, 1852-1887. — Das Verkommen _ | der natürlichen Kohlenwasserstoff- und der andere Erdgasse (C. F. Zincken). SrnassourG. Université. — Thèses ct dissertations, 1890-91; 72 br. in-8° et in-4°. FRANCE. De Backer (Louis). — Roumanille. Sa vie et sa mort. Cannes, 1891; in-18 (58 p.). Nadaillac (Le marquis de). — Les plus anciens vestiges de l’homme en Amérique. Bruxelles, 1891; extr. in-8°. Michotte (Félicien). — Traité scientifique et industriel de la racine. Paris, 1890; vol. in-8°. ; Didier (L.). — Lettres et négociations de Claude de Mon- 3 doucet, résident de France aux Pays-Bas (1571-1574), t. Ie. Paris, 1891; vol. in-8°. Pagart d’Hermansart. — Le paratonnerre de Saint-Omer en 1780. Le testament de M de Vissery; la revanche des échevins. Saint-Omer, 1891 ; in-8° (16 p.). Baye (Le baron J. de). — Les bronzes émaillés de Most- China. Paris, 1891; extr. in-4° (8 p., 5 pl.). CoLontEs BRITANNIQUES. 8 MONTREAL. Royal Society of Canada. — Proceedings w. Transactions, 1890. In-4°. s © Ortawa. Commission de géologie du Catala. = a 8 annuel, 1887-88, avec atlas. fe (18 ) ITALIE. Martone (M.). — Sulle radici comuni a piu cquazioni. Catanzaro, 1891; gr. in-8° (25 p 4 — La funzione Alef di lloene Wronski. Catanzaro, 1891: í gr. in-8° (20 p.). — Introduzione alla teoria delle serie, parte prima : : L deter- minanti Wronskiani e la legge suprema. Catanzaro, 1891; gr. in-8° (41 p.). : — Omaggio alla reale Socictà numismatica belga, nella — solenne ricorrenza del suo cinquantenario. Milan, 1891; es f in-8°. i Roue. Comitato geologico. — Memorie, vol. IV, parte prima. . In-4°. Pays DIVERS. di Schübeler (D* EEN — Tillaeg til Viridarium re En En Christiania, 1891; in-8°. Pihl (0.-A.-L.). — The stellarchester y Persei, microme- trical surveyed. Christiania, 4891; in-4°, Donpar. Vaturforscher-Gesellschaft. — Sitzungsberichte, 1890. Schriften, VI. Ze oi Gexève. Société de physique et d'histoire naturelle. — + Mémoires, t XXXI, 17° partie. In-4°. : Le Came. Naturforschende Gesellschaft. — Jahres-Bericht, 1889 90. — + Masip. Academia de ciencias morales y politicas. — Annuario de 1891. — Memoria — Necrologia — Discursos. Mason, Observatorio. — Resumen de las observaciones = meteorologicas durante 1887 y 1888. Mrrau. Geselishaft für Literatur und Kunst. — Sizungs- Berichte, 1890. TRECHT. N do henk gesis voor pg ge 7 : 52 dek 1891. In- 8°. zehet, à nd TABLE DES MATIÈRES. CLASSE DES SCIENCES. — Séance du 1°r août 1891. c Mort de M. Guillaume Weber, associé, — Billet cac déposé par MM. S. S: Champy etl cheva zalier Le Cléme Ee aan — Ouvrages offerts. — Travaux hibai soumis à l'examen. . . CONCOURS ANNUEL. — Mémoires reçus . . . . + . ` BIBLIOGRAPHIE, — ts tome X E Mansion et J. Nater: note par sion z a ded correctes de la nutation initiale w Fol; note me Rapports. — Avis de M. ss sur une note de M. Paul Henry intitulée : Synthèse directe des alcools primaires. . . Rapports de MM. Le Paige, Mansion et ane : 4° sur un LEE = . CL Servais que les sections circulaires dans les- surfaces du i second degré n ee ET E" 8889 2° Sur un travail de M. Demoulin concernant a courbure des kat De dn ordre p, etc. tee “de Ee à CLASSE DES LETTRES. or du 3 août 1891, ie 4 CORRESPON — Programme de concours pour 1892 de la Soc äé ie À Tanahi à ae i. — Délégué de l'Académie au 21° congrès pour la langue et la littérature néerlandaise, — — Ouvrages offerts . … . . à. BIBLIOGRAPHIE. — Les Masuirs,… formes anciennes de la propriélé en jes i Belgique (Paul Errera); note par Léon V erkindere … . e a a 4 ____ _Rarrorts. — R | su en vander "kindere et Potvin sur un — j oo ai Paul . . . . . - Le no ecture par G. Tiberghien (imprimée dans le ~ | “tome XLVI des Mémoires i ee ee E. IQU ALE BE BELG Or DÊMIE R ACA BULLETIN DE L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE. 1891. — Nes 9-10, CLASSE DES SCIENCES. Séance du 10 octobre 1891. M. F. Prarrav, directeur. M. le chev. Enx. MarcuaL, secrétaire perpétuel. Sont présents : MM. F. Folie, vice-directeur; P.-J. Van Beneden, le baron de Selys Longchamps, Gluge, G. De- walque, H. Maus, E. Candèze, Brialmont, Éd. Dupont, C. Malaise, A. Briart, Fr. Crépin, J. De Tilly, Ch. Van Bambeke, G. Van der Mensbrugghe, L. Henry, P. Mansion, J: Delbœuf, P. De Heen, C. Le Paige, membres; E. Catalan, Ch. de la Vallée Poussin, associés; Ch. Lagrange, L. Errera, F. Terby et J. Deruyts, correspondants. M. le directeur fait connaitre à ses confrères que le ii sg des sciences médicales vient d'être peri . 3°* SÉRIE, TOME XXil. Re, ( 184 ) M. C. Vanlair, correspondant de la Classe. Il regrette que M. Vanlair ne soit pas présent à la séance pour recevoir les félicitations de l’Académie. — Applaudissements. + CORRESPONDANCE. La Classe apprend, avec un vif sentiment de regret, la perte qu'elle vient de faire en la personne de l’un des membres titulaires de sa section des sciences mathéma- tiques et physiques, M. Édouard-Nicolas Mailly, né à Bruxelles le 17 juin 1810, et décédé à Saint-Josse-ten- Noode le 8 octobre 1891. Des remerciements sont votés à M. Plateau qui s'est fait, lors des funérailles, l'organe des sentiments de la Classe. Son discours paraîtra au Bulletin. Une lettre de condoléance sera adressée à la famille. La Classe prend aussi notification du décès de M. José- Maria Latino Coelho, secrétaire de l’Académie royale des sciences de Lisbonne, décédé à Coïmbre, le 29 août 1891. — M. le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction pu- blique communique, avec ses annexes, une lettre de M. le Ministre des Chemins de fer, Postes et Télégraphes, relative à un projet d'organisation, à l'Observatoire de Bruxelles, d'un service de statistique des coups de foudre en Bel- gique, et à J'institulion éventuelle d’une commission per- manente des paratonnerres. — Renvoi à la commission des paralonnerres. — Le même Ministre transmet deux exemplaires de l'arrêté royal du 8 septembre dernier, qui détermine le vn RS PP TE D EN D Se OT RL CE ( 185 ) sujet de chacun des concours de 1897 et de 1898 pour le prix annuel de 25,000 francs, institué par le Roi. Le prix à décerner en 1897 (concours mixte), sera attri- bué à "ouvrage répondant le mieux à la question suivante : « Exposer, au point de vue sanitaire, les conditions météorologiques, hydrologiques et géologiques des contrées de l'Afrique équatoriale, Etc. » Le prix à décerner, en 1898 (concours exclusivement belge), sera attribué à l'ouvrage répondant le mieux à la question suivante : « Exposer les conditions économiques, industrielles et Commerciales dans lesquelles se trouve placée actuellement l'agriculture belge, Etc. » — M. Van der Mensbrugghe présente, pour l'Annuaire prochain, sa notice nécrologique sur Charles Montigny. — Remerciements. — M. le Ministre de l'Intérieur et de [Instruction pu- blique envoie, pour la bibliothèque de l'Académie, un exemplaire des ouvrages suivants : 1° Rapport présenté à M. le Ministre de l'Intérieur Comme lauréat du concours pour les bourses de voyage en 1889 ; par le D" Léopold Laruelle; 2 Bulletin, tome III, de la Société belge de géologie, de paléontologie, etc. ; 3° Bulletin, tomes XXIV, XXVI et XXVII, de la Société des mélophiles de Hasselt. — Remerciements. M. le Ministre de l'Agriculture de l'Industrie et des Travaux publics envoie un exemplaire : 1° De la Carte de la Belgique indiquant les communes où se trouvent établis des médecins, pharmaciens et sages- femmes, dressée d'après les listes du personnel médical Pour l’année 1891 ; en ; ( 186) 2°, D'une brochure intitulée : Poissons et crustacés des eaux douces et saumätres de la Belgique, ete. — Remer- ciements, — Hommages d'ouvrages : de A propos des microbes de la suppuration, par M. le D" Gluge; 9° L'affaire des magnétiseurs de Braine-le-Château. Réponse de M. le professeur Delbœuf à M. le professeur Masoin ; 5° Caryomitose et division directe des cellules à noyau bourgeonnant à l’état physiologique; par Ch. Van Bam- beke et Van der Stricht; 3° Contribution à l'étude de la fibre nerveuse cérébro- spinale; par Jean Demoor; 4° A. Note sur deux infusoires nouveaux des environs de Paris; B. Sur le procédé de Joseph Eismond pour l'étude des infusoires vivants; par A. Certes (présentés zA M. P.-J. Van Beneden); 5° Quatre brochures sur des sujets de géologie; par E. Delvaux; … 6° Monographia phanerogamarum prodromi, elC.;t. VIH, par Alph. et Casimir de Candolle : Melastomaccae; par Alfred Cogniaux (présenté par M. Crépin avec une note); T° Traité de Géométrie; par Eugène Bouché et Ch. de Comberousse, 6° édition, présentée par M. Mansion, au nom de M. Neuberg, avec une note. — M. S. Dumont, à Nivelles, communique une inven- tion hygiénique e pour objet la pipe à tabac. — Dépôt aux none ala travaux manuscrits suivants sont renvoyés à l'examen de commissaires : 1° Sur la is Rs homographique. entre les élé- ( 187 ) ments de deux espaces linéaires quelconques + par Francois eruyts. — Commissaires : MM. Le Paige et Mansion; 2 Nouvelle méthode pour la détermination quantitative de la valeur du pain, de la farine, de l’albumine, etc.’ 2° communication par John Barker Smith, docteur en méde- cine, à Dulwich (Londres). — Commissaire : M. Spring. 5° Note sur certaines transformalions de la sérié 1-55 Ee … par A. Baschwitz. — ard ` MM. Catalan et Le Paige; 4° Note sur les dépôts archeniens du bassin de la Sen- nelle et sur l'âge des roches éruptives de cette région; par le major Verstraete. — Commissaires : MM. Dupont, Briart et Mourlon; 5° Recherches sur l’action physiologique de la pro- peptone et de la peptone; par le D" Grosjean. — Commis- saires : MM. Fredericq et Van Bambeke; 6° Étude sur la synthèse de la benzine par l'action du zinc éthyle sur l'acétophénone; par Maurice Delacre. — Commissaires : MM. Henry et Spring; 7° Cirro-stratus et alto-stratus; par J. Vincent. — Com- missaires : MM. Folie et Dewalque. hinter prononcé aux funérailles de M. Édouard Mailly, membre de la Classe des sciences; par M. Plateau, direc-- teur. MESSIEURS, | Voici la troisième fois, en moins d’une année, que les’ membres de la Classe des sciences se pa autour d'une tombe pour donner un toner aipa ‘estime à un confrère. ( 188 ) Nicolas-Édouard Mailly, né à Bruxelles le 17 juin 1810, a été secrétaire de la Commission administrative du Musée de l’industrie, répétiteur à l’École militaire, aide à l'Obser- vatoire royal sous l'administration de Quetelet, plus tard membre de la Commission de l'Observatoire; enfin, il fit partie, avec Liagre et M. Stas, du Comité directeur de notre principal établissement astronomique. Il ne m'appartient pas d’apprécier ces côtés de son existence laborieuse; d'autres, plus autorisés que moi, relateront comment, dans de multiples fonctions, il donna l'exemple du travail et de l’accomplissement strict de tous les devoirs. Je ne parlerai que de l’académicien et de ses publications scien- tifiques. ; Les œuvres de notre regretté confrère sont nombreuses et variées; on y trouve des travaux de science pure, des études sur nos sociétés littéraires et nos institutions musicales, des souvenirs de voyage. Cependant, deux sujets principaux occupèrent particulièrement Mailly : l'astronomie et la physique du globe, puis l’histoire des sciences. A la première catégorie appartiennent, outre diverses notices écrites pour l'Annuaire de l'Observatoire, un mémoire Sur les marées en différents points des côtes de Belgique, où l’auteur discute les observations faites en 1855 par ordre du Gouvernement, à la demande des - savants anglais; deux notes Sur l’éclipse annulaire de soleil du 9 octobre 1847 et Sur une méthode, donnée dans les Mémoires de l’Académie royale de Belgique, pour déterminer la collimation d’une lunette méridienne; d'ex- cellentes analyses de divers mémoires présentés à la Classe; enfin le remarquable rapport où il résume, à l'occasion du (199 ) centième anniversaire de la fondation de l’Académie, tous les travaux d'astronomie parus dans nos recueils de 1772 à 1872. Comme je le disais, Mailly s’adonnait aussi à de patientes études sur l’histoire des connaissances humaines, études de prédilection auxquelles, dans les dernières années de sa vie, il consacrait toutes ses heures de travail. Citons rapidement : Précis de l’histoire de l'astronomie aux États- Unis d’ Amérique, Essai sur les institutions scientifiques de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, L'Espagne scienti- fique, Tableau de l'astronomie dans l'hémisphère austral et dans PInde, Études pour servir à l'histoire des sciences et des lettres en Belgique pendant la seconde moilié du XVIII" siècle, composées de six mémoires ou biographies des plus intéressants, Étude pour servir à l’histoire de la culture intellectuelle à Bruxelles pendant la réunion de la Belgique à la France, enfin son Histoire de l’Académie impériale et royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles depuis son institution en 1769 jusqu’au 21 mai 1794. « J'avais, dit l’auteur, à mettre en lumière une période d’un quart de siècle. Pour y parvenir, j'ai fait usage de documents presque tous de première main, que j'ai empruntés aux archives de l'Académie et à celles de l’État. Mon ouvragé devient ainsi l'histoire d’une époque très peu connue, racontée par des contemporains. » Il ajoute plus loin. « … s’il est vrai, comme on l'a pré- tendu, que, pendant la dernière partie du XVII siècle, l’histoire des sciences et des belles-lettres en Belgique est, pour ainsi dire, tout entière dans l’histoire des travaux de l’ancienne Adadémie de Bruxelles, on me pardonnera d'avoir été long : j'ai voulu en finir avec les aperçus vagues LR bee oder MR Pie x LE ARGUS. LT EN UE done EEN eed a t ki PURES MES A EE EA { 190 ) ; èl les notions superficielles qui n’apprennent rien, et don- ner aux hommes et aux choses la place à laquelle ils avaient droit. » Un labeur poursuivi sans relåche pendant plusieurs ännées mérite peut-être l'attention et la bienveillance : le seul désir d'être utile me l’a fait entreprendre; ce désir sera, sinon ma justification, au moins mon excuse. » — Mailly se peint lui-même dans cette dernière phrase qui- termine la préface; on y reconnaît le savant modeste que nous avons tous connu, toujours prêt à s'effacer, incapable de poser un acte destiné à faire ressortir le mérite cepen- dant incontestable de ses productions. Je me souviens parfaitement de la séance du 3 avril 1882, où il déposa sur le bureau l'énorme manuscrit qui représentait plus de onze cents pages d'impression, bourré de faits, d'indications biographiques et bibliographiques collationnées avec un soin scrupuleux. Alors qu'un autre aurait senti le besoin, bien légitime du reste, de signaler à ses confrères les difficultés vaincues, les côtés intéressants de l’œuvre et sa portée, Mailly, de sa voix faible, prononça à peine quelques paroles, comme s’il s’excusait d'occuper un instant l’Académie de ses travaux. L’habitude des recherches historiques, la grande expé- rience qu’il avait acquise dans l'analyse des travaux d'au- trui, faisaient de Mailly un biographe hors ligne; ses notices sur Gerard, premier secrétaire de l’Académie, sur Rombaut Bournons, sur Jean-Baptiste de Beunie, sur Théodoric- Pierre Caels et sur Richard Van Rees, sont des modèles; mais les biographies que l'on aime surtout à relire sont son Essai sur la vie et les ouvrages d'Adolphe Quetelet et sa notice nécrologique sur Ernest Quetelet; ici le biographe : 3 (48) est doublé de l'ami dévoué et, comme dans la biographie de Houzeau par Liagre, la lecture de maint passage vous pénètre d'émotion. Biographe consciencieux, Mailly savait mieux que tout autre combien d’inexactitudes involontaires se glissent dans les notices nécrologiques que nous consacrons à nos confrères défunts: aussi a-t-il tenu, en ce qui le concerne, à ce que sa propre carrière fût exposée sans erreurs. Il nous a laissé dans ce but une autobiographie com- plète accompagnée d'appréciations sur ses travaux et de la relation de ses nombreux voyages à l'étranger. Par une coïncidence singulière, ce volume parut au moment même de sa mort. Mailly était entré à l'Académie comme correspondant le 16 décembre 1867 ; il devint membre le 15 décembre 1876 et fut directeur de la Classe des sciences pour l'année 1886. Académicien très zélé, il assistait ponctuel- lement à toutes nos séances, suivant nos débats avec la plus grande attention. Le Gouvernement voulut reconnaître, à diverses reprises, les services qu’il avait rendus à la science et au pays. Lorsque, sur sa demande, il fut déchargé, en 1869, des fonctions de répétiteur à l'École militaire, l'arrêté royal l'autorisa à porter le titre de professeur honoraire. Mailly fut nommé chevalier de l'ordre de Léopold le 15 novem- bre 1859, promu officier le 1°" mai 1884 et recut la croix civique de première classe le 22 février 1886. 5 Cher et regretté confrère, je viens d'esquisser gent façon imparfaite ta vie de travailleur „si remplie jusqu'à a dernière heure; jouis enfin d'un repos que tu as bien mérité. Cher confrère, adieu ! : a (192) NOTES BIBLIOGRAPHIQUES. J'ai l'honneur de présenter à la Classe des sciences de _— l’Académie, au nom de M. Neuberg, la sixième édition du Traité de Géométrie, de MM. Rouché et de Comberousse. $ Les auteur de ce remarquable manuel ont cru devoir introduire dans leur livre, déjà classique depuis vingt ans, leseprincipes de la nouvelle géométrie du triangle et du tétraèdre. M. Neuberg, à qui l'on doit une grande partie des progrès de la géométrie plane et, pour ainsi dire, tous i ceux de la géométrie solide, dans cette direction, a rédigé i pour le livre de MM. Rouché et de Comberousse un Í appendice de quatre-vingt-dix pages contenant un exposé À substantiel de cette géométrie récente. La partie de cet | appendice relative au tétraèdre est un extrait des beaux travaux publiés sur la matière, il y a quelques années, par le savant professeur, dans les Mémoires de l'Académie et dans ceux de la Société royale des sciences de Liège. Be | P. Mansion. J'ai l'honneur d'offrir à l’Académie, au nom de son auteur, M. Cogniaux, un exemplaire de la Monographie des Mélastomacées. Ce mémoire important et de grande valeur est le fruit de plusieurs années d’un travail opi- niâtre. Il constitue le tome VII du Monographiæ pha- nerogamarum, publié par notre illustre associé, M. Alph. ? de Candolle. M. Cogniaux y décrit 2731 espèces, dont 795 étaient inédites, plus 333 variétés, dont 465 nouvelles. | CRÉPIN. è ne Cou en (195) RAPPORTS. Note sur les dépôts wealdiens et néocomiens du sud-ouest de la Hesbaye et du sud du Brabant; par M. le major Em. Verstraete. Rapport de M. Dupont, premier commissaire, « Cette note et un exposé préliminaire qui lavait pré- cédée d’un mois, poursuivent le but d'établir l’âge wealdien ou néocomien de dépôts belges déjà rigoureusement classés dans la série chronologique de nos terrains. Nous y voyons tenter la réunion, dans ces horizons de la base du crétacé, de diverses assises sénoniennes, de couches bruxelliennes, de dépôts oligocènes et d’autres encore pour des localités où la paléontologie stratigra- phique a tranché la question d'âge. C'est ainsi que, pour l'auteur, les sables d’Aix-la-Cha- pelle, qui sont reconnus depuis longtemps comme appar- tenant au sénonien inférieur, le sénonien inférieur de Lonzée à Belemnitella quadrata, les dépôts de Jauche, Folx-les-Caves et Hottomont, reconnus par leur nombreuse faune comme sénoniens supérieurs, les grès de Fayat et de Velaine abondant en Nummulites lœvigata et autres forines bruxelliennes, les sables et grès de Nil-Saint-Vincent, qui sont un gîte classique du bruxellien, d'autres aux environs de Baulers et de Nivelles, dont l’âge également bruxellien vient d'être définitivement fixé, les argiles plastiques d'Andenne à flore oligocène, pour l'auteur, dis-je, tous ces dépôts sont de la base du crétacé, weal- diens ou néocomiens. Les notes qui nous sont présentées ne sont évidemment NES ne ee ( 194) pas au courant des faits ni des méthodes géologiques. Je _ ne puis qu’en proposer le dépôt dans nos archives. » _ MM. Briart et Mourlon se sont ralliés à ces conclusions, qui ont été adoptées par la Classe. Note sur la présence de fossiles d'âge sénonien dans le gravier à Nummulites lævigata qui sépare le bruxellien supérieur des environs de Bruxelles, du sable laekenien verdätre de Dumont ; par M. le major Verstraete. Rapport de M. Dupont, premier commissaire, « L'auteur annonce qu’il a découvert à Saint-Gilles près q de Bruxelles, dans le gravier servant de base aux sables _ lackeniens, des rognons de silex et, dans un morceau de « grès à cristaux de feldspath », des empreintes de Belem- nilella mucronata et d'une serpule également du crétacé supérieur. ll mentionne aussi un fossile du bruxellien, qu'il consi- dère comme une Ammonitide et qu'il a déjà soumis à l'Académie, en photographie, il y a une couple d'années. Rattachant les observations qu'il définit ainsi, à la cir- constance que les sables bruxelliens sous-jacents sont ferrugineux et souvent décalcitiés, il y voit le résultat d'actions internes qui auraient éjaculé les silex et fossiles précités, amené les éléments ferrugineux et dissous le cal- caire des sables et le test des coquilles. D'autre part, les empreintes, attribuées par l’auteur à des Bélemnites et à une Serpule crétacée, ne nous étant pas soumises, on ne saurait se prononcer sur leur détermina- - tion. Mois le fossile q Le il nere sous le nom d’ Ammonitide, Mene, ia ( 195 ) et qu’il nous a présenté naguère sous le nom de Ceratites, céphalopode du permien et du trias, s'identifie, ainsi que _ le montre la reproduction photographique déposée dans les archives de l’Académie, avec la Cassidaria nodosa, gastéropode des plus abondants dans le bruxellien. La notice qui nous est soumise ne pouvant prendre place dans nos recueils, il y a lieu de faire application de l'article du règlement qui prévoit ce cas. » Rapport de M. Briart, deuxième commissaire. « En supposant que les déterminations de l’auteur soient exactes, la présence de roches et de fossiles crétacés dans nos assises tertiaires, surtout dans les graviers qui en forment souvent la base, s’expliquerait tout naturellement et n’aurait rien d’extraordinaire. C’est une simple question de remaniement. Quant à les y faire arriver par suite de phénomènes geysériens, c’est complètement inadmissible. Je me rallie aux conclusions de mon savant confrère. » M. Mourlon, troisième commissaire, a adhéré à ces con- clusions, qui sont mises aux voix et adoptées. Conditions nécessaires et suffisantes pour qu'un polyèdre soil superposable à son image vue dans un miroir ‚plan, etc.; par G. Cesàro. Rapport de M. De Tilly, premier commissaire. « Je n'ai transcrit, ci-dessus, qu'une’partie du titre, assez long, du mémoire de M. Cesàro; ce n’est pas uniquement ( 196 ) pour l’abréger, mais surtout pour indiquer la limite dans laquelle est restée mon étude de ce travail (1). N'ayant aucune compétence en cristallographie propre- ment dite, je me suis borné à examiner ce problème très intéressant de géométrie pure : Dans quels cas un polyèdre, ou un système de points, peut-il être superposable à son symétrique ? On connaissait deux solutions de ce problème : les cas où le système donné possède soit un centre, soit un plan de symétrie ; et alors ce système donné est lui-même son symétrique par rapport à ce centre ou à ce plan. Mais personne, parait-il, n’avait songé à une troisième solution, dont M. Cesàro démontre l'existence, et que l'on peut résumer en ces termes : | Considérons un cylindre droit à bases circulaires, et un plan P, mené par le milieu de l'axe du cylindre, perpendi- culairement à cel axe. Divisons la circonférence de l’une des bases en un nombre pair 2n de parties égales, et, en partant d'un point de division quelconque, marquons du chiffre 4 les points de rang impair, et du chiffre 2 les points de rang pair. Divisons de même l’autre base, de manière que les points de division soient symétriquement placés par rapport au plan P, mais que les points 4 aient pour symétriques des points 2 et réciproquement. Le polyèdre 4 (ou système des points 1) aura pour symétrique, par rapport au plan P, le polyèdre 2, et ces deux polyèdres peuvent évidemment être amenés en coïncidence en faisant tourner l’un d'eux de Z autour de l'axe du cylindre. _ Mest vrai que ces polyèdres ont des plans de symétrie; (1) Voyez le titre complet à la page 198. | PT EP TT DEN (494) mais on peut faire disparaître ceux-ci en ajoutant des points choisis, comme précédemment, sur deux nouvelles sections droites symétriques par rapport au plan P, prises dans le même cylindre ou dans un cylindre ayant même axe, el en ayant soin de choisir l’origine des divisions de manière à empêcher la coïncidence des plans de symétrie axiaux. Le nombre n doit lui-même être pair, sans quoi les polyèdres, construits comme il est dit ci-dessus, auraient un centre. M. Cesàro ne se borne pas à établir l'existence de cette troisième espèce de polyèdres pouvant coïncider avec leur symétrique; il démontre de plus, par une étude minu- tieuse de la question, qu’en dehors des trois solutions maintenant connues, il ne peut plus en exister d'autre. C'est même ainsi qu'il s'est posé le problème, car il a suivi dans son mémoire une méthode analytique, laquelle devait nécessairement faire trouver toutes les classes de polyèdres répondant à la condition énoncée. Cette recherche présentait toutefois des difficultés sérieuses, que M. Cesàro a habilement surmontées et qui eussent été plus grandes encore s’il avait voulu traiter directement de la symétrie par rapport à un plan, au lieu de la considérer, comme il le fait, par rapport à un point. Une fois la sclution connue, il est plus simple de retour- ner le mode d'exposition de l’auteur, de suivre la marche synthétique et de construire le symétrique par rapport à un plan; c'est ce que j'ai fait dans ce rapport sommaire. En résumé, je suis d’avis que, par ce travail conscien- cieux et remarquable, l’auteur aura fait faire un penn réel à la théorie des poreik 3 ( 198 ) Sur les cas dans lesquels deux formes hemiedriques conju- guées ne sont pas superposables. Conditions nécessaires et suffisantes pour qu'un polyèdre soit superposable à son image vue dans un miroir plan. Possibilité dans les crislaux d'un genre d’hémiédrie donnant des formes conjuguées superposables quoique ne possédant ni centre, ni plan de symétrie. Symétrie directe et inverse. Groupe lélartoédrique non signalé dans le système quadratique; par G. Cesàro, chargé du cours de minéralogie à l'Uni- versité de Liège. Rapport de M, de la Vallée Poussin, deuxième commissaire. « Dans le mémoire remarquable qui nous est soumis, M. Cesàro démontre l'existence théorique d’une classe de polyèdres hémiédriques ayant échappé jusqu'à présent aux eristallographes, et dont le caractère essentiel est d'être superposables à lenr image vue sur un plan réfléchissant, bien qu'ils soient privés de centre et de plan de symétrie. Le premier commissaire, se plaçant au point de vue de la géométrie pure, a reconnu le bien-fondé de la démonstra- ` tion donnée par l’auteur. M. Cesàro définit dans les termes suivants les conditions nécessaîres et suffisantes pour la réalisation des polyèdres qu’il a découverts, et qu'il désigne comme polyèdres superposables de la troisième classe: « Ce sont les polyèdres qui, sans avoir de centre ni de plan de symétrie, possèdent un axe de symétrie d'ordre pair, perpendiculairement auquel les sections sont deux à deux égales et tournées l’une par rapport à l'autre de 5 si nest l'ordre de symétrie de l’axe. » Après avoir établi, dans la deuxième partie de son __ mémoire, que ce type spécial ne peut jamais provenir de Fhémiédrie dite holoaxe par abi] M. Cesàro cherchi À en 3 3 i à à (199 ) s'il est susceptible de se rencontrer chez les cristaux. Il considère à cet effet les divers modes de symétrie adoptés par les axes cristallins, et prouve aisément que les systèmes hexagonal, ternaire, terbinaire, monoclinique et triclinique ne comportent pas d’hémièdres superposables de la troisième classe. La recherche porte donc exclusivement sur les systèmes cubique et quadratique. Mais, quand il s’agit du système cubique, la conservation d’un axe de symétrie d’ordre pair, condition imposée, comme on vient de le voir, pour la réalisation du type hémiédrique en question, entraîne la coexistence d’autres axes binaires et partant celles de plans de symétrie. C’est pourquoi il faut écarter encore le Système cubique. Reste donc le système quadratique, qui seul se prête à la réalisation des hémièdres superposables de la troisième classe. On y arrive rapidement si l'on se reporte à l’hémiédrie bien connue de la schéelite et de la valfénite, laquelle conduit à un octaèdre quadratique dont la base a les côtes obliques aux axes binaires. Si, des huit troncatures qui y conduisent, on en conserve quatre, on obtient un sphénoèdre oblique par rapport aux axes binaires. Les combinaisons de formes, dans ce groupe, donnent des solides dépourvus tout à la fois de centre et de plan de symétrie, et qui sont incontestablement super- posables à leurs conjugués, ainsi que le fait voir du premier Coup d'œil la figure dessinée par M. Cesàro. On peut être surpris que ce mode ait échappé jusqu'ici aux cristallographes, en tant que forme propre au système quadratique. M. Cesàro observe à cet égard l'analogie de cette forme avec les hémiédries célèbres réalisées dans le Sucre et l’acide tartrique, qui appartiennent, comme on 5° SÉRIE, TOME XXII. sait, au système monoclinique. Au premier Send effet, Ae k ( 200 ) il semble que ces formes de la troisième classe soient à ranger parmi les formes monocliniques, puisqu'elles appa- raissent avec un seul axe binaire sans plan ni centre. Les cristallographes qui ont considéré ces formes in abstracto, ont pu croire qu’en appauvrissant à ce point la symétrie du prisme quadratique, ils rentraient dans le système mono- clinique. M. Cesàro explique cette illusion par ce que les formules symholiques en usage pour caractériser la symé- trie des polyèdres cristallins peuvent induire en erreur, faute de tenir un compte suffisant de tous les éléments géométriques. Dans une savante analyse, qui n’est pas susceptible d'être résumée dans ce rapport, Fauteur revient sur l’ensemble des conditions qui produisent le degré de symétrie des axes. Il fait voir la nécessité de distinguer ces degrés de symétrie, non seulement d’après les coïnci- dences par rotation autour de l’axe d'un polyèdre avec lui-même (symétrie directe), mais d’après les coïncidences _ avec le polyèdre symétrique (symétrie inverse). Il en déduit quelques théorèmes qui lui permettent de préciser la distinction des hémièdres quadratiques et monocliniques. Ainsi axe binaire monoclinique est un axe binaire direct, tandis que l'axe binaire du tétraèdre de troisième classe est en même temps un axe quadratique inverse. Le mémoire de M. Cesàro me parait avoir beaucoup de valeur tant au point de vue cristallographique que géomé- trique. J'en propose avec empressement la publication dans les Bulletins de l’Académie avec les figures indispen- _ Sables qui l'accompagnent, » ` Les conclusions de ces deux rapports, auxquelles a adhéré M. Renard, sont mises aux voix et adoptées. ( 201 ) Sur une nouvelle théorie scientifique; par M. Ed. Wattier. Rapporti de M, Lagrange. « C’est une tâche ingrate que d’avoir à apprécier une œuvre plus intéressante par l'ardeur de sincère conviction de son auteur que par la valeur même des idées qu'elle renferme. Telle est ma situation en présence du mémoire de M. Wattier. C'est de grand cœur que je voudrais pouvoir proposer l'impression d’un travail qui, pour la cinquième fois, et Sous une forme nouvelle, présente ce que son auteur croit être la vérité. Mais tous les arguments qui pourraient défendre cette approbation me sont enlevés par l’auteur lui-même. Aucune discussion de faits, aucune déduction d'idées : non seulement il procède par affirmations, mais ces affirmations sont juxtaposées et non liées, fût-cc implicitement, par un lien logique. « La matière se présente sous trois formes, qui sont le froid, la lumière et l’ensemble des substances élémentaires ; ces trois modes obéissent à trois lois générales : loi de mouvement pour la lumière, de passivité pour le froid et les élémentaires, d'attraction pour les corps composés. » « La lumière est la cause de la chaleur; le froid est de la matière simple et passive. » « Le soleil et les étoiles ne sont que des réflecteurs, non des foyers de lumière et de chaleur, etc. » À côté de cela, des erreurs telles que celle-ci : « L'attrac- tion mutuelle des astres procède absolument de leur état magnéto-électrique ; ils suivent ainsi la loi d'attraction Commune et recounue aux aimants el aux solénoïdes. » ` ( 202 ) Il est clair qu’on peut, qu'on doit même incessamment tout remettre en question et que la vérité est une place forte dont les assiégeants sont souvent les défenseurs ; on ne peut nier également qu'une théorie, quelque probléma- tique qu’en soit le principe, puisse offrir un certain intérêt, mème acquérir une valeur, par la justesse méthodique des déductions ou lhabile critique des faits : c’est alors tout au moins un rameau de l'arbre intellectuel, une région _ inféconde qui établit la communication entre les autres parties du champ d’exploration. Mais ce dernier argument mème, tout boiteux qu'il est, me fait défaut dans le cas de M. Wattier. Il m'est donc impossible de proposer à la Classe l'impression de son mémoire. » — Adopté. COMMUNICATIONS ET LECTURES. Un mot sur une bande d’Hyperoodons échoués en partie dans la Tamise, en partie sur les côtes de Normandie ; par P.-J. Van Beneden, membre de l’Académie. Au commencement du mois de septembre dernier, une bande de grands-souffleurs, comme les appellent les marins, sont venus se perdre, les uns sur les côtes d'Angleterre, _ dans la Tamise, les autres en France, entre les rochers de la côte de Normandie. Ceux qui se sont perdus dans la Tamise sont du sexe mâle: ils étaient au nombre de deux. Les autres, qui sont venus à la côte, non loin de Cherbourg, sont du sexe — femelle; ils étaient au nombre de cinq. Il y a eu quelques jours d'intervalle entre leur capture. ( 205 ) Ces grands-souffleurs ont été reconnus pour des Hyperoodons adultes ; les mâles avaient une longueur de 25 pieds, les femelles étaient un peu plus grandes, comme c'est le cas dans les Cétacés en général. On sait que le Cachalot mâle, si voisin de l’'Hyperoodon, n’a guère que la moitié de la taille de la femelle. Nous tenons ces renseignements sur l’échouement des Hyperoodons en partie de M. Crouch, qui se propose de publier une note sur ce sujet avec son ami, le docteur James Murie; en partie du capitaine de vaisseau, Henri Jouan (1), qui a toujours surveillé attentivement les côtes de France, en vue des échouements de Cétacés qui pourraient s’y produire. L’Hyperoodon était à peine connu des naturalistes au commencement du siècle, ce qui ne veut pas dire que les pêcheurs ne le connaissaient pas déjà depuis longtemps, mais nous pouvons dire aujourd'hui, que c'est un des Cétacés les mieux connus de tout son ordre; un baleinier intelligent s'est mis, dans ces derniers temps, à lui faire la chasse dans la mer de Baffin et la mer de Barentz, et ici encore l’industrie de la pêche est venue au secours de la science, Le capitaine Gray a fait connaître les différences sexuelles de cette espèce et a fait supprimer le genre, qui (1) M. H. Jouan vient de publier (”) un article fort intéressant sur les captures faites entre les rochers, au milieu des balises, qui aurait pu me dispenser de faire cette communication à l'Académie; mais comme j'ai fait part à la Classe de divers échouements qui se sont _ Produits sur les côtes d'Europe, je n'ai pas cru devoir m'abstenir de Publier cette note sur cette intéressante dispersion. C) Les Hyperoodo ns de Gours, Mémoires de a Société nationale des sciences : naturelles de Cherbourg, t. XXVI, 1891. ( 204 ) était établi sur des caractères d'une tête de mâle conservée dans les galeries du British Museum. Feu notre confrère Wesmael a fait connaître, il y a. cinquante ans, une femelle de cette espèce qu’une tempête avait jelée sur nn banc de sable près de Ziericzee, et a publié des observations d’un grand intérêt sur cette capture dans les Mémoires de l’Académie. Indépendamment des Grindewalls que l’on prend tous les ans par centaines, presque à époque fixe, aux Féroë, on y capture aussi périodiquement des Hyperoodons, mais toujours en petit nombre, et du sexe femelle. On connaît aujourd'hui l’hyperoodon dans le détail de son organisation et de son développement, on sait que son quartier d'été est le Nord, où il se rend jusqu’au 70° degré _ de latitude; on connaît ses émigrations au Sud en automne, mais ce que l’on ignore surtout, ce sont les lieux des amours, qui sont probablement ceux où il met bas, comme c'est le cas pour tant d’autres Cétacés. Nous partageons l'avis de M. H Jouan, que l'Hyperoodon, dans l’arrière-saison, dépasse le détroit de Gibraltar pour passer son quartier d'hiver dans les solitudes de la côte occidentale du Maroc. Dans l'intérêt de l'océanographie, nous ferons remar- quer que l’Hyp | irat iví t à l'Atlantique septentrionale et que, parmi les Ziphioïdes, il est le seul qui ne soit pas cosmopolite. Les Cétacés Teutophages, comme les a appelés avec raison Eschricht, sont avant tout des espèces équatoriales, et ces espèces équatoriales, qu’elles appartiennent à l’ordre des Cétacés ou à d’autres classes, comme les Sphargis, sont dispersés aujourd’hui, comme l'étaient leurs ancêtres, dans toute l'étendue des deux hémisphères. Le Cachalot se répand depuis l'équateur jusqu'aux pôles: on le trouve au Groen- appartient FE ( 205 ) land comme à la Nouvelle-Zélande. L’Hyperoodon, au contraire, ne quitte pas les régions tempérées, comme la Baleine franche ne quitte pas les régions glacées, et nous considérons ces deux formes comme les plus récentes du groupe des Cétacés. Etude sur un phénomène lumineux et calorifique accom- pagnant l’électrolyse; par E. Lagrange et Hoho (1). I. — Historique. Depuis de longues années déjà, les physiciens avaient constaté qu'une électrode plongée dans un électrolyte devient, dans certaines conditions, le siège de phéno- mènes lumineux et calorifiques particuliers. Si l’électrode négative est constituée par un fil de platine de faible diamètre, et l'électrolyte par de l'acide sulfurique dilué, on voit se produire dans certains cas, autour de cette électrode lors du passage du courant électrique, une gaine lumineuse, dont la couleur est plus ou moins violacée, et qui persiste tant que le fil n’est pas plongé au delà d’une certaine profondeur. Aussitôt que cette gaine se produit, l'intensité du cou- rant diminue : elle est beaucoup plus faible que ceile que donnerait la loi d'Ohm, appliquée en ne tenant compte que de la résistance de l'électroìyte, des électrodes et de la force électromotrice de la source d'électricité. Nous appellerons cette dernière intensité, l'intensité normale. Lorsqu'on continue à enfoncer l'électrode négative, la Me ain) de Cage ES ne à (1) Voyez les rapports sur ce travail dans le Bulletin du mois d'août, pages 92 et 94. gaine lumineuse disparaît brusquement, et en même temps un galvanomètre intercalé dans le circuit montre que l'in- tensilé du courant reprend sa valeur normale. On en est d'ailleurs averti par le dégagement gazeux qui devient très abondant aux électrodes, alors qu'auparavant il était très faible. Dans des conditions analogues, le phénomène se produit à l'électrode positive, lorsque celle-ci est constituée par un fil de faible diamètre. Tels sont les traits principaux du phénomène. Nous disons plus haut qu’il n’est pas nouveau; il semble, en effet, avoir été signalé pour la première fois, en 1844, par MM. Fizeau et Foucault, à l’occasion d’une étude sur Pin- tensité de la lumière produite par Pare électrique (1). Les physiciens Mackrell et Hare (2) les premiers létu- dièrent avec plus de soin, mais le travail publié par Vander Willigen (1834) est de beaucoup plus important par le nombre des observations; on y trouve notés un certain nombre de détails que présente le phénomène en ques- tion; le premier il a opéré avec plusieurs électrolytes dif- férents et a montré la différence d'action aux électrodes positive et négative. M. Slouginoff (3) croit que le phénomène est dû à une série de décharges très nombreuses entre le liquide et l'électrode. M. Righi (4) a reproduit le phénomène d'une manière un peu différente. ee nn Je ns (1) Annales de chimie et de Physique, 3° série, t. XI, 1844, p.585. (2) Archives d’électricité de La Rive, 1841, p. 575, ct Hare, Idem, p- 578. ; j (5) Journal de physique, {°° série, t. IX, 1880, p. 155. ~ (4) H nuovo cimento, 5e série, t. I, p. 267, 1877. EE a a e ( 207 ) M. Colley (1) a étudié le spectre de la lumière produite et a montré qu’il présentait les raies de l'hydrogène, celles du métal de l’électrode (Pt et Ag) et celles de l'élément positif de l’électrolyte (SO4H?, NaCl, LiCl). M. Planté a signalé ce phénomène dans l'étude qu'il a faite des effets produits par les courants de haute tension dans les liquides, mais il ne l’a pas soumis à une étude approfondie. Tous ces travaux sont de pure observation. Enfin, en 1889, MM. Violle et Chassagny (2) ont étudié le phéno- mène en tant qu'il s’agit de l'eau acidulée à l'acide sulfu- rique, et ils en ont précisé les conditions expérimentales. C'est le premier travail qui soil accompagné de données numériques. Dans l'étude que nous avons faite et que nous présen- tons aujourd’hui à l'Académie, nous avons cherché à pré- ciser la marche du phénomène. Les observations que nous avons faites nous ont amené ensuile à en présenter une explication. Il. — Description du phénomène. Nous avons plongé dans un électrolyte formé d'acide sulfurique à 66°B. dilué au 1/10 (en volume), d’une part une électrode positive très large (l’électrode employée avait une surface immergée totale de 180 centimètres carrés, de manière à assurer entre celle-ci et l’électrolyte un contact suffisant), et d'autre part, comme électrode négative, un fil (1) Journal de physique, Are série, t. X, 1884, p. 449 nnen 2 sree nr ` - ( 208 ) de cuivre de !/, de millimètre de diamètre à une profon- deur de !/4 millimètre sous le niveau, Nous avons mis ces électrodes en communication avec les pôles d'une batterie d'accumulateurs dont on pouvait varier le nombre d’éléments associés en tension; de plus, un commutateur permellait d'intercaler dans le circuit des résistances, de manière à faire varier progressivement la différence de potentiel entre les électrodes. Un ampéremètre Ayrton et Perry, intercalé dans le circuit, et un voltmètre, également Ayrton et Perry, nous permettaient de relever respectivement l'intensité du _ Courant et la différence de potentiel entre deux points quelconques du circuit. Si, dans ces conditions, on commence par des courants dont la force électro-motrice égale la contre-force électro- motrice de décomposition de l’électrolyte, on constate successivement les phénomènes suivants, à mesure que l’on augmente la force électro-motrice : 1° Les phénomènes ordinaires de l’électrolyse ; 2° En augmentant la force électro-motrice, il arrive un moment où l’on observe ce qui suit. Il se produit à l’élec- trode négative un crépitement qui ressemble au bruit que produisent une série de gouttelettes d’eau tombant sur une surface métallique chaude. Le liquide semble bouillonner autour de cette électrode. En réalité, le liquide se creuse par intermittences sous celte électrode; à ces instants, le contact immédiat n'existe plus entre les deux; l'intensité du courant varie synchroniquement avec ces intermit- tences. On se trouve ici évidemment en présence d'un phénomène instable : nous appelons cette période, la période instable. ` ; Nous avons constaté que ces phénomènes se présen- ( 209 ) tent de plus en plus nettement à mesure que la diffé- rence du potentiel entre l'électrode négative et un point du liquide distant de 5 millimètres de cette électrode, se rapproche de 16 volts; en prenant un point plus éloigné du liquide, on n’observe d'ailleurs pas une variation sen- sible du potentiel ; 5° On observe par intermittences la production de points lumineux entre l’électrode et le liquide. A la pre- mière apparition de ce phénomène, nous avons constaté que la différence de potentiel, prise comme nous l'avons dit, était de 16.08 volts. Le volimètre dont nous nous sommes servis était du système Ayrton et Perry; chaque division correspondait à 5.56 volts; nous pouvions appré- cier un quart de division, soit 1.345 volt. Nous avons noté exactement les lectures telles qu’elles nous étaient données dans ces conditions. L'intensité du courant est toujours variable; 4 À mesure que la différence de potentiel augmente, le nombre de ces points lumineux croit constamment, de manière à former finalement une gaine lumineuse légère- ment verdâtre. Sa forme est celle d’un cylindre dont l'axe coïncide avec celui de l'électrode, et qui se raccorde au niveau du liquide par nne surface convexe dont la forme rappelle celle du mercure dans lequel on plonge un cylindre de verre. La production de cette gaine est accompagnée d'un faible bruissement régulier. L'intensité du courant devient alors fixe et très faible, ainsi que le dégagement de gaz. Si l'on plonge l’électrode plus profondément, on retrouve le phénomène décrit sous le numéro 3. A une plus grande immersion, le bouillonnement que nous avons signalé sous le numéro 2 persiste seul; et finalement, en enfonçant ( 210 ) °7 . 19e . - \ encore l'électrode, on reproduit l’électrolyse ordinaire 1. A mesure que la force électro-motrice s'élève, le phénomène lumineux devient plus nel et peut se produire sur une plus grande longueur avant de passer au bouillonnement et au phénomène normal. Comme la gaine lumineuse se forme par gradation insensible, il était impossible de dire à quelle; différence de potentiel précise la formation d'une gaine proprement dite avait lieu. Nous avons donc simple- ment noté la première apparition des points lumineux comme il est dit au numéro 3. Nous venons de dire comment le phénomène se passe dans l’acide sulfurique dilué au dixième (en volume) avec une électrode négative en cuivre. MM. Fizeau et Foucault avaient constaté le phénomène dans l'acide sulfurique dilué, avec une électrode en Pt; Mackrell, Violle et Chassa- gny également; Grove, dans l’eau distillée avec électrode en Pt; van der Willigen, dans une solution de NaCl, de KCI, de AgCl et de AuCl3 et PLCIS avec électrode en Pt; Hare, dans une solution de CaCl? avec électrode en Pt et avec électrode en Fe; Slouginoff dans le HCI, avec électrode en Pt, et Colley dans une solution de SO#H?, de NaCl, et de LiCl, avec électrode en Pt et avec électrode en Ag; Mascart, dans l’acide phosphorique avec électrode en Pt. Nous avons constaté le phénomène avec des électrodes de Pt, de Cu, ce Zn, de Sn, de Fe, d’acier, de carbone, de diamètres différents, et en employant comme électrolyte de l'acide sulfurique à 66° B., et à des degrés de dilution variables jusqu’à ‘/25, et enfin une solution de chlorure de sodium. Nous avons observé que les données numé- riques, notamment que la différence de potentiel minima _ qui est nécessaire pour que le phénomène lumineux, tel Ze que nous l avons décrit au numéro 3 ci-dessus; se proe . une, varie avec la nature de l'électrolyte. CAN) C'est un point sur lequel nous reviendrons. Ce qui caractérise le plus nettement le phénomène qui nous occupe, c'est le fait que la production de la gaine lumi- neuse entraîne avec elle la création d’une résistance anor- male considérable, qui se trouve localisée dans cette gaine. Telle est la cause de la diminution de l'intensité du Courant, el nous avons du reste constaté que c’est en cet endroit que se fait la chute de potentiel, presque totale, du courant; nous mesurions en effet la différence de poten- tiel entre l’électrode et un point de l’électrolyte distant de 5 millimètres de celle-ci, alors que la distance entre les deux électrodes atteignait dans certaines expériences jusqu’à 29 centimètres. C'est donc dans la gaine qu'est absorbée presque la totalité de Pénergie du courant. Une partie de celle-ci est absorbée, il est vrai, par la décompo- sition chimique, mais ce n'est qu'une faible partie du travail total; la décomposition de l’eau n’absorbe comme énergie par seconde qu'un nombre de joules représenté par 1.45 multiplié par le nombre d’ampères qui représente l'intensité; le restant de l'énergie disparue est transformé en chaleur. Aussi n'est-il pas étonnant que très souvent l’électrode S'échauffe au point d'entrer en fusion plus ou moins rapi- dement, quelquefois en moins d’une seconde. Nous avons pu vérifier approximativement que l'énergie électrique absorbée à la gaine se transforme presque entièrement en énergie calorifique, en mesurant le temps qu’il fallait pour faire entrer en fusion un fil de fer de diamètre et de longueur donnés; à cet effet nous relevions l'intensité, la chute de potentiel et la durée de l'opération, ce qui per- mettait de calculer le travail électrique absorbé, et nous Comparions celui-ci à la quantité de chaleur nécessaire | Pour produire la . J RT R i pa les dany | (212) électrodes est très faible et en rapport avec l'intensité du courant. || augmente avec la surface immergée de l'élec- trode et devient alors visible, tandis que, lorsque cette sur- face est petite, il est si faible qu’il paraît même complète- ment suspendu. Lorsqu'on examine attentivement la gaine dans son état stable, on voit qu’elle est constituée par une multitude de petites bulles mobiles étincelantes. La gaine elle-même présente une coloration variable avec la nature de l’élec- trode et de l’électrolyte; lorsque l’électrode est en Pt et plonge dans l’acide sulfurique, la couleur est violacée et rappelle celles des tubes de Géissler à hydrogène. M. Colley a examiné la lumière de cette gaine au spectroscope et y a trouvé le spectre de l’hydrogène et celui du Pt. Lorsqu’à une électrode en Pt on substitue un fil de fer ou d’acier, la coloration devient bleue; avec le zine elle est franchement bleue, verte avec le Ca, et blanche et éclatante avec un crayon de charbon. Le chlorure de sodium donne avec ces diverses élec- trodes une coloration jaune-rougeâtre, due évidemment à la combustion du sodium et à sa transformation en hydrate. Lorsque cette expérience se continue pendant quelques minutes, on obtient même à la surface, autour de l'électrode, la flamme du sodium. Lorsque l’électrolyte est constitué par de l'acide sulfu- rique dilué, on constate, pendant l'existence de la gaine, qu'à l’électrode négative il se dégage une faible quantité d'hydrogène et une quantité de vapeur d’eau beaucoup plus considérable, mélangée de vapeur d'acide sulfurique, dont la proportion augmente avec le degré d’acidité. Lorsque l'acide est très concentré, on constaté une pro- duction abondante de ces vapeurs d'acide sulfurique, (215 ) même lorsqu’il n’y a pas de gaine lumineuse; avant que celle-ci se forme il se produit autour de l’électrode une gaine opaque, qui est formée par ces vapeurs. Lorsqu'on emploie comme électrolyte l’acide sulfurique dilué, hydrogène mis en liberté, quoiqu'il soit en faible quantité, possède, grâce à la chaleur dégagée dans la gaine, des propriétés réductrices très énergiques. Un fil métallique oxydé est réduit en quelques instants, lorsqu'on s'en sert comme électrode et pourvu que le phénomène ` soit stable. En même temps il se produit un arrachement de la matière superficielle de l’électrode, action qui favo- rise également la mise à nu du métal. Lorsque l’électrode est enfoncée suffisamment pour produire l’action électrolytique ordinaire sans gaine, on constate qu’elle se couvre d’une faible couche noire qui est composée d’un hydrure du métal constituant l’élec- trode. Par contre, si la gaine existe, l'hydrure formé sur l’élec- trode en est arraché violemment, el si la gaine a subsisté quelque temps, on retrouve dans le liquide une poussière noire qui n’est autre chose que cet hydrure. La formation de celui-ci subsiste done pendant l’élec- trolyse avec formation de la gaine, mais il est détaché de l'électrode. La Lorsque l’électrode a été ainsi noircie d’abord par lac- tion électrolytique ordinaire pendant quelque temps et qu'on veut rétablir la gaine en l’enfonçant moins profon- dément, on constate que cette couche d’hydrure contrarie la formation de la gaine, précisément de la même manière que le font tous les corps mauvais conducteurs; la gaine Commence par se former à la pointe du fil et remonte lentement jusqu’à la surface à mesure que l’hydrure s'en et présente les phénomènes que nous avons décrits pré- eédemment. (214 ) trouve détaché. Il résulte des observations que nous avons faites et de leur analyse exposée précédemment, que l'étendue de la surface de contact de l’électrode joue le rôle prépondérant dans le phénomène de la production de la gaine. Nous donnerons plus loin quelques données numériques à ce sujet. L'expérience suivante appuie encore cette manière de voir. Si l’on approche, à l’intérieur du liquide, de l’électrode négative qui présente une gaine, un fil conducteur nu quelconque, qui n’est pas en communication extérieure : avec la source d'électricité, une décharge électrique lumi- . neuse continue, semblable à un arc, se produit entre l'élec- trode et le fil dans le liquide. Cet are se produit plus faci- lement lorsque le second conducteur possède une surface de contact relativement grande par rapport à celle de _Péleetrode. Pendant l'existence de cet arc, le second conducteur devient également lumineux, si sa surface de contact n'est : pas trop grande; lorsque celle-ci a une certaine étendue, Parc se forme plus nettement, mais les conducteurs ne + présentent aucune gaine lumineuse. phénomène est évidemment dû au fait, que le cou- rant électrique, pour passer de l’électrode négative à l’électrode positive, se divise sur les chemins qu'il peut suivre en raison de la conductibilité de ceux-ci. Il passe ici en partie par la surface de contact que présente le second conducteur avec le liquide. Il est évident que si le second conducteur reste en con- tact immédiat avec l'électrode, il forme corps avec celle-ci (215) HI. — Relation entre les différences de potentiel et les degrés de concentration de l’acide sulfurique. Dans le but d’éclaicir le phénomène, nous avons recher- ché quelles différences de potentiel doivent exister entre l'électrode et l'électrolyte, afin que le phénomène se pré- sente sous l'aspect décrit sous le numéro 3, dans un élec- trolyte donné à différents degrés de concentration. Le choix de l'électrolyte était a priori assez indifférent; aussi avons-nous opéré avec le mélange d’eau et d'acide à 66° B, et nne électrode négative en cuivre de 07,95 immergée à une profondeur d'un demi-millimètre sous le niveau. L’électrode positive en plomb avait une surface de 180 cm?, qui a été maintenue constante pendant toute la série des expériences. On trouvera rassemblés sur la courbe (fig. 1) ci-après les résultats des expériences que nous avons faites sur ce point. Les abscisses donnent les degrés d'acidité da liquide en poids, les ordonnées indiquent les différences de potentiel concordant avec la première manifestation du phénomène. L'examen des différences de potentiel nous montre que, si l’on fait croître le degré d’acidité du liquide, cette différence de potentiel diminue, puis reste à peu près stationnaire pour augmenter ensuite aussi rapide- ment qu’elle avait diminué. ll est intéressant de mettre en regard de cette courbe celle des variations de la résistance de l'acide sulfarique avec la concentration de cet acide. Pour cela nous avons indiqué sur la même figure Ja variation de la résistance de l’électrolyte en fonction du degré d'acidité exprimé par le pour-cent en poids d’acide à 66° B. On voit, au premier 57e SÉRIE, TOME XXII. 16 ET NCES DE POTENTIEL DE CONCENTRATION DE L'ACIDE SUL- , LES DEGRES FURIQUE. RELATION ENTRE LES DIFFERE Les chiffres entre parenthèses indiquent les proportions ERE i en poids sur 407 d'acide à 60’ Baumé, AES ER ME EEE | SRE nes nan H HE u kn | td SO ae À | i i ‘EE C PTE REELS | | ny i TELL EEE moun z EE ak ; L Hd HIT. EEE en: ACT eu CT TT SENEE pepa S Sn E A EA ; 5 PARMAHAM EH EEL EHA H HHE HE HEER H FE panwar IE #5 HHTHH fi Wi Il dee ded did Ed = EJ TI PEEL i i Ll i & j ÉPrOCETTI | e EEE Benne He EEE: + | dit dt ey a 3 EL FE. | J - RELATIONS ENTRE L'INTENSITÉ DU COURANT ET LES SURFACES D'IMMERSION POUR DES ÉLECTRODES EN Fe ET EN -CU DE DIFFÉRENTES SECTIONS PLONGÉES DANS DE L’ACIDE SULFURIQUE A 15,5 °/o (EN een 3 A Bed DA NE Ads pre) | Pa Fé 4 ] A A b A i A A A Hil MH sr 5 A 7 y f A | "4 f 1 / À LE nn ji a à | 2 pa à / ES / f AT Le S GA N + [vi ame de cuwre np Pur 4577 Re va Lame de cuivre de 1 sur se 2E VSRERNSSESESATRTIIR HAS ERRANS EN COT ELEL LLL LELET Een 1080 H4O 4200 RGU 1320. 1500 t620 1630 1740 1800 = t EE) = coup d'œil, que ces courbes ont la même allure générale. Le minimum de l’une se trouve dans la même région que le minimum de l'autre. > Nous ne pourrions pas dire que la différence de poten- tiel soit exactement proportionnelle à la résistance de l'électrolyte; cependant il est clair que cette résistance joue un rôle prépondérant dans le fait de la variation. De ce qui a été dit au chapitre II, il résulte que, pour constater à quelle différence de potentiel minima le phénomène lumineux commence, il importait de plonger dans le liquide une électrode dont la surface de contact fût le plus faible possible : c’est pourquoi nous avons employé un fil de 0®®,25 de diamètre, enfoncé d'un !/, millimètre. Nous avons cependant constaté que, quelle que soit la forme géométrique de l'électrode, la différence de potentiel nécessaire pour que le phénomène commence est indé- pendante de cette forme géométrique, à condition que les surfaces de contact soient les mêmes. Remarquons qu'il vagit ici du commencement da phénomène. Nous avons constaté, en second lieu, que le phénomène commençait à la même force électro-motrice (pour un degré d'acidité donné), quelle que fût la nature de l’ élec- trode employée. IV. — Relations entre l'intensité du courant et les surfaces immergées de l’électrode négative. Ainsi que nous le disions déjà précédemment, il est manifeste que les dimensions de la surface du contact entre l'électrode et un électrolyte donné jouent in ee Phénomène le ròle principal. H suflit, en effet, pour sen a (218) B Fic. 3. S FORCE ÉLECTROMOTRICE 76 VOLTS. RELATIONS ENTRE L'INTENSITÉ DU COURANT ET LES SURFACES D'IMMERSION POUR ÉLECTRODES EN Fe ET EN Cu DE {mm,75 DE DIAMÈTRE PLONGÉES DANS DE L'ACID SULFURIQUE A DIFFÉRENTS DEGRÉS DE CONCENTRATION. i N x are Bane e r S aa jannaandcugensnneEsenen ques COTE à 2) | | rA w AR AE OA NP As et. 20% 30% 4 (219) rendre compte, de se rappeler que l'acide sulfurique à 60 °/, en poids possède une résistance spécifique à peu près un million de fois supérieure à celle du cuivre. Nous avons entrepris, à ce sujet, une série d'expériences qui étaient conduites comme il suit. Dans un électrolyte donné, nous plongions une électrode donnée à des profon- deurs différentes, de manière à avoir des surfaces de con- tact différentes, et nous relevions pour chacune de ces profondeurs l'intensité du courant; nous prenions la pré- caution de maintenir la différence de potentiel constante ainsi que la température du bain. Nous avons répété celle expérience avec des électrodes différentes et en nous ser- vant comme électrolytes de mélanges d'acide sulfurique et d'eau, à différents degrés de concentration. Les résultats de ces expériences se trouvent consignés dans les courbes des figures 2 et 3; la légende de ces courbes indique pour chacune d’elles les circonstances dans lesquelles on s’est placé. De l'inspection de ces courbes nous concluons ce qui suil : 4° Chaque courbe individuelle montre que, si l'intensité ne croît pas en proportion directe avec l'étendue des sur- faces immergées, celle-ci agissent cependant comme fac- teur principal de l'accroissement. Nous aurons l’occasion d'y revenir. 2 Comparons les courbes 1, l, HI, IV, V et VI, pour lesquelles le degré d’acidité est égal à 15 °/, en poids, et la différence de potentiel égale à 76 volts. Quoique les électrodes en cuivre aient varié de 0,78 millimètres carrés jusqu’à 20 millimètres carrés comme section, c'est-à-dire que la résistance de l’électrode ait varié dans le rapport de 1 à 25, et que, d'autre part, ces courbes se rapportent à des (220 ) électrodes en. cuivre et à des électrodes en fer, dont les résistances électriques sont entre elles comme 1 est à 7, nous constatons que si les sections et les formes géomé- triques extérieures de ces électrodes et leur nature influent sur l'intensité du courant, le rapport de ces intensités ne se rapproche guère de celui des résistances des deux électrodes. Néanmoins, il est manifeste que les formes. géomé- triques extérieures et la nature des électrodes ont une influence. 3° a) Comparons les courbes I et II (lils de cuivre de 4 millimètre et de 1"",75 de diamètre); elles montrent que Pintensité augmente, toutes choses égales, dans un certain rapport, avec les sections des électrodes. : Ce fait est confirmé par les courbes IH et IV (fils de fer de 1"",75 et de 4 millimètres de diamètre). Cependant les courbes VII et VIII montrent le con- traire; ces courbes, nous le faisons remarquer, se rap- portent à des électrodes de section rectangulaire; nous reviendrons plus loin sur ce fait. b) Si nous comparons la courbe IV qui se rapporte à une électrode en fer de section circulaire de 12°" 57 carrés, à la courbe VI qui se ` rapporte à une électrode en fer de section plate de plus forte pour cette dernière. = Ceci se trouve confirmé, quoique nen par les courbes } et }] (cuivre) comparées à la courbe VI (fer). ~ Æ Les courbes II (cuivre de 1"",75) et II (fer de _ 1,75) montrent l'existence d’une influence due à la - patare de l’électrode. Ce fait est confirmé directement par _ les courbes IX et X comparées à Let IL. Dans les conditions _ T™m 50 carrés, on constate que l'intensité du cone est où les expériences ont été faites, il nous paraît difficile (221 ) d'attribuer ce fait à autre chose qu'à des particules de l’électrode détachées de celle-ci et qui influent sur la résis- tance de la gaine. 5° Comparons les courbes V et VIF. Celles-ci montrent que, pour un même degré d’acidité, une même électrode et une même surface d'immersion, l'intensité du courant a une tendance à rester constante, quoique la force électro- motrice varie de 76 à 98 volts. Ceci n’indique:t-il pas que . la résistance anormale qui se crée à l’électrode augmente avec l'intensité du courant qui est débité par unité de surface ? ll nous a paru intéressant de rechercher pour une élec- trode donnée avec une force électro-motrice constante, comment lintensité du- courant varierait avec le degré d’acidité de l’électrolyte. Les résultats de nos expériences sont représentés par les courbes IH, IX, X et XI de la figure 3, qui se rapportent à une électrode de cuivre de 1°",75 de diamètre, succes- sivement plongée dans des électrolytes différents consti- tués respectivement par de l'acide sulfurique à 15,5 °, à 59°, à 49 °/, et à 66 °/, en poids, ainsi que par les courbes [II et XII qui se rapportent à une même électrode de fer de 1"",75 de diamètre, dans l'acide à 15,5 h età 66 °/, en poids. Ces courbes, encore une fois, montrent que les inten- silés du courant subissent nettement l'influence de la résistance spécifique du bain électrolytique. V. — Conclusions. Précédemment nous avons dit que. des phénomènes 5 at À analogues à ceux que Pélectrode positive. En effet, celle-ci kus lumineuse - - (222) | lorsque sa surface de contact avec l’électrolyte est petite relativement à la surface de contact de l'électrode négative. ais le phénomène s'y produit moins facilement; à surfaces égales, c'est à l’électrode négative qu'il se pré- sente. | Nous n'avons pas réussi à le produire simultanément aux deux électrodes. Au lieu de donner une gaine lumineuse, l'éleetrode positive semble plutôt devenir incandescente elle-même; de plus, elle disparait rapidement, entrant en réaction chimique avec l'électrolyte. Nous avons cru dans ces conditions devoir expérimenter avec le courant alternatif, ce qui n’avait pas été fait jusqu'à ; présent. Comme pour le courant continu, l'une des élec- trodes présentait une surface de contact avec l’électro- lyte amplement suffisante pour éviter tout phénomène anormal. : Lorsque l'autre électrode est enfoncée suffisamment pour produire l’action électrolytique ordinaire, il s’y dégage des bulles d'H et d'O, sans vapeur d’eau, en quantité notable. Lorsqu'on retire cette électrode jusqu’à un certain point, les phénomènes lumineux se représentent, semblablés à ceux que nous avons observés pour le courant continu à Félectrode négative. Cependant, deux points sont à noter. D'abord il se produit une quantité de vapeur d'eau consi- dérable qui est due à l'évaporation produite par le déga- gement de chaleur; d'autre part, l'oxygène ét l'hydrogène mis en liberté se recombinent successivement en grande partie. On perçoit un bruit caractéristique, que nous attri- buons aux explosions successives et très rapprochées __produites par les combinaisons de l'H et de l'O. ( 225 ) Cette manière de voir se trouve confirmée par certaine particularité qui se produit pendant la période transitoire qui sépare la production des phénomènes normaux de l’électrolyse, et la production d’une gaine lumineuse, au contact de l’électrolyte, et que nous avons nommée la période instable. On se rappelle, en effet, que celle-ci se présentait pour le courant continu et se manifestait par un bouillonnement qui précédait la production de lumière. lei, pendant cette période instable, il se produit les mêmes intermittences dans les phénomènes, mais en même temps on note une succession de petites explosions, nettement caractérisées, évidemment dues aux combinaisons de l'O et de PH. VI. Ainsi que nous le disions déjà précédemment, ce qui caractérise le plus nettement le phénomène qui nous occupe, c'est la résistance anormale très considérable qui apparaît avec la gaine et se trouve localisée dans celle-ci. Ous Savons que, lorsque le courant électrique passe d’une électrode dans un électrol yte, il trouve une résistance très forte à la surface de contact, si cette surface n’est pas très grande relativement à la section du fil. Nous rappelons que l'acide sulfurique dilué à 60 °/, en poids possède une résistance spécilique électrique à peu près un million de fois Supérieure à celle du cuivre. Done, lorsque la surface d'immersion est faible, la résistance offerte au passage du Courant de l’électrode au liquide doit être considérable. Mais le phénomène qui nous a occupés ne peut être attribué à cette résistance telle quelle, quoique celle-ci en | constitue manifestement la cause première. L’électrode est entourée d’une gaine gazeuse composée ( 224 ) de vapeurs de l’électrolyte et d'hydrogène, dans lesquelles se trouvent des particules du métal de l’électrolyte lorsque ce dernier est constitué par une dissolution saline. Cette gaine gazeuse doit nécessairement créer une résislance anormale qui n’est autre que celle que nous avons constatée. a) La résistance de cette gaine doit donc dépendre essentiellement de la nature de l'électrolyte ; ) La présence des particules de l’électrode dans cette gaine explique comment il se fait que l'intensité varie, toutes autres choses égales, c’est-à-dire comment il se fait | que la résistance par unité de surface de l’électrode varie avec sa nature. c) La forme Bn disions-nous précédemment, a une influence sur la résistance de la gaine. Dans le cas d'une électrode cylindrique, la résistance offerte par la gaine au passage du courant peut être considérée comme la somme des résistances que présentent la série de couches dans lesquelles on peut subdiviser la gaine par une suite de cylindres concentriques à l’axe du fil. La résistance de Chacune de ces couches est proportionnelle à son épais- seur, à la résistance spécifique du milieu, et inversement proportionnelle à sa base, qui est constituée par l'un des | cylindres concentriques. Or, nous allons voir que, à surface égale et à épaisseur constante de gaine, la résistance est plus faible, si l'on — considère des fils de faible rayon. _ Soient 2r,, 2r, les diamètres de lé lecirode et de la | gaine, dont e est l'épaisseur; soit enfin h la longueur de - l'électrode sous le niveau du liquide, quantité qui équivaut a : la longueur de la gaine elle-même, si l’on néglige la ( 225 ) partie inférieure à l’électrode; soit aussi K la résistance spécifique de la gaine; on aura, en appelant p la résistance de la gaine i Ea re dr K i Ta. kf 2rrh 2rh oe, le logarithme est népérien. ` Supposons que l’on ait rh — constante — c, c'est-à-dire que la surface immergée reste constante et qu’en même temps l'épaisseur de la gaine ne change pas, c’est-à-dire que ra Ti + 6 On aura K i (1, + e) Za 27h 5 Aid Kr, (r,+ e) Ps. à, TC t Voyons comment p varie avec r: i DE Re dr 2rc $ r, Zeer, re do K rte e- —— — | lg ne | dr, are] Fi Hte] _ Or, la quantité entre parenthèses est toujours positive, donc, quand r augmente, p augmente. — ; La comparaison des courbes I, H, HI, IV, trouvées expérimentalement, donne un résultat contraire. Il faut en ence de la forme géométrique de lélectrode, ainsi _ Welle subit celle de la nature de cette électrode. + _ Conclure que la résistance spécifique de la gaine subit l'in- ne ( 226 ) Sur les cas dans lesquels deux formes hémiédriques conju- guées ne sont pas superposables. Conditions nécessaires et suffisantes pour qu’un polyèdre soit superposable à son image vue dans un miroir plan. Possibilité dans les cristaux d’un genre d'hémiédrie donnant des formes conjuguées superposables quoique ne possédant ni centre, ni plan de symétrie. Symétrie directe et inverse. Groupe télartoédrique non signalé dans le système quadratique; par G. Cesàro, chargé du cours de minéralogie à l'Uni- versité de Liège. Lorsque dans un polyèdre cristallin on supprime tous les éléments de symétrie, sauf les axes que l’on conserve intégralement avec leur degré de symétrie, on obtient un genre d'hémiédrie appelée holoaxe, qui donne naissance à deux formes hémiédriques conjuguées, en général non superposables. Les auteurs donnent de cette propriété remarquable une démonstration qui n’est pas rigoureuse. Nous allons d’abord exposer celle démonstration en la détaillant de manière à mettre en évidence le point par lequel elle se trouve en défaut. « Soit P un polyèdre, p et p' les deux formes hémié- driques ho!oaxes auxquelles il donne naissance; mar- quons sur le polyèdre P les faces qui constituent p de manière à les distinguer de celles qui constituent p- Supposons, s'il est possible, que les formes p et p' soient __ égales et que p puisse venir occuper la position que P) ves v ( 227 ) occupe actuellement par une rotation w autour d’un cerlain axe À. Imprimons la rotation w autour de l'axe À à l'ensemble pp’ : p viendra en p' et p' en p, c'est-à-dire qu'après rotation P se trouve dans une position iden- lique à sa position primitive; donc À est un axe de symétrie d’un certain ordre n du polyèdre P et, en outre, la rotation qui a amené p en p' serait — ou un certain nombre de fois . Or ceci est impossible; car dans le polyèdre p tous les axes du polyèdre P étant conservés avec leur degré de symétrie, une ou plusieurs rotations de autour de à amènent p en coïncidence avec lui- même et non avec p’. » Cette démonstration est en défaut au point où le texte est en italique : il est évident que, si une rotation œ autour de À amène p en p', une rotation w effectuée en sens inverse, autour du même axe, amènera p'en p; mais on ne voit pas pourquoi la rotation qui, dans l’ensemble pp', amènerait p en p’, devrait aussi amener simultanément p en p. Voici un exemple : Considérons une pyramide ayant Pour base un triangle équilatéral et son sommet en un point qnelconque de la perpendiculaire élevée au centre de la base. Nous obtenons un polyèdre ayant un axe ter- naire (°) et trois plans de symétrie, qui peut être représenté par le symbole (As, 5P); la forme générale, provenant _ d'un biseau sur les angles basiques, est une pyramide ditri- gonale symétrique Sabcde/ (fig. 1). En supprimant les plans de symétrie, nous aurons deux formes hémiédriques holo- verser vw nn () Système de la tourmaline. axes (da) qui sont des P aides régulières: ayant | pour Een ABC et Has Bee Herd, re Dir a une rotation © autour de l’axe ternaire, SABC vien | en SA’ BC, mais SABC ne vient pas en SABC; tant qu'on es ctuer la tion par une rotation de Tosan dë l'axe loranre. dément on ne par- ee. deere à superposer SABC qu’à elle-même ; cependant hs) deux polyèdres hémiédriques sont superposables (*) Le but da présent article est de donner une démon- stration apie de l'iné nu dos 5 5 à it, bien: enter Gr ae ju 258, note ( i er en en de NC MER ej 2, a ERO Kee EE TeV % ds LS FR MS, Lt ASE SET AT Ra ("229 deux formes sont symétriques par rapport au centre sup- primé ou par rapport à un plan de symétrie supprimé, l'une est par rapport à l’autre son image vue dans un miroir plan; pour chercher dans quel cas ces formes sont superposables, on est donc amené à résoudre la question Suivante : e Quelles sont les conditions nécessaires et » SufJisantes pour qu'un polyèdre soit superposable à son > image vue dans un miroir plan? » Nous avons trouvé, qu'outre les polyèdres possédant un centre ou un plan de symétrie, il existe une troisième classe de polyèdres, qui, sans posséder l’un ou l'autre de ces éléments, sont cependant superposables à leurs images. Cette dernière classe de polyèdres ne peut jamais provenir d'une hémiédrie holoaxe, mais peut être rencontrée parmi les formes cristallines. ~ Conditions nécessaires el suffisantes pour qu’un polyèdre Soil superposable à son image vue dans un miroir Plan. TuforÈme l. — « Il ne peut exister que trois classes de » polyèdres superposables à leurs images : 1° Les polyèdres » Qui ont un centre; 2 Les polyèdres qui possèdent un _» plan de symétrie ; 3° Les polyèdres qui, sans avoir de _ » Centre ni de plans de symétrie, possèdent un axe de > Symétrie d'ordre pair, perpendiculairement auquel les » sections sont deux à deux égales et tournées l’une par >. rapport à l’autre deT, si n est orem de me » l'axe, » Soit P un polyèdre, r son geks par rapport à ui ao ( 250 ) | point (°); supposons que P soit superposable à P, et cher- chons les conditions nécessaires pour que cela soit possible. Pour amener P en P, on y parvient, en général, par une rotation et une translation; si nous désignons par P' la position prise par P après rotation, P’, ne différant de P; que par une translation, est aussi le symétrique de P par rapport à un certain point : ainsi, on peut faire abstraction de la translation et chercher les conditions nécessaires pour qu'une rotation puisse amener P en coïncidence avec son symétrique P’. Soient S et S’ les sections faites respective- ment dans P et P’ par un plan passant par le centre C de symétrie de l’ensemble PP’ et perpendiculaire à l'axe de rotation : S'est symétrique de S par rapport à C. Lorsque P sera venu coïncider avec P', S coïncidera avec S'; ce n'est donc que parmi les différents moyens d'amener S sur son égale S' par rotation autour d'un axe perpendiculaire a leur plan qu’il faut chercher ceux qui pourraient amener P sur P’, Deux cas peuvent se présenter : ou S ne possède pas daxes de symétrie perpendiculaires à son plan (°°), ou elle en possède, Premier cas. S ne possède pas d'axes de symétrie perpen- diculaires à sun plan. mm meet LE à m 5 x 5 à i ƏT p - sS (°) C'est-à-dire des droites qui t de 5, amènent ~ €n coïncidence avee elle-même. (43 Ce cas se subdivise en deux : ou S est déjà en coïnci- dence avec S' dans sa position initiale, ou cette coïncidence n'a pas lieu. a) Si S est déjà en coïncidence avcc S’ dans sa position initiale, pour que P soit superposable à P', à cause de l'hypothèse que nous faisons sur S, il faut que nécessairc= meut P soit déjà en coïncidence avec P’ dans sa position initiale (`), done le centre C de symétrie de l'ensemble PP: est un centre du polyèdre P. On obtient ainsi un polyèdre centré. b) Si S ne coïncide pas avec S', on peut l’amener à coincider avec celle-ci par une rotation de 180° autour d’un axe L passant par C (fig. 2). Si A est un sommet de P, Fic. 2. B' devra être un sommet de P'; or, A’ est aussi un som- LE Voir a), p. 255. sne ed SÉRIE, TOME XXII. | 1i ( 252 met de P’, et il est facile de voir que A'B’ cst perpendicu- laire au plan SS’ et est divisée par ce plan en parties égales. Ainsi, dans le polyèdre P' (et par conséquent dans P) à tout sommet B' correspond un sommet A’ symétrique par rapport au plan SS’. On obtient ainsi un polyèdre en dant un plan de symétrie. Comme il n'existe qu’un seul point (°)du plan SS’ autour ae la figure S, en tournant, peut venir coïncider avec S; (t) Ce théorème général de cinématique est en défaut dans cer- tains cas particuliers, auxquels se rapporte le second cas. Ainsi, par exemple, un triangle équilatéral peut venir coïncider avec son symé- trique de trois façons différentes suivant qu'un certain sommet vient s'appliquer sur tel ou tel sommet du symétrique. Si A doit venir en B' (fig. 5), on peut y parvenir par une rotation de 480° autour FIG. & de C qui amène A en A’, puis par une rotation de 120° autour de L qui amène A’ en B'; mais, ces deux rotations équivalent à une rota- tion unique de 500° autour du point E, sommet du triangle équila- Rs tes be comme gade La ese est indifférente pour la u ne pas l’être pour la super” position des PR dont Sets mt ia sections : il se peut que P soit construit de telle sorte que P ne coïncide pas avec P’ lorsque A ( 255 ) il n'est pas possible de trouver, dans les conditions consi- dérées, une autre classe de polyèdres qui puissent être superposables à leurs images. Second cas. S possède un axe de symétrie perpendicu- laire à son plan (`). Ce cas, comme le premier, se subdivise en deux : S coïn- cide avec S', ou S ne coïncide pas avec S’. a) Si S coïncide avec S’ et que les polyèdres sont aussi en coïncidence, on arrive, comme dans le premier cas, à un polyèdre centré; mais il peut se faire que, malgré la coïn- cidence de S avec S’, P ne coïncide pas avec P’: on ne peut alors espérer d'amener la coïncidence des deux polyèdres que par une ou plusieurs rotations z autour de l'axe de symétrie commun à S et S’, vu que ce sont là les seules rotations qui ramènent S en coïncidence avec S. æ) Supposons d’abord m pair — 2n, de sorte qu’une rotation œ = 7 ramène S en coïncidence avec S'. Soit Q (fig. 4) le plan SS', C le centre de symétrie du système PP’, L l'axe de symétrie de S. Si A est un sommet quel- conque de P, après rotation © =2, il vient en B’, qui doit donc être un sommet de P’: en joignant B'C, et prenant CB = CB’, on obtient en B un sommet de P, qui, par la rotation œ, donne en D’ un sommet de P’ corres- coïncide avee son symétrique A’, mais que la coïncidence a lieu lorsque A coïncide avec B’. Voilà pourquoi nous avons dù distinguer le cas où S ne possède pas d'axes de symétrie perpendieulaires à son plan de celui où S possède de tels axes. (°) Une figure fermée ne peut avoir qu'un seul axe de symétrie perpendiculaire à son plan : si elle en avait deux, elle en aurait une infinité. En outre, il est facile de démontrer que m doit être un entier. ( 234 ) -pondant par symétrie à un sommet D de P, et ainsi de suite : on voit que dans la section s faite par un plan > t 4 k — tir "s Pie Wen GA, à Bard ON r 1 ` ` “ aF EA À i i t saw * ee | A BAK Bd HEURE eh ET r NEN: Fed : 1 Vos fis P De r i 4 a, EE, A Éhieutireen à L, on passe par une rota ion 2 d’un sommet du polyèdre P à un autre sommet du me polyèdre; me n rotations 2» on revient ge FF section s correspond une section s, (s el s, étant équidis- tantes de Q) qui représente la position que prendrait s après rotation de 7 autour de L. Si l’on consilère de même deux antres sections ¢ ct /, équidistantes de Q, la forme de celles-ci est indépendante de celle de s et s,, mais on trou- vera encore : 1° que la rotation 2E autour de L amène | ' i 8 l. 6: | | ( 259 ) sa véritable ambition le porte plutôt à donner des leçons. de choses, à la manière des romanciers anglais. Son réa- lisme, er effet, s’il ne se prive pas d'humour, n’a rien des: bravades ni des outrances de certaine école francaise. Pour lui, d’ailleurs, la réalité n’est pas exclusive d'idéal, et la matière mest pas seule en jeu. Sous ce rapport, il se rapproche des romanciers anver- sois qui ont préféré se servir de la langue néerlandaise. Cela même augmente l'intérêt de cette lecture. En notre Pays bilingue, on ne saurait voir avec indifférence cette sorte de rivalité, je veux dire d'émulation, pour rendre au mieux, au plus vif, nos choses courantes et actuelles, nos facta domestica. N’est-ce pas un peu tenter pour les lettres ce que nos peintres ont si bien réussi, de tout temps, pour nos mœurs nationales ? J. STECHER. J'ai l'honneur d'offrir à la Classe, de la part de M. Pi- renne, professeur à l'Université de Gand, un exemplaire de son édition de l'Histoire du meurtre de Charles le Bon, comte de l'landre, par Galbert, de Bruges. Cette nouvelle édition fait partie de la collection de textes pour servir à « l'étude et à l’enseignement de l’histoire », publiée à Paris, depuis 1886, sous le patronage d’un certain nombre de membres de l'Institut, de l’Université, de l'École des chartes et de l'École des hautes études. Le texte de Gal- bert, précédé d'une introduction assez développée, accom- Pagné de notes et suivi de quelques poésies latines con- lemporaines, a été soigneusement revu sur les manuscrits, dont les variantes sont placées au bas des pages. M. Pirenne établit dans son introduction, contrairement à Vopinion de Köpke, qui a fait une édition de Galbert pour les Monumenta Germaniae historica, que cet écrivain avait le titre de notaire, mais il montre, d'un autre côté, que les notaires de Flandre, au XII° siècle, étaient loin de ressembler aux notaires de la fin du moyen âge et de l’époque moderne. C'étaient, dit-il, des fonctionnaires du comte, chargés de jouer le rôle de grefliers auprès des tribunaux, de tenir note des revenus du domaine et sans doute aussi de servir de scribes dans la chancellerie. En sa qualité d’employé dans la chancellerie centrale, Galbert a eu des relations suivies avec le comte lui-même, pour lequel du reste il professait une vive amitié. Il est certain que le récit du notaire de Bruges est à la fois la plus importante et la plus intéressante de toutes les sources relatant le meurtre de Charles le Bon (2 mars 1127). Ainsi que le fait remarquer M. Pirenne, ce récit présente un caractère bien rare dans l’histoire du moyen -âge : c'est un journal. A mesure que se déroulaient les événements, Galbert prenait des notes jour par jour, qu'il consignait brièvement sur ses tablettes. Plus tard, quand il en avait le loisir, il rédigeait quelques pages d’après les notes informes qu’il avait à la hâte jetées sur la cire. Mais le temps lui a fait défaut pour remanier ses notes d’une manière complète. Il est mort avant d’avoir pu ter- miner ce travail de rédaction. Au point de vue de la vérité historique, nous n’avons pas à regretter que les choses Sè soient passées de la sorte, car les notes de Galbert, prises sous l'impression du moment, sont bien plus vivantes et pittoresques que les parties du récit revues avec soin. On trouve, en effet, dans celles-ci, les fades élégances à la mode au XIIe siècle, des allitérations, des citations des livres saints, etc. Il est heureux pour nous, dit avec raison | ( 261): M. Pirenne, que le temps ait manqué à Galbert pour réerire dans le même goût le reste de son livre. Le récit de Galbert est resté profondément inconnu pendant le moyen âge. La relation de Walter ou Gauthier, archidiacre de Thérouanne, répondait beaucoup mieux au goût de l’époque, et c’est à elle que se sont adressés les chroniqueurs à partir du XII° siècle. : C'est ce qui explique que les manuscrits de l’histoire i du meurtre de Charles le Bon n’ont jamais été très nom- breux. Au XVI° siècle, le curé Meyer en avait un dans sa bibliothèque. Les Bollandistes parvinrent à s'en pro- curer quatre. Mais tous ces manuscrits, dont l'un était Contemporain de Galbert ou peu postérieur à son époque, sont perdus. On n’en connaît aujourd'hui en réalité que deux, l’un et l’autre du XVI: siècle, conservés l’un à Arras, l’autre à Paris. En effet, un troisième, ayant appartenu à feu le chanoine Carton, de Bruges, et qui se trouve aujour- Chui dans la bibliothèque de M. le comte T. de Limburg- Stirum, n'est qu’une copie sans valeur, faite il y a environ une cinquantaine d'années, d'un manuscrit plus ancien non encore retrouvé. C'est d'après les manuscrits d'Arras et de Paris, soi- gneusement collationnés par M. Pirenne, qu'a été faite la nouvelle édition. Parmi les éditions antérieures, il n’y en a nn seule qui soit vraiment originale, c’est celle des Bollandistes, due à Henschen et Papenbroch. Dom Brial et Langebek se sont bornés à reproduire le texte des Bollandisten, Ce qui est plus grave, c'est que Köpke, tout en signa- — t les manuscrits d'Arras et de Paris, ne s'en est pas servi. Il a pris comme base de son édition le texte des es ( 262 ) Bollandistes; mais, au lieu de recourir au texte original des Acta sanctorum, il s’est servi de la réimpression de Langebek, ce qui fait que les nombreuses fautes typogra- phiques de l'édition de Langebek ont passé dans celle de Köpke. Il est vraiment fâcheux qu’une pareille négligence ait pu se glisser dans une collection aussi justement célèbre que celle des Monumenta. Rien ne serait plus injuste que de répéter à ce sujet : Ab uno disce omnes. Mais il importe, pour l'honneur de cette œuvre grandiose, que son comilé de rédaction fasse publier une nouvelle édition de Galbert. Une autre déconverte, également fâcheuse, a été faite par M. Pirenne au sujet de l'édition des Bollandistes. On n’y rencontre pas, en effet, aux §§ 413, 114, 115 et 118, des passages plus ou moins étendus qui se sont évidem- ment trouvés dans les manuscrits dont se sont servis Henschen et Papenbroch. Or, ces passages renferment des atlaques très violentes contre le clergé. C'est donc pour ce motif qu’ils ont été supprimés. Nous nous bornerons à en citer un seul (1), parce que c’est le plus court : « Et de nouveau nos prêtres déclarèrent sottement qu'un prêtre d'Aertrycke, un prêtre de Couckelaere et le clere Odfrid avaient, par leurs incantations, mis en fuite le comte Thierry et les siens, alors que c'est Dieu qui dispose et ordonne toutes choses. » (1) $ 4145. Iterum nostri sacerdotes idiote dicebant presbyterum ex Artrica et presbyteram ex Cuislara et Odfridum clericum pér incantationes fugasse in bello consulem Theodoricum et suos, cum Deus omnia disponat et ordinet. ( 263 ) L'œuvre des Bollandistes jouit à hon droit d’une grande réputation. Il est donc regrettable que des omissions comme celles que je viens de signaler aient été faites dans le temps. Il est permis de croire que les continuateurs de celle œuvre gigantesque ne dépareront plus à l'avenir leurs éditions par des omissions de cette nature, qui jetteraient nécessairement du diserédit sur l'ensemble de leur travail. Les notes explicatives mises par M. Pirenne au bas des pages sont nombreuses, mais elles se bornent à donner des indications sans lesquelles le texte de Galbert ne serait guère intelligible. A. WaGENER. J'ai l'honneur d’offrir à la Classe, de la part de M. A. Van Branteghem, archéologue à Bruxelles, un exemplaire du catalogue illustré de la collection d'œuvres d'art exposée à Londres, en 1888, par le Burlington fine arts Club. Ce magnifique ouvrage in-folio se compose de 105 pages de texte et de 53 planches en chromolithographie et en phototypie. Les œuvres exposées, au nombre de 297, appartiennent toutes à la céramique grecque. Ainsi que le dit avec raison M. Cartault (1), la collection de M. Van Branteghem occupait dans cette exposition, à laquelle avait contribué la princesse de Galles, la place d'honneur. En effet, des 297 objets exposés, 185, c'est-à- dire plus des trois cinquièmes, faisaient partie de la collection de notre compatriote. L'exposition se composait de deux parties principales bien distinctes : les vases et les figurines. (4) Terres cuites grecques, 1890, p. xiym. — | pen | SÉRIE, TOME XXI. 19 ( 264 ) : Sur des 141 vases exposés, 82 appartenaient à M. Van Branteghem. ‚ L'auteur du texte explicatif, M. Froehner, les a divisés en onze classes. La première comprend les vases peints de l’Attique, qui portent la signature de l'artiste. Ces vases sont extrêmement rares. Avec cette passion qui caractérise les vrais amateurs, M. Van Branteghem a cherché, depuis des années, à s’en faire une spécialité, et l’on peut dire qu’il a admirablement réussi dans ses efforts. A l'exposition de 1888 figuraient déjà douze vases de Vespèce, et je crois pouvoir affirmer que leur nombre s’est encore accru depuis. L'un d’entre eux est d’une rareté et d’une valeur excep- tionnelles, au point de vue de l’histoire de la céramique athénienne. De toutes les ei ons de PAttique parvenues jusqu'à nous, la plus ancienne est incontestablement celle qui est gravée sur un de ces vases à ornements rectilignes qui ont été trouvés à Athènes, près du Dipylon. Mais immé- diatement après vient se placer l’inscription de la coupe Van Branteghem, qui, d’un autre côté, est la plus ancienne de toutes celles qui contiennent la signature de l'artiste. Elle remonte certainement jusqu’au VIe siècle avant J.-C. Une coupe très remarquable aussi est celle qui a é décorée par Euphronios. Il résulte, en effet, de découvertes faites, il y a quelques années, à l’acropole d'Athènes, qu'Euphronios était dans la plénitude de son talent au commencement du V° siècle, c'est-à-dire antérieurement à la destruction par les Perses du Parthénon primitif. _ Un piédestal en marbre blanc portant l'inscription r Eögaóviog xeoaueue, Euphronios potier, prouve la consi ration dont j jouissait à Athènes cette catégorie d'industriels, el i ( 265 ) dont l’art décoratif atteignit peu à peu un si haut degré de _ perfection. La coupe Van Branteghem décorée par Euphronios est certainement une des œuvres d'art les plus accomplies qu'on puisse rencontrer. Le nom d’Euphronios, de cet humble potier auquel un des plus savants archéologues de notre époque, M. Klein, a consacré un ouvrage étendu, est digne de figurer sur la liste des grands artistes de tous les temps. Le deuxième groupe de la collection Van Branteghem contient des vases corinthiens archaïques; le troisième, des. vases d'ancien style trouvés à Arsinoé, dans l'ile de Chypre. Dans le quatrième sont rangés neuf vases de toute beauté, où l'on remarque de nombreuses traces de dorure. Deux d’entre eux, quoique trouvés en Thrace, sont évidem- ment de fabrication athénienne. Les figures, de couleur rouge, rehaussées de blanc, de bleu et de pourpre, se détachent sur fond noir. Ce sont des œuvres de l'époque d'Alexandre le Grand, exécutées avec une rare perfection. M. Froehner déclare sans hésiter que ce sont de véritables chefs-d'ceuvre dans le domaine de la peinture sur vases. Le cinquième groupe se compose de dix-neuf ænochoés Se rapportant aux fêtes de Bacchus, à l’époque des Anthes- téries. Toutes portent comme décoration des groupes d'enfants se livrant à différentes espèces de jeux. Ce décor Particulier s'explique par la circonstance qu'à la fête des Anthestéries on plaçait des couronnes sur la tête des enfants âgés de trois ans. La collection Van Branteghem est une des plus riches ena œnochoés de cette espèce. | o Le sixième groupe comprend quelques petits vases à- ( 266 ) figures rouges, destinés probablement à des usages de toilette, Le septième groupe est un des plus remarquables de la collection. On y trouve ces vases à fond blanc qui appar- tiennent généralement à la catégorie des lécythes, c'est-à- dire de ces vases à long col qui avaient incontestablement une destination funéraire. Si quelque chose peut nous donner une idée de ce que devait être la peinture des Grecs à l'époque de ce qu'on nommait le grand art, c'est-à-dire de l’art de Polygnote et - de son école, ce sont bien certainement les lécythes à fond blanc. L'un de ceux qui font partie de la collection Van Branteghem date, selon toute apparence, du V° siècle avant notre ère. On y voit deux femmes dont lune joue de la lyre, l’autre de la double flûte. On peut dire sans exagéra- tion qu’elles ont la majesté des figures qui ornent la frise du Parthénon. Les chairs et la coiffure, couvertes d'un émail spécial dont il n'existe, paraît-il, aucun autre exemple, se détachent en blanc clair sur un fond jaune pâle. L'une des femmes porte un péplos noir dont les plis sont indiqués par des lignes rouges; le péplos de l'autre est d’un bleu pâle jusqu’à la ceinture, tandis que la partie inférieure porte les traces d’un rouge éclatant. C'est bien < ainsi qu'il faut se figurer les personnages héroïques de l’école de Polygnote, qui se distinguaient bien plus par la grandeur de la composition et l’incomparable pureté des lignes qre par l'éclat de la couleur et ces effets de lumière qui caractérisent la peinture des époques plus récentes. Dans le huitième groupe sont rangés les vases à couleurs . appliquées sur couverte, dans le neuvième groupe les vases en forme de têtes ou de figures. _ Le dixième groupe se compose d'une seule coupe, Sur laquelle se détache en bas-relief la Minerve de Phidias. ( 267 } Il est prouvé que des bas-reliefs de ce genre, d'une époque relativement récente, étaient faits dans un moule. Mais on rencontre rarement un exemplaire aussi finement achevé que celui de la collection Van Branteghem. Eufin le onzième groupe est formé par trois petits vases émaillés, faits à l'instar de la poterie émaillée de l'Égypte. On a supposé qu’ils provenaient de la colonie grecque de Naucratis. La deuxième partie de la collection exposée par le Burlington fine arts Club se composait de 156 terres cuites, dont 103 étaient empruntées au musée Van Branteghem. La Classe connaît le profond étonnement qui frappa le monde des archéologues lorsque furent découvertes, en 1874, les premières figurines de Tanagre. La révélation était si inattendue que les plus savants parmi les anti- quaires commencèrent par émettre des doutes sur l'authen- licité de ces figurines, doutes d'autant plus surprenants qu'on aurait dû reconnaître tout d’abord que, parmi les arlistes contemporains, pas un n'eùt été capable de modeler des statuettes aussi merveilleuses et portant un cachet si évidemment grec. On a beaucoup admiré, il y a quelques années, el non Sans raison, la Sapho de Pradias; mais combien elle est inférieure à cette Corinne de Tanagre, qui figure dans la collection Van Branteghem! À l'heure qu'il est, plus personne ne doute de l'authen- licité de ces petits chefs-d'œuvre, dont on a fini par trouver des exemplaires un peu partout dans le monde hellénique. On en a, en effet, découvert à Thèbes, à Thisbé, dans l'ile d'Eubée, en Attique, à Corinthe, à Hermione et Surtout en Asie Mineure, à Myrine, à Smyrne, à Tarse et- ailleurs. ( 268 ) Les terres cuites exposées par M. Van Branteghem forment quatre catégories. A la première appartiennent les terres cuites de la Grèce proprement dite. . La seconde comprend les terres cuites de l’Asie Mineure, dont le caractère est sensiblement différent de celles de la Grèce. La troisième ne se compose que d’une seule figure : c'est une terre cuite égyptienne représentant le dieu Horos enfant. La quatrième, enfin, est formée par trois figurines émaillées. Nous n’en finirions pas si nous voulions énumérer toutes les figurines de la collection Van Branteghem qui mériteraient d’être signalées à l'attention de la Classe. Bornons-nous à dire qu’il s’y trouve des spécimens de premier ordre représentant presque toutes les époques de l’art -plastique chez les Hellènes. On y voit, par exemple, deux figures de Silène qui portent l'empreinte évidente du VI°? siècle avant notre ère, ainsi que trois statuettes d'Aphrodite, dont l’archaïsme voulu rappelle l'enfance de l’art. Mais à côté de cela un Marsyas buvant à une outre el un groupe composé d’une Silène et d'une nymphe nous ramènent directement au siècle de Périclès. Ce sont, dit M. Froehner, d'inappréciables chefs-d'œuvre. Viennent ensuite les nombreuses figurines qui i rappellent se style plus gracieux, mais moins sévère, en faveur à l’époque d'Alexandre le Grand. Dans ce nombre signalons tout d’abord une Victoires Nike. Ainsi que le dit M. Cartault dans son récent ouvrage sur les terres cuites de la Grèce, trois Victoires admirables sont sorties des fouilles qui ont eu lieu pendant ces der- a | | S EAEN aen Ene MD orde AR EEEN, C 269: ) nières années en Asie Mineure : la Niké Castellani, la Niké Gréau et la Niké Sabouroff. La Niké Castellani, ajoute M. Cartault, est la plus belle de toutes. Or, c'est précisément celle-là qui fait partie de la collection Van Branteghem et qui se trouve reproduite au n° 212 du catalogue du Burlington fine arts Club. Je ne veux pas abuser du temps de la Classe en lui en faisant une description. Ceux d'entre mes confrères qui prennent plaisir aux œuvres d’art pourront s’en faire une idée en jetant un coup d'œil sur le catalogue. Si je me suis permis d'insister d'une manière peut être un peu trop détaillée sur l’ouvrage que je viens d'offrir à la Classe, c'est que ce n’est pas seulement un livre, c'est aussi el surtout un musée belge que je voudrais lui faire connaître. La collection Van Branteghem est fort connue en Angleterre, en Allemagne et en France. Elle ne l’est guère, je crois, en Belgique. J'avoue du moins, en ce qui me concerne, que j'ignorais encore, il y a quelques mois, qu'une aussi merveilleuse collection se trouvât à Bruxelles, Ce que j'en ai dit jusqu'ici ne se rapporte qu’à la collec- lion telle qu'elle était composée en 1888. Mais depuis celle époque, j'ai pu m'en convaincre il y a quelques jours, elle s’est encore enrichie considérablement. Ainsi notamment la collection des lécythes blancs, si importante . Pour nous faire connaître l’époque classique de la peinture hellénique, est sensiblement plus riche aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a quelques années. M. Van Branteghem, an Surplus, n’est pas un de ces amateurs qui cachent leurs | trésors. Il ’empressera, j'en crois être sûr, de montrer les siens à ceux de mes confrères qui lui en exprimeront le désir. Je voudrais aussi, et je dirai pourquoi, que nos con- frères de la Classe des beaux-arts en prissent connaissance. art hellénique a été pendant quelque temps, en ( 270 ) Belgique aussi bien et peut-être plus même qu’ailleurs, relégué au second plan. On le croyait, en effet, bien à tort, représenté complètement par l’école de David, qui, certes, ne répondait plus à nos aspirations. Il en est résulté que, d'un côté, par un excès de romantisme, on a mis au pre- mier rang l'art du moyen âge, tandis que, d'autre part, par une réacton excusable, on s’est lancé en plein dans le naturalisme. Heureusement on commence à comprendre aujourd’hui que ce n’est ni l’art mystique du moyen âge, ni le naturalisme contemporain qui nous ramèneront dans les grandes voies de l’art. L’art grec, où l’étude conscien- cieuse de la nature s'est constamment alliée à la préoccu- pation de l'idéal, fût-ce même dans la reproduction des scènes de la vie ordinaire, ou dans la poursuite du comique, voire même du grotesque, l’art hellénique, dis-je, est, je crois, appelé derechef à une véritable renaissance. Les découvertes étonnantes faites dans ces derniers temps mon- treront à nos artistes des voies nouvelles, presque complè- tement inexplorées jusqu'ici, et je me permets d'exprimer opinion qu’une étude attentive de la collection Van Bran- teghem pourrait, dans notre pays, contribuer puissamment à celle heureuse renaissance. A. WAGENER. J'ai l'honneur de présenter à la Classe des lettres, au nom de l’auteur, mon ancien élève, M. le professeur W. Bang de Wezel, une étude mince de volume, mais assez grosse de résultats quant aux principes et à la méthode de la linguistique. Elle a pour objet un des points importants de la formation des langues de l'Asie centrale et met sur le chemin d'études comparatives entre ces idiomes et les langues indo-européennes. Je m’abstiendrai de toute l | f | (271 ) observation que je pourrais avoir à faire à son endroit, et je me bornerai pour toute appréciation à reproduire ici le jugement qui a été porté en Allemagne sur un travail pré- cédent et similaire : « L'auteur, savant bien connu dans le domaine de la linguistique, développe dans cette importante étude les fondements d'un système nouveau de comparaison des langues, sytème qui produit des résultats remarquables et excitera, au plus haut point, l'intérêt des linguistes. » Si l’on a pu dire cela de ce précédent travail, on le pourra mieux encore certainement de celui-ci. C. DE HARLEZ. - COMMUNICATIONS ET LECTURES. — Messieurs, Bien que privé de l'avantage de pouvoir assister aux séances de la Classe, je tiens à rester en communication Scientifique avec mes honorables confrères de Bruxelles. Je prends done la liberté de vous soumettre quelques résultats des recherches que, dans le courant de cet été, j'ai faites aux archives de l'État à Venise. Je m'y suis principalement occupé de l’histoire du ministère du car- dinal de Granvelle en Espagne, de 1579 à 1586. J'ai sur- tout cherché la solution d’une question qui a beaucoup intrigué les modernes historiens du XVI° siècle, et qui est, en effet, d’une importance considérable pour le jugement définitif à porter sur le caractère et sur la politique de Philippe II. La conduite offensive, belliqueuse et violente | 2 Madrid au XVI: siècle, et, même aux archives du Vatican, ( 272 ) que ce monarque a tenue depuis lan 1580, est-elle due à l'influence de Granvelle, ou ressortait-elle de l'initiative personnelle du souverain? Il ne faut pas oublier que, jus- qu’à la date que je viens d'indiquer, ‘la plupart des diplo- mates de l'époque nous dépeignent le roi catholique sous les couleurs d’un caractère faible, indécis, craintif même, préférant toujours les solutions pacifiques, les moyens indirects et les négociations dilatoires aux décisions fortes, viriles et courageuses. Beaucoup d'auteurs modernes, tels que Motley, ont encore exagéré ce portrait, en attribuant à Philippe Il un esprit borné et incapable, presque maniaque. Cependant, à partir de lan 1580, ce même prince conquiert le Portugal, prépare longuement et réalise l'invasion de l'Angleterre, poursuit avec énergie et résolution la réoccupation des Pays-Bas, et envoie ses troupes en France afin de soumettre ce pays à la domination de l'Espagne et de l'Église catholique. Cette métamorphose de la politique espagnole a paru si élonnante à la plupart des historiens, entre autres à ril- lustre Ranke, qu’ils Font attribuée à l'influence de Gran- ' velle, appelé en Espagne comme premier ministre en d 1579, et à celle des hommes d'État de son école. Cette opinion paraissait assez probable et prédominait dans Fhistoriographie contemporaine; mais c'était toujours une ypothèse, non établie sur preuves irrécusables. Le bio- . graphe le plus récent de Philippe, M. Forneron, n'a fait | qu'effleurer le sujet (t. II, pp. 74-77), selon sa manière i plutôt anecdotique qwapprofondie et instructive. - Depuis assez longtemps, j'ai tenté d'arriver à une solu- tion satisfaisante. Malheureusement pour mes recherches, le secret des affaires était assez bien gardé à la cour de: ( 275 ) je n’obtins aucun résultat. Les nonces apostoliques n'avaient pas réussi à sonder assez profondément le carac- tère du gouvernement espagnol. Je crois avoir été plus heureux à Venise. Mon intention est d'écrire un jour l'his- toire du ministère de Granvelle en Espagne, épisode important et trop peu connu jusqu’aujourd'hui : pour le moment, je me contenterai d'indiquer brièvement quelques fails touchant la question dont je viens de parler. Le cardinal est un personnage si intimement lié à l’histoire de Belgique, que je me flatte de l'espoir que cette commu- nication ne sera pas entièrement dépourvue d'intérêt pour mes honorables confrères de la Classe des lettres. Il est certain que Philippe H, en appelant Granvelle de Rome en Espagne, a eu l'intention de lui confier, sous sa Propre surveillance, la direction de toutes les affaires poli- tiques. « En parlant avec moi de l'arrivée de l’illustre Granvelle, écrit de Barcelone l'ambassadeur vénitien Matteo Zane, le 18 avril 1579 (1), le seigneur vice-roi (d'Aragon) m’a dit que le roi a appelé le cardinal à cause du manque de sujets capables dans son conseil; non pas pour lui donner une charge particulière, mais pour l'em- _Ployer dans la direction des affaires, comme qui les connaît le mieux, en partie par suite de sa longue pratique de la Cour, à l’époque de l’empereur Charles (Quint), en partie à Cause des autres grands emplois qu’il a administrés et qui le rendent fort expérimenté. » Et, le 22 août, l'ambassa- deur ordinaire, Gian Francesco Morosini, écrit : « Granvelle est bien en faveur et très estimé de Sa Majesté et, par conséquent, de toute la cour. » Le ministre annonce lui-, même au cardinal Farnèse, le 18 septembre 1579, que le roi a l'intention de employer dans toutes les affaires, (1) Ms., Venise, Frar, Spagna, vol. XI; original chiffré. (274) sauf celles qui se rapportent à l'administration intérieure _ de l'Espagne proprement dite (1). En effet, le cardinal fut pendant quelque temps le chef absolu da gouvernement. « Il est ici tout le ministère dans la haute politique et en ce qui touche l'Italie», écrit à Alexandre Farnèse son correspondant, Juan de Sama- niego (2). « Il continue aux affaires, dit Morosini le 26 sep- tembre, el Sa Majesté ne se sert presque plus d’autres que de lui. Aujourd’hui on prétend qu’elle l'a nommé prési- dent du conseil d'Italie, emploi, il est vrai, moins élevé qu'il conviendrait à un tel personnage, mais puisqu'il reste encore au conseil d'État et qu’il dirige les autres affaires qui se-présentent journellement avec Sa Majesté, il conservera la plus haute autorité. » Et quelques jours plus tard (10 octobre) : « Sa Majesté continue à se servir exclusivement du seigneur cardinal, Le secrétaire Don Juan Idiaquez travaille toujours avec Sa Seigneurie illus- trissime, et expédie avec elle toutes les affaires que Majesté traite actuellement ». Lorsque Philippe H quitta Madrid, en partant pour le Portugal, à la fin du mois de février 1580, il confia à Granvelle le gouvernement entier de ses vastes États (3). A la fin de la même année, le car- dinal est considéré comme maître de la cour et de toutes les mesures politiques (4). La Flandre n'appartient pas _moins à son département que l'Italie (5). ng (1) Pior, Correspondance du cardinal de Granvelle, t. VIL (2) Le 26 septembre 1579 ; ms., Naples, Archives Farnésiennes, ne 9, (5) Ms., Venise, Frant, Spagna, vol. XIII : dépêche de Morosini, 5 mars 1580. r (4) Ibid., dépêche de Morosini, 28 novembre 1580. (5) Pior, Correspondance de Granvelte, t. VII, passim. ( 275 ) On pourrait donc croire que l’opinion généralement acceptée est bien fondée, et que Philippe II s’est contenté de mettre à exécution les avis que lui donnait son premier ministre. Et, en effet, Morosini nous assure que les affaires du Portugal, alors les plus importantes, passaient toutes par les mains de Granvelle (1). Il est évident que la tour- nure énergique et guerrière que la politique espagnole a prise contre le Portugal était conforme aux idées du car- dinal; il n’est pas moins certain que celui-ci a été par- tisan de mesures offensives et violentes contre tous les adversaires de la toute-puissance castillane. I conseilla au roi de s'emparer du Portugal par la force, sans se soucier des exhortations pacifiques du pape, et de ne démontrer au monde la justice de sa cause qu’après s'être. rendu maître du pays (2). Le gouvernement français le considé- rait comme son ennemi particulier et ordonnait à ses ambassadeurs en Espagne de ne s'adresser à lui sous aucune condition et de partir de la cour de Madrid plutôt que de ne pas traiter exclusivement avec le roi lui-même; car on croyait celui-ci beaucoup plus modéré que son ministre (3). Cependant, ici déjà nous trouvons un fait qui nous montre que Philippe n’était point un instrument docile entre les mains de Granvelle, comme on l’a voulu pré- tendre. Lorsque Catherine de Médicis, appuyée ouverte- ment par son fils, le roi Henri III, se posa en rivale des (1) Ms., Venise, Fram, Spagna, vol. XI : dépêche chiffrée du 26 décembre 1579. (2) Ms. Dépéche chiffrée du nonce, 12 février 1580; Rome, Archives secrètes du Vatican : Nunziatura di Spagna, vol. XXV. (5) Ms., Venise, Frari, Spagna, vol. XIII : dépêche chiffrée de Morosini du 50 avril 1580. $ ( 276 ) prétentions espagnoles sur le Portugal, et que la France laissa entrer dans les Pays-Bas le duc d'Alençon à la tête d’une armée considérable, pour secourir les États géné- raux, Granvelle et les amis qu’il avait parmi les conseillers de Philippe IL pressèrent ce monarque de rompre avec la France. Ils exposèrent « à Sa Majesté qu'il était nécessaire qu’elle se fit estimer et craindre, et que, si elle voulait se laisser offenser impunément, d’autres l’inquiéteront égale- ment el continueront à travailler contre elle » (1). Le car- dinal ne se cacha nullement de ses intentions belliqueuses contre la France, pas même devant le nonce apostolique (2). Mais il ne réussit pas. « On croit ici pour sûr, écrit de Madrid Matteo Zane, que Sa Majesté va user de sa pru- dence et de son (legme habituels, et qu’il remédiera aux inconvénients plutôt par les négociations que par les armes (5) ». Pendant l’année suivante, Granvelle a sans cesse conseillé à son roi de faire la guerre à la France, mais ce fut en vain (4). Granvelle ne fut pas moins belliqueux dans les affaires des Pays-Bas, où il se montra fort opposé aux négociations entreprises en 1582 par le prince de Parme avec les États généraux; il espérait peu de cette tentative pacifique nd (4) Ms., Venise, Frari, Spagna, vol. XIV : dépêche chiffrée de Matteo Zane, 50 octobre 1581. — Cf. Ibid., Roma, vol. XV : dépêche de Leonardo Donato, 4 novembre 1581. _ (2) Ms., Rome, Arch. du Vatican : Nunz. Spagna, vol. XXIX- . (5) Voir page précédente, note 3. (4) Ms. Venise, Frarı, Spagna, vol. XV : dépêches chiffrées de Zane, 28 mai 1582, 5 janvier 1583; et vol. XVIIL: en de Vincenzo Gradenigo, Ler juin 1585. ( 277 ) et croyait, au contraire, qu’il serait facile de vaincre par les armes les rebelles affaiblis par leur dissentiments inté- rieurs (1). Ce fut surtout lui qui poussa le roi à mettre à prix la tête du prince d'Orange, en promettant aux assassins une somme de trente à quarante mille écus et d'autres récompenses, « comme le font tous les potentats d'Italie » (2) Lorsque le pape Sixte-Quint publia contre le roi de Navarre la bulle d’excommunication et de destitution, Granvelle conseilla à Philippe de profiter de cette occasion pour s'emparer de toutes les possessions de ce prince au nord des Pyrénées (3). Quoique prince de l’Église, Granvelle : a soutenu avec ardeur la cause des droits du pouvoir civil dans les nombreux différends qui survenaient alors à tout moment entre la curie romaine et le roi d'Espagne, tant sur les privilèges ecclésiastiques de ce monarque en Sicile et à Naples que sur la juridiction ecclésiastique dans l'Espagne même. Les nonces apostoliques ne trouvaient pas d'adver- saire plus tenace que Granvelle (4). La cour pontificale (1) Ms., Venise, Frari, Spagna, vol. XVI : dépêches de Zane, 26 mars, 26 octobre 1583. - (2) Granvelle au roi, 13 novembre 1579; Pior, vol. VII, p. 496. (5) Ms., Venise, Fran, Spagna, vol. XVIII : gen de Grade- nigo, 25 octobre 1585. (4) Ibid., vol. XVI : dépêche de Zane, 26 octobre 1585; vol. XVII : dépêche de Gradenigo, 7 novembre 4584. — Rome, Vatican, Nunz. Spagna, vol. XXVI, dépêche de Marij au cardinal de Côme, 21 décembre 1584 ; vol. XXVII : dépêche du nonce, ERES de Lodi, 2 février 1582. ( 278 ) s’en aperçut bientôt et montra au cardinal un vif mécon- -tentement (1). ; Mais, d’autre part, ce ministre abondait dans le sens de la cour de Rome, quant au projet d'une attaque contre l’Angleterre hérétique. Au cardinal comme à Sixte-Quint, la reine Élisabeth semblait l’ennemie la plus puissante et la plus dangereuse de l’Église catholique et de l'influence espa- gnole. Il n’a pas cessé un instant d’activer les préparatifs de cette grande entreprise et d’exhorter le roi à la tenter sérieusement; « car Sa Seigneurie illustrissime est d'avis qu’il convient ainsi à la dignité de Sa Majesté et à la sécurité de ses affaires, et qu'il n'y a pas d'autre remède à la situation que de frapper la tête et la première cause de tous les maux, c’est-à-dire la reine d’Angleterre » (2). U l’avoua franchement à l'ambassadeur vénitien Lippo- mano (3). Le but de la politique de Granvelle était donc établissement de l'autorité, c’est-à-dire de l'omnipotence du roi d'Espagne sur l’Europe entière, non pas au moyen d’une diplomatie astucieuse et intrigante, mais par la force et par la terreur. nen (1) Ms. Rome, Vatican, Nunz. Spagna, vol. XXVIII : dépêche de l’évêque de Lodi, 28 août: « Il Ser Car'e Granuela me disse aper- tamente, che non restaua molto soddisfatto del modo di procedere, che si teneua seco in Roma, poiche nelli negotij suoi particolari trouaua maggior durezza di quella che li pareua di meritare, et bauendo dimandate alcune gratie di non molta importantia, glérano state negate assolutamente, essendo poi quasi subito state concesse ad instanza d'altre persone ordinarie, » ; (2) Ms., Venise, Fran, Spagna, vol. XIX : dépêche chiffrée: de Gradenigo, 8 mars 4886. (5) Ibid., dépêche du même, 26 juillet 1586. ( 279 ) Jusqu'à quel point Philippe H a-t-il suivi les conseils du cardinal? Tel est le problème qui nous occupe principa- lement. J'ai déjà mentionné un fait important qui démontre que le roi n’était pas entièrement inféodé à la politique prônée par son premier ministre : c'est qu’il ne s'est pas laissé entraîner à une rupture avec la France, et qu'il a préféré des relations supportables avec cette puissance à une nouvelle guerre, qui, sans doute, lui aurait imposé des charges trop lourdes. Mais nous possédons encore des données positives qui prouvent que, dès le moment où Granvelle prétendit diriger son roi selon ses propres idées, il vit son influence décroître rapidement. Les Espagnols avaient toujours vu avec chagrin l’éléva- lion de cet étranger, de ce Franc-Comtois, à la dignité de premier ministre. Ils prétextaient que cette nomination serait le signal d’une révolte générale des Pays-Bas, auxquels le grand cardinal était si profondément odieux (1). Le cardinal de Tolède, membre très influent du conseil d'État et partisan de Perez et de la princesse d'Eboli, élail son adversaire avoué. En général, tous les grands d'Espagne, tous les autres ministres portaient envie à Granvelle (2). « La nomination du seigneur cardinal stanvelle — dit, le 22 mai 1579, l’évêque de Plaisance, nonce apostolique à Madrid, — décidée exclusivement par le roi et Matteo Vasquez, a produit une telle défiance, Colère et crainte dans l'esprit des principaux ministres de cette cour, que tous, à commencer par le scigneur (1) Ms., Venise, Fram, Spagna, vol. XH : dépêche chiffrée de Te 23 mai 4579. (2) 16 id., dépêches chiffrées de Morosini, 99 juillet, 12,18 août 1579, gme SÉRIE, TOME XXII. 20 ( 280 )' cardinal de Tolède, sont à moitié atterrés. Nous en veřrons la fin (1). » — « Hier, au conseil d'État, écrit l'ambas- sadeur de France, M. de Saint-Gouard, le cardinal de Tolède et celui de Granvelle eurent une prise, je ne sçay sur quoy. Mais si une fois il se prend à ces gens-Cy, il sera- bien fin si à la longue il ne trouve qui le sera plus que lui (2). » Granvelle comprit le danger et chercha à gagner les bonnes grâces des Espagnols, en s’abstenant soigueu- sement de toute ingérence dans les affaires intérieures de la Castille et en assurant à tout le monde qu'il ne s'en mêlerait jamais (3). Mais il n'y réussit que très imparfai- tement. Lorsque, pour la première fois, il s'était plaint au roi des intrigues dirigées contre lui à la cour de Madrid, Philippe l'avait pleinement rassuré et lui avait promis de le protéger toujours contre ses adversaires (4). Cependant le monarque était lui-même trop Espagnol pour que l'anti- pathie générale de son entourage contre le prêtre étranger ne finit pas par Vinfluencer. Malgré la haute opinion qu'il avait de la capacité de Granvelle, la faveur qu'il lui avait montrée de prime abord diminua bientôt, et rapidement. Le cardinal s'en aperçut dès le commencement de la troisième année de son ministère, et, pour éviter unè tn (1) Ms., Rome, Vatican, Nunz. Spagna, vol. XXII. (2) Forvenon, Hist. de Philippe II, t. Ul, p. 75, édition de 1882 ; dépêche du 12 novembre 1579, (3) Ms., Venise, Frarı. Spagna, vol. XII : dépêche de Morosini, 22 août 1579, - (4) Gacnanp, Correspondance de Philippe 11, t. 1, Introduction, PP EE Pior, Correspondance de Granvelle, t. VI, pp- ooo] 420. — Granvelle au roi, 7 aoùt 4579, et apostille du roi: ( 281 ) catastrophe humiliante, il émit łe væu de. quitter son poste et de retourner à Rome, en qualité de protecteur de la pation espagnole. Il écrivit à tout le monde que tel élait son désir; et l’ambassadeur d’Espagne à Rome le désigna, en effet, comme le titulaire le plus apte pour celle haute dignité (1). Mais comme elle était déjà promise au cardinal de Médicis, le ministre pensa un moment à se faire nommer gouverneur du duché de Milan (2). Ce fut surtout le vieux duc d’Albe qui, entouré de lauréole de conquérant du Portugal, contrecarra avec succès l'influence de Granvelle (3). Mais si les courtisans supposaient que la mort du due, arrivée vers la fin de lan 1582, rendrait au cardinal son autorité suprême, ils se virent bientôt détrompés. Le roi ne suivit point le conseil de Granvelle, d'attaquer la France, mais celui d’autres ministres, de patienter plutôt et d’intriguer clandestinement contre ce pays (4). De même, Philippe pencha vers un accord paci- fique avec les États généraux des Pays-Bas, contraire- ment à avis du cardinal. Un fait qui fut fort remarqué, c'est que, après son retour à Madrid, en 1583, le souverain n'accorda à Granvelle aucune audience particulière (5). En dehors des dissentiments touchant la haute politique, (1) Francisco de Vera au roi, 29 mai 1581; Documentos escogidos del archivo de la casa de Alba (Madrid, 1891), p. 268. (2) Ms., Venise, Frari, Roma, vol. XV : dépêche de Donato, 25 décembre 1581; Spagna, vol. XIV : dépêche de Zane, 10 février 4 x (5) ds, Venise, Spagna, vol. XV : aen de Zane, 20 décem- bre 1 Th: Ti , dépéche du même, 5 janvier 1585. - (3) Ibid., vol. XVI: EE du même, 14 avril 1585. ( 282 ) il y avait encore pour Philippe IE un sujet de méfiance envers le cardinal; et la méfiance du roi, une fois éveillée, ne se rendormait plus jamais entièrement. Granvelle avait vivement insisté auprès du monarque pour que celui-ci récompensàt les nombreux et très grands services que la famille ducale de Parme lui avait rendus, en cédant à celle-ci la citadelle de Plaisance, occupée encore par les Espagnols, mais convoitée par les Farnèse qui possédaient la ville da même nom. Le roi aurait voulu garder cette forteresse d’une haute importance militaire, la clef de l'Italie centrale; il finit toutefois par céder, mais de mauvaise grâce et non sans garder rancune à Granvelle, qu’il accusait d’avoir sacrifié l'intérêt espagnol à son dévouement pour la famille de Parme (1). ll évita avec ostentation de rencontrer le cardinal, et appela à la cour Don Juan de Zuniga, grand-commandeur de Castille, qu'il combla d'honneurs et de dignités, et qu’il destina ouverte- ment à remplir le rôle de son premier conseiller (juillet 1585) (2). La disgrâce de Granvelle se dessina chaque jour plus clairement. En huit mois, il ne put obtenir du roi que deux audiences (3). Son avis ne fut plus demandé, sauf pour les affaires d'Italie, qui lui étaient spécialement con- fiées et dont l'importance était peu considérable (4). Le commandeur de Castille ne répondant pas entièrement tit (4) Voir de nombreuses dépêches vénitiennes. (2) Ms., Venise, Frari, Spagna, vol. XVI: dépêches de En 16, 54 juillet 1583. (5) Ibid., dépêche du même, 6 août 1583. (4) Ms., Rome, Vatican, Nunz. Spagna, vol. XXXI : aépéete à de l'évêque de Lodi, 7 avril 1884. ` ( 285 ) aux espérances du roi, celui-ci ne se servit plus que du concours d'un simple secrétaire, Don Juan d'Idiaquez (1). Les choses approchèrent d'une véritable crise, comme nous l’apprenons d’une dépêche chiffrée, extrêmement intéressante, de l'ambassadeur vénitien Gradenigo, du 27 mai 1584, Nous croyons devoir la donner littéralement, dans ses parties essentielles (2) : « Prince sérénissime. Le très illustre cardinal Granvelle a fait porter avec beaucoup de courage un de ces jours, devant Sa Majesté, une plainte aussi énergique que modérée, concernant sa situation, puisqu'il voit qu’on ne le traite plus de la même manière que pendant bien des années dans le passé, attendu qu’on ne lui donne que peu el souvent pas du tout connaissance des affaires graves et importantes; et même s'il arrive qu’il émet son avis, Sa Seigneurie ilustrissime n’en retire que de la honte, parce que le roi s'éloigne tellement de son conseil qu'il semble ne pas tenir de son opinion le compte qui, selon le car- dinal, serait dû à sa longue expérience des choses publiques. Ce qui le chagrine grandement, c'est que depuis que le roi est arrivé de Lisbonne, il n’a pu avoir qu'une seule audience secrète, quoiqu'il lait souvent recherchée et qu’il ait fait dire au roi qu’il avait à traiter avec lui d’affaires très utiles et très importantes. Ceci l'a amené à dire à Santagio (3), confident le plus intime du roi, qu’il découvrit son profond chagrin à Sa Majesté, en (1) Ms., Venise, Frari, Spagna, vol. XVII : dépêche de Grade- nigo, der avril 1584. ) ; (5) Barthélemy de Santoyo, domestique très familier du roi. ( 284 ) ajoutant qu’il n’était pas de l'intérêt du service royal d'ad- mettre qu’un ministre ayant traité continuellement les affaires durant quarante ans, à partir du temps de l'em- pereur Charles, de glorieuse mémoire, restât actuellement avec si peu de réputation que, s’il désirait lui parler non pas de choses particulières, mais de celles touchant son service, il ne pouvait pas même obtenir accès auprès du monarque, d’où il soupçonnait avoir offensé par quelque acte l'esprit de Sa Majesté... Le dit Santagio exposa tout cela avec zèle à Sa Majesté, à l’Escurial, à quoi le roi ne répondit rien, ni à la première ni à la seconde fois. Ceci forca Santagio à lui soumettre la même affaire, deux jours après; mais le roi répondit qu’il devait dire au car- dinal qu’il m'avait pu lui parler. Santiago répliqua qu'il n’avait pas le courage de traiter ainsi le cardinal, attendu que Sa Seigneurie illustrissime savait qu'il avait l'oreille du roi autant qu’il le voulait. Alors Sa Majesté lui dit avec colère qu’elle voulait absolument qu'il parlât de la sorte au cardinal. Celui-ci en est resté tout confus et, pour dire la vérité, fort irrité. Ses confidents lui prêtent l'intention de se retirer à Rome aussitôt que possible. On attribue sa disgrâce à la nomination d’un Italien, Doria, au généralat de la mer — élévation qui avait beaucoup irrité les Espa- . gnols, — à son conseil de céder la citadelle de Plaisance aux Farnèse, et à la crainte qu'il ne travaillât bientôt à l'élection du cardinal Farnèse au trône pontifical. » Les plaintes de Granvelle n’amenèrent aucune améliora- tion dans sa position : il resta exclu de toutes les négo- ciations importantes (4). Il est vrai que, dans les cérémo- Re enr (1) Ma, Venise, Fraai, Spagna, vol. XVII: dépêche de Grade- — nigo, 22 septembre 1584. | Goe ( 285 ) nies exlérienres, il continuait à figurer comme premier ministre, mais il n’en gardait que l'apparence. Au mois de mai 1585, pendant que le roi était à Barcelone, Granvelle séjournait à Saragosse, « très mécontent, comme on le comprend, parce qu’il a peu ou peut-être rien à faire, Tout le monde s’en étonne, après la haute autorité dont Sa Seigneurie illustrissime a joui dans ce gouvernement, au su d'un chacun. Je crois réellement qu'il n’est pour rien dans les choses qui se passent, comme ses serviteurs le reconnaissent, lesquels auraient désiré bien vivement pour lui un bon congé de la part de Sa Majesté, pour qu’il pût s’en aller à Rome pendant la vacance du siège papal (1). » Pas plus que ses fidèles, le arida ne cacha son mécontentement. Ministre disgracié en grande partie à cause de son énergie et de l’impétuosité de son caractère, il blâme la mollesse et les lentenrs du gouvernement, dans une lettre officiense adressée an duc de Terranova, gou- verneur de Milan (2), et devant l'ambassadeur de Venise, auquel il dit : « Il est vrai que tous mes efforts restent stériles à cause de la lenteur qui se montre constamment dans les soins les plus indispensables au service des affaires de Sa Majesté catholique (3). Sa colère l'amena à attaquer hautement et presque publiquement les actes du roi, tellement que ses amis en conçurent des craintes graves, tant pour lui que pour leurs propres intérêts (4). (1) Ms., Venise, Fran, Spagna, vol. XVII: dépêche chiffrée de — i 15, Gradenigo, 19 mai (2) Ibid., vol. XVII, 15 avril 1584. — nouer (5) Ibid., vol. XVIII: dé zit, PP as denigo, (4) Ms., Manis. Arch. Farnésiennes, n° 4 : Aldobrandini au due 1584. de Parme, der mars | ( 286 ) Le conflit entre le le roi et son ministre était done, pour ainsi dire, patent. Nous voyons que, à partir de la seconde moitié de l'an 1582, Philippe II, bien loin d'être l'exécu- teur des résolutions de Granvelle, en était devenu presque l'adversaire. Dans cette lutte sourde, le plus fort n’était évidemment pas le ministre. Granvelle fut profondément blessé de la froideur et de la méfiance que le souverain lui montrait si ouvertement. Il finit par en tomber malade. « L'illustris- _ sime cardinal Granvelle est bien faible, écrit Gradenigo le 25 avril 1586, et il se trouve dans cette situation depuis assez longtemps. Je lui rendis dernièrement visite au nom de Votre Sérénité, et vraiment il a beaucoup baissé, tant dans sa mine que dans ses paroles, qu’il a de la peine à formuler. Tous attribuent la cause de sa maladie à ses inquiétudes, qui sont très grandes, en sorte qu’elles l'em- pêchent absolument de dormir. A ce qu'il paraît, ces inquiétudes proviennent du fait que Sa Seigneurie illus- trissime n'est plus employée du tout dans les affaires importantes. On sait même qu’elle n’a eu aucune part dans les mesures prises contre Drake, ce qui étonne la cour entière. » On prévoyait la mort du cardinal. Après bien des vicissitudes, il se rétablit un peu, « plutôt grâce à la force et à la vivacité de son esprit qu’à la vertu des médi- caments, dit Lippomano, le 26 juillet; toutefois il est si _ faible qu'à grand’ peine il se tient sur ses pieds. Il dine cependant en société, s'efforçant ainsi de se comporter aussi gaiement que possible (1). » En septembre, il eut une rechute qui le forca d'abandonner toute occupation - (4) Ms., Venise, Frant, Spagna, vol. XIX. ( 287 ) politique et qui amena sa mort, le 20 du même mois. Lippomano nous donne des détails intéressants et inédits sur ses derniers jours. « Aujourd’hui, vers le soir, le car- dinal Granvelle a rendu son âme à Dieu, après avoir reçu tous les sacrements de l’Église et montré la plus grande fermeté et prudence au n oment de la mort. Il y a huit jours, le roi lui écrivit une nouvelle lettre, extrêmement gracieuse, de sa propre main, le consolant et disant que sa maladie lui était bien douloureuse. Sa Seigneurie illustris- sime lui répondit que le roi avait bien raison de regretter sa mort, parce qu'il perdait en lui un serviteur fidèle, et qui n’avait jamais craint de se mettre sur les bras tous les prince du monde dans l'intérêt de son service; qu'il remer- ciait Sa Majesté de la faveur qu’elle venait de lui montrer, mais qu'il était trop tard pour n'importe quel remède (1). » On comprend facilement le reproche sanglant contenu dans cette réponse du cardinal, qui accuse, pour ainsi dire, le roi d'avoir amené sa mort. « Le cardinal Granvelle, ajoute Lippomano le 27 se tembre, fut enterré lundi avec beaucoup d’honneurs, accompagné de tous les cardinaux, des grands de la cour el des conseils suprêmes, avec un concours immense de Peuple, » L’amiral de Castille, Don Pietro de Médicis et d'autres seigneurs principaux levèrent le corps et le por- tèrent jusque dans la rue. « Dans son testament il ordonne, Parmi les premières choses, que son corps soit amené en Bourgogne pour être enterré définitivement à Ornans, Sa terre, éloignée de quatre lieues de Besançon. Il laisse tous ses biens laïques et séculiers à ses deux neveux, fils mm mm ee (1) Ms., Venise, Fran, Spagna, 20 septembre 1586. ( 288 ) de M. de Chantonay, c'est-à-dire à l’ainé, nommé Don Francesco, — qu'il avait fait ici mettre en prison pendant deux ans pour certains désagréments reçus de lui, mais qui dernièrement était rentré en grâce, — le comté de Chan- tecroy, en Bourgogne, d'une valeur d'à peu près quatre mille écüs de rente, avec autant de terres acquises par lui-même, faisant de tout un fidéicommis pour sa maison. A l’autre, qui s'appelle Don Tomaso, il laisse également huit mille ducats de rente, en partie à Bruxelles et en partie à Besançon, et puis tous les biens meubles de sa maison, ainsi que tout l'argent qui lui revient en Italie... Le cardinal avait eu un revenu de 40,000 écus. Il ne men- tionne nulle part son frère Champigny, qui sert le roi aux Pays-Bas ». Il légua huit mille ducats à ses domestiques. « Deux jours avant sa mort, il se tit apporter de quoi écrire, et, quoique avec bien de la peine, il voulut donner à Sa Majesté quelques recommandations dont personne ne connaît la teneur. Le roi, en dehors de la lettre auto- graphe qu'il lui adressa, lui envoya de suite un chambellan pour aller le voir et pour lui dire que, comme il avait les plus grands regrets de sa maladie, il désirait pouvoir lui donner la vie avec son propre sang, en témoignage de l'affection qu'il lui portait et de l'estime qu’il avait pour lui. Le cardinal dit à l’envoyé de Sa Majesté qu'il la remer” ciait humblement et qu’il l’assurait que la mort lui était douloureuse seulement parce qu'elle le forçait à aban- donner le service de Sa Majesté, dont il savait dans $a conscience avoir toujours été bon ministre et très fidèle serviteur, sans avoir jamais eu le moindre égard pour sa propre vie ou santé. » ~Je crois que ces détails’ sont assez intéressants, puis” qu’ils concernent les derniers moments d’un homme auss! ( 289 ) remarquable que l'était le cardinal Granvelle. ‘Ajoutons encore quiiques paroles da pape Sixte-Quint, qui con- firment ce que nous venons d'apprendre sur la situation faite à cet homme d’État pendant les dernières années dé sa vie. « À l’occasion de la mort du cardinal Granvelle, écrit de Rome l’ambassadeur de Venise, le 41 octobre 1586, Sa Sainteté se mit à me parler de l'erreur que le cardi- nal avait commise en quittant Rome où il restait avec réputation et dignité, avec la direction de toutes les affaires de son roi.en Italie el avec toute la commodité possible pour lui-même, et en allant en Espagne, où il a eu le malheur de tomber dans l’état que tout le monde sait, parce que les Espagnols ne veulent pas se voir adjoindre dans le gouvernement des hommes d’une autre nation ({).» Nous voyons done qu’il ne peut être question d'une influence prépondérante exercée sur Philippe IT par Gran- velle. Le roi lavait appelé à sa cour, parce qu’il manquait de sujets capables dans ses conseils, surtout après la chute d'Antonio Perez, et qu'il espérait trouver en lui un servi- teur énergique qui l’aiderait à réaliser ses projets sur le Por- tugal, conçus bien longtemps avant l'arrivée du cardinal en Espagne. A peine ce but fut-il atteint que Philippe conçut à l'égard de son nouveau ministre la même méfiance qu'il montra successivement à tous ses serviteurs princi- paux: Marguerite de Parme, le duc d’Albe, Don Juan d'Autriche, le cardinal d'Espinosa, Antonio Perez, Alexan- dre Farnèse, et qui faisait dire à ses courtisans que « du Sourire du roi jusqu’à son poignard il n’y avait qu’un pas ». Alors comme toujours, Philippe II fut le seul maître de sa (4) Ms., Venise, Frans, Roma, Senato, vol. XX. j L) politique, seul responsable des succès comme des échecs. Le changement caractéristique qui se fait remarquer dans sa conduite à partir de l'an 1580, est dù exclusivement au développement graduel de l'esprit de ce monarque, nature lente et profonde, qui ne manifesta entièrement ses véri-, tables qualités qu’après avoir atteint la maturité de l'âge viril, C'est là un résultat assez important, ce semble, de l'étude que j'ai pris la liberté, Messieurs, de vous soumettre. M. PHILIPPSON. (2) CLASSE DES BEAUX-ARTS. Séance du 8 octobre 1891. M. H. Hymans, directeur. M. le chev. Eom. MarcHaL, secrétaire perpétuel. Sont présents : MM. C.-A. Fraikin, Ernest Slingeneyer, F.-A. Gevaert, Ad. Samuel, Ad. Pauli, Jos. Schadde, Jos. Jaquet, J. Demannez, P.-J. Clays, G. De Groot, G. Biot, J. Stallaert, Henri Beyaert, Alex. Markelbach, Max. Rooses, J. Robie, G. Huberti, membres; A. Hennebicq, le comte J. de Lalaing, F. Laureys, Ed. Van Even et Ch. Tardieu, Correspondants. MM. Fétis, vice-directeur, Balat et Benoît font expri- mer leurs regrets de ne pouvoir assister à la séance. CORRESPONDANCE. M=! veuve L. Dirickx-Du Caju, à Anvers, remercie PAcadémie, au nom de la famille, pour le discours pro- noncé lors des funérailles de M. Joseph Du Caju, corres- Pondant de la section de sculpture. — M. le secrétaire perpétuel fait savoir que, conformé- ment à une lettre de l'administration communale de Tournai, en date du 11 septembre dernier, il a invité, par circulaire, les membres de l’Académie à assister à l’inau- guration solennelle de la statue de Louis Gallait, qui a eu lieu le 20 du même mois: MM. Hymans et Hennebicq se sont rendus à cetle solennité. La Classe vote des remerciements à M. Hymans pour les paroles qu’il a prononcées en celte circonstance en Sa qualité de directeur. | — M. le Ministre de l'Intérieur et de l’Instruction publique fait savoir que le jury du concours des cantates devant servir de thème aux concurrents pour le grand prix de composition musicale de cette année, a fait choix du poème français portant pour titre Andromède el ayant pour auteur M. Jules Sauvenière, domicilié à Liège; et du poème flamand intitulé Promotheus, avec la devise Excelsior, dont l’auteur est M. Alexis Callant, à Gand. Ce jugement a été prononcé à l'unanimité. — Le même Ministre adresse : Une copie du procès-verbal des opérations du jury du grand concours de composition musicale de cette année; attribuant le premier prix à M. Paul Lebrun, né à Gand. Ont également été décernés : Un premier second prix à M. Charles Smulders, né à Maestricht (naturalisé Belge), et un deuxième second AE à M. Guillaume Lekeu, né à Heusy (province de Liège). Une mention honorable a été accordée à M. Josep Vander Meulen, né à Gand. ( 295 ) — M. le Ministre de l’Intérieur et de l'Instruction publique demande que la Classe veuille bien examiner les critiques dont les concours dits « Prix de Rome » ont été l’objet lors de la discussion parlementaire du .dernier budget de son département, et lui transmettre les observa- tions que cet examen aura suggérées. — Renvoi à la Commission pour le prix de Rome. — Le même Ministre communique une requête de M. Lagae, lauréat du grand concours de sculpture de 1888, et sollicitant de pouvoir reproduire, à titre d'envoi régle- mentaire, un bas-relief antique découvert à Rome. — Renvoi à la section de sulpture. JUGEMENT DU CONCOURS ANNUEL DE L'ANNÉE 1891. SUJET DART APPLIQUÉ, Musique. Un prix de mille francs avait été proposé pour la Composition dune symphonie à grand orchestre. Le concours était limité áux Belges. Les partitions devaient être remises au secrétariat de l’Académie avant le 1% sep- tembre 1891. Quatre partitions ont été reçues. Elles portent les titres et devises suivantes : _N° 1. Devise : Alea jacta est. N° 2, Titre : Germania. Devise : Es ist eine alte Geschichte, N° 5. Titre : La révoure. Devise : Vorwärts. N° 4. Fides et Labor. (24) ; Rapport de la section de musique, par M. Ad, Samuel. __« Le concours pour la composition d’une symphonie à grand orchestre a donné cette fois des résultats remar- quables. Quatre partitions ont été envoyées à PAcadémie, desquelles trois an moins se distinguent par des qualités sérieuses. La partition ayant pour devise, Alea jacta est, dénote une parfaite entente de la forme de la sonate. Cette par- tition est l’œuvre d’un compositeur pénétré de la forme classique, mais dont la nature ne se manifeste pas encore dans sa personnalité. Nous y trouvons donc une vraie symphonie, et pas seulement un poème instrumental. C’est une qualité trop rare de ce côté du Rhin pour ne pas l’apprécier hautement. L'œuvre a d’ailleurs d’autres qualités encore : l'andante est charmant de tout point et reflète une émotion sincère; le scherzo — malgré des développements un peu bien étendus pour le caractère du morceau — ne laisse pas d'être piquant et de bon effet, par suite de l'emploi de rythmes curieux, ingénieusement agencés. Quant au prê- mier allegro, il est rigoureusement construit dans la forme consacrée par les maîtres de la symphonie, et les développements y sont traités avec habileté. On y voudrait seulement plus de relief dans les motifs et moins de lon- gueur dans l'exposition. La s nie intitulée Germania (devise : Es ist eine alte Geschichte) est l'ouvrage d'un musicien ayant du | t à IETEN ee SL ( 295 ) métier. La construction y a de la netteté, la polyphonie est naturelle, suffisamment sentie, l'orchestre est bien écrit et d'une bonne sonorité; enfin, l’œuvre a un aspect assez pittoresque. On pourrait toutefois désirer un choix plus sévère des motifs. Les développements surtout font défaut. L'auteur se borne à répéter, tels quels, ses motifs; il semble ignorer Part de les transformer, art pourtant indispensable pour la construction de la sonate. On voit que le compositeur né connaît la forme classique que d’une manière superficielle, et non dans son esprit, dans son essence. Aussi les morceaux les mieux réussis sont précisément Ceux dont la construction peut être la plus libre : l'adagio — une marche funèbre d’un bon sentiment, — le final, qui a de l'allure et de l'éclat, et les deux introductions : celle du premier allegro et celle du final. En somme, une partition vigoureuse, qui fait bien augurer de l’avenir de l’auteur. La partition portant pour devise Fides et labor, semble être due à un compositeur encore un peu inexpérimenté. Toutefois, cette partition est loin d’être sans mérite. Malgré la gêne manifeste de l’auteur à se mouvoir dans une composition aussi étendue et complexe, on pressent Chez lui une intelligence fine et un sentiment poétique. _ Il montre, en outre, une certaine indépendance de pensée. L'andante (une marche funèbre aussi) a des éclairs de grâce touchante et le final (une sorte de marche triomphale) est d'assez fière allure. Quant au quatrième ouvrage (devise : Vorwaerts), ce n'est pas une symphonie dans le sens réel du mot, mais 3 star; rome suie 0 ( 296 J plutôt une composition pour orchestre en forme de fan- taisie. La majorité de la section de musique est d’avis que cetle partition pest pas au niveau des trois autres. en première ligne, un autre d'accorder le second rang à Fides et labor; une voix aussi s’est portée sur Vortoaerts. Mais la majorité de votre section de musique a décidé de vous proposer : . 4° De décerner le prix en partage aux deux premières partitions, Alea jacta est et Germania, en les citant re cet ordre, qui, à son avis, est celui de leur mérite relatif; 2 D'accorder à Fides et labor une mention honorable. » Un membre de la section a proposé de placer Germanta i La Classe, à l'unanimité, ratifie ces propositions. L'ouverture des billets cachetés des n° 1 et 2 a fait connaître : 1° comme auteur du n° 4, M. Paul Lebrun, de Gand, grand prix de composition musicale pour l'année actuelle; 2 comme auteur du n° 2, M. Louis Mortelmans, d'Anvers. Architecture. Un prix de six cents francs avait été proposé pour le projet d'une colonne ou d'un obélisque à ériger en comme- moralion d'un règne de paix. Le monument, placé sur un soubassement important, sera élevé au centre d’une place publique située au bout d’une avenue. Le mônument, y compris le soubassement, aura une hauteur de 50 mètres. Les plan, coupe el élévation, seront à l'échelle de 0-01. (Le concours est limité aux Belges.) Prix : Six cents francs. CIT) Dix projets ont été remis. Ils portent les devises et marques distinctives suivantes : 1. Deux cercles entrelacés et traversés par une barre. 2. Le croissant lunaire. 3. Pax. 4. Janus. 5. Obeliskos. 6. Patrie! 7. Deux cercles entrelacés. 8. Union. 9. Persévérance. 10. Pax! Pax! - La Classe se prononcera dans sa séance du 22 octobre sur les conclusions du rapport de la section d’architecture. RAPPORTS. Il est donné lecture des rapports de MM. Schadde, Pauli, Balat et Beyaert sur les notices avec croquis qui com- plètent les deuxième et troisième envois réglementaires de M. De Wulf, lauréat du grand concours d'architecture de 1887. — Ces rapports seront communiqués à M. le Ministre en l'Intérieur et de l'instruction publique. TTT DD mm (298 ) CLASSE DES BEAUX-ARTS. Séance du 22 octobre 1891. M. H. Hymans, directeur. M. le chev. Em. MarcraL, secrétaire perpétuel. Sont présents : MM. Éd. Fétis, vice-directeur; C.-A. Fraikin, Ernest Slingeneyer, F.-A. Gevaert, Ad. Samuel, Ad. Pauli, God. Guffens, Jos. Schadde, Jos. Jaquet, J. Demannez, P.-J. Clays, G. De Groot, G. Biot, J. Stallaert, Henri Beyaert, Alex. Markelbach, Max. Rooses, J. Robie, G. Huberti, membres; `F. Laureys et Charles Tardieu, correspondants. CORRESPONDANCE. LL. MM. le Roi et la Reine font exprimer Leurs regrets de ne pouvoir assister à la séance publique de la Classe M. le Ministre de la Guerre remercie pour l'invitation à la même solennité qui-lui a été faite. i M. Albert Morel de Westgaver, qui a pris part s concours d'art appliqué de l’année actuelle, écrit qu'il accepte la mention honorable que la Classe a décernée à sa symphonie à grand orchestre, portant la devise Fides et labor. L'ouverture de son billet cacheté confirme cette ei : assertion. (299 ) — M. Stallaert appelle l'attention des membres de la Classe sur ouvrage relatif à la collection de M. Van Bran- teghem, archéologue à Bruxelles, intitulé : Catalogue of objects of greek ceramic art, exhibited in 1888; by the Burlington fine arts Club. Ouvrage à propos duquel M. Wagener a lu une notice dans la dernière séance de la Classe des lettres. JUGEMENT DU CONCOURS ANNUEL. ART APPLIQUÉ. Archilecture. La Classe, appelée à se prononcer sur le concours d'art appliqué : Projet d’une colonne ou d’un obélisque à ériger en commémoration d’un règne de paix, se rallie, à luna- nimilé, aux propositions suivantes qui lui sont faites par la section d'architecture : 1° De décerner le prix de six cents francs au projet portant la devise Pax. L'ouverture du billet cacheté a fait savoir que l’auteur de cette œuvre est M. P.-E. Van Beesen, de Bruxelles; 2 D'accorder une mention honorable au projet ayant - pour devise Pax! Pax! L'auteur est prié de faire savoir s’il accepte celte distinction. PRÉPARATIFS DE LA SÉANCE PUBLIQUE. Conformément à l’article 15 du règlement de la Classe, M. Hymans donne lecture du discours qu’il prononcera à la séance publique du 25 de ce mois. ( 300 ) CLASSE DES BEAUX-ARTS. Séance publique du dimanche 25 octobre 1891. M. H. Hymans, directeur. Prennent également place au bureau : M. le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique; MM. Fétis, vice- directeur de la Classe des beaux-arts; G. Tiberghien, pré- sident de l’Académie ; F. Plateau, directeur de la Classe des sciences, M. le directeur désigne M. Demannez, membre de la Classe, pour remplir les fonctions de secrétaire perpétuel en remplacement de M. le chev. Marchal, empêché pour cause de maladie. Sont présents : : MM. C.-A. Fraikin, Ernest Slingeneyer, F.-A. Gevaert, Adolphe Samuel, God. Guffens, Jos. Schadde, Jos. Jaquet, J. Demannez, P.-J. Clays, G. De Groot, Gust. Biot, Vinçotte, Joseph Stallaert, Alex. Mar- kelbach, J. Robie, G. Huberti, membres; Ed. Van Even et Ch. Tardieu, correspondants. Assistent à la séance : CLASSE DES sciences. — MM. F., Folie, vice-directeur; G. Dewalque, H. Maus, C. Malaise, A. Briart, Fr. Crepin, J. De Tilly, G. Van der Mensbrugghe, M. Mourlon, J. Del- bœuf, P. De Heen, membres; Ch. de la Vallée Poussin, associé; L. Errera, correspondant. Ee th MES Van ( 501 ) CLASSE DES LETTRES. — MM. Lamy, vice-directeur ; Alph. Wauters, P. Willems, Ch. Piot, Ch. Potvin, P. Hen- rard, L. Roersch, Alex. Henne, Gustave Frédérix, mem- bres; Alph. Rivier, associé. La séance est ouverte à une heure et demie. M. Hymans, directeur de la Classe, prononce le discours suivant : Dans le vaste et glorieux ensemble d'œuvres accumu- lées par les siècles et dont l'étude importe si grandement à notre connaissance de l'histoire, aucun genre de production n’est mieux fait pour intéresser à la fois l’archéologue et le philosophe, le critique et l'artiste, que le portrait. Renouvelé sans cesse et sans cesse rajeuni au contact de la nature, nous ramenant peut-être, selon l’ingénieuse théorie des Grecs, aux origines mêmes de l’art (1), grande- ment illustré déjà par les Romains, le portrait n'en con- stitue pas moins une expression des plus vivaces du génie artistique des temps modernes. Ayant les maîtres les plus fameux pour artisans de sa perfection, il a aussi pour privilège de réfléchir, avec une constance et une netteté invariables, l'esprit des époques. De là sa haute et durable valeur rétrospective. mm mm (1) D’après les Grecs, le dessin devrait son origine à Dibutade, la _ fille d’un potier de Sicyone, laquelle voulut, à la lueur d’une lampe, tracer sur le mur la silhouette de son amant prêt à la quitter pour un long voyage. ( 502 ) Au simple titre de manifestation artistique, le portrait a eu des fortunes diverses. Refuge fréquent de la médio- crité, aucun autre genre n'a procuré aux statuaires, aux peintres, aux graveurs, l’occasion de plus de chefs-d’œuvre, enrichi leur domaine de travaux plus accomplis. Notre temps fait au portrait une large part dans ses prédilections. Il l’a, peut-on dire, élevé au rang de puis- sance. Servant à mesurer la valeur d’un début, un portrait exalte et parfois ruine, aussi, les réputations acquises. Au point de vue social, à peine dirai-je son importance. De tous les héritages de famille, rien de plus précieux que l’œuvre où se perpétue le souvenir des êtres chers à notre cœur, el nous savons tous combien sont inlinies et char- mantes les formes qu'elle peut revêtir, combien grandes les joies qu’elle nous procure, sans solliciter — ni mériter peut-être — les suffrages de la critique. Créé bien plus pour l'avenir que pour le présent, le portrait emprunte sa signification première, et presque sà raison d’être, à cette condition primordiale de survivre à la personne dont il retrace l’image. Aussi, durant une période fort longue, pendant le moyen àge presque entier, voyons-nous la sculpture et la glyptique chargées seules du soin de perpétuer le souvenir des grandes individualités : de . ssh Ean | des deux sexes. Tàche supérieurement accomplie l'ail- leurs, comme l'attestent entre autres les effigies tombales, véritables trésors, étudiés sans relâche par l'archéologue et l'historien et non moins intéressants pour l'artiste. ‚On a pu, à des époques déjà lointaines, composer des recueils extrêmement précieux de portraits de person- nages illustres, exclusivement empruntés aux figures tom- ee ( 305 ) bales. Le plus souvent le personnage y est représenté les yeux ouverts et longtemps il fut même d'usage de revêtir de couleurs ces effigies sculptées, ce qui, en ajoutant à leur expression, leur donnait aussi un certain degré d'ana- logie avec ces images de cire que l'antiquité et le moyen àge associèrent aux funérailles des défunts illustres. Ce n'est pourtant qu'avec le XV: siècle que le portrait entre en possession des ressourées qui marquent le point de départ de sa splendeur. Dès son apparition, la peinture à l'huile seconde d'une manière surprenante la faculté d'observation des artistes, et, chose peut-être unique dans l'histoire des inventions, leur met aux mains un procédé dont plusieurs siècles d'emploi n'ont fait que confirmer l'excellence. En réalité, l'introduction de la peinture à l'huile crée le portrait peint, et quelle que soit l’action exercée sur lui par la statuaire, celle-ci, à son tour, envisagée dans ses rapports avec le portrait, a grandement profité elle- même de l'exemple de la peinture. N'en trouvons-nous pas une preuve dans les bustes incomparables de la renais- sance italienne, où le discret emploi des teintes vient si puissamment en aide au sculpteur pour ajouter à l’expres- sion de son travail? Il n'existe, comme vous savez, aucune œuvre certaine d'Hubert, l'aîné des frères Van Eyck et, sans doute, l'ini- liateur de son cadet. Jean Van Eyck, en revanche, est l'au- : leur d'un ensemble d'effigies que je n'hésite pas à signaler comme de véritables prodiges. On ne saurait trouver d'autre terme pour qualifier ces interprétations de la nature où, non seulement une personne déterminée, mais tout ce qui lui appartient et l'individualise, revit comme par la force d’un mirage après tantôt cinq siècles révolus. ( 304 ) Ainsi conçu, le portrait cesse d’être une glorification, un symbole; il entre presque triomphalement dans la phase des réalités. Et que de joies il nous procure à dater de ce moment! Dans les chemins ouverts par le génie des Van Eyck viennent successivement s'engager quelques-uns des peintres les plus extraordinaires, dont l’histoire garde le souvenir, non point, sans doute, portrailistes exclusifs: mais dont aucune autre forme de conception autant que le portrait n’alteste l’attentive et pénétrante observation de Pêtre humain. Si étrangement maîtres qu'ils soient du procédé, ils ne lui demandent encore que d'être le serviteur soumis de leur rigoureuse vision. Nul de nous ne songe aux habiletés de la technique en présence des portraits d’un Antonello, d'un Solario, d’un Metsys, d'un Dürer, d’un Holbein, d'un Moro, de tant d’autres prodigieux évocateurs. C’est avant tout le modèle qui nous intéresse et nous subjugue, au point de donner devant sa muette image l'illusion qu'à force de crier comme Donatello à sa statue : « mais parle donc que je Ventende »! ses lèvres vont se desserrer pour nous dire le secret de son existence. Illusion à peine, Car, comme le dit Charles Blanc, le peintre doué d’un esprit peut évoquer l'esprit de son modèle. Les peintres anciens, j'ai hâte de l'ajouter, ne mettent par toujours à si rude épreuve notre pénétration. Outre qu’une ingénieuse combinaison d'accessoires et d'attributs leur vient en aide pour indiquer la profession, les goûts, la position sociale des individus, c’est chez eux aussi un usage fréquent de joindre à leurs portraits des armoiries, des devises, des sentences, mieux encore, le nom et l’âge des personnes représentées, choses dont l'abandon, soit = | | | ( 505 ) dit en passant, mérite d’être signalé comme un contre- sens absolu. Un portrait de mince valeur artistique peut être, au point de vue de l’histoire, une source de première importance. Nulle effigie ne devrait, dès lors, sortir des mains d’un statuaire ou d’un peintre sans porter, tout au moins au revers du marbre ou de la toile, le nom, l’âge et la qualité de la personne dont elle retrace l’image. « Pleins d'idées », pour me servir de l’heureuse expres- sion de Paul Mantz, les portraits du XVI° siècle sont Comme ce miroir magique de la légende, où non seule- ment se réfléchissait le visage, mais la pensée à quiconque s’en approchait. Parfois le regard nous trouble par sa sévérité, impres- sion d’ailleurs voulue, et que souvent précise encore une inscription où se révèle tout à la fois l’esprit du temps et celui de l'individu représenté. Au bas d’un portrait de Solario, à la Galerie nationale de Londres, je cueille cette pensée profonde : « Ne sachant ce que tu fus, ignorant ce que tu seras, que ton étude Constante soit de savoir ce que tu es (1). » Ailleurs on nous dira que les plus secrètes pensées de l'âme du modèle se lisent sur son visage (2), pensées bien définies, car il n’est point ‘rare de voir le souvenir de la Mort gravé dans le sein de l’homme qui a posé devant le Peintre. Ce souci constant de la fin des choses est le fond de tout _le courant populaire d'idées qui, comme l'observe Coindet, (4) IGNORANS QUALIS FUERIS, QUALISQUE FUTURUS, SIS QUALIS, STUDEAS POSSE VIDERE DIU. ; (2) Vultus figura, affectiones pectoris secretiores indicat. ( 506 ) s'explique par les grandes commotions politiques dont l'Europe était le théâtre, et par le peu de sûreté que l'on trouvait vraiment pour ses biens et sa vie, plus encore quand on était illustre que quand on était obscur. Quoi d’étrange, dès lors, à ce que des préoccupations si graves agissent sur le maintien et l'expression des individus; quoi d’étrange encore à ce que ce regard qui arrête le nôtre semble lire dans l'éternité? Le portrait est le triomphe de l'art du XVI° siècle, chose à ce point évidente que toutes les églises et tous les musées nous montrent des triptyques où interviennent les effigies de pieux donateurs, chefs-d'œuvre absolus, quand un panneau principal, consacré à illustrer quelque sujet de la légende, mérite à peine le regard (1). Les contemporains, toutefois, avaient là-dessus d’autres idées. Van Mander, à plus d’une reprise, s'apitoie sur le sort des artistes de son temps, assez disgraciés du sort pon devoir leur existence à un ordre de travaux qualifié par lui de secondaire. Il est piquant de voir le maître de Frans Hals, appelé à être bientôt le représentant le plus glorieus du portrait en Hollande, déplorer les rares occasions fournies aux Néerlandais de s’illustrer dans ce que nous mn a N E E EEA _ (f) Ceci s'applique surtout aux écoles septen:rionales. L'Italie, bien qu'ayant possédé parmi ses peintres des portraitistes de pre- mière valeur, voua longtemps ses préférences au buste et 1: médaille, chose expliquée par la force des traditions de l'antiquité. M. C. Woermann, dans une étude récente sur le portrait en Italie, à l’époque de la renaissance, publiée par In Deutsche Rundschau, fait cette remarque ingénieuse que, parmi les effigies du temps beaucoup nous montrent les personnages de profil, traduisant sn _à toute évidence, le souvenir des médailles. ( 307 ) appellerions aujourd’hui la grande peinture, c’est-à-dire le genre religieux ou allégorique. Il fallut, vous le savez, le retour de Rubens aux Pays-Bas pour amener l’efflorescence d’un ordre de conceptions dont rien, dans l’école flamande, n'avait jusqu'alors prédit la splendeur. Dans ses rapports avec le portrait, dominé par ses sou- venirs du Titien, Rubens n’allait pas tarder à donner au genre une physionomie nouvelle. Dépouillé du caractère ou, si vous l’aimez mieux, du charme de l'intimité, le portrait, dans la forme et dans l'expression, acquiert bientôt la portée d'une ceuvre publique et presque solennelle. « Le premier des Flamands, dit M. Rooses, Rubens a fait vivre ses modèles d’une vie abondante, montrant la circulation d'un sang généreux sous leur peau transparente et enso- leillée. » Fromentin, dans sa brillante étude des maîtres néer- landais, appréciant à son tour la valeur, comme portraitiste, de l'illustre chef d'école, ne conclut pas à l'avantage de ce dernier, « Ses portraits sont faibles, écrit-il, peu observés, Superficiellement construits et, partant, de ressemblance vague. On s'aperçoit que Rubens manquait de cette naïveté attentive, soumise et forte, qu'exige, pour être parfaite, l'étude du visage humain... Je ne dirai pas que ce soit banal, et cependant ce n’est pas précis... Supposez Holbein avec la clientèle de Rubens, et tout de suite vous voyez apparaître une nouvelle galerie humaine, très inté- ressante pour le moraliste, également admirable pour l'histoire de la vie et l'histoire de l'art, et que Rubens, tonvenons-en, n'aurait pas enrichie d'un seul type. » un Le jugement est d'une rigueur sans doute excessive. Dans la série des portraits de Rubens, il en est d'incompa- rables, pour, ne citer que la radieuse image d'Hélène ( 508 ) Fourment, dont la beauté triomphe des joyaux et des atours accumulés sur sa petite personne par les fastueuses prédilections de son illustre époux, une des perles, assu- rément, de la Pinacothèque de Munich, si riche pourtant en chefs-d'œuvre. Mais la sagacité d’un critique de la valeur de Fromentin n’était pas pour être déroutée par de vaines apparences. Rubens portraitiste n’est ni un distrait, ni un indifférent: ` comme tout le monde, il est le fils de son siècle : « époque d'apparât, de politesse, de mœurs officielles pompeuses et guindées », Fromentin lui-même le proclame. Il n'en est pas moins vrai que par et avec Rubens, le portrait entre dans une phase nouvelle, accuse un ensemble de tendances dont la valeur résulte bien plus de la géniale expression qu’elles trouvent sous le pinceau de quelques hommes d'élite que du progrès absolu qu'elles consacrent. | Nul artiste n’a plus puissamment aceusé celte forme nouvelle du portrait qu’Antoine Van Dyck. Jugé dans l'ensemble de son œuvre, il est, sans conteste possible, le plus superbe représentant du genre. Personne, avant lui, pas même le Tilien, n'en a plus complètement fait valoir les ressources, personne non plus n'en a plus royalement écarté les rigueurs. De là, et à très juste titre, les succès incomparables du glorieux élève de Rubens. Donner à tous les hommes la dignité et la noblesse, à toutes les femmes — et quoi qu’en dise Walpole — z grâce et la beauté, voilà sans doute plus qu’il n’en fallait pour faire la fortune d’un portraitiste? Aussi quelle vogue et quelle habile répartition du temps pour y répondre ! D'heure en heure, les modèles se succèdent dans late- lier; à peine le maître a-t-il fait un dessin, une esquisse VEE | ( 309 ) d'ensemble, que les élèves l'ont mis au point, établi sur la toile, en ont fourni l’ébauche. Il ne reste alors à l'artiste, après avoir peint le visage, qu’à préciser l'effet par quelques touches adroites et sûres. Les mains, ces mains si belles, si élégantes, si nobles, ne sont pas, vous le savez, celles de la personne même ; elles ont été pré- parées à l'avance, à l’aide de modèles de l’un et de l’autre sexe, recherchés tout exprès ; elles s'adaptent à tout le monde. Ensemble charmant, prestigieux, mais trop sou- vent aussi, vous le comprenez, manifestement imper- sonnel, Tous les portraits de Van Dyck ne sont pas sans doute le produit de ce système. Il en est où le charme d’une exécution prestigieuse se rehausse d’une individualité pénéirante; en revanche, un trop grand nombre sont des œuvres hâtives, trahissant le désir d'aller vite, de satis- faire aux exigences du modèle, la plus funeste, entre toutes, des préoccupations d’un peintre de portraits. On ne peut nier que le modèle ne vienne souvent d’une manière admirable seconder le peintre. Qui de nous, à la vue de certains visages, ne s'est écrié, avec un sentiment voisin du désespoir : « le merveilleux portrait à faire ! » Mais songez donc au supplice et à humiliation de ce peintre obligé de compter avec les exigences de la sottise et de la vanité, De là, très certainement, espèce de discrédit dont fut longtemps frappé le portraitiste de profession. ous connaissez l'opinion de Van Mander; voici celle d'un peintre qui fut pourtant lui-même, à ses heures, un Portraitiste grandiose, l'illustre Jordaens. en Houbraken rapporte que Nicolas Maes, un artiste hollandais, dont ies effigies à perruques et à rhingraves Sont à bon droit recherchées des collectionneurs, vint à ( 310 ) Anvers, désireux de connaître ses confrères brabançons. Jordaens ayant;fait au’peintre les honneurs de sa galerie et de son atelier, lui demanda enfin la nature de ses travaux. Maes, Houbraken l’atteste, avoua, non sans réticence, qu'il était portraitiste. « Portraitiste ! Hélas confrère, je vous plains ! » s'écria Jordaens, faisant allusion au sort malheu- reux du peintre, esclave des caprices de son modèle. Nous en avons fini, je l'espère bien, des gens capables de confondre l'ombre d'un nez avec la trace d’une prise indiscrète; les priseurs, du reste, se font rares. Mais nos journaux annoncent encore les portraits de « ressemblance garantie », mot précisément sans valeur, attendu que la- ressemblance est chose essentiellement relative et sujette à des variations sans nombre. Que de fois le modèle lui-même nuit à sa propre res- semblance ! Je tiens d’un artiste que, chargé de transmettre à la postérité la plus lointaine l'i image d’un homme en évidence, et plus préoccupé encore de l'être, sa perplexité fut grande en constatant que chaque repos enlevait de la ressem- blance à sa peinture. Pourtant il était certain d’avoir fidèlement observé son personnage. Ce fut celui-ci même qui, fortuitement, donna la clé du mystère. — « À quoi travaillez-vous ? dit un jour le modèle au peintre. — Aux habits, monsieur. — Parfait, quand vous vous occuperez de la face, songez à m’avertir; c'est qu il faut, voyez-vous, que je RER mon visage. » Le pauvre homme, soucieux de j jouer son rôle den la poire, se faisait une figure de circonstance! = I s’agit ici d’une i exception. Observez pourtant que, de (511) même que les individus, les époques ont leur manière d'envisager la ressemblance, et que les artistes, beaucoup moins qu’on ne le croit, échappent à l'influence du cou- rant. De Piles, dont certainement je serais inexcusable de prononcer sans respect le nom dans cette enceinte, car entre beaucoup de choses excellentes qu’il nous a dites sar la peinture, il nous a proeuré sur Rubens des infor- mations d’un prix inestimable, — De Piles a écrit sur le portrait un chapitre curieux (1). v ov v vyv yv vy ve Jugez-en par ce passage : « H faut que les portraits semblent nous parler d'eux- mêmes et nous dire, par exemple : tiens, regarde-moi, je suis ce roi invincible, environné de majesté; je suis ce valeureux capitaine qui porte la terreur partout; ou bien, qui ai fait voir par ma bonne conduite tant de glorieux succès : je suis ce grand ministre qui ai connu tous les ressorts de la politique; je suis ce magistrat d’une sagesse et d’une intégrité consommées ; je suis cet homme de lettres tout absorbé dans la science; je suis cet homme sage et tranquille, que l’amour de la philo- sophie a mis au-dessus des désirs de l'ambition; je suis ce prélat pieux, docte, vigilant; je suis ce protecteur des beaux-arts, cet amateur de la vertu; je suis cet artisan fameux, cet unique dans ma profession, etc. Et pour les femmes, je suis cette sage princesse dont le grand air inspire du respect et de la confiance, je suis cette dame fière dont les manières grandes attirent l'estime, etc.; je (4) Rocer pe Pires (1635-4709). Cours de peinture par prin- cipes, 1708. . ci D a e 3°”° SÉRIE, TOME XXII. 22 se - ( 312 ) » suis celte dame vertueuse, douce, modeste, elc.; je suis » celle dame enjouée qui n’aime que les ris, la joie, ele; » ainsi du reste. Enfin, les attitudes sont le langage du » du portrait. » Les artistes eurent-ils égard aux opinions de De Piles ? _ Peut-être bien, car un singulier rapport se manifeste entre ses théories et les pompeuses images nées du pinceau des peintres et du ciseau des statuaires fameux de son temps, largement inspirés, sans doute, par l'exemple du Bernin. De naturel, il n’en pouvait être question. Songez à ces modes grotesques du temps de Louis XIV, à ces gigan- tesques perruques des hommes, aux fontanges des dames, à l’absurde vêtement connu sous le nom de rhingrave — d'origine hollandaise comme l'indique son nom, et déjà ridiculisé par Molière, — à ces armures de parade qu’on nè mettait plus que pour se faire peindre et qui faisaient des guerriers aulant de Don Quichotte. On ne sait ce qu'il faut admirer davantage, du talent, ou de la complaisance des artistes appelés à interpréter la nature dans de telles con- ditions. Rigaud, et d’autres avec lui, se montrent devant le chevalet en habits de velours ou de satin, et comme pavoisés de draperies battues par un vent de tempête. Que pareilles invraisemblances aient pu naître du pinceau d’artistes de réelle valeur, cela ne sexpique que par l'influence des milieux. Au temps où la p tau peintre | "occasion étalag DE MEN Eet Fac ‚d'étincelantes armures et de flots de dentelles, attitudes et expressions avaient vite fait de se mettre au ton de ces fastueux atours, comme les grâces d'emprunt étaient le complément obligé des houlettes enrubanées et des chapeaux fleuris du XVIIe siècle. C’est qu’en réalité, il y a, ponr le (315 ) époques, un type idéal, dont il faut, bon gré mal gré, qu'un artiste se rapproche, et que lui-même ensuite contribue à mettre en honneur. Ce sera la mode; soit : mais j’affirme que le portrait n’a jamais échappé à son influence. De Piles assure que, de son temps, une femme n’enten- dait se faire peindre qu'à la condition de paraitre belle. « J'ai vu des dames, dit-il, qui mont dit nettement qu’elles n’estiment pas les peintres qui font ressembler, et qu'elles aimeraient mieux qu'on leur donnât beaucoup moins de ressemblance et plus de beauté; il est certain qu'on leur doit là-dessus quelque complaisance. » Les critiques du temps disputent le plus sérieusement du monde sur le point de savoir s’il convient mieux de repré- senter les personnages dans leur costume réel, ou de s'en rapporter au peintre du soin d'en imaginer un à sa guise. C'était tomber de Charybde en Scylla. Les hommes deve- naient ainsi à bon compte des héros, les femmes des déesses, héros et déesses coiffés à la mode du jour, cela va de soi, et vêtus de satin. Un document retrouvé par M. Bredius, dans les archives hollandaises, signale un ménage bourgeois s’accordant avec un peintre pour l'exé- cution de deux portraits : monsieur sera représenté en Scipion, madame en Pallas! Pendant une longue période, en somme, le portrait ne semble possible qu’environné de solennité; il ne paraît Pouvoir se produire que dans une atmosphère de flatterie. C'est que, pendant une longue période, aussi, il est comme l'apanage des grands et des favoris de la fortune, l'aspira- tion suprême des gens en quête de célébrité. J'avoue qu'il doit à cette circonstance une somme considérable d'intérêt et que, la gravure aidant, il deviendra pour l’histore une Source écrite de réelle importance. (514 ) Vulgarisé par le burin, un portrait est susceptible de s'en- richir de tout un ensemble d'informations sur le person- nage dont il redonne les traits, et dont, bien souvent, il complète la biographie. Parfois enfin, et non rarement, il devient entre les mains des thuriféraires un instrument de flatterie. N'est-ce pas l’un d'eux qui a trouvé pour le portrait de d'Harcourt ces vers presque aussi fameux que l'estampe qu’ils décorent : | L'honneur qu’il s'est acquis est sy grand et sy juste _Et l'on aura pour luy tant d'estime et d'amour, Que, comme les grands Roys prennent le nom d' Auguste, Les plus fameux héros prendront celuy d'Harcour. ‚Une femme, ai-je dit, n’entendait être peinte qu'à la condition d’être belle. C’est maintenant au tour du poète de combler la mesure des flatteries du peintre : Moins d’esclat avait dans les yeux Celle pour qui les Grecs firent dix ans de guerre, Et vous m'avez, hommes et dieux, Ny rien de plus beau dans les cieux . Ny rien de sy beau sur la terre. ~ Je multiplierais à l'infini ces exemples; ils ne feraient _ que donner plus d'évidence à ce fait que le publie et les 5 _arlistes se désintéressaient également du « naturel et de la vérité », que le modèle, pour sa part, tenait bien plus à __ressembler à son portrait qu'il m'avait essentiellement à Cœur que celui-ci fût sa fidèle image. ` : (315 ) Un épisode intéressant de l'histoire du portrait marqua l’année 1632. En cette année-là, Van Dyck et Frans Hals se rencontrèrent à Harlem et se firent réciproquement leur image. Les détails de l'entrevue sont faits pour remettre en mémoire la fameuse visite d'Apelle à Proto- gène, car il suffit à Van Dyck d’un petit nombre de coups de brosse pour trahir son incognito. On assure qu'il fit de vives instances pour déterminer son célèbre confrère à le Suivre à Londres. Frans Hals refusa de se laisser con- vaincre. 1 nlairn , Flatter ceux du logis, à son mai p rien de moins conforme à ce que nous savons des goûts et des aptitudes de ce libre enfant de la nature, de cet adver- saire déclaré de la contrainte, non moins dans sa vie que dans son art. Frans Hals n'est ni partout ni toujours le fougueux brosseur que nous admirons dans une partie de son œuvre. Il est permis de douter cependant que son énergique pin- ceau eûl trouvé, parmi les gracieuses dames et les beaux Cavaliers de la cour g’ Angleterre, des modèles aussi favo-: rables que parmi les opulentes bourgeoises et les joyeux gardes civiques de Harlem. Avec cela, l'ainé de Van Dyck d’une quinzaine d’années, il avait dès longtemps des habi- tudes faites, et l’on peut croire qu'en dernière analyse l’art avait plus à perdre qu’à gagner à Vexpatriation du superbe portraitiste. Le portrait, dans l'école hollandaise, constitue vraiment une des plus splendides manifestations du génie artis- tque. ao Consacré, non plus à la griheaion d'un bomme et z ( 516 ) sa race, l’œuvre, par nature et par destination, est faite pour intéresser la foule. Comme le dit Vosmaer, « un peuple nouveau et qui a su s’affranchir du pape, du roi et de la tradition, naît à la vie. Un tel milieu est seul capable de faire éclore un tel art, un art radicalement indépen- dant, naturel, humain, et tiré des entrailles mêmes de la nation (1). » : Groupés en armes autour du chef de leur choix, réunis pour quelque devoir civique ou charitable, pénétrés de la grandeur, tout au moins de Putilité de leur rôle, fiers aussi de l'estime de leurs commettants, les libres citoyens tien- dront à honneur de se faire peindre à frais communs, pour aller ensuite, aux parois de la salle de leurs assemblées, poursuivre cette longue série de tableaux corporatifs dans lesquels leurs descendants relèveront un jour avec fierté leur présence, et à leur tour puiseront une leçon de civisme. Le génie de Frans Hals sut rajeunir cette donnée déjà plus que séculaire de son temps Bien d’autres artistes ont brillé dans le même ordre de productions; on peut dire que, sauf Rembrandt, venu au monde vingt-sept ans après lui, aucun ne Péelipse. : Il y a de nos jours, je le sais, un mérite médiocre, si tant est qu'il y en ait, à faire ressortir la valeur des pro- ductions de Frans Hals, assez hautement appréciées des connnaisseurs. _ Fromentin, que pourtant ses goûts ni son éducation ne préparaient à louer sans réserve Vesthétigue du maître, n'hésite pas à voir en lui « un des plus habiles peintres et ` des plus experts qui aient jamais existé nulle part, même en Flandre avec Rubens et Van Dyck, même en Espagne malgré Velasquez ». Cela peut suffire à la gloire d’un artiste. (1) Frans Hars, Leyde, 1875, p. 2. ( 317 ) Pourtant, constatez l'influence de la mode : à l’époque Où paraissait le livre fameux du critique français, il y avait peu d'années encore que Frans Hals commençait à être jugé à sa valeur. En Angleterre même, où nombre de maîtres hollandais trouvèrent dès le siècle passé de chauds admirateurs, je constate qu’en 1855 une somme de quel- ques livres suffit à payer une œuvre du grand portraitiste. Dix ans après, à la vente Pourtalès, lord Hertford se fait adjuger, au prix de 51,000 francs, un portrait d'homme, aujourd’hui une des perles de la collection Wallace. Depuis, la valeur des œuvres de Frans Hals n’a fait que progresser. Cela n'empêche qu’en 1876 — il y a quinze ans à peine, — Fromentin à pu écrire encore avec un soupçon d'humeur : « Aujourd’hui le nom de Hals reparaît dans notre école au moment où l'amour du naturel y rentre lui-même, avec quelque bruit et non moins d'excès. » L'amour du naturel! Grands dieux! s’il est un domaine où l’on ne s’attendit pas à le voir rentrer, par la simple raison qu’il n’en dût pouvoir sortir, n'est-ce pas celui de l’art? Pourtant il faut se rendre à l'évidence du contraire. Il est incontestable que le XVIII: siècle nous a laissé un ensemble d'œuvres exquises. Avouons que le souci d’être naturel n’a pas dù grandement tourmenter leurs auteurs. À peine se fait-il jour, et bien timidement encore, à une époque déjà rapprochée de la nôtre, comme dans les Œuvres de Greuze et de Chardin, si vite délaissées pour les solennelles conceptions de Le Barbier et de David. Il ne fallut rien moins qu’une commotion révolutionnaire pour ramener le portrait dans les voies du naturel. David, sans se dépouiller tout à fait en sa faveur de son rigorisme académique, n’en a pas moins, surtout à une “époque rapprochée de ses débuts, signé des effigies excel- lentes et dont il serait impossible de contester le naturel (518 ) parfait. Bien entendu, je ne range dans cette catégorie; et __malgré leur valeur d'art, ni le Marat, ni le Le Pelletier de Saint-Fargeau, non plus que le Bonaparte. Ce sont là, à proprement parler, des conceptions historiques. Mais il y a de David tout un ensemble de portraits dont le grand caractère se rehausse d’une sincérité d'interprétation qui les fera rechercher bien au delà de pages plus dévelop- pées, que leurs allures solennelles nous rendent aujourd’hui insupportables. Malgré les incroyables et les merveilleuses, esprit démo- cralique avait eu raison de beaucoup d’excentricités de la mode et, par la forme comme par la couleur, l'habit des deux sexes se signalait par une simplicité plus favorable à la peinture. On allait pouvoir enlin, sans être ni grand sei- gneur ni financier, prétendre à avoir son portrait. Aussi bien, la poudre, l'habit de velours et le gilet de satin délaissés, il devenait difficile au peintre de caractériser le rang social de son modèle. L'individualité primait en importance le rôle; les exemples, en un mot, étaient à chercher dans la réalité, sans l’interposition de Ja fantaisie plus ou moins inventive du portraitiste. Peu à peu on s'accoutuma à considérer les anciens, les Hollandais dont, inconsciemment, on se rapprochait. L'in- fluence des portraitistes anglais, spécialement de Reynolds, se faisait sentir aussi en quelque mesure sur le continent, mais, en réalité, Pimpulsion partait de David. Étape remar- quable, tout le monde a pu s’en convaincre à l'exposition du Centenaire, comme à celle des Portraits du siècle. Voyez Pourtant la signification du portrait, envisagé comme caractéristique d’une époque : l'empire n’était pas fait que, _ déjà, le portrait d’apparât rentrait en scène et, ici encore, la personnalité de David se montre à l’avant-plan. _ Ordonnateur des fêtes républicaines, le chef d'école (319) garda la haute main sur tout l'ensemble du mouvement des arts tant que dura l'ère napoléonienne. Le fameux portrait de Bonaparte, peint après Marengo et que possède aujourd’hui le Louvre, nous ramène en droite ligne aux conceptions de l’ancien régime. naad il fut question de ce portrait, le premier consul voulut savoir comment il serait représenté. — «Je vous peindrai, dit David, l'épée à la main dans un combat. — Ce n’est pas avec l'épée qu’on gagne les batailles. Je veux être peint calme sur un cheval fougueux. — Soit; et quand poserez-vous ? — Poser! Mais vous n’y pensez pas! Croyez-vous que les grands hommes de l'antiquité aient jamais posé pour les images qui sont parvenues jusqu’à nous? — Mais, général, je vous peins pour vos contemporains, Pour vos soldats qui vous ont vu, vous connaissent el voudront vous trouver ressemblant. — Ressemblant : mais la ressemblance consiste-t-elle Seulement dans l'exactitude des traits, des détails, d’un pois sur le nez par exemple? C'est la physionomie, le Caractère de l’homme qu'il faut peindre. — Mais l’un n’empêche pas l'autre! — Alexandre a-t-il jamais posé pour Apelle? Personne aujourd’hui nes’informe si les portraits des grands hommes Sont ressemblants; il suffit que leur génie y vive (1). » Déjà Napoléon pergait sous Bonaparte. en (4) L-J-Jures Davin, Le peintre Louis David, Paris, 1880, Á oi Pp. 582-585. * ( 320 ) Le premier consul eut son portrait sans avoir posé, portrait légendaire, comme tous les autres d'ailleurs, car il n'existe pas, que je sache, une seule image de Napoléon, fidèlement copiée sur le vif. L'empereur en est-il moins connu? Sa physionomie ne s’est peut-être popularisée si vite que, précisément, gans qu’elle n’a été livrée à la foule que dans ses traits caraclè- risliques, ce qui, pour les souverains, à peine entrevus, constitue la ressemblance essentielle. Personne ne s’attend à ce que le profil d'une monnaie soit l’image absolue du monarque, ni que chaque nouvelle émission nous apporte de lui un profil nouveau. C’est qu’il y a, pour les illustrations, une ressemblance spéciale, destinée à fixer la tradition. Rubens, par exemple, dont la physionomie n’est pas moins populaire que celle de Napoléon, a été représenté à différents âges. Bien des personnes en sont encore à ignorer. que l'illustre pemut fut, de bonne heure, affligé d’une calvitie presque complète. Qu'importe à la foule? Elle n’a voulu retenir que l'image populaire, celle au grand chapeau, que le simple fait de prononcer le nom de Rubens représente à notre souvenir. Le maître lui-même l'a sans doute voulu ainsi, et j’ai eu Poccasion de montrer les modifications qu’il apporta à son image dans ce but (4). Bien plus encore que la peinture, le principe régit la statuaire. S'agit-il de transmettre à la postérité le souvenir d'un citoyen illustre, évidemment c'est de l’ensemble des faits de sa carrière que saura s'inspirer le sculpteur. Il mm (1) Rubens d’après ses portraits; étude iconographique. Bulletin- Rubens. Anvers, 1885. ( 321 ) n'ira pas, au rebours du bon sens et du bon goùt, sous prélexte de ressemblance et pour complaire à quelques badauds, commettre l’anachronisme d’immortaliser dans sa décrépitude un homme dont l'œuvre marquante a coïncidé avec la période de sa vie la plus favorable aux måles entreprises. Qu’importerait ici une ressemblance textuelle, alors qu’en l’espace d’une seule génération cette ressemblance n’est plus qu'un vain mot, la grandeur du Souvenir ayant transfiguré l'individu? La théorie de Napoléon ne manquait pas, en somme, de justesse. HI. Le XIXe siècle, en ce qui concerne le portrait, débute Par un événement dont importance ne saurait être méconnue : l'invention de la lithographie. Dès l’année 1799 le procédé était complet. Bien que servant aux usages les Plus divers, il ne tarda pas à devoir son succès principal an portrait. En 1819 déjà, le procédé s'était à ce point répandu que partout retentissaient les couplets d’un vaude- ville bien oublié, Les Bolivars et les Morillos : Vive la lithographie ! C’est une rage partout. Grands, petits, laide, jolie, Le crayon retrace tout! Et c'était bien le cas. Il s'en faut que la lithographie n'ait prêté ses ressources qu'aux œuvres de premier ordre. En revanche, les plus célèbres artistes, — notez que je n'en excepte aucun, — ont illustré le dessin sur pierre par des travaux d'importance considérable. Il existe d'Ingres, par exemple, des portraits lithographiés qui sont des ( 522 ) chefs-d'œuvre. Les deux Vernet, Géricault, Delacroix, Decamps, tous les hommes marquants de la période romantique ont, à l’aide de ce même procédé, mis au jour des planches restées fameuses. Raffet, Bellangé, Charlet, lui doivent presque tout leur renon. Quelques artistes se vouèrent surtout au portrait. La grande vogue de leurs œuvres suffit à dire que ce fut à Ventière satisfaction du public. L'école belge a compté parmi les lithographes presque tous ses artistes notables de la première moilié du siècle, Madou, par exemple, fut, comme lithographe, un portrai- tiste fécond et très original. Il y a de Vander Haert des planches d’incontestable supériorité. Baugniet et Schu- w bert, à eux seuls, ont constitué une galerie de portraits se chiffrant à plusieurs milliers de dessins, parmi lesquels on en pent citer de fort importants. __Tant valait le dessinateur, tant, sans doute, vaut l'image. I suffit à mon sujet de la constatation que la lithographie fut pleinement à la hauteur de son rôle, que ni un fait ni un homme marquants, à quelque titre que ce soit, ne lui échappèrent, qu’enfin l’ensemble de ce qu’elle a créé con- stitue pour l’histoire de la première moilié du siècle une source d'informations qui, hélas! va nous manquer complè- tement pour la seconde. « Elle a, disait Charles Blanc, parlant de la lithogra- phie, avantage de prêter mieux qu'aucun autre procédé, et avec plus de souplesse, à mettre en relief le génie, le caractère ou le tempérament de chaque maitre. » Appli- quée au portrait, son influence fut considérable. Bien que réduite, comme la gravure du reste, à l'unique opposition du blanc et du noir, elle permettait à l'artiste de rendre une manière complète la physionomie du modèle, d'allier (525 ) l'expression à la grâce, la correction de la forme à l’har- monie de l'effet, de faire œuvre d'artiste dans l'acception la plus sérieuse du mot. Ayant, avec cela, cette qualité si désirable de pouvoir se reprodeire à un nombre infini d'exemplaires, l'effigie lithographiée s'adressant à la foule devait, par cela même, se présenter sous une forme à la fois simple et expressive, el je constate que, sous ce rapport, elle exerça sur la peinture une très réelle influence. De beaucoup moins fréquent qu’il ne devait l'être par la Suite, le portrait peint n ‘apparaissait dans les expositions qu'à la condition d'émaner de quelque artiste soucieux de Son rôle et sachant qu’il travaillait pour la postérité au double point de vue de l’art et de Phistoire. Vint la photographie. Ses premières apparitions, vers. 1850, furent accueillies, comme elle méritaient de l'être, avec enthousiasme. Quelle chose prodigieuse, en effet, sans l'intervention d’aucun travail manuel, de reproduire avec une précision de détails faite pour désespérer le peintre le plus minutieux, tout ce que perçoit le regard humain et même davantage! Appliqué au portrait, et vous savez qu'il le fut dès l’origine même, le procédé nouveau rabaissait au rang de simple curiosité les effigies daguériennes. Bien que privé jusqu'alors des délicatesses plus récemment acquises, il y eut en sa faveur un courant irrésistible. Ce fut à qui aurait son image, et si l'on ne proclamait pas encore la déchéance de la peinture, c'est que le moyen de fixer les Couleurs par la photographie restait à trouver. En atten- dant, la lithographie eut à soutenir tout l'assaut de sa redoutable concurrente : elle succomba. Les dessins, où jusqu ‘alors l'artiste redisait pour lui-même et pour nous ses impressions fugitives et qui, dans leur sobriété de bon goût, puisaient une éloquence si si haute, on les taxa de ( 324 ) superflus, de fantaisistes (1). L'artiste par excellence serait désormais le soleil, ce soleil frappé de déchéance à son tour, car, vous le savez, à la faveur de l’étincelle magné- sique on se passe déjà de lui. Te Explorant les réduits les plus ténébreux, dévoilant les secrets les plus cachés, rapide autant que l’oiseau en son vol, que la vague en sa course, luttant de promptitude avec l'éclair lui-même, la photographie fait le jour dans les cavernes, brave le temps et l’espace, décompose le mou- vement, et faisant à ses démonstrations le sacrifice du bon goût, des dessinateurs en arrivent à mettre en scène des cavaliers lancés au galop sur des montures dont l'apparence est tout le contraire de l’effet perçu par notre œil. Ainsi l’exige l’instantanéité! Dans ses rapports avec l'être humain, la photographie, cela va de soi, devait influer très sensiblement sur la con- ception du portrait. Obtenir en l’espace de quelques secondes une image complète, répétée ensuite à un nombre indéterminé d'exemplaires, le tout à un prix infime, ne pas saluer comme l’œuvre du génie pareil exploit serait indigne d’un homme de sens. Il y a quelque vingt ans de cela, M. Legouvé, dans une lecture faite à l’Académie française, insistait sur limpor- tance de la photographie, envisagée au point de vue social. me mme (4) Je ne saurais omettre de signaler en passant, comme un des plus beaux échantillons de la lithographie, le livre trop peu connu d'un peintre français : A.-J.-B. Thomas, Un an à Rome et dans 865 environs, publié en 1850. Composées avec une remarquable entente des sujets, les planches de ce magistral recueil suffiraient à démontrer ce que peut devenir, dans la main d’un homme de talent, le rayon — lithographique. ed ( 525 ) « Elle a, disait-il, mis à la portée des plus humbles celle joie immense, réservée jadis aux classes privilégiées, la joie de posséder l’image de ceux qu'on aime. Grâce à elle, le pauvre paysan qui part pour l’armée emportera dans sa giberne, non pas un bâton de maréchal de France, mais, ce qui est plus facile et non moins doux, le portrait de sa mère à qui il laissera le sien, » Cela est non moins excellemment dit qu’excellemment pensé, les choses envisagées au point de vue du sentiment. Au point de vue de l’art, il faut en rabattre. La photographie, si bien accueillie et si accueillante, si intéressante aussi à des titres nombreux, a porté une grave alteinte à la faculté d'invention, comme à la diffusion du goût, et j'ai bien peur que son triomphe n’aboutisse à détourner l'artiste de l’incessante, délicate et salutaire opération de l'esprit de recherche, dont ses instantanéités Prétendraient en vain nous donner l'équivalent. Tenez, en voyant la foule faire si complaisamment Escorte au char de la photographie, je ne puis me défendre de penser à l’épisode saisissant de la Danse macabre d'Alfred Rethel, créée sous l'influence des événe- ments qui, en 1848, bouleversaient l'Europe. Dans cette image, la Mort, à la faveur d’un déguisement, opère, sous les yeux d’une foule en délire, ce prodige de niveler, dans les plateaux d’une balance, la couronne des rois avec la pipe du prolétaire. Rien de plus réel en apparence, rien de plus faux en réalité. La balance, au lieu d’être suspendue Par le fléau, est tenue par l’épine! Cependant la multitude éclate en transports; seule, une femme courbée par l'âge et Presque aveugle, a constaté la fraude; elle s'enfuit terrifiée. Ne vous semble-t-il pas, Messieurs, dans celte pauvre Vieille, trouver la personnification de l'art; dans le falla- cieux Opérateur, celle de la photographie ? ( 526 ) Suppléant par une apparence de vérité aux nuances exquises du sentiment, la photographie ne crée pas un portrait au sens vrai du mot; car, pour emprunter lex- pression si juste de l’auteur de la Grammaire des arts du dessin, clairvoyante dans le monde de la matière, elle est aveugle quand elle regarde Je monde de l'esprit. M. Legouvé lui-même l’admettait : « Notre visage n’est pas tout entier dans la charpente osseuse, il est anssi dans notre physionomie, dans le jeu des mouvements de notre cœur et de notre esprit, dans ce dedans, enfin, qui est bien pour quelque chose dans le dehors, quand il fait briller nos Yeux, quand il fait palpiter nos lèvres, quand il enfle nos narines, quand il relève nos chairs, quand il répand enfin sur nos traits le feu de la colère, l'éclat de la joie, la lumière de l'intelligence. Tout cela, c’est nous aussi; or, que devient tout cela dans la photographie ? » Voilà pour Pindividualité du modèle. Et l'individualité du peintre, d'où naît, croyez-le bien, le charme essentiel de toute création artistique, croyez-vous qu’on la supprime impunément? - L'image produite par l'objectif photographique est banale, indifférente, inapte à traduire une personnalité, incapable surtout de créer un type, car le portrait, quoi qu'on en dise, ne saurait être jamais qu’une interpré- tation. - Quelle différence entre ces portraits « carte de visite »,— Yn mot passé dans la langue, — et les miniatures d’autre- fois! Un échange de portraits, mais c’est à peine autre chose aujourd’hui qu’un échange de politesse. Que lamou- _ Feux soil aise toujours d'obtenir le portrait de sa belle, Cest probable et même certain. Gageons que son bonheur ` ( 327 ) serait plus parfait si, au revers de la carte, il ne voyait ces mols terribles : On garde les clichés! J'ai mentionné tout à l'heure les effigies sépulcrales, merveilles de l’art du moyen âge et de la renaissance. Eh bien, notre temps a trouvé mieux : c'est d'insérer dans le marbre des tombeaux la photographie des défunts, jetant ainsi en pâture à la curiosité du passant cette chose intime et sainte : l’image d’un être aimé que poétise pour nous le souvenir! Le soleil, par bonheur, honteux de l’œuvre dont on le rend complice, a bientôt fait de dévorer son enfant. Notre temps ayant pu satisfaire à si bon compte aux besoins de la foule en ce qui concerne le portrait, la part toujours plus considérable attribuée à ce genre de pro- ductions dans l'œuvre des artistes contemporains semble, au premier aperçu, un fait contradictoire. L'expliquerons- HOUS par une paresse d'esprit signalée parfois comme Caractéristique de cette fin de siècle; ou le portrait n’est-1f, Comme on Pa dit encore, qu'une rupture plus ou moins solennelle et, souvent, en vérité, trop évidente avec la scolastique de l'art? Ne serait-il pas plus consolant de Pouvoir attribuer la fréquence de ces producti i directe ment inspirées aux sources de la nature, à une cause plus élevée, et plus réellement digne de l'esprit de notre temps : la revendication des droits de l'artiste opposée aux enva- hissements de la photographie? Laissons celle-ci multiplier ses efforts, parfois couronnés te Succès, pour simuler l'effet d’une peinture; elle n’arrivera Pas, rendons-en grâce au ciel, à imposer silence à la voix de l'idéal qui parle en nous comme une autre conscience, el n'est autre chose, en dernière analyse, que le principe 51° SÉRIE, TOME XXIL o 25 ( 328 ) générateur de toute conception artistique digne du nom. L'artiste seul, on le devine, on le comprend d'instinct, est - à même de traduire avec la précision voulue la physio- nomie de son semblable; qu’il ait recours pour cela au crayon, au burin, au pinceau, à l’ébauchoir, peu nous importe. Lui seul, nous l’avons vu, a qualité pour redire aux âges futurs l'esprit de son temps si fidèlement reflété toujours par le geste, par l'altitude, par l'expression du visage des individus que retrace sa main. Que si, physique- ment et moralement, l’homme traverse les siècles obéissant aux mêmes mobiles, esclave des mêmes passions : les cou- rants généraux d'idées, les mœurs, les croyances, l'exercice de certaines professions, la somme enfin de ces conven- tions qu'institue la mode font qu'aux diverses époques sa manière d’être et de penser se traduisent par dinto nuances qui, nulle part mieux que dans le portrait, n'ont trouvé leur répercussion. Croyez bien qu’il ne suffira jamais d’un costume pour refaire à nos yeux l’homme du passé. C’est avec raison qu'on l'a dit (4) : « la pensée sculpte le visage, cisèle les traits, refait le masque ». Telle est, en résumé, toute la philosophie da portrait. Si les restitutions ne sont pas de son domaine, si, dans sa perfection même, il ne lui est pas donné d’aspirer au sublime, les champs de la fiction lui étant interdits, applau- dissons à son effort, car il lui appartient d’être pour les siècles le miroir où sont appelées à revivre les sociétés ~ éteintes, et pour art l’incorruptible gardien du respect de en _ (1) Madame de Girardin. NS EE once dl : (529 ) 2 M. Demannez proclame le résultat des concours et des à élections : CONCOURS ANNUEL DE LA CLASSE POUR 1891. > PARTIE LITTÉRAIRE, | Quatre questions figuraient au programme de concours pour l'année actuelle. La Classe a constaté avec regret qu'elles sont restées sans réponse. SUJETS D'ART APPLIQUÉ, Musique. La Classe avait remis au concours pour l'année actuelle la composition d'une symphonie à grand orchestre. Un prix de mille francs avait été proposé. : _ (Le concours était limité aux Belges.) Quatre partitions ont été reçues. Elles portent les titres el devises suivants : = N°1. Devise : Alea jacta est. N° 2. Titre: Germania. Devise: Es ist eine alte Geschichte. N°3. Titre: La Révore. Devise : Vorwärts. N° 4. Devise : Fides et Labor. -La majorité de la section de musique a ot 1° De décerner le prix en partage aux deux premières partitions, Alea jacta est el Germania, en les citant dans | Cet ordre, qui, à son avis, est celui de leur mérite relatif, 2 D'accorder à Fides et Labor une mention honorable. La Classe a ratifié ces propositions à l'unanimité. = L'ouverture des billets cachetés a fait connaître comme „Auteur de Ja partition portant oe devise : Alea jaca esh, Ka : ( 330 ) M. Paul Lebrun, de Gand, et comme auteur de la partition portant pour titre : GERMANIA, el pour devise : Es ist eine alte Geschichte, M. Louis Mortelmans, à Anvers. M. Morel de Westgaver, élève du Conservatoire royal de Gand, a fait savoir qu’il accepte la mention honorable accordée à sa partition, ayant pour devise : Fides et Labor. Architecture. Un prix de six cents francs avait été proposé pour le projet d’une colonne ou d'un obélisque à ériger en commé- moralion d'un règne de paix. Le monument, placé sur un soubassement important, sera élevé au centre d’une place publique située au bout d'une avenue. Le monument, y compris le soubassement, aura une hauteur de 50 mètres. (Le concours est limité aux Belges.) Dix projets ont été reçus. Ils portent les devises et marques distinetives suivantes : N° 1. Deux cercles entrelacés et traversés par une barre. N° 2. Le croissant lunaire. N° 3. Pax. N° 4, Janus. N° 5. Obeliskos. N° 6. Patrie. N° 7. Deux cercles entrelacés. N° 8. Union. = N° 9. Persévérance. N°10. Pax! Pax! La section d'architecture, appelée à juger ce concours, a ee de décerner le prix au Lx n° 3, portant la nina re: Fe Zn ( 331 ) devise Paz, et d'accorder une mention honorable au projet n° 10 avec la devise Pax! Pax! La Classe a ratifié ces propositions. L'ouverture du billet cacheté, joint au projet n° 3, a fait connaître que cette œuvre est due à M. P.-E. Van Beesen, ancien élève de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. L'auteur da projet Pax! Pax! est prié de faire savoir s'il accepte la mention honorable qui lui a été accordée. CONCOURS DES CANTATES DE L'ANNÉE 1891. Conformément anx opérations du jury qui a jugé le . double concours pour les cantates devant servir de thème aux concurrents pour le grand prix de composition musi- cale de l’année actuelle, le prix des cantates françaises a été décerné à M. Jules Sauvenière, professeur à l'Athénée royal de Liège, pour son poème intitulé : ANDROMÈDE. Le prix des cantates flamandes a été décerné à M. Alexis Callant, de Gand, pour son poème intitulé : PROMOTHEUS. Ce jugement a été prononcé à l'unanimité des votes. GRAND PRIX DE COMPOSITION MUSICALE DE 1891. Comme suite aux résolutions du jury chargé de juger le grand concours de composition musicale pour l'année actuelle, le premier prix a été décerné à M. Paul Lebrun, e Gand. Un premier second prix a été voté à M. Charles Smulders, né à Maestricht (naturalisé Belge), el un deuxième second prix à M. Guillaume Lekeu, né à Heusy (province de Liège). (332) Une mention honorable a été accordée à M. Joseph Vander Meulen, né à Gand. GRAND PRIX DE SCULPTURE POUR 1891. Conformément aux résolutions du jury chargé de juger le grand concours de sculpture pour l’année actuelle, le premier prix a été décerné à M. Egide Rombaux, de Schaerbeek, élève de l’Académie royale de Bruxelles, de M. A. Desenfans et de M. J. Lambeaux; un second prix, en parlage, a été accordé à MM. Josué Dupon, d’Ichteghem, élève de l’Institut supérieur des beaux-arts d'Anvers, el Albert Delbeke, de Liège; une mention honorable a été accordée à M. Victor De Haen, de Schaerbeek, élève de l’Académie royale de Bruxelles. GRAND PRIX DE GRAVURE POUR 1891. Le jury chargé de juger le grand concours de gravure pour l’année actuelle a décidé de ne pas décerner le pre- mier prix. Un second prix a été voté, en partage, à M. Arthur Sterck, élève de l’Institut supérieur des beaux-arts d'Anvers, et à M. Charles Bernier, d’Angre, élève de l’Académie des beaux-arts de Mons. M. Louis Greuze, de l'Académie de Mons, a obtenu une mention honorable. La séance s’est terminée par l'exécution de la cantate: __AnpromÈpe, poème couronné de M. Jules Sauvenière, _ lauréat du concours des cantates de l'année 1 891, musique de M. Paul Lebrun, premier prix du grand concours de composition musicale de ladite année. ANDROMÈDE, : DRAME EN TROIS PARTIES; par JULES SAUVENIÈRE, professeur à l'Athénée royal de Liège. Personnages : à Es Andromède . . . à - … Mile ELVIRE VAN ACKER. | En nlet. teer MSA VAN | + pou me mécitant. Lane M. CN ARVENPERGE: ENE Voix. Sn ._ + Mie J. VAN BESIEN. 8 des Néréides. À 3 ge % Chœurs . . des Prêtres d'Ammon. des Éthiopiens. PREMIÈRE PARTIE. Le Récitant. Des brumes de la nuit, Aurore cst délivrée. - Dans l'azur des grands flots et la tête rs en Des myrtes de Vénus, Ses Aux rais d’or de Phèbus, — _Charmantes, — se jouaient les filles de Nérée. Les Néréides. Souris gracieux, O flot radieux Qui monte et se penche Sous l’écume blanche ; { 334 Le Soleil seintille, Les cicux, la charmille, L'oiseau, la brindille Fêtent la Beauté. Le Récitant, Attentive à leurs jeux, débordante et jalouse, Andromède, en son cœur, sent s'éveiller l'épouse Quand le fils de Jupin, — par la nue emporté Vers les monts d’ Hespéris, — dans les cieux, soudain passe: - L'Amour libérateur a fait vibrer l’espace Et la Vierge indomptée et l'Athlète indompté. Andromède, Désirs vers l'Étre de mon être Irradiant l'immensité, Désirs nouveaux, j'ai senti naître Votre frémissante clarté. 5 $ ` Soleil, arrête ici ta course furibonde; Détourne tes rayons vers la Beauté féconde Qu'un souffle de l'Amour épanouit ! Vers moi, Héros dont l'ardeur éblouit, Descends de la voûte infinie, Viens combler les vœux de ma vie! Persée, Je ne puis me soustraire à l'ordre souverain : Une œuvre glorieuse ct lointaine me lie. J'emporterai la foi si ton regard divin Me donne l'espérance et jamais ne m'oublie. Je passe, mais je t'appartiens. Andromède, o vainqueur pressenti, reviens! La Force t'a donné son âme Et l'Amour, en me créant femme, Enferma le monde en mon sein. e € 335 ) Persée. Femme, si le devoir me lie, Mon cœur désormais ne t'oublie; Je passe, mais je t'appartiens. Adieux! Andromède. O mon vainqueur, reviens! Qu'Hymen, au jour prochain, nous lie. (Persée continue sa course, et dans les cieux, au loin, se perdent bientôt ses derniers adieux.) Ec Récitant. Alors qu’il disparaît comme un orbe fougueux, Andromède, insoumise en sa beauté d’idole, Ouvrant sa robe blanche aux longs baisers d'Éole De sa nudité vierge émerveille les yeux. Andromède. Temple!.. Nature inasservie !... Enivrance d'amour !… Ravie, A tes feux caressants, A tes baisers, Printemps Charnieur, j'abandonne mon âme. Accours, peuple; vois... et proclame Que le myrte est à moi : Je suis la Beauté qui féconde La terre et le ciel et le monde. Nérée, éloigne-toi! Les Éthiopiens, Oui, ta beauté puissante A conquis, devant tous, ES La palme étincelante. Nérée est en émoi, Car le myrte est à toi : Ton peuple le proclame. Que Dieu soit avec nous ! Superbe l’on t’acclame. ( 336 ) Les Néréides, De cet orgucil jaloux O Neptune, vengeance! Sa mortelle arrogance Te brave!… Oh! venge-nous! Venge les Filles de ton âme De son défi, de ses dédains! Neptune, écrase cette femme Et ce peuple!… Neptune, viens, Venge les Filles de ton àme l... Le Récitant. Le Souverain des mers lève son sceptre ardent _Le soleil s’est voilé car la mort plane... Il frappe; Le ciel alors frémit : un Être affreux, gluant, Des flots, — harpic informe! — en mugissant s'échappe i Sur la grève... Tout fuit;... et tout tremble; et tout meurt;... - L'Océan est désert; PÉthiopie a peur. DEUXIÈME PARTIE. Le Récitant, Et le monstre odieux va semant ses ravages; D'un grand pays fertile il fait un long désert. Plus de ris!… Plus de jeux !… Plus de fête !… Le cri des malheureux mourant d’avoir souffert, Les plaintes des guerriers, les sanglots des épouses, à Les pleurs de tes enfants, mère, que tu repousses. LES ÉTHIOPIENS. Les femmes. es = Bano fins desséchés, Ainsi leau s'est flétrie = Aux fentes des rochers! . Aux rivages, Me a Les hommes. ee La Mort nous a fauchés ‚Sans gloire, en sa furie. — r ras Qui donc rendra la vie TEA A nos bras desséchés? 4 O morne Éthiopie! . Le Récitant. Mais la trompe sacrée a sonné le réveil, me Aes: Annongant aux échos les fêtes du Soleil... NÉE 4 Solennel et pieux s’avance ct se déroule, : Pare Vers les dé d'Ammon, le cortège... saines kens des prêtres d'Ammon qui, out l'apparat des fêtes soirées, se an au temple du dieu.) ; - Et la foule Épuisée et tremblante envahit le saint lieu, Où parlera la voix des oracles du dieu. rd Freiren s d'ammon. ; Ammon, principe de lumière, sie : = Dicte ta volonté : Quels morts Sacrifier à ta colère, Afin d'arrêter sur ces bords _ Les ravages de la misère: (538 ) Andromède, Parle! Révèle-nous la volonté suprême! Dis-nous si la nature a renié ses droits; S'il n’est plus que la faim ct la soif à la fois; Si la stérilité nous est un anathème À jamais réservé; si lamante à lamant, Si l'enfant à sa mère ou la mèrc à l'enfant Ne se doivent plus ricn; si le doux mot : e Je t'aime! » Est honteux et banni; si le blé que l’on sème Au sein des mornes champs, — foyer d’iniquité, — Doit rester infertile!… Oh ! parle, Vérité, Parle! Révèle-nous la volonté suprême! Tous, Est-il un sacrifice à vaincre l’'anathème ? Le Récitant, Éclate, au même instant, un formidable bruit; Le strident sifflement de Gorgone, qui fuit, L'Hespéris et ses monts sous le glaive inflexible Du fils de Jupiter, de Persée invincible Le vainqueur pressenti... Le temple croit crouler ! Au fond du saint des saints, le voile impénétrable, Dérobant aux regards le secret redoutable, Soudain s’est déchiré. Le Dieu donc va parler. Une voix (sortant des profondeurs invisibles). À ce qui vous opprime, il est un seul remède : Livrer la cause au mal. Les Prêtres d’Ammon, Andromède! Andromède ! Les Éthioplens. À mort ! à mort ! à mort ! ( 339 ) Andromède, Dieu, sois-moi tutélaire : C’est un injuste sort! Arrête leur colère ! ‘Les Prêtres d’Ammon. Du dieu la volonté Veut qu’au monstre on l’entraine. Sur le roc qu’on l’enchaine, Peuple! Dieu l’a dicté. Les Éthiopiens. Au roc! au roc! au roc! Andromède. O peuple, ma jeunesse; Cette fière beauté qui causait ton ivresse; Les doux espoirs d'amour, en mon cœur endormis, Et de mes yeux les larmes; Les destins qu’à ces charmes La nature a promis; Ne calmeront-ils pas la fougue qui t'enivre ? Pitié pour ma jeunesse ! Les Éthiopiens. A mort! au roc ! la mort! Andromède. Pitié pour mes désirs ! Les Éthiopiens. A mort ! au roc ! la mort! Andromède. Peuple! . . prêtres! .. mes sœurs, pitié ! laissez-moi vivre! Les Prêtres d’ Ammon. Le dieu méme a parlé. Les Étbispicua: La mort ! ! au roc ! à mort! _Andromède. Non, ne me livrez pas à cet injuste sort, dors peuple, pitié ! … Non, non, laissez-moi vivre! Les Prêtres d’Ammon. Dieu même l’a dicté. Tous, La mort! au roc ! à mort ! (Ils entraînent la vierge vers le den et l'enchaînent sur un rocher. TROISIÈME PARTIE. Le Récitant. _L'oracle et aii: le monstre a sa victime, Plus belle en sa douleur qu'au matin de son crime _ Victorieux. Le fer a dompté sa fierté. Ses blonds cheveux é épars voilent sa nudité | Défaillante. Mordant à la roche inhumaine, ras ordus, crispés, dans une attente vaine, Que r Espoir : a déçue et que trahit l'Amour, i de alanguie est vaincue à son tour. Andromède. mourir! pleurez, roseaux À Te chien Ne reviendras-tu pas en ce péril extrême, Toi, que ma lèvre implore, ò toi, que mon cœur aime, Ne reviendras-tu pas? Le soleil, un matin, femme m'a fait éclore Pour toi — que mon cœur aime et que ma lèvre implore; Ne reviendras-tu pas? Sr Mes yeux se sont usés à fouiller tout l’espace Re Leur paupière est ternie... et se ferme... et se lasse; gn Ne reviendras-tu pas? La fleur est sans soleil ;... le ciel serti de glace... La nuit voile mon àme... Un froid mortel me glace; Ne reviendras-tu pas ? (Éclatent, au loin, des bruits de danse. Les Néréides se montrent sur les flots, mêlant leurs railleries aux accords joyeux.) Les Néréides. Brise la chaine qui tenlace; Ee Reprends ta fierté, ton audace! a a Nous avons devancé ses pas... se Entends-tu ces accords de fête? Il vient, comme un amant royal, Au joyeux festin nuptial Voici ton époux qui s'apprête... N'est-ce pas un lit idéal Que ce roc tapissé de mousse, he Où l'Amour l'appelle et le pousse? _ Fe Ouvre les bras! Ne pleure pas; Brise la chaine qui tenlace; — — Reprends ta fierté, te ton audace! ee Andromède. : Bénis soient vos dédains!… Bénis soient ces accords! Zen Ils ont sauvé mes yeux de l'étreinte éternelle... ZE Maintenant je l'ai vul... J'espèrc!… Il vient! son aile Me protège. A ie (Apparaît Persée victorieux. Un instant le ne Héros arrête son vol grandiose et plane ` i dans l'espace. Persée, O merveille ! O suaves trésors Dignes d'un Dieu!.. Dans mon âme sereine A tressailli la flamme souveraine! Dressez, dressez l’autel!.. En ce jour solennel, zede L'Amour arme mon bras pour abattre la haine. de suis l'homme promis, le vainqueur attendu : Que le monstre odieux au néant soit rendu! (D'un vol rapide il descend sur le rocher et abat le monstre qui s'affale dans la sr en même temps disparaissent les Néréides. — Les cieux s'illuminent et s'emplissent Pama Les Femmes éthiopiennes. D'ors rayonnants le ciel „laos; Voici qu'Hymen bénit le monde. Les Éthiopiens. | Honneur au vainqueur glorieux! | (na ri les atnes dee Vi qu'il presse dans ses bras.) Wink Ate dr dea O seria 4 i (345) Persée. - Le myrte fleurira sur la branche du chêne! Hyménée apparaît, ô femme, ouvre les yeux. Le ciel pour nous river ainsi par une chaine . Sainte, en ce jour £ De lutte et de victoire, ô femme, Veut que l'Amour Unisse ton âme à mon âme Suivant l’ordre éternel. Dressez, dressez l'autel! ENSEMBLE FINAL. 5 Persée. O femme, ouvre les yeux : la terre est délivrée! Andromède. Réveillez-vous, mes yeux : Hyménée! Hyménée ! Au gré de son désir, réveillez-vous, mes yeux! Réveillez-vous mes yeux! la Terre est délivrée Et PAmour est venu. - Les Éthiopiens. Fier héros glorieux, Honneur te soit rendu! qu'Hymen comble tes vœux! as à D 2 s JAR + Et PAmour est vainqueur. - o (544 ) Fee ANDROMEDA, DRAMA IN DRIE DEELEN. (Vertaald door EMMANUEL HIEL.) Personen : Andromeda; Perseus; De Voordrager (Récitant); Eene stem; Nereiden; Reien. 4 Ammon’s Priesters; Lou | Ethiopers. TWEEDE DEEL: De Voordrager . (Récitant.) En 't schrikbaar” monster schiet verslindend door de baren, Het zwelgt… en maakt van ’t rijkste land, een zandwoestijn… Geen spel, geen feest, geen vreugde meer! De menschenscharen Verheffen smeekend de oogen, krimpen dol van pijn; De krijgers staan verlamd... Jonkvrouwen weenen, kermen, De kindren vluchten, sterven in der moeders armen, ns ETHIOPERS. Vrouwen. Verdord is onze borst, We kunnen niet meer geven, o 5 De melk, de bron van ’t leven, he De zuiglings moeten sneven, en Verstikken door den dorst. ( 345 Mannen. De wapens thans geschorst, Wat baat hier roemloos streven ! De dood heeft ons verdreven... Ach! ons verlamde borst Laat Ethiope sneven. De Voordrager. De Godsbazuin verkondigt t allekant: ontwaakt! “tis zonnefeest! hergalmt het luid : de zonne blaakt! En prachtig, plechtig golft vooruit de reuzenstoet Naar Ammon's s plein. (Marsch. Plechtige optocht van Ammon's ie in praalgewaad zich naar den wee begeven.) Voordrager. {Récitant.) n met angst en smert in `t bloed, Verzwakt en bevend, in den tempel dringt het volk, Waar spreken zal ’t orakel, Gods geheime tolk. Ammon’s Priesters. Liefde, bronne van het licht! Welk een offer? O wiens dood Vergt uw gramschap, goed en groot! Opdat van ons land de nood Zwicht? De Ethiopers. Fa 2 ser onderwerping, Mann n hunne aanroej er de s bede } Liefde, gij, zoo goed als groot, Gun verlossing of den dood. (346) Andromeda. Spreek, o spreek uit, thans uw laatste besluit... Laat de natuur dus miskennen zijn rechten ? Zoeken vernieling en wraak hier den buit, -Moet dan de dorheid hier alles beslechten ? ke Spreek, o spreek uit : mag het paar, dat bemint, R Mag 't kind aan de moeder, de moeder aan ’t kind, ZAR ES Ach, niet meer fluistren : we minnen ! we minnen ! 4 Wordt °t zoete woordje te schand? En °t zaad, dat men zaait, “Moet het verdorren? Wordt geen graan meer gemaaid? ar Spreek, o spreek uit ! verlicht ziel ons en zinnen... o Waarheid verkondig uw laatste besluit : : Spreek, welk een offer, wat eischt ge ten buit, Om de vervloeking terstond te verwinnen ? ee EE OUR OE af Allen. wat eischt ge ten buit om den vloek te verwinnen ? Voordrage (Récitant.) i Bai plotseling barst los, een vrecslijk naar gerucht : Het knersend schor geschuifel der Gorgoon op vlucht, Van Hesperiden’s berg... O, gaat de tempel breken? Bedreigd door ’s onversaagden Perscus’ onverwinbaar zwaard, De zoon van Zeus, die reeds als winnaar, door den hemel vaart? In ’t heilig diep der heilgen, hoort, daar scheurt zich reeds net ondoordringbaar doek, dat aan ’s volks oogen steeds . rs verborg... De Godheid gaat nu pue ne o ` TA eerie aa) 5 Voor 't geen u thans verdrukt vindt tij remede, ja : È Sehenkt de oorzaak aan het kwaad. amiens Priesters. -Anaal Andromeda! Ethiopers. Ten dood ! ten dood ! ten dood ! Andromeda. O God, wees mijn behoeder, Vergeef aan mijne moeder... Ach, demp hun gramschap groot ! Ammon’s Priesters. ae Zoo luidt het vonnis Gods : Men sleur haar naar ’t gedrocht... Volk, ketens aangebrocht, En spijker haar ter rots ! Ethiopers. 2 Ter rots ! ter rots! ter rots ! Andromeda. O, Volk mijn teedre jeugd, ee De fiere schoonheid, die u heeft zoo zeer verheugd]! ez De zoete hoop der liefde, droomend in mijn frisch gemoed, E De toekomst, die natuur arn Belooft aan `t jeugdig vuur. Doorgloeiend gansch mijn bloed, De tranen mijner oogen, Ach, laten die u onbewogen? a ke malin die niet mille uwe wrake, zoo veel E Hebt meêlij, ’k ben cen kind .. - ee Ethiopers. Ten dood ! ter rots! ten dood! (348 ) Ethiopers, Ten dood! ter rots ! ter rots ! Andromeda. ao Volk, priesters, zusters wil mij in uw deerenis ontvangen ? Ammon’s Priesters. j Voert uit het vonnis Gods ! Ethiopers. Ten dood! ter rots ! ten dood ! Andromeda. Neen, neen, ge zult mij aan het booze lot niet geven... Volk, emee aa, ach, laat me, laat me leven ! Aann, s erector: Voen uit het vonnis Gods ! ! Allen. “Ten dood ! ten dood ! ter rots ! (Ze stormen naar het strand, sleuren de maagd meê, die e zij aan de rots ketenen.) de aen a DEEL. A orakel i is voldaan ! ! Het monster heeft zijn offer, Nog schooner in heur smert al schijnen de oogen doffer Sa 5 morgens in in haar trotsche en cuvle zegepraal. : Het ap niet gespeeld, en à kon n de dese. terwijl ze in liefde dns 5 $ ( 549 ) Andromeda. De dood ? ach, niet meer denken !... `t afzijn lijden Der ziele mijner ziele ... en nog strijden! O, ween !.. in zoete hoop zich niet verblijden, r Hem weer te zien, te zaam zich spieglend in den vliet . Te sterven, onbewust der liefde, ween thans riet... 0, komt ge niet in de ergste doodsgevaren, U; dien ik min, die kunt mijn leed bedaren, Held, komt ge niet ? Als vrouwe mogt de morgenzon mij baren, U, dien ik min, hep mij uit mijn bezwaren. Held, komt ge nict ? Verdoofd zijn de oogen, met door °t ruim te staren, Vermoeid, ach, zullen zij u nooit ontwaren? ` Held, komt ge niet? De bloem is zonder zon, verkleumd de blaren, De nacht is als de dood, door mijne ziel gevaren … Held, komt ge nict ? (In de verte klinken feestaccoorden en dreunen - dansen. Nereïden verschijnen spottend op de baren.) 8 Nerciden. Breck de ketens, die u kwellen, Bij uw vurig boezem zwellen, Wilden wij voor hem hier zijn ! Hoor de liefdeklanken stroomen, Als een bruidsheid zal hij komen, | Op het lustig echtfestijn ! Streelen zal hij uwe droomen, Is uw ledekant niet fijn ? Blanke rots, met mos behangen, Laat nu fier den boezem zwellen. Andromeda, nd zij uw spot! gezegend zij uw zang! Zij redden, lichtend mijne ziel, uit duistre prang … x et hem en hoop... hij naakt gezwind, zijn licfdedrang, Beschermt me !… ’k zie hem zegevierend komen... (Perseus verschijnt zegepralend. Eene wijle as stuit de held zijn’ reuzenvlucht en zwiert in de ruimte.) Perseus. - O0, wondere schoonheid, gij, doet hemeldroomen, Den Goden weerdig, door de ziel mij stroomen ! Het outer opgericht, x In dezen dag van licht ! _ Deliefde wapent mij en tegen haat en smaad, + = * Ben Godes afgezant, die ’t monster nederslaat _ Dat À cas wangedrocht vernield, vergaat ! vergaat ! sr Las hij op de rots, doodt het se ee n den afgrond zinkt, tevens V bo de Nereïden. De luch Veit in lichtgloed en wedergalmt van hemel- sche karmonie.) 4 Ethiopische enen: maa lacht vol goud de hemeltrans, ©, zustren, ziet dien vlammendans. En hoort die tooverklanken, thans, _ Thans zegent Hymenaios liefdeglans. j oe Ee ge topi ” e mannen. eran den held, den roem des mans ! (De held bréekt de Ketens der maagd, die hij l sN armen goap De liefde is daar ! Perseus. ; Aphrodites plant, de groene mirt zal bloeien, Hymenaios kom ! o schoone maged, zie De hemel smeed de heilge boeien, Vol zoete harmonic. Door strijd en zegelicht Wordt ziel aan ziel gepaard. … Gauw, gauw, den outer opgericht ! Ja, open de oogen vrouw, verlost is heden de aard ! Andromeda. Ontwaakt, o ziele: Hymenaios ! Hy menaios, heil! En volg zijn vuurgen wensch … V erheug u, minnend hert! Ontwaak, o mijne ziel ! verlost is de aard van smert … De liefde is daar ! Ethiopers. O, Fiere held ! heil! beil! ! Eer, « eer aan u, u u zegen Hymenaios, heil ! Perseus. í Den outer opgericht, verlost is de aard van smert. i „Alten. Heil, Hymenaios, heil! 5 (352) OUVRAGES PRÉSENTÉS. Chestret de Haneffe (Le baron J. de). — Henri Helbig, sa vie et ses ouvrages. Liège, 1891; in-8° (19 p.). Delbœuf (J.). — L'affaire des magnétiseurs de Braine-le- n- R Gluge (Le D"). — A propos des microbes de la suppuration, Bruxelles, 1891; in-8° (6 p.). Harlez (C. de). — Les religions de la Chine, aperçu histo- rique et critique. Leipzig, 1891; vol. in-8°, Henne (Alex.). — Louis Gallait. Anvers, 1891; in-8° (59 p-) — Un chapitre de l’histoire des finances communales. Anvers, 1891; in-8° (25 p.). Henrard (Paul). — Un soldat de fortune au XVII: siècle, Jean-Gaspard-Ferdinand de Marchin. Anvers, 1891; in-8° 24 Tiberghien (G.). — Le nouveau spiritualisme dans ses rapports avec la doctrine organique de l'homme. Br uxelles, 1891; extr. in-8° (85 p.). Bambeke (Ch. Van) et Vander Stricht. — Caryomitose et + + je z ` Stat division directe des cellules à noyau bourgeonnant à Fétat physiologique. Munich, 1891; extr. in-8° (5 „ Demoor (Jean). — Contribution à l'étude de la fibre nerveuse cérébro-spinale. Bruxelles, 1891; in-8° (54 p., 2 pl.). . Delvaux (E.). — Sur l'extension du calcaire carbonifère. entre Tournai et Renaix. Liège, 1891; in-8° (19 p.). je oet ~ — Les puits artésiens de la Flandre. Les cailloux de silex roulés. Liège, 1891; in-8° (17 p-). _ — Étude stratigraphique et paléontologique du sous-sol er la Campine. Liège, 1891; in-8° (54 p.) Château, Réponse à M. le professeur Masoin. Paris, 1891; extr. _ PERRE Hi WE “2 gai ONE rin ri ern SAR EE tend a OEE f Ar Le Au ( 353 ) — Les puits ariésiens de la Flandre : premières données sur le sous-sol du territoire d'Anseghem. Liège, 1891; in-8° (11 p.). Bruges (Galbert de). — Histoire du meurtre de Charles le Bon, comte de Flandre (1127-1198); avec une introduction et des notes par Henri Pirenne. Paris, 1891; vol in-8° Keymeulen (C. Van). — La maison Smits. Bruxelles, 1891; vol. in-18 (366 p.). Génard. — Antwerpsch archievenblad, deel XVIII, 2% afle- vering. Anvers; in-8°. Dierick de Ten Hamme. — Souvenirs du vieux Bruxelles, t. IL Bruxelles, 4891; in-18°. Meerens(Ch.). — Le diapason en Amérique. Bruxelles, 1891; 2 extr. in-4° (4 p.) Laruelle (Le D Léopold). — Rapport présenté à M. le Ministre de l'Intérieur comme lauréat du concours pour les bourses de voyage en 1889. Bruxelles, 1891; in-8° (x1-52 p.). Lahaye (Léon). — Cartulaire de la commune de Dinant, t. IV, 4556-1620. Namur, 4891; vol, in-8°. | Schuermans (H.). — Spa, les hautes Fagnes. Vilvorde, 1891; in-8°, Kon. vlaamsche Academie, Gent. — Dit is die istory van Troyen, van Jacob van Maerlant (Per Pauw en Gaillard), deel II, In-8e, „Conférence du livre, tenue à Anvers au mois d'août 1890 : compte rendu de la ae session, par Max. Rooses. Anvers, 1891; in-4e, ed de la Compagnie de Jésus. = eene, t. I, 1891. In-4°. Société Rennes de Charleroi. — Documents et ve Ane XVIII, Are livr. ND. Willems Fonds. — Jaarboek voor 1890. — Arm denn deel I en II, door Teirlinck-Stijns. oe Bruces. Société d’émulation. — Annales, 4° série, t X, livraison supplémentaire, 5° série, t. H, 5 et 4; 1i, 3 > hen + 354 ) Société belge de géologie, etc. — Bulletin, t. IH. “> Ministère de l'Agriculture. — Carte de la Belgique we quant les communes où se trouvent établis des médecins, pharmaciens et sages-femmes, dressée d'après les listes du personnel médical pour l'année 1891. Bruxelles, 1891; in- plano. — Poissons et crustacés des eaux douces et saumâtres de : Belgique, et poissons étrangers ou dont l'acclimatation serait désirable. Bruxelles, 4891; petit in-4°. - HasseLr. Société des Mélophiles. — Bulletin, vol. XXIV, | XXVI et XXVII. ÅLLEMAGNE ET ÅUTRICHE-HONGRIE. Lee (Willy). — Études ouraloaltaïques. Louvain, 1891; ; tr a à — Beiträge zur Kunde der asiatischen Spruchen. Leyde, 4891 ; in 8 (22 p.). man Meteorologisches Institut. — Beobachtungen, 1888. In-4°, 5 Brunswick. Verein für Naturwissenschaft. — 6. nee | bericht, 1887-89. In-8°. ___Bresrav. Schesische Gesellschaft für vaterländische Cultur. — Jahresbericht n° 68 mit Ergänzung | _____FRANCFORT-suR-LE-Maun. Nan asshenide Gesellschaft. ET Ablpediingen. Band XVI, 2-4 H.; in-4°. Oe FhANCFORT-SUR-LE- Main. — Naturforschende Gesellschaft, 4891 In-8-, 5 __Frimounc. Université. — Thèses de 1890-91 ; 411 brochures. : ae pare Pas — Thèses et dissertations, 1890-91; 59 broe ne Gesellschaft der Wissenschaften. — Anzeigen _und Nachrichten, 1890. — Abhandlungen, 57. Band. À po. || Mo ame E EE NES Ag t n ( 555 ) Hausourc. Handelsstatistiches Bureau. — Uebersichten für 1890. In-4°, i Kier. Université. — Thèses et dissertations, 1890-91 ; 114 brochures. Leirzic. Verein für Erdkunde. — Beiträge zur Geographie des festen Wassers. Leipzig, 1891; in 8°. Leipzi, Fürstlich Jablonowski’sche Gesellschaft. — Preis- schriften, XVIII, Jahresbericht, 1891. Rarisooxse. Historischer Verein von Oberfalz und Regens- burg — Verhandlungen, 44. Band, 4890-91. STUTTGART. Bibliothek. — Die historischen Handschriften, - Band I und Il, 4891. Tuaincve. iedee — Thèses et dissertations. 1890-91 ; 45 brochure VIENNE. doit für Fe und Erbangsbn — Jabrbücher, 1889. In- Vienne. Akademie pe Wrissenschafien. — Sitzungsberichte philos.-histor. Classe, Band : 422 und 125. Sitzungsb. mathem. Classe, Abthlg. I-III, 1890, n° 4-10. Denkschriften philos.- histor, Band 58 und 39. Denkschriften math.-naturw, Band 57. Archiv für Kunde österr. Geschichtsquellen, Band 76, Hälfte Î und 2; Band 77, Hälfte 1. Fontes rerum austriacarum, Abthlg. 2, Band 45, Hälfte 2. Almanach 1890. AMÉRIQUE. Gray (Asa). — 800 plates preparated between the years 1849 and 1859, to accompany a report on the forest trees of North America. Washington, 1891 ; in-4°. C Oficina meteorologica Argentina., — Anni tomo VIIL. In-4 Fueros Arnes, Museu nacional. — ao entr 5 denn a de In-4° | ( 556 ) Guaremara. Republica de Guatemala. — Memoria... instrue- cion publica, 1891. In-8°, Saint-Louis. Missouri botanical garden. — Second annual report, 1891. Academy of science. — A report of the observations made ‚by the Washington University eclipse party, at Norman, Cali- fornia. Cambridge, 1891 ; in-4°. k Wasnineton. Naval observatory. — Observations, 1885. In-4, _ ee Report of the secretary of agriculture, 1890. Washington, 1890; in-8°. WasmNGTox. U. S. Coast and geodetic Survey. — Report, 1889. In-4°, WasHiNGTonN. Smithsonian Institution. — Report, 1889. France. Castan (Aug.). — La rivalité des familles De Rye et de Gran- velle au sujet de l'archevêché de Besancon, 1544-1586, 1891. In-8°, | Sibillot (Charles) — Navigation aérienne. Limoges, 1891; in-16 (32 p.). Cerles. — Note sur deux infusoires nouveaux des environs _de Paris. Paris, 1891; extr. in-8° (5 p., 4 pl). — Sur le procédé de M. Joseph Eismond pour l'étude des infusoires vivants. Paris, 1891 ; extr. in-8° (5 p.). ` Rouché ( Eugène) et Comberousse (Ch. de). — Traité de géométrie. Paris, 4 891; vol, in-8°, Cogniaux (Alfred). — Monographiae phanerogamarum, to VIE Melastomaceae. Paris, 1891 ; vol. in-8°. 5 __Bastin (J.). — Études sur les principaux adverbes : afirma- _ tión, négation, manière, Paris, 1891 ; in-8° (68 p.). ann D |. (557 ) GRANDE-BRETAGNE, IRLANDE ET COLONIES BRITANNIQUES. Mueller (F. von). — lconography of australian salsolaceous plants, 7'* decade. In-4°. Wilde (H.), — On the causes of the phenomena of terrestrial magnelism, and on some electro-mechanism for exhibiting the secular changes in its horizontal and vertical components. Londres, 1890; extr. in-4°. Thomson (Sir William). — On some Test cases for the Maxwell- Boltzman doctrine, regarding distribution of energy. Londres, 1891 ; extr. in-8° (9 p.). — On electrostatic screening by gratings, nets, or perfora- ted sheets of conducting material, Londres, extr. in-8° (14 p.). — On variational electric and magnetic screening. Londres, 1891 ; extr, in-8o (à p.). — On periodic motion of a finite conservative system. Londres, 1891 ; extr, in-8° (8 p.) — On a mechanism for the constitution of Ether. Londres, 1891; extr. in-8° (6 p.) Backhouse (T. W.). — The structure of the sideral universe. Sunderland, 4891 ; in-4°, LiverPoor. Biological Society. — Proceedings, vol. V, 890-91. SYDNEY, Department of Mines. — Annual report for 1890. WELLINGTON. New Zeeland Institute. — Transactions, vol. XXIII, 1890. ` ITALIE. Lilla (Vincenzo). — Saggio storico-critico sulla slassifica- zione dei contratti. Naples, 1894 ; in-8° (74 p.). L voor; gr. in-8°, 5 Billia (L. M. ). — Max Müller e la scienza del pensiero lihi (Antonio) — _ Dell fiers del” elettricita atmosferica sullo vegetazione delle piante. Gênes, 1891 ; in-8° (12 p) in ordine alla termodinamica regolarizzatrice in cond normali e patologiche. Naples, 4891; in-8°. -Rajna (Michele) — Sulle eclissi solari del 6 giugno 1891 e del 16 aprile 1895. Milan, 1891 ; in-8° (8 p.). Napres. Accademia delle scienze fisiche matematiche. +, _ Rendiconto, vol. IV, 1890. In-4 _ Roue. Comitato geologico folie. — Bollettino, 1890. Vérone. Accademia d’agricoltura, arti e commercio. — Memorie, vol. LXVI. Pays-Bas. ome (Aug-Jean). — Catalogus der stadsbibliotheek van Maastricht bewerkt als « Bibliotheca Limburgensis », deel I. Maastricht, 1889; vol. in-8°. Ter Gouw (J.). — Geschiedenis van Amsterdam, deel VI en VIL Amsterdam, 1891; 2 vol. in-8°, ” _ Harren. Musée Teyler. — Archives, vol. m, 6° partie. _Urnecar. Provinciaal Genootschap. — Prize essay on ne istribution of the moon’s heat and its variation with the ie phase ie wW. Very). La aae 1891; in-8°. + TABLE DES MATIÈRES. CLASSE DES SCIENCES. — Séance du 10 octobre 1891. ziende M. Vanlair por son Fr et des sciences médi- e Connespoxpance. — Mort e MM. É. N Mailly et José Maria-Latin © Goethe: Renvoi à l’examen d'une ebr behin annexes, de M. te Ministre des Che- mins de ne ge à un projet € d'organisation d'un Service de statistique es coups de foudre en Belgique. — Prix du Roi (questions pour 189 cet 1898). — M. Vo der! À remet pour Annuaire le gaapte, de sa notice sur Ch. Montigny. — Envois et hommages douv na t aux archives à a let ttre de M. Dum ek el à une Bin tabac sa x hànuserits PER pre Rs par F. Plateau. BieL106 — Traité de géométrie, sizième édition: UM. - Comberoussey; rar: hé P.M PE TRY h data Classe 79 4 R PORTS, — Rapports M. Dupont, Briart sur | ue. du major Em. Ten concernant : 4° les gr serge de et néo- I po Arak sud-ouest Je la erder et du ir à Non DR ed nr nv UMMULITES LAEVI- ee GATA, le” Be bd ee ze a Parer 193. 194, 195 Rapports de M. De Till vail de ; iy; de 1a valde Poussin et Renard s sur an ted Cesàro concernant th miédrie holoaxe 1 198, 200 n partie dans ia Tamise, on sur k | par PJ, va loned. partie a Étude sur un phénomène luminen et calorique acc! lyse; par E, Lagrange et t Hoho. _ Sur les cas. Les religions de la Chine (C. de Harlez); nate par P. waak. ‘ane à La Maison Smits (roman par L. Van Keymeulen); note par J. Stecher . . Histoire du meurtre de Es en m p Galbert de Broges (Fo Pirenne); note par Aug. Wag gens her etn de la collection Leger d'art ERE å Londres le « Burtington pe arts du » oen a M. Va a rania; note par Aug. ky a) Études neiges, rage zur Kunde Ker asiatischen y Sprachen (W. Bang d e Wage); mote mais de Har gn COMMUNICATIONS ET LECT — Résultats des Re mr faite es aux archives og res tat à Venise Een Philippe II; lettre de Martin Philippso nai ibib. CLASSE DES BEAUX-ARTS. — Séance du 8 octobre 1891. gere — Remerciements de Mn: veuve en Dirickx-Du en den e discou prononcé aux funérailles de son frère. — Inauguration = | ui a ®© 2 > 5 = © nn aa 5e SE as un ad Q z œ + ee © our les prix de gpeg critiques haie de Be verde ont été l'objet, — tone prix de Rome pour la sc er aat e à pouvoir wreed un laser attique. . . CONCOURS ANNUEL. — Sujet d'art appliqué. Musique. Rappor t de. Les section de mense sur les quatre syuphonies à Brang keen. p Ad. Samuel ; ar ee au Cneenement des appréciations dé MM. Schade, Pauli, Balat et Beyaert sur les notices et croquis ergen gee de deuxième et troisième envois Se Repas de M. ulf, Plane 997 | Rome pour l'architecture, en 188 - ; f $ 2 nM CLASSE DES BEAUX-ARTS. — Séance du 22 octobre OE. k TF a — Remerciements pour les invitations à la s s nie blique . Moret de mes se déclare l’auteur de | su mp2 dok portant lan devise : Fides et labor. — M. Stallaert appelie gra sur l'ouvrage ader offert par M. Van Branteghen : Catalogue, etc s CONCOURS ANNUEL. — Sujet d'art ete Architecture. en e la section d'architecture. SÉANCE PUBLIQUE. — Préparatifs . 7 ou 1 91. CLASSE DES BEAUX-ARTS. — Séance publique du dimanche 25 octobre 1871 ; Discours, par M. Hymans, directeur de la Classe. . . . . . . - Monte DU RÉSULTAT DES CONCOURS ET DES ÉLECT. Exécution p w cantate « Le re h ees de M. “Pau Lebrun (pris de Rome, en 1891), Anpnomtoe; pas bird. de M. nin on. B. Een r ; Anononzoa, mt du poème Less par M. Emm. Hiel … :.- - UVRAGES PRÉSENTÉ t pn emd BULLETIN DE L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE. 1891. — Ne ii. CLASSE DES SCIENCES. Séance du 7 novembre 1891. M. F. Four, vice-directeur, occupe le fauteuil. Sont présents : MM. P. Van Beneden, le baron de Selys Longchamps, G. Dewalque, H. Maus, E. Candèze, Brial- mont, Éd. Dupont, Éd. Van Beneden, C. Malaise, A. Briart, Fr. Crépin, J. De Tilly, Ch. Van Bambeke, Alf. Gilkinet, L. Henry, M. Mourlon, P. Mansion, J. Delbœuf, P. De Heen, C. Le Paige, membres ; E. Catalan, Ch. de la Vallée Poussin, associés; L. Fredericq, L. Errera, F. Terby et J. Deruyts, correspondants. M. Plateau, directeur de la Classe, ainsi que MM. Van der Mensbrugghe et Renard motivent leur absence par la Visite officielle de M. le Ministre de l'Intérieur et de l'instruction publique à l'Université de Gand. M. Spring annonce aussi qu’il est empêché, | STe SÉRIR, TOME XXI. : ? ve ( 560 ) . N. le vice-directeur fait savoir que M. le secrétaire per- pétuel Pa informé que son état de santé l'empêche d'assis- ter à la séance. | à M. Pol. Meirsschaut, attaché au secrétariat, donne — lecture du procès-verbal de la dernière séance et dela correspondance. CORRESPONDANCE. Par dépêche en date du 22 octobre, M. le Ministre B l'Intérieur et de l'Instruction publique informe l'Académie | que la neuvième période du concours quinquennal des sciences naturelles sera close le 31 décembre prochain. Il prie la Classe des sciences de lui faire parvenir la liste double de présentation pour la composition du jury. — Cette élection aura lieu dans la prochaine séance. M. le Ministre de l’intérieur et de l'instruction publique envoie un exemplaire de la Flora Batara, aeoe 295 en 294. — Remerciements. — M. C. Vanlair remercie pour la lettre de ci que l’Académie lui a adressée à l'occasion de l'arrêté roya! qui lui décerne le prig quinquennal des sciences wan X - cales. : nu La Classe accepte le dépôt de trois billets vachelés zey les archives de l’Académie : Le premier, envoyé au nom de M. Omer Diericks, de Bruxelles; le second, au nom de MM. Léon Corbey et Omer Dierickx; le troisième, au nom de M. Em. Schin- er de Bruxelles. Ce dernier porte en suscription £ Been EEE E (561) Principe des Equipollences de l’espace et la démonstration de ce que les quaternions en sont l'expression analytique complète, — La Société Royale de botanique de Belgique se pro- pose de donner à M. Fr. Crepin, le 6 décembre prochain, une marque durable de reconnaissance et de sympathie, à l'occasion de son vingt-cinquième anniversaire comme _ Secrétaire de ladite société. Elle fait appel, à cet effet, aux membres de l’Académie. Les sommes recueillies serviront à offrir un souvenir à M. Crépin et à fonder un prix de botanique qui portera son nom. M. le baron de Selys Longchamps s’offre pour congra- tuler le jubilaire au nom de l’Académie, le j jour de la mani- festation. — Adhésion unanime. — Hommages d'ouvrages : 1° Itinéraires et souvenirs de voyages, précédés d’une autobiographie d’Édouard Mailly (offert par la famille du défunt); 2° Additions aux Odonates des Philippines; patie baron de Selys Longchamps; 5° Sur la loi de la conservation de la vie; par Léo Errera; 4° Lettre et deuxième lettre à M. le D' Bérillon, en réponse à M. le professeur Delbœuf; par le D' Masoin; © De la phagocytose ; par le D" C. De Bruyne (2 bro- chures présentées par M. Ch. Van Bambeke). — Remer- ciements. _— Les travaux manuscrits suivants sont renvoyés à l'examen de commissaires : een 1° Sur le développeme de certaines fonctions 6 ee ( 362 ) briques ; par Jacques Deruyts. — Commissaires : MM, Le Paige et Mansion ; 2 Note sur la courbure des lignes algébriques ; par CI. Servais. — Commissaires : MM. Le Paige, Mansion et De Tilly; 5° Sur certains plans réfringents qui, dans les cristaux biares, peuvent, pour une onde pleine incidente, donner, outre un cône creux de rayons, un rayon lumineux distinet; par G. Cesàro. — Commissaires : MM. Lagrange et Van der Mensbrugghe; 4 Sur les dépôts de l’éocène moyen et supérieur de la région comprise entre la Dyle et le chemin de fer de Nivelles à Bruxelles; par G. Vincent et J. Couturieaux. — Commissaires : MM. Dewalque, de la Vallée Poussin et Briart; 9° Contribution à Pétude des fonctions respiratoires du nerf vague; par Gabriel Corin. — Commissaires : MM. L. Fredericq et Masius. 6° De la présence de raphides dans l'embryon des Palmiers ; par H. Micheels. — Commissaires : MM. Gil- kinet et Errera. . PRIX CHARLES LEMAIRE EN FAVEUR DE QUESTIONS RELATIVES AUX TRAVAUX PUBLICS. Institution. M™! Adelaïde Lemaire, domiciliée à Beaumont (Belgique, et décédée à Paris le 2 décembre 1890, avait inscrit la disposition suivante dans son testament mystique : ES E, AATA AR and ( 565 ) « je donne à l’Académie des sciences de Belgique la somme de vingt-cinq mille francs pour que les revenus en soient affectés à la formation d’un prix qui sera décerné tous les deux ans, sous le nom de Prix Charles Lemaire, à l'auteur du meilleur mémoire publié sur des questions relatives aux travaux publics. » Ce legs a été accepté, avec reconnaissance, au nom de l’Académie, par arrêté royal du 28 février 1891. Réglement (1). Conformément à la volonté de la testatrice, la Classe des sciences offre, pour la première période de concours, un prix de 1,420 francs à l'auteur du meilleur mémoire publié sur des questions relatives aux travaux publics. Le délai pour la remise des ouvrages expirera le 50 juin 1893; ils devront être adressés, francs de port, à M. le secrétaire perpétuel de l'Académie, au palais des Académies, à Bruxelles. Les ouvrages devront être écrits en français ou en fla- mand, Seront seuls admis, les ouvrages présentés par les auteurs belges ou naturalisés, et publiés en Belgique pen- dant la période du 1* juillet 1891 au 30 juin 1893. Le résultat du concours sera proclamé dans la séance publique de la Classe des sciences. Si le concours demeure sans résultat, la somme restée disponible sera ajoutée au capital primitif. mn” ~ (1) Ce règlement a été élaboré par une Commission composée de MM. Brialmont, Briart et Maus. Il a été ratifié par la Classe des sciences. : ( 364 ) RAPPORTS. La Classe entend la lecture du rapport de M. De Tilly sur un travail de M. Ferron, intitulé : Sur le roulement des cylindres. — M. De Tilly communiquera son rapport à M. Ferron. | — Sur-un rapport verbal de MM. Gilkinet et Errera, la Classe vote l'impression au Bulletin d'une note de Henri Micheels : De la présence de raphides dans Pembry yon de certains Palmiers. Cirro-stratus et altc-stratus ; par J. Vincent, météo- rologiste à l'Observatoire royal. Rapport de M. F. Folie, premier commissaire. «€ L'idée du travail que j'ai présenté à l’Académie de la -N part de M. J. Vincent, météorologiste à l'Observatoire royal, _mavait déjà été communiquée par lui dans le courant de l'été, et il se proposait de le sonmettre à la Classe au commencement du mois d'août, lorsqu'une maladie assez grave est venue mettre obstacle à la réalisation de son projet. C’est d'autant plus regrettable que la question ss _S’occupe M. Vincent était à l'ordre du jour des séances du _ = Congrès météorologique international, dont l'ouverture à _ eu lieu à Munich, le 25 septembre dernier, et que, presque seule en Europe, la Belgique n’y était pas représentée, | _ malgré Vo obligeante démarche que M. Hildebrandsson, — directeur de l'Observatoire météorologique d'Upsal, avait _— = bien voulu faire auprès de moi, el quoique l'Observatoire de Belgique fût certes l'un des plus connus de l’Europe, | point de vue de” ses installations et de ses ohservarions. . _ ronnes, d'où il faut conclure qu’elle est formée de goutte- ( 563 ) météorologiques. L'envoi du travail de M. Vincent eùt constitué une participation indirecte de notre pays-aux travaux du Congrès. Je résumerai les idées de Fauteur, sans entrer dans aucun détail sur l'historique intéressant et très complet qu'il a -fait de la question, ni sur la série d'observations sur lesquelles il a établi sa conclusion. A la partie antérieure d’une dépression se montrent des Cirrhus épars, suivis bientôt d’autres cirrhus étalés en voile, auxquels on a donné le nom de cirro-stratus. Ce voile, mince sur les bords, est de plus en plus épais, à mesure qu'on l'observe plus près du centre de la dépres- sion. En dessons de lui s’avancent les nuages à pluie proprement dits et les nuages orageux. Depuis Howard, tous les météorologistes n'ont va dans le voile en question qu’une seule et même couche. L'un d'eux, M. Hildebrandsson, s'appuyant sur les mesures de hauteur faites dans ces dernières années, a énoncé l'opi- nion que laltitude de ce manteau nuageux serait d'autant moindre qu’on l'observe plus près du centre de la dépres- sion; il aurait la forme d'un entonnoir. Il l'appelle cirro- stratus dans les parties élevées, alto-stratus dans les parties plus basses. Un examen attentif montre que, quand les. cirro-stratus commencent à couvrir le ciel, il existe en dessous d'eux une Couche de nuages qui, d’abord isolés ou par groupes, se présentent bientôt en une couche continue, cachant entièrement la couche le plus élevée. La distinction entre _ ces deux couches de nuages peut s'établir 1° par l'examen de leurs propriétés optiques : la supérieure donne nais- Sance aux halos et aux parhélies, elle est donc composée — a de cristaux de glace; l'inférieure donne lieu à des cou- ( 566 ) lettes; 2 en observant que a) en certains endroits du ciel, assez peu élevés au-dessus de l'horizon, les fragments de la couche inférieure se projettent fréquemment en gris sur le voile blanchâtre supérieur; b) que le voile inféricur présente certaines portions distinctement moutonnées, qu'on ne peut prendre que pour des cirro-cumulus. Il semble done qu'il faut admettre, dans les dépressions, non deux couches de nuages, mais trois : une supérieure, formée de cirrhus et de cirro-stratus; une moyenne, formée de cirro-cumulus, quelquefois moutonnés, le plus souvent diffus, parfois même en voile uniforme (alto- stratus); une inférieure, formée des nuages à pluie propre- ment dits. Il est à remarquer que souvent la couche moyenne donne aussi de la pluie. : Comme on vient de le voir, M. Vincent croit à lexis- tence bien caractérisée de trois couches de nuages dans les dépressions barométriques, qui sont presque toujours le présage d'un changement de temps, tandis que les météorologistes n’en avaient constaté que deux. Son habileté comme observateur et sa compétence en météorologie feront lire avec beaucoup d'intérêt le travail que nous venons d’analyser, et dont nous proposons bien volontiers l'impression, ainsi que de la photographie qui l'accompagne. » Rapport de M. G, Dewalque, second commissaire. « Je m'associe bien volontiers aux conclusions de mon savant collègue, pour proposer à la Classe l'impression de la note de M. Vincent avec la reproduction phototypique de la planche qui l'accompagne. » La Classe vote l'impression du travail de M. Vincent dans les Mémoires in-4° de l’Académie. { 567 ) Note sur les dépôts aacheniens du bassin de la Sennette , par le major Verstraete. fiapport de M. Éd, Dupont. « Cette note poursuit le but de reporter au commence- ment de l'époque crétacée, à la fois le dépôt des couches éocènes de la région de Nivelles, la formation prédevo- nienne des roches éruptives et du métamorphisme de notre terrain silurien. _ Elle n'est pas susceptible de recevoir d’autre suite que les précédentes. » MM, Briart et Mourlon ayant appuyé le dépôt aux archives, cette proposition est adoptée par la Classe. Nouvelle méthode pour la détermination quantitative de la valeur du pain, de la farine, de l’albumine, etc. ; seconde communication par John Barker Smith, docteur en médecine, à Dulwich (Londres). Rapport de M. W. Spring. e Cette « seconde communication » de M. J.-B. Smith Contient la suite des recherches qu'il a faites il y a un an, et dont le résultat a été inséré dans le Bulletin de la Séance de la Classe des sciences du 6 décembre 1890, page 614. En L'anteur a observé, on se le rappelle, que > matières 7 azotées, telles que le gluten ou les albuminoïdes en général, réduisent plus rapidement une solution étendue de perman- ganate de potassium que les hydrates de carbone, les conditions de l'expérience restant les mêmes, bien entendu. ll a basé sur cette observation une méthode rapide pour la détermination de la richesse relative de substances alimentaires en ss de azolés. ( 568 ) Son premier examen a porté sur le pain, la farine, la crème, la caséine ; aujourd'hui il complète ses recherches en les étendant au sucre, à l'amidon, à la dextrine, à l'alcool, voire à la soie et à la laine. Il fait connaître aussi les détails techniques nécessaires pour opérer sûrement avec le lait, les alcools de consommation, le vin, la bière, etc. | Ces détails spéciaux ne se prêtent pas à une analyse ; les personnes que la chose intéresse devront forcément recourir au mémoire de l’auteur pour être renseignées exactement. | En conséquence, et tout en me référant au rapport que la Classe m’a demandé sur la première communication de M. J.-B. Smith (1), j'ai l'honneur de proposer l'insertion de ce travail dans le Bulletin de la séance. » — Adopté (2). Recherches sur l’action physiologique de la propeptone et : de la peptone; par M. le D" Grosjean. Rapport de M. Léon Fredericy, premier commissaire. « Nous savons, depuis les expériences de Schmidt-Mühl- : heim et de Fano sur l’action physiologique des produits normaux de la digestion gastrique, les peptones, que ces substances constituent pour l'organisme animal de véri- tables poisons, quand on les injecte dans le torrent circulatoire : elles produisent une baisse énorme de la pression sanguine et suspendent la coagulation du sang. Malheureusement, ces ex périences manquaient de préci- Sion : elles avaient été faites avec des produits impurs, (1) Bulletin de l’Académie, 5e série, t. XX, p. 550. … (2) Cette seconde Communication, à eause de la traduction, ne pourra prendre place que dans le prochain Bulletin. | VF TE A) ader id 2 Fe LATE ( 369 ) des mélanges de peptone et de propeptone. L'auteur du mémoire soumis à notre appréciation a cherché à déter- miner la part qui revient à chacun de ces deux corps dans la production des phénomènes signalés par ses prédéces- seurs. Grâce à emploi des appareils enregistreurs, il a pu donner de ces phénomènes une description plus exacte et pius complète. Enfin il a réussi à perfectionner le procédé de préparation de la peptone. Son travail renferme un grand nombre de faits nouveaux et intéressants. J'ai honneur de proposer à la Classe : 1° De voter l'impression du travail de M. Grosjean dans les Mémoires in-8°, avec les 16 tracés qui l’accompagnent ; 2 D'adresser des remerciements à l’auteur. » M. Van Bambeke, second commissaire, s’étant rallié à ces conclusions, elles sont mises aux voix et adoptées. COMMUNICATIONS ET LECTURES. — Une lecture intitulée : Nouvelles recherches sur l'autotomie chez le Crabe, par Léon Fredericq, prendra place dans le Recueil des mémoires in-8°. Un argule nouveau des côtes d'Afrique; par P.-J. Van Beneden, membre de l’Académie. Parmi les parasites recueillis par M. Chevreux au Sénégal, dans la baie de Dakar, se trouve un Crustacé nbs à un genre qui n’est guère connu que par l'espèce qui hante la plupart des poissons d'eau douce _ w l'Europe : VArgulus foliaceus. Ce genre est établi depuis longtemps par Ot. Fred, ay A40) Muller; il a été l’objet de travaux importants. Leydig d’abord et Clauss ensuite ont fait connaître son organi- sation et son développement. T. Thorell, Heller et, dans ces derniers temps, Cornalia et Dana, se sont occupés de certaines espèces. | Les Argules, tout en vivant en parasites sur les poissons, ne se déforment pas comme leurs congénères; ce sont des Phagocytes. Ils ne se dépouillent pas de leurs nageoires, ils les changent seulement. Quand ils ont sucé le sang de leur hôte, ils reprennent la vie vagabonde et ne rede- viennent parasites que par le besoin. Ces Crustacés diffèrent également des autres par les premiers soins de l’âge larvaire ; la mère, au lieu de porter sa progéniture dans un sac qu’elle traine avec elle, la confie successivement à l’un ou l’autre poisson, comme le coucou qui dépose des œufs dans le nid d’un bec-fin, et le jeune Argule, en naissant, jouit de toute sa liberté. Ces Crustacés ne diffèrent pas moins par leurs allures : €n nageant, ils tournent sur eux-mêmes comme des girouelles et, en choisissant leur victime, ils se placent toujours de manière que leur tête soit dans la même direction què celle de l'hôte qui les héberge, L'Argule que nous faisons connaître ici est long de 7 millimètres, large de 2 !/, millimètres. Il a une teinte rosée, et le plastron, comme les divers segments, sont ornés de dessins formés par un dépôt régulier de pigment. Nous avons, autant que possible, tâché de reproduire ces lignes. Entre les yeux on voit, du côté du dos, un ruban médian, tronqué en avant, bifurquê en arrière, qui se perd insensiblement dans le pigment du bouclier; au milieu de ce bouclier, le pigment s'accumule pour former trois lignes transverses : la première, légère- ~ ment concave en arrière; la seconde, légèrement concave de LA ( 371 ) en avant; la troisième, toute droite, comme ua trait d'union entre les deux grandes taches. Derrière cette dernière ligne on voit trois autres taches de pigment sur la ligne médiane, simulant plus ou moins un masque. Le pigment ne s'étend pas jusqu’au bord du bouclier, de manière que celui-ci semble entouré d’une bande plus pâle que le milieu. Le bouclier est fortement échancré en arrière, de sorte que l'on aperçoit du côté du dos une partie du deuxième segment thoracique, la moitié à peu près du troisième, et le quatrième tout entier. Ces segments thoraciques sont aussi régulièrement pigmentés que le bouclier lui-même, et le dernier d'entre eux présente sur la ligne médiane deux jambes qui se croisent et en dehors desquelles on voit un dépôt isolé. Les deux lames qui terminent le corps sont en pointe, et le pigment forme une bande noire transversale, qui se prolonge en arrière, jusqu’au delà des deux appendices. En dessous, ces James sont pigmentées tout autrement; on dirait qu’elles sont injectées. Le corps est divisé en céphalo-thorax et abdomen ; cha- Cune de ces régions a ses appendices propres; du côté du os on voit un bonclier céphalothoracique qui recouvre en grande partie le thorax; il est formé d'une partie anté- rieure Correspondant à la tête, et d’une partie postérieure Correspondant au thorax; cette dernière est fortement échancrécsur la ligne médiane, de manière que les deruiers segments thoraciques sont à nu. La face inférieure de ce céphalothorax est garnie en avant de fines soies très courtes, qu'on ne distingue bie: n qu’à un certain g t, el qui sont d’ délicates qu'on les examine plus près ; du bord libre; elles forment un cercle autour des antennes. x a 312) La face inférieure de la partie du bouclier qui corres- pond au thorax n’est point hérissée comme la partie antérieure. Les yeux de ces Crustacés ont souvent attiré l'attention : J. Muller (1) s’en était occupé, surtout au point de vue physiologique, et tout récemment M. Parker (2) a fait connaître leur composition par des coupes habilement pratiquées. Ce sont ces organes qui leur ont valu leur a nom générique, Argule. a En regardant l'animal du côté de la bouche, chaque œil se présente comme une petite sphère transparente, par- courue par une bande noire, de la forme d’un croissant. Les appendices sont peu nombreux, surtout ceux qui correspondent à la tête : la première paire se découvre très facilement; elle consiste en une plaque chitineuse, terminée par un fort crochet en dehors et un second crochet, moins développé, en avant; derrière elle on voit une autre plaque couverte de denx tubercules pointus. En dehors des deux plaques qui ont l'air de wen faire — + qu’une, on voit deux appendices formés de divers articles, en l’antérieur de deux, l’autre de trois. : On ne voit pas d'antennes véritables, ni au bord du segment frontal du céphalothorax, ni sur le bord externe. Comme la patte-mâchoire se transforme à sa base en ventouse, la première paire d'antennes se transforme en crampon; les deux organes deviennent ainsi des organes d'adhésio ion W Zeits. f. Physiol., Bd. IV, H. 1851. ; (2) G.-H. Parker a étudié un Argulus trouvé sur un Findulus x heteroclitus, dans un aquarium, mais il n’en a pas déterminé l'espèce. z ~. G. H. Parquer, The compound eyes in Crustaceans (Bull. of the : ue: of comp. Zeer: at Harvard College, vol. XXI, n° 2, p- m 4894.) 5 ( 575 ) Ces deux paires d’appendices sont représentées figures 4 et 4’. [ls ne varient guère dans les diverses espèces. La première paire d’appendices est exactement compo- sée dans les Gyropeltis comme dans les Argules; on distingue un fort crochet accompagné d'un appendice, multi-articulé, et dans lequel on voit un autre appendice plus fort, que l’on prendrait également pour une antenne, si ces organes occupaient le bord du bouclier céphalique. Des mandibules finement dentelées sont logées dans la trompe, avec un stylet rétractile pourvu d’un conduit d’une paire de glandes à venin. Les ventouses qui correspondent à la première paire de pattes sont fort grandes. Elles sont situées un peu plus en arrière du siphon que dans les autres Argules. Elles sont pourvues d’un bord frangé très délicat, et le milieu est occupé par cinq valvules. Thorell n'en a figuré que quatre dans l’espèce qu’il représente. ll est inutile de faire remarquer que ces ventouses ne ressemblent aucunement aux ventouses des vers Tréma- todes ou Cestodes; tout autour d'un cercle, on voit une lame mince former une bordure qui doit s'appliquer sur la peau de l'hôte auquel il s'attache. Les cing papilles qui tapissent la cupule servent sans doute à faire le vide. Entre les ventouses on voit la pointe de la trompe, qui a la forme d'un fuseau; elle se recouvre de petites plaques dont la couleur blanche contraste avec la couleur foncée de Pétui. | La trompe et ses dépendances justifient complètement, à notre avis, la séparation des Argules parasites de pas- sage d'avec les parasites à demeure fixe, comme les Sipho- nostomes en général. A côté et un peu en arrière du eel existent deux sé ( 574 ) appendices à très faible consistance, qui se composent de trois articles: ce sont les pattes-mâchoires. En dehors des ventouses il n’y a qu’une seule paire d'appendices ; elle montre à sa base un article fort gros, bombé, armé de deux tubercules, qui porte en dehors un premier article suivi de trois autres de plus en plus pelits. Nous remarquons dans cette région six tubercules pointus et foncés en couleur : deux à la base du siphon, deux autres à la naissance de l'anneau thoracique, et deux, dont nous venons de parler, à la base du premier article de | la patte-mâchoire. Les quatre segments du thorax sont bien distincts; ils vont en diminuant d'avant en arrière ; le dernier, vu du - dessous, a un forme triangulaire. Chacun d’eux porte une paire de pattes; les deux pre- mières sont couvertes par le bouclier thoracique. Chaque patte est formée d’une pièce basilaire, au bout de laquelle se trouve une double tige, garnie à l’une et à l’autre de soies plumeuses. Ces soies plumeuses ont une double insertion et recouvrent même l’article basilaire de la quatrième paire. Comme on l'a fait remarquer, ces pattes bifides se rap- prochent de celles des Cirripèdes. En fait d'appendices abdominaux, nous en voyons deux excessivement petits, que l'on distingue seulement du côté du dos, à l’échancrure formée par les deux segments de la queue. Nous en avons donné le dessin figure 7. Les affinités des Argules n’ont été comprises que dans _ ces derniers temps. Lamarck les place entre les Caliges et les Cecrops. Milne bies #7. di, PRINT on FUTURS de ( 575 ) Edwards les met à la tête des Siphonostomes, également à côté des Caliges. Depuis 1869, Olison a montré que ces parasites, malgré leur siphon, n’ont point l’organisation des autres Siphono- stomes et ne peuvent être conservés parmi les Copépodes; qu'ils appartiennent anx Branchiopodes et doivent prendre place à côté des Apusidés. En 1879, Gerstæcker, qui s’est chargé des Crustacés dans Bronn's Classen und Ordnungen, les met aussi dans les Branch iopodes, à côté des Artemia et des Branchipus ; Gerstœæcker fait mention de quatorze espèces et de quatre espèces de Gyropeltis. Claus est d'avis de créer pour les Argules un sous- ordre spécial, sous le nom de Branchiures, qui prendrait place entre les parasites Siphonostomes et les Cirripèdes, dont ils ont réellement les pattes. Nous connaissons encore trop imparfaitement les nom- breux crustacés parasites, pour assigner à ceux-ci leur place véritable ; mais, en tout cas, nous partageons l'avis de Ollson, que les Argules doivent être séparés des Sipho- noslomes, et si, d’un côté, comme nous venons de le dire, ils se rapprochent notablement des Cirripèdes par les Appendices, il n’est pas possible encore de dire par quel Sroupe intermédiaire ils se rapprochent des Siphonostomes. Par les appendices pléopodes, les Argules forment avec les Gyropeltis un groupe naturel à | côté des Cirripèdes. Des douze espèces que Thorell à fait connaître d’abord €l auxquelles il a ajouté une treizième, cinq sont d'Europe, dont trois vivent sur les poissons marins. Les autres ont été recueillies sur des ps des gues, LME: des ee Indes et des deux Amériq! Se SÉRIE, TOME XXII. 26 ( 376 ) Tout récemment on vient de signaler encore une espèce fluviatile sur le Lepidosteus, dans la rivière de Magara. Il existe une grande différence entre l'abdomen de ces diverses espèces, surtout sous le rapport de son étendue : dans l’Argule de Natterer l'abdomen est entièrement caché sous le bouclier céphalique ; dans l’Argute foliacé il dépasse légèrement le bouclier; dans l’Argulus pugel- tentis il le dépasse un peu plus, et dans l'espèce que nous décrivons le bouclier ne recouvre qu’un peu plus de la moitié du thorax et de l'abdomen réunis. Nous ne pouvons juger de l’abdomen de l’Argulus giganteus de Lucas, à cause de sa mauvaise conservation. Aussi nous n’hésitons pas à regarder l’Argule de Dakar Comme nouvelle pour la science; l’Argulus giganteus des côles d'Alger, tout en ayant été trouvé sur un poisson plagiostome des côtes d'Alger, ne présente, d’après la description de Lucas, rien de commun avec celui-ci. L'Argulus pugettensis de Dana, provenant d’un poisson marin de l’Amériqne méridionale, diffère surtout de celui que nous décrivons par le peu d'étendue de la région abdominale. L'Argulus elongatus de Natterer, recueilli au Brésil, ne diffère pas moins des autres Argules, par le peu de déve- loppement du céphalothorax; si ce n'étaient les ventouses et les appendices propres à ce genre, on songerait à peine à le placer parmi les Argules. Nous proposons de donner le nom d'Argulus melita (1) à ce nouveau Crustacé. Ce qui la distingue particulièrement des autres espèces, — c'est surtout la largeur de l'abdomen : le céphalothorax ne recouvre qu'un peu plus de la moitié du corps. À (1) Le nom du yacht de M. Chevreux. CET) Elle a été recueillie, avec d'autres Crustacés, sur les parois internes de la bouche de Requins, très communs dans la baie de Dakar, mais dont nous ne connaissons pas le nom spécifique. Jurine. Ann. du Museum, t. VII, 1806. Dana et Herrick, Silliman’s american Journ. of science and arts, 1857. Argules catastomi. Voer, Beiträge z. Naturg. Schweiz. Crustaceen, 1845. Lucas, Exploration scientifique de VA lgérie. (Hist. nat. des animaux articulés, première partie, Crustacés, 1845). Lucas, Observations sur quelques espèces nouvelles de Crustacés du Nord de P Afrique. (Ann. Société entomologique de France, 2° série, t. VII, 1849.) Dr Levpie, Ueber Argulus folaceus. Zeits. f. Wiss. Zool., vol. Il, 1850. | James Dana, United States exploring expedition. Atlas des Crus- | tacés, grand in-folio, Philadelphie, 1855, pl. XCIV, fig. 2, a, b C. Herren, Beiträge zur Kentniss d. Siphonostomen, Sitztungsb. d. kais. Acad. der Wissenschaft. zu Wien, vol. XXV, 1857. Connarra, Sopra una nuova specie di Crust. Sifonostomi. Milano, T. Troners, Om trenne-europeiska Argulider. Ofversigt af K. Vet. Acad. Forhand, 1864, avec trois planches. Tuor ir, Om Argulus dactylopteri, en ny Vestindisk hafs-Argulid. Ofversigt, 1864. D: Levpia, Ueber einen Argulus der Umgebung von Tübingen. Troschel's Archiv, 4871. Craus, Ueber die Entwickelung, Organisation und System. Stellung der Arguliden. Zeit. fur Wiss. Zool., vol. XXV. 1875, ct Traité de Zoologie, 1884. EXPLICATION DE LA PLANCHE. ? Argulus melita. | Fie. 4. — L'animal vu du côté du dos, à un faible nes F 16, 2, — Le même, vu du côté du ventre, à un grossissement ne ee ( 378 ) peu plus fort; on distingue en avant les appendices oprit les antennes, les yeux qui sont en place, plus en arrière les antennes, au milieu, en arrière d'elles, le siphon, et, en dehors, les pattes- mâchoires, suivies de quatre paires de pattes, puis le segment abdo- minal. : Fic. 5. — Les deux paires d'antennes. Fie, 4. — Les mêmes, du côté droit. Fie. 4, — Les mêmes, du côté gauche. Fie. 5. — Une section d’un œil. Fic. 6. — Le bout libre d’une patte thoracique. Fie. 7. — Appendices caudaux. Sur apparition de plusieurs nouvelles taches rouges dans l'hémisphère austral de Jupiter et sur la structure de la bande septentrionale 4 de cette planète; par F. Terby, correspondant de l’Académie. J'ai l'honneur d'appeler l'attention de l'Académie sur la présence actuelle, dans l'hémisphère austral de Jupiter, de plusieurs taches rouges fort semblables à celle qui a excité la curiosité à un si haut degré depuis l’année 1878. Ces _ taches rouges sont comparables surtout à l’ancienne tache _ telle qu’elle se montra dans ses moments de plus grande visibilité, comme en 1879, par exemple : elles sont très visibles, très sombres, d’une teinte rouge extrêmement foncée, semblable à celle de la bande 3I actuellement; elies sont plus ou moins elliptiques, allongées dans le sens. de la rotation, et l’une d’entre elles surtout rappelle Pan- cienne comme forme et comme dimensions; elles sont | toutes un peu plus australes que l’ancienne ellipse rouge. c Cene ene fort visible cette année (fig. et s ( 379 } La première des nouvelles taches rouges, tout à fait semblable à l’ancienne, occupait la longitude de 140° le 5 octobre (1) et je l'ai observée notamment les 6, 21, 28, 50 septembre, 3, 5, 15, 17, 29 octobre, 3 et 5 novembre (voir a, fig. 2, 5, 4). La deuxième tache n’a été observée qu'une seule fois, le 5 octobre, à 937"; elle était plus petite que les autres et sa longitude était à très peu près de 213° (fig. 5, a). La troisième tache a été vue les 10, 29 septembre, 5, 4, 18 et 28 octobre; sa longitude était d'environ 280° le 18 octobre (fig. 5, £, 6 et 7, a). La quatrième tache précédait immédiatement l’ancienne tache rouge; je l'ai observée les 4, 16, 18 et 28 octobre; sa longitude était de 545° le 16 octobre (fig. 7, 8, 6). Les observations des 30 septembre et 3 octobre ont montré que la première tache ne peut être considérée Comme une région plus sombre de l’une des bandes supé- rieures du disque (fig. 2, 3); elle a paru, au contraire, tout à fait isolée et située entre ces deux bandes, plus près peut être de la plus septentrionale que de la plus méri- dionale et, en apparence, dans une sorte de dépression de la bande septentrionale comparable à la dépression si connue de la bande 51 sous l’ancienne tache rouge. Depuis l’année 1878, époque de la découverte de cette dernière, on a mainte fois recherché, et quelquefois avec Succès, dans les anciens dessins, des taches susceptibles d'être identifiées avec la tache rouge; on peut se demander aujourd’hui si l'identification n’est pas aussi facile avec les ee (D Longitude calculée d'après les Éphém. de M. Marth, Monthly Notices, vol, LI, ne 5, p. 560. re ( 580 ) taches actuellement visibles. En 1872, par exemple, ja observé une tache allongée, sombre, qui semblait faire partie de l’une des bandes les plus méridionales de la pla- nète; sa forme elliptique était très reconnaissable (1); la : lunette de Secretan, dont je me servais alors, ne me per- mettait point de discerner aussi facilement la couleur de cet objet; je me suis demandé depuis si cette tache n'était — point identique avec la grande tache rouge; actuellement — je trouve son aspect plus conforme encore à celui des — taches rouges, et surtout de la première, que je signale dans la présente note. i Un autre phénomène important coïncide avec T'appari- tion de ces taches rouges dans hémisphère méridional : Cest la formation de nombreuses taches noires le long de — la bande septentrionale 4. Y aurait il une corrélation entre — ~ Ces deux phénomènes se produisant en même temps dans : les deux hémisphères sous des latitudes d'environ 22° nord et 35° sud? - Les dessins qui accompagnent cette notice renferment des exemples de ces taches noires, dont MM. Denning et Stanley Williams (2) ont signalé l'apparition dans la ande 4. Je constatais aussi leur existence dès le 22 août (fig. 1). Mon dessin de ce jour en renferme trois bien dis- tinctes, et le restant de la bande 4 semblait constitué par une série de granulations noires: le dessin du 50 sep- … (1) Bull. de PAcadémie roy. de Belgique, 2° série, t. XXXIV, 4812, ned et40. — The Observatory, 1882, february, p. 54. e © The Observatory, sept. 4894, p. 312. Octobre, p- 550- Novembre, p. 364. = Sk _ celles de M. Barnard, son collègue à Lick Observatory. M. ( 581 ) tembre (fig. 2) montre à la fois six de ces taches, dont la position a été relevée avec beaucoup de soin : elles appa- raissent comme des proéminences noires au bord sud de la bande 4; de plus, le 30 septembre, à la faveur de la beauté exceptionnelle de l’image, la bande 4 se montrait double avec une grande évidence et une grande délica- tesse; les proéminences noires semblent placées, par con- séquent, au bord sud de la composante méridionale de cette bande. Les 3 et 18 octobre (fig. 5, 6) et le 29 octobre, un aspect analogue a encore été constaté. Le 18 octobre (fig. 7) la bande 4 présentait aussi une solution de conti- nuilé sous forme d’un trait brillant incliné du SE au NW zÉnographiques. En résumé, cette zone 4 offrait une image réduite, mais d’une ressemblance frappante, de l'aspect présenté par la bande 3IH, notamment en 1887, 1888, 1889 et même 1890, Le 30 septembre, cette bande 4, double, examinée avec une extrême attention, ne me paraissait point formée simplement de deux zones conti- nues el parallèles; on y devinait une structure plus com- pliquée et indéchiffrable. M. Stanley Williams (1) se demande, comme moi, si ce parallélisme apparent n’est point l'indice révélateur d’une structure analogue à celle que j'ai signalée dans les bandes équatoriales (2); les (1) Lettre adressée à l’auteur. (2) Astron. Nachr., n° 2928. — Bull. de l’Académie roy. de Bel- gique, 5° série, XVIII, nes 9 et 10, 1889, n° 12, 1889; XIX, n° 4, 1890; XXI, n° 4, 1891. Aux confirmations apportées à mes remarques sur la structure des bandes équatoriales par M. Keeler, ee aujourd'hui se an ( 582 ) taches noires ou proéminences au bord sud de 4 sont d’ailleurs tout à fait semblables à celles que nous avons suivies depuis 1887 au bord sud de III. Dans une étude plus complète de ces observations, j'examinerai les résultats auxquels elles conduisent sous le rapport des vitesses de rotation; mais il est bien regret- table que la mauvaise qualité si fréquente de l'image, jointe à la difficulté de l'observation de ces taches noires, ne mait permis jusqu'ici de réunir à cet égard que des données assez peu suivies; cette durée de rotation serait, en effet, d’après des observations antérieures de Dennett (1), Denning (2), J. Schmidt (3), Barnard (4), etc., confirmées par les résultats actuels de Denning, de Stanley Williams (5) publie dans les Monthly Not., vol. LI, p. 546, un beau dessin de Jupiter pour 1890, dans lequel la structure que j’ai signalée est très visible ; il insiste de plus sur la relation qui existe entre les points noirs du bord nord de 51 et des appendices de cette bande appelés par lui queues de cheval (horse tails); c’est confirmer un détail de plus de la structure annoncée, car j'ai dit que les tronçons de bande inclinés qui composent la bande 5111 se terminent au nord par des dentelures ou taches noires. (1) The Observatory, 1880, n° 44, p. 653. (2) The Observatory, 1881, n° 47, p. 85. (5) Beroporsky, Ueber die Rotation des Jupiter, p. 110. — Mé- ` langes mathém. et astron. tirés du Bulletin de P Académie impériale des sciences de Suint-Pétersbourg, t, VW, — Bulletin, n. s. II (XXXIV), Pp- 121. (4) Publications of the Astron. Soc. ofthe Pacific, n° 5, nov. 1889, _105. — (5) Lee. eit. ( 585 ) et de Barnard (1), la plus faible connue à la surface de Jupiter; elle ne serait que de 948" ou 9*49™ environ. Elle serait même susceptible de changer d'un j Jour à l’autre, d'après M. Williams (2). Mais en présence des difficultés d’une détermination aussi délicate que celle de la durée de rotation à quelques secondes près, et quand on voit le nombre de ces taches, la difficulté de leur observation, leur parkie ressemblance, la facilité de les confondre, au point qu’une durée de rota- tion supposée exacte a priori peut seule le plus souvent servir de base à leur identification, on sent la nécessité de réunir de nouvelles observations précises sur la vitesse de leur mouvement. N'est-il pas digne d’attention, en effet, que ces taches de l'hémisphère nord présentent une durée de rotation de 949%, alors que la tache rouge et d’autres accidents planétaires, occupant la même latitude méridio- nale à peu près, ont une durée de rotation de 9°55* en chiffre rond, alors que cette durée de rotation de 955 est partagée par les taches noires et blanches qui se suc- cèdent au bord septentrional de 3111, et tandis qu’à l’équa- leur même la période des taches blanches est de 9230" ? Quant au dédoublement de la bande 4, j'en ai trouvé la „marque évidente dans plusieurs de mes dessins inédits e 1888. En examinant les deux premières parties de mes Études sur Jupiter (3), on y remarquera que la bande 4 m’a paru in (1) Astron. Nachr., n° 5065, p. 291. (2) The Observatory, free 1891, ne 181, p. 561. (5) Mém. cour, et des sav. étrangers publiés par l’Académie royale de Belgique, in-4°, XLVII, 1885, et XLIX, 1888 # £: ( 554 ) : assez souvent doub'e en 1881 et 1882, ou du moins for- mée de deux zones de teintes différentes : l’une, rose, du côlé septentrional, l'autre, grise, du côté méridional, et qu'en 1884, elle me paraissait formée de granulations comme actuellement (voir 1881, 29, 30 septembre; 5, 29 octobre; 18 novembre; 30 décembre; 1889, 6, 14 mars; 1884, 1° janvier, 11 et 14 février). Les bandes 51, 311, SII, ces deux dernières surtout, si riches en détails en 1887, 1888, 1889 et même en 1890, sont actuellement d'une uniformité étonnante dans la grande majorité des cas; le dédoublement de 3I est diffi- cile, celui de 3III ne se remarque presque plus; on trouve Pourtant dans nos dessins, pris dans les meilleures condi- tions de cette année, quelques exemples des anciennes particularités autrefois si accentuées dans ces régions : dentelures noires, taches blanches, régions plus lumi- neuses, ombres très faibles parallèles, perpendiculaires ou obliques à la direction des bandes, ete... La bande 3111 est d'un rouge très sombre. 4 En revanche, les régions méridionales offrent quelques particularités très remarquables: une teinte rosée y domine généralement; la tache rouge, comme nous l'avons dit, est redevenue très visible, d’une teinte rose marquée el ter- minée par un point noir à son extrémité orientale (voir _ fig. 8). Plusieurs perles rondes, brillantes, s’observent dans ces régions (fig. 1 et 2). Je termine cet aperçu abrégé de mes observations _ actuelles en disant que le 10 septembre, à 96", le satel- lite III et son ombre se projetaient sur la planète : le satel- lite lui-même se montrait comme une tache grise précédant un peu l'extrémité occidentale de la tache rouge; son ( 585 ) ombre se projetait en plein sur la tache rouge elle-même, sous forme d’un disque très noir, et n’y perdait rien de son obscurité, preuve nouvelle que la tache rouge n'émel pas de lumière propre. Les hnit dessins que j'ai l'honneur de présenter à l'Aca- démie sont les meilleurs qu'il m'ait été donné de faire; malgré la sérénité très belle et les apparences si favorables d'un grand nombre de nuits écoulées depuis le 22 août, l'image de Jupiter s’est montrée généralement très peu satisfaisante et très rebelle à la constatation des détails délicats; c’est à peine si un grossissement de 150 fois environ pouvait être supporté dans la grande majorité de ces nuits, el je n'ai pu employer avec une véritable utilité les amplifications de 280, 420 et 430 fois que les seules soirées des 50 septembre, 16 et 18 octobre, qui, la pre- mière surtout, ont fourni une image réellemen: admirable et d’un calme parfait. M. de Boë, d'Anvers, m'a écrit spon- lanément pour me faire part de la même impression et se plaindre aussi de la mauvaise qualité constante de l’image de Jupiter, cette année, dans son excellent six pouces de Secretan. EXPLICATION DE LA PLANCHE. Fic. 4. — 1891, 22 août, 10h24 + (t. m. Bruxelles); L (longitude jovigraphique du méridien central) = 46°. Equatorial de Grubb, 8 pouces; oculaires 150, 250. On a Pointillé les perles ou taches blanches brillantes. EN + — 50 septembre, 8154m; L = 96e. Oculaires 280, 420, 480, 250, 150; image excellente. ( 586 ) B La tache noire B au méridien central à 9412m, Seen — E Sa 9b57m. : 3 La dentelure y — — 9hign. i La tache blanche ò — — 032m, Fie. 5 — 5 octobre, 914m; L = 440°. Oculaires 180, 280. Tache «, la première des nouvelles taches rouges, au méridien central à Ok{ 4m, Fic. 4. — 28 septembre, à 8b$7m +; L = 488°. na Oculaires 280, 150; æ est encore la première nouvelle tache o rouge. - Fic. 5. — 5 octobre, à 937m; L — 243°. Oculaires 180, 280; très bonne image. ‘ a, la deuxième des nouvelles taches rouges, au méridien central à 9h36m B au méridien central à 946m, Y — — hhm, ò — — 14022m, La troisième tache rouge au bord oriental €. _Fie. 6. — 18 octobre, à 8h55m; L = 2690, Oculaire 150. a, la troisième tache rouge, au méridien central à 852", B, au méridien central à 8*58m, Fic. 7. — 18 octobre, à 932m; L = 504°, + Oculaires 150, 250, 450, 280; excellente image. L'espace pointillé brille ua peu plus que le reste. Y, au méridien central à 9h28m, très visible. B, quatrième tache rouge, au bord oriental. - Pe 8. — ië octobre, à 95m; L = 5480. zn Oculaires 280, 180; très bonne image. B, la quatrième tache rouge, au méridien central, vers 91". Le milieu de l’ancienne tache rouge au méridien central | àM38m, ( 387 ) Sur la position stratigraphique des gîtes fossilifères de l’Éocène supérieur au nord de Glabais, près de Genappe; par Michel Mourlon, membre de l’Académie. Je me suis attaché à montrer, dans ma dernière commu- nication à l’Académie, que la plus grande partie des dépôts rapportés par Dumont à son système laekenien dans la région comprise entre la Senne et la Dyle, doivent être rangés dans l’étage asschien de l’éocène supérieur. J'ai montré aussi que, dans la partie de la région qui s'étend vers Genappe et Nivelles, ces dépôts ne sont sépa- rés des roches bruxelWennes que par une couche peu épaisse ou par quelqnes lambeaux de sables se rapportant à quelque partie des étages ledien ou wemmelien, qui ont échappé à la dénudation. Ces lambeaux de sables étant généralement eux-mêmes très graveleux, se confondent souvent avec le gravier de base de l'étage asschien, dont il est alors fort difficile de les séparer. Tel était le cas, notamment, pour le lambeau de sable graveleux qui, dans un chemin creux au nord de Glabais, m'a fourni de nombreux fossiles dans des bancs de con- crélions ferrugineuses. Ceux-ci semblaient former la base des sables asschiens qui s’observent à quelques pas plus loin, et dont on ne Pouvait voir le contact par suite de ravinements des dépôts Quaternaires, dont les cailloux de base se trouvaient en Contact avec les bancs ferrugineux fossilifères. Mais heureusement que, en me rendant une dernière fois Sur les lieux, en octobre dernier, je pus constater qu’un ( 388.) déblai, pratiqué récemment dans les sables, avait mis précisément à découvert le gravier caractéristique, base de l’asschien, à un niveau ‘supérieur à celui des bancs ferrugineux fossilifères. La succession des couches qui s’observent dans le chemin creux au nord de Glabais, diffère donc quelque peu de celle renseignée dans ma dernière communication (Bull. Acad., t. XXII, p. 107), comme le montre la coupe ci- après, relevée le 17 octobre 1891 : Q. Asb. Coupe au nord de Glabais. 1. Cailloux avec un peu de limon recouverts de terre végétale, ravinant, vers le sud-ouest, les couches sous-jacentes, au point de se trouver en contact avec les bancs de con- crétions ferrugineuses fossilifères et de présenter en ce point une épaisseur de limon atteignant. . . . . . mètres. 2. Sable gris blanchâtre et jaunâtre, devenant argileux sur 0" „50 à 0,40 au contact de la couche n° 1. 5. Gravier formé de grains de quartz et de Fe conie, caractéristique de l’asschien, deve- nant parfois ferrugineux et se confondant alors, par places, avec le sable sous-jacent; il renferme de nombreux fossiles d’une extrême friabilité et qui se retrouvent aussi dans le même état immédiatement au- dessus du gravier, dans un sable jaunâtre renfermant encore fm grains de gra- vier en : . . . À REPORTER. . 2,50 2,50 J 2 j y Ÿ ( 589 ) Rapont:: : :. 0,0) 4. Sable rougeätre, graveleux, sur le prolonge- ment duquel s’observent, un peu plus bas dans le chemin, les deux niveaux continus de concrétions ferrugineuses, aaan graveleuses, très fossilifères . . 000 Lx? 5. Sable jaune, peu ou point graveleux, ate. mant encore des concrétions ferrugineuses. 1,00 6. Gravier. . . ve O B. 7. Sable unten décalcarisé. POT o 410 Parmi les nombreux fossiles de la couche n° 4 qui con- slituent le principal gîte de la upe eee il ne wa été possible d'en déterminer j jusqu’iei qu’un certain nombre d'espèces. Or, ces espèces, qui sont renseignées dans ma dernière Communication, se rencontrent toutes indifféremment dans la faune des étages wemmelien et ledien, si bien repré- sentée dans les belles collections du Musée. Toutefois, en absence de nummulites et autres fossiles Caractéristiques de Pun ou l’autre des deux étages de 'éocène supérieur, je dois dire que les spécimens de Glabais présentent, par leur gangue ferrugineuse, un aspect qui porte à les considérer comme wemmeliens. Ce fut l'impression des géologues opeen à qui j'eus l'occasion de les communiquer. Mais un nouvel examen de mes spécimens mieux dégagés, m’a permis d’y reconnaître la présence d'un cer- lain nombre de formes, et notamment de l'Orbitolites complanata, représentée par un grand nombre d'exem- plaires, qui n’ont encore été signalées, au moins à ma Connaissance, que dans l'étage ledien. € | Mee entre Genappe et Nivelles. ( 590 ) Dans ces conditions, comme j'ai rapporté à ce dernier étage dans mes planchettes du levé de la carte géologique, tous les dépôts de sables graveleux qui ont subsisté entre les couches du/bruxellien et de l’asschien, je ne me crois pas autorisé à faire une exception pour le lambeau de Glabais, non plus que pour ceux de Sauvagemont, de _ Plancenoit, de Braine-l'Alleud et de Hoeylaert, qui renfer- ment les mêmes fossiles. J’ajouterai qu’il ne serait pas impossible que les couches n” 5 et 6 de la coupe de Glabais représentassent quelque vestige de l'étage laekenien. Non seulement ces couches se trouvent sous le dépôt graveleux ledien, mais j'ai {déjà eu l'occasion de signaler la présence des Nummulites lœvigata et autres fossiles roulés de la base du jlaekenien, en différents points de la région, el notamment au nord du hameau de Promelles, sur la planchette de Nivelles. Enfin, les plaques silicifiées, graveleuses et pétries de nummulites que je"renseigne dans ma dernière commu- nication (p. 104), comme se trouvant à la surface du sol ou à la base des dépôts quaternaires, au sud de Maransart sur la planchette de La Hulpe, ont été examinées avec beaucoup de soin par M. Van den Broeck pour la déter- mination spécifique des nummulites. __ Mon savant collègue est d'avis qu’il est impossible de faire cette détermination d’une manière absolue, à cause de l’état de silicification des nummulites, mais que, d'après leurs caractères extérieurs, elles semblent bien devoir être ~- Tapportées à la N. Heberti et à la N. variolaria, et, comme ~ Ce sont précisément les deux espèces qui se rencontrent posées dana; étage laekenien, c'est encore une présomp- tion de plus qu'il existe des vestiges de cet étage dans la (391) De la présence de raphides dans l'embryon de certains Palmiers : par Henri Micheels, docteur en sciences naturelles. Le rôle de l’oxalate de calcium dans le règne végétal a donné lieu à de nombreuses théories contradictoires. | 0. Warburg (1), A.-F.-W. Schimper (2) et Carl Wehmer (5) ont résumé succinctement les travaux des auteurs qui ont abordé ce sujet. Certains physiologistes établissent une relation entre l'assimilation du carbone et la formation d'oxalate de Calcium, soit qu’ils considèrent l'acide oxalique comme le Premier produit de la désoxydation de l'acide carbonique, Où Comme une excrétion sans emploi, ou encore comme Un produit secondaire dans la transformation de l'amidon en Sucre. Des botanistes attribuent un rôle à l’oxalate de calcium dans la production des matières protéiques aux dépens asparagine et de sucre. Quelques-uns voient dans - ce sel une matière de réserve; d'autres, une substance Servant de moyen de défense, ete. Bref, comme l'à fait remarquer A.-F.-W. Schimper (4) : « Beinahe ein jeder ` ; s en (1) 0. Warauno, Ueber die Bedeutung der organischen Säuren für ` den Lebensprozess der Pflanzen, Untersuchungen aus dem Botanischen Institut zu Tübingen, M. Bd., 1. Heft. = (2) A.-F.-W. ScuimPer, Ueber Kalkoralatbildung in den Laubblät-_ tern, Botan. Zeitung, 1888, n° 5. o (5) Carr Wenmer, Enstehung und physiologische Bedeutung soi Oxalsäure im Stoffwechsel einiger Pilze, Botan. Zeitung, 1891, n° 15. (4) Loe. cit., p. 67. gme SÉRIE, TOME XXIL 27 (592 ) » der Autoren, die, wenn auch nur nebenbei die physio- » logische Bedeutung dieses weit verbreiteten salzes » berührt haben, eine andere Hypothese aufgestellt hat. » Devant les divergences que l’on constate dans les opinions émises sur la signification de l'acide oxalique dans la plante, il n'a paru intéressant de signaler la présence de raphides dans l'embryon en repos, car je mai vu ce fait mentionné dans aucun ouvrage. En effectuant des recherches embryologiques chez les Palmiers, à l’aide de matériaux que je dois à l'obligeance de M. le D" M. Treub, directeur du Jardin botanique de Buitenzorg (Java), j'ai trouvé des raphides dans Pembryon de Ptychosperma Alexandre et dans celui d'un Caryota provenant de Siam. Le premier possède des paquets de raphides courtes dans des cellules cristalligènes. Le second présente à la fois des raphides courtes et des raphides longues. Ces dernières y sont plus rapprochées de la périphérie que les courtes. Dans l'embryon de Caryota, les paquets de raphides sont.beaucoup plus abondants à la base du cotylédon qu'à son sommet. La présente communication n'est faite qu'en vue de prendre date. Je compte rechercher l'origine de cet oxalate de calcium dans l'embryon. __La Classe se constitue en comité secret pour discuter les titres des candidats aux places vacantes et pour l'in- ~ Scriplion de candidatures nouvelles. nas knn és “nuls (393) CLASSE DES LETTRES, Séance du 9 novembre 1891. M. G. TIBERGHIEN, directeur, président de l’Académie. Sont présents : MM. Lamy, vice-directeur; Alph. Wau- ters, Émile de Laveleye, A. Wagener, P. Willems, S. Bor- mans, Ch. Piot, Ch. Potvin, J. Stecher, P. Henrard, l L. Vanderkindere, Alex. Henne, G. Frédérix, le comte = Goblet d'Alviella, Ad. Prins, membres; Alph. Rivier, asso- | ci; A. Giron, le baron de Chestret, Paul Fredericq et | Godefroid Kurth, correspondants. | M. le directeur donne lecture de la lettre que lui a | ~ adressée M. le secrétaire perpétuel pour informer que | Son état de santé l'empêche de venir remplir ses fonc- | tions. | | M. le comte Goblet d'Alviella remplit les fonctions de secrétaire. CORRESPONDANCE. _ La Classe apprend avec un profond sentiment de regret la perte qu'elle a faite en la personne de l'un de ses mem- bres titulaires, M. Louis Roersch, décédé à Liège, dans sa Soixantième année, le 28 octobre dernier. . Une lettre de condoléance sera écrite à la famille. M. Stecher a bien voulu être l'organe de l’Académie aux funérailles; son discours sera inséré au Bulletin. ee ( 594 ) M. Willems accepte de rédiger, pour l'Annuaire, la notice nécrologique du défunt. — Par dépêche du 22 octobre, M. le Ministre de l'In- térieur et de l'Instruction publique informe l’Académie que la deuxième période du concours quinquennal des sciences sociales sera close le 51 décembre prochain. Il prie la Classe des lettres de lui faire parvenir la liste double de présentation en vue de la composition du jury. — Cette élection se fera dans la prochaine séance. | Par dépêche du 4 novembre, M. le Ministre de l’Inté- rieur et de l'Instruction publique envoie, pour être distri- bués, cinquante exemplaires du rapport du jury qui a eu pour mission de juger le concours triennal de littérature dramatique en langue française. — Remerciements. — M. le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique envoie, pour la bibliothèque de l’Académie, un exemplaire des ouvrages suivants : 1° Étude historique sur l'exécution de la carte de Fer- _ raris el l’évolution de la cartographie topographique €n Belgique; par le colonel Hennequin; Th socialisme, ses principes fondamentaux el son impossibilité pratique, traduit de l'allemand par Olivier Feron; ze 5° De laatste dag der eerste wereld, heldenspel in 5 bee dryven; par Hendrickx. — Remerciements. — M. le Ministre de la Justice envoie deux exemplaires des tomes IHI et HI du Recueil des coutumes des petites villes et seigneurtes du quartier de Bruges; publié par be Commission royale des anciennes lois et ordonnances dela Sie — — Remerciements. ( 395 ) =~ — M. Lamy accepte de rédiger pour le prochain annuaire la notice nécrologique sur J.-J. Thonissen. — Remerciements. — Hommages d'ouvrages : 1° Histoire du règne de Marie Stuart, tome 1; par Martin Philippson (présenté par M. Henrard, avec une note qui figure ci-après); 2 Cours de droit criminel donné par Fernand Thiry; (présenté par M. Ad. Prins, avec une note qui figure ci- FRS 5° Des délimitations et des abornements; discours par M. Detroz, procureur général ; 4° Deux esterlins ou tiers de gros au lion, frappés en” Commun par Jean III et Louis de Crécy ; par le vicomte B. de Jonghe; 5° A. La storia della filosofia, insegnata nei licei; B. Di tre regole inesatte che si danno comunemente del sillo- gismo; C, Esposizione della dottrina di Vincenzo De Vit, sul linguaggio; D. La filosofia cristiana nel convito di Bal- dassare ; E. Intorno ai programmi ed al regolamenti - scolastici; par L. Billia (présentés par M. Alph. Le Roy); 6° A) Questionnaire de Folklore publié par la Société du Folklore wallon ; B) Bulletin du Folklore, n° 1 ; publié sous la direction d'Eugène Monseur; C) Contes populaires du Pays wallon ; par Auguste Gittée et Jules Lemoine. (Pré- Sentés par M. Goblet d'Alviella avec une note qui figure ci-après); T° De secte der Loïsten of Antwerpsche Libertijnen (1525-1545); par J. Frederichs. (Présenté par M. Paul F redericq, avec une note qui figure ci-après). — Remer- Ciements. ( 396 ) ee M. Willems accepte de remplacer M. Roersch, décédé, comme troisième commissaire pour l’examen du Mémoire de M. Victor Chauvin, sur le Scopélisme. Discours prononcé aux funérailles de M. Louis Roersch; | par J. Stecher. A Messieurs, Sur celte tombe si brusquement ouverte, j'apporte - l'hommage éploré de l'Académie royale de Belgique. ER Si l'émotion ne permet pas ici un éloge suffisant, croyez bien qu’il n’est qu’ajourné. Selon nos traditions, une voix plus sûre, plus éloquente saura bientôt détailler les mérites du confrère que nous pleurons. La Classe des lettres se fera un honneur de payer complètement sa dette. Ron à Louis Roersch, en effet, dès son élection en 1882, s'est __— placé au premier rang comme collaborateur dévoué, infa- n tigable. Il semblait s'approprier la devise de Gesner, Pun des plus vaillants champions des études classiques : Indesinenter. Jamais de repos! Toujours prompt à la besogne, rien ne Varrêtait; à l'heure voulue, il nous arrivait muni des documents néces- saires, soit qu'il fallût déchiffrer une inscription mulilée, n ~ deviner le sens d'un texte longtemps douteux, ou proposer _ ~- les conjectures d'une énucléation parfois subtile, mais Jamais sans plausibilité scientifique. _ Ce n’était pas pour faire étalage d'érudition fastueuse, Ce n’était pas pour éblouir, mais pour s'aider soi et autrui à trouver la vérité, exacte vérité. ( 397 ) dans ses leçons d'Université, le besoin, la passion du savoir solide et précis, que parfois il ne reculait pas devant des apparences de minutie pour mieux arriver à déterminer l’objet de la discussion. Avec une grande bienveillance, une aménité des plus courtoises, il défendait son opinion sans transiger. On sentait qu’elle était le résultat de pro- fondes recherches et n'avait été adoptée qu'après un examen obstiné, acharné, poussé jusqu'aux racines des choses. On n’abandonne pas aisément ce qui a coûté tant de peines. Aussi, dès qu’il prenait la parole, attirait-il l'attention Sans aucun artifice oratoire ; on le suivait sans ennui, sans impatience, dans les arides circuits de l'argumentation. S'il présentait un rapport, on était d’autaut plus attentif qu'on espérait toujours quelque fait révélateur, quelque détail inédit, et cette espérance était rarement trompée. Sa science, très sûre et très prudente, lui donnait une auto- rité qui l'a fait consulter ailleurs encore qu'à l’Académie el à l'Université. Roersch avait une très haute idée des prérogatives de la science, surtout s'il s'agissait de celle de l'antiquité. Lui, d'ordinaire si calme et presque placide, s'échauffait dès qu'on en contestait la gloire et l'utilité. Je me souviens encore qu'en 1851 (au jury combiné de Louvain), l'interro- geant sur la patavinité de Tite Live, je lui trouvais le feu sacré de l'étudiant qui faisait déjà deviner un maître. Après ce qui a été si bien dit dans cette enceinte, vous ne serez pas étonnés de me voir résumer la pensée maîtresse de notre confrère par le mot fameux d’Otfried Müller : «€ La Philologie est la science de l'esprit antique tout entier, dans les produits de la Raison, du Sentiment et de _ l'Imagination. » ( 598 ) Mais l'antiquité enchanteresse ne l'absorbait pas entiè- rement. À force d'ordre et de méthode, il trouvait encore le temps de s'intéresser à la littérature flamande. On le vit bien dans ses deux notices consacrées à la mémoire de deux confrères de grande notoriété, Heremans et Nolet de Brauwere. Bien souvent on eut recours à ses lumières pour cette étude d’nne de nos deux langues nationales, recommandée déjà par notre fondatrice l'im pératrice Marie- érèse. Roersch était membre de la Commission chargée de: publier Maerlant, et l'on aimait à compter sur lui pour nos divers concours de littérature néerlandaise. de: À la science qui ne craint pas la peine, il unissait le patriotisme qui fait rechercher si avidement chez nous tous nos titres trop longtemps enfouis dans l’oubli le plus injuste, dans la plus profonde méconnaissance. La Patria Belgica, d’un autre confrère regretté, Van Bemmel, lui doit un travail très nouveau : l'Histoire de la Philologie, où il a montré toute l'initiative de nos anciens latinistes. =: C'est cette longue série de compatriotes illustres qu'il a développée dans la Biographie Nationale, lorsqu'il devint membre de la Commission directrice. Une magistrale étude sur l'Arlonais Latomus, le plus ancien professeur d’éloquence latine au Collège de France, fut l'objet d’une lecture très applaudie à l'Académie. 0 Il n'y avait pas moins d'érudition neuve el de sagacilé scientifique dans la notice consacrée au Gantois Heiusius, le plas brillant des nombreux professeurs belges de la première Université de Leyde. On est heureux de lire ces Pages qui relèvent si savamment importance de nos vieilles illustrations. 4 = [l'en sera de même quand prochainement paraitra la fin ~ du XI? volume de la Biographie Nationale. Là, sous la ( 599 ) rubrique de Juste Lipse, on pourra contempler la carrière da trinmvir brabançon de la république philologique du XVI: siècle. Cette histoire d'un Belge qui enseigna à Leyde comme à Louvain, sera digne des trois volumes de bibliographie compacte dressée par la Bibliotheca Belgica de notre confrère M. Vander Haegen. Certes, dans les tristesses de l'heure présente, il n'y a guère de place à manifester un regret purement littéraire. Du moins, ne convient-il pas d’y insister; mais comment se défendre d'y revenir quand il paraît bien certain que C'étaient là des matériaux admirablement préparés pour une histoire définitive de nos philologues classiques? Avec ce labor improbus qui le caractérisait, notre regretté Roersch aurait élevé un monument à la gloire de la patrie. Hélas! Dieu en a décidé autrement. Inelinons-nous devant ses arrêts mystérieux; honorons par nos larmes Celle vie de travail, d'étude et de dévouement. Bon et cher confrère, vous qui souvent avez exhorté vos élèves à la constance dans l'effort, vous leur avez donné un dernier exemple : vous êtes tombé au Be du Devoir. Adieu, adieu! NOTES BIBLIOGRAPHIQUES. MESSIEURS, J'ai Phonneur de présenter à la Classe, de la part de notre savant confrère M. Martin Philippson, le premier volume de son Histoire du règne de Marie Stuart. Cet ouvrage n’est pas une simple biographie de lin- fortunée reine d'Écosse : M. Philippson envisage son sujel de plus haut. Il s'est proposé d'exposer l'histoire de la ( 400 ) lutte du catholicisme et du protestantisme en Angleterre et en Écosse et de l'union de ces deux royaumes; en un mot, de la création de la Grande-Bretagne. Les deux premiers chapitres sont consacrés à l’histoire de la rivalité séculaire du Saxon germanique et du Scot celtique. La réforme religieuse est un premier lien entre les deux nations; elle est combattue en Écosse par Marie de Lorraine, régente, veuve de Jacques V; mais le calvi- nisme triomphe et avec lui l'influence anglaise. La cause du catholicisme toutefois peut encore se relever. Marie Stuart, depuis l’âge de 5 ans à la cour de France, est élevée par ses oncles, les Guises, et surtout par le grand politique de la famille, le cardinal de Lorraine. Elle épouse le dauphin et bientôt le coup de lance de Montgommery la fait, à 18 ans, reine de France et d'Écosse; mais elle blesse mortellement sa parente Élisabeth Tudor, comme elle petite-fille de Henri VH, en écartelant son écu des armes d'Angleterre, comme si elle refusait de reconnaître la légitimité de la fille d'Anne Boleyn et de Henri VIII. Puis Francois IH meurt en quelques jours, sans postérité, et Marie, abreuvée de dégoûts par la reine mère Catherine de Médicis, n'a d'autre parti à prendre que de rentrer dans son royaume d'Écosse. C'est =: à ce moment que se termine ce volume. M. Philippson a employé à la préparation de son Histoire du règne de Marie Stuart six années d'études, auxquelles nous avons été initiés par l'essai qu'il a publié en 1886 dans nos Bulletins, et par la série des recherches : Critiques qui ont paru dans la Revue historique en 1 el 1889. Il a eu à sa disposition des sources inconnues à Melges. el Pere ou qu’il a lui-même découvertes se ses devanciers, publiées dans les grandes collections histo- nn unir A Roc | ( 401 ) dans les archives de Londres, de Florence et de Rome. Il n'a sans doute pas tout dit ni tout connu sur le rôle de celte belle et malheureuse reine, dont la vie et la mort „ont déjà suscité tant d'historiens, de dramaturges et de poètes; mais, si nous en jugeons par le premier volume, il restera peu de choses à glaner dans l'avenir, et les jugements portés par M. Philippson, tous basés sur des documents d'une authenticité incontestable et analysés avec la science et la conscience que notre confrère apporte dans tous ses travaux, seront rendus définitivement, parce qu'ils sont Pexpression raisonnée et dénuée de passion de l’impartiale histoire. P. HENRARD. Tout le monde connait l'importance qu'a prise le folklore, non seulement comme source de matériaux pré- cieux pour la connaissance de la psychologie populaire, Mais encore comme auxiliaire de certaines branches des sciences historiques. Voici longtemps que des esprits ingénieux se sont occupés de mettre sous les yeux du publie lettré les traditions populaires de notre pays. Toute- fois c'est seulement dans les dernières années que, parmi nous, comme ailleurs, ces recherches ont été poursuivies dans un but scientifique et avec des méthodes rigoureuses. J'ai l'honneur d'offrir à l'Académie, au nom de M. Eug. Monseur, professeur à l'Université de Bruxelles et prési- dent de la « Société du Folklore wallon », le Question- naire de Folklore (1), ainsi que la première livraison d’un (4) Questionnaire de Folklore, publié par la Société du Folklore Wallon. Liège, Vaillant, 1890. ( 402 ) Bulletin publié par cette jeune associaticn (1). Le Question- naire ne renferme pas moins de 1839 numéros, rédigés avec beaucoup de précision, et supposant eux-mêmes une quantité notable de recherches. Ils sont répartis entre quinze chapitres se rapportant respectivement aux êtres merveilleux, aux animaux, aux plantes, à l’agriculture, aux inœurs et coutumes, aux fables et contes, à lastro- nomie et à la météorologie populaires, aux chansons, aux jeux enfantins, à la sorcellerie et à la divination, aux jours de calendrier, etc. Les rédacteurs ne se sont pas bornés à présenter invariablement leurs demandes de renseigne- ments sous une forme interrogative assez fastidieuse à la longuc : les questions proprement dites y sont entre- mélées de documents, c’est-à-dire de la description des Croyances et des coutumes dont on cherehe à retrouver les équivalents ou à relever les variantes. « C’est, — écrit avec raison M. Monseur dans sa Préface —, la vraie méthode Pour tirer des gens simples ce qu’ils savent de folklore. Demandez trop sèchement à quelque bonne vieille : « Que dit-on de la lune? Que dit-on des sorcières? », elle se défiera, croira que vons voulez vous moquer d'elle et ne Vous dira rien. Racontez-lui d’abord tout ce que vous savez sur tel ou tel point; elle prendra confiance et vous défilera tout ce qu'elle sait; vous aurez à peine besoin de lui poser des questions ». Le premier fascicule du Bulletin tient les promesses du questionnaire. Il renferme, outre une savante étude de M. Wilmotte sur la chanson au moyen âge; des repro- ductions de rimes d'enfants et de chansons populaires, Par M. O. Colson ; sept variantes d'un conte wallon, l'os qui (1) Bulletin de Folklore, organe de la Société du Folklore wallon. En NS aure. Bruxelles, Lebègue, 1891. A 1 ; à ( 403 ) chante, publiées par M. Monseur; des formulettes de possession, citées par M. Joseph Defrecheux; des comptes rendus, etc. L'avant-propos annonce que le Bulletin publiera des articles généraux de mythologie, d’histoire littéraire, etc. Mais il s'empresse d'ajouter, et nous l'en félicitons, qu’il ne publiera pas des documents étrangers à notre pays. C'est principalement par une stricte division du travail, en se Cantonnant chacune dans les limites de leur territoire respectif, que les Sociétés locales de Folklore pourront le mieux contribuer non seulement à la préparation d'un véritable Codex des survivances populaires, mais encore à l'élaboration d'une science folkloriste. Elles ont, du reste, devant elles une tâche suffisamment laborieuse et méri- toire. « Est Folklore, — écrit, dans une heureuse définition, le rédacteur de l’Avant-propos —, toute la vie populaire ou sauvage, en tant qu’elle se développe à côté ou en dehors te l’action d’une élite intellectuelle consciente de son rôle. ll cesse, là où apparaît la science positive des laboratoires, la spéculation des philosophes, le prêtre avec sa théologie ou son évangile, l'instituteur avec son livre de lecture, le législateur avec son code, ou l'artiste distinct de la foule. » Je protiterai de l’occasion pour offrir également à l'Académie, de la part des auteurs, un livre qui se rattache au même ordre d'idées : Les contes populaires du pays wallon (1), par MM. Auguste Gittée, professeur à l'Athénée royal de Liège, et Jules Lemoine, instituteur à Marcinelle, avec illustrations par M. J. Heylemans. En général, les recueils de ce genre se préoccupent beaucoup trop d’habil- ler les contes populaires, si bien qu'on ne sait plus trop (1) Contes Populaires du. pays wallon, par Aug. Gittée et Jules Lemoine, illustrations de J. Heylemans. Gand, Vandenpoorten, 1891. ( 404 ) ce qui appartient au narrateur primitif. MM. Gittée et Lemoine se sont bornés, dans la plupart des cas, à traduire le récit populaire dans toute sa naïveté, et il faut leur en savoir gré, car c'est là que git toute la valeur, comme . toute la saveur de ces vieux documents. Les traditions et les coutumes que recueille le folklore sont les survivances d'un état d'esprit, analogue à celui qu’on rencontre encore chez les sauvages, où l’homme vit avec les êtres et même avec les phénomènes dans une communion intime, dout les sources ont été depuis longtemps taries au sein des classes éclairées par les progrès de la civilisation et par l'habi- tude du raisonnement scientifique. Sans doute, l'art et la poésie peuvent rivaliser avec imagination populaire pour personnifier la nature, ressusciter les fées et faire parler les animaux. Mais ce n'est plus là du traditionnisme, où la première loi est la sincérité du récit, ce qui, du reste, n'exclut pas une certaine pointe de scepticisme sur les lèvres même du narrateur originaire, Les auteurs nous informent que ces contes ont été recueillis en majeure partie dans la province du Hainaut et dans celle de Namur. Il est à espérer que le succès de ce premier livre les encouragera à publier également les traditions de nos autres provinces wallonnes. Le Luxem- - bourg, particulièrement, pays de bois et de montagnes, doit être encore fertile en traditions de ce genre, et il est grand temps qu’on fasse pour notre pays ce qu'ont fait ailleurs, __ depuis longtemps, les Perrault, les Grimm et leurs succes- us, GOBLET D'ALVIELLA. _ Lelivre dont M. Fernand Thiry, professeur à l’Université _ de Liège, fait hommage à l'Académie, sous le nom de Lou r de droit criminel, mérite de fixer l'attention de la ai O EN ( 405 ) Classe. M. Thiry dit modestement, dans sa courte préface, qu'il a voulu faciliter aux étudiants l'étude de leur sujet; mais il faut reconnaître que son ouvrage dépasse de beaucoup la portée d’un simple manuel d'enseignement. Le droit pénal est dans une période de transformation; Sans accepter les exagérations qui se sont produites dans ces dernières années, il devient difficile de s’en tenir pure- ment et simplement aux traditions de l’école classique. C'est un moment difficile pour faire un livre de doctrine. M. Thiry a heureusement surmonté cette difficulté. Il a emprunté aux idées nouvelles ce qu’elles ont de vraiment scientifique et pratique, il a maintenu les doctrines établies là où leur insuffisance n'était pas de toute évidence; il a publié ainsi une œuvre de progrès qui sera approuvée par les esprits les plus prudents et les plus réfléchis. J'ajoute que quant aux questions de droit proprement dites, on ne Peut que louer la netteté et la précision des conclusions juridiques de l’auteur. C'est donc un grand plaisir pour moi de présenter ce livre remarquable à la Classe des lettres. Ap. Prins. Messieurs, J'ai l'honneur de présenter à l’Académie le second volume des travaux de mon cours pratique d'histoire natio- nale à "Université de Gand. Dans la séance du 4 mars 1889, notre si bienveillant confrère, M Émile de Laveleye, a bien voulu vous en sou- mettre le premier volume intitulé : Corpus documentorum Inquisitionis haereticæ pravitatis Neerlandicæ (1). hannan (4) Voir Bulletins, 5° série, tome XVII, n° 5, 1889, pp. 221 et ( 406 ) Le second fascicule qui vient de paraître sous le titre de : De secte der Loïsten of Antwerpsche Libertijnen (1), est l'œuvre de mon ancien élève, M. Jules Frederichs, actuel- lement professeur d'histoire à l’Athénée royal d'Ostende. L'auteur y a étudié une bien curieuse secte d'hérétiques anversois du XVI° siècle, dont le chef était un couvreur d'ardoises nommé Éloi Pruystinck. On n'avait sur leur compte que quelques lignes énigmatiques dans une couple de chroniques locales et dans Van Meteren. C’est à peine si l’on pouvait deviner, par Peffroi qu’ils inspirent à Van Meteren, le rôle assez considérable que ces « libertins » ont joué à Anvers sous le règne de Charles-Quint. Comme le fait observer M. Frederichs, les doctrines panthéiste d'Éloi Pruystinck et de ses Loïstes rappellent assez bien celles répandues à Anvers même par le fameux Tanchelm, au commencement du XHI° siècle. Quant à Pruystinck, poursuivi à deux reprises par le magistrat gardien de l'orthodoxie catholique, et brùlé en fin de compte comme hérétique relaps en 1544, il avait vu, d'autre part, sa secte dénoncée violemment comme perverse par Luther et par David Jorisz. Si ces deux réfor- mateurs célèbres ont pris la peine d’attaquer et de réfuter ses doctrines, c'est que ce mouvement des Loïstes, aujour- d'hui tombé dans un oubli absolu, devait être bien mena- cant pour les sectes rivales dans les Pays-Bas du XVI siècle. 8 l.a dissertation de M. Jules Frederichs nons apporte en eee ek (1) De Secte der Loïsten of A ntwerpsche Libertijnen (1525-1545). Eligius Pruystinek (Loy de Schaliedecker) en zijne aanhangers- 124 pp., Gand et La Haye. (Hoogeschool van Gent. Werken van den ss practischen leergang van vaderlandsche geschiedenis van prof. Paul = Frederieq, Il.) ( 407 ) outre quelques faits nouveaux et intéressants, tirés de documents inédits qui avaient échappé aux recherches, cependant si complètes, de l'archiviste us M. P. Gé- nard. Les Loïstes étaient nombreux à Anvers et même en Brabant et en Flandre. Quand ceux d'Anvers furent découverts et poursuivis, beaucoup d’entre eux s ‘enfuirent en Allemagne et en Angleterre. L'avocat d'office des hérétiques anversois, celui qui les assistait régulièrement devant le magistrat, est un certain Nicolas Schat. On peut voir par les pièces de ces procès, combien la justice du XVI° siècle suscitait de difficultés et de tracasseries exorbitantes aux accusés pour cause d'hérésie. Le chef des Loïstes, Éloï Pruystinck, semble avoir été fort peu instruit ; mais l'un des adeptes, nommé Dominique Van Oucle (d'Uecle 2), était « escripvain de tous les livres » de la secte, qui s’imprimaient secrètement en Allemagne. Il se suicida dans sa prison. Les autres Loïstes, dont la justice parvint à s'emparer, eurent la tête tranchée, sauf Pruystinek, qui monta sur le bûcher. Quant aux doctrines antisociales des Loïstes, nous les connaissons par les réfutations partiales de Luther et de vid Jorisz, par les interrogatoires assez confus des accusés, mais surtout par un document latin que Döllinger à trouvé à la bibliothèque impériale de Vienne et qu'il a publié dans son dernier ouvrage (1). Ce document est intitulé: Summa doctrine quorumdam (1) Beiträge zur Sektengeschichte des Mittelalters, tome Il. Docu- Mente voornchmlich zur Geschichte der Valdesier und AMTS n° LXI, pp. 664-668. Sme SÉRIE, TOME XXII 28 ( 408 ) hominum, qui nunc Antwerpiæ et passim in aliquibus Brabantiæ et Flandriæ locis permulti reperiuntur, ac nunc Loisiæ ab auctore Eligio, homine illiterato et mecha- nico, nunc Libertini a carnis libertate, quam illorum doc- trina permittere videlur, appelantur. Comme cette pièce ne porte pas de date, Döllinger l'avait rapportée aux hérétiques du moyen âge. Mais cette énumé- ration circonstanciée de doctrines évidemment posté- rieures ne peut laisser aucun doute à cet égard. La dissertation de M. Jules Frederichs, qu'il a fait suivre d'abondantes pièces justificatives données in extenso, inté- ressera, je pense, tous ceux qu’attire l'histoire religieuse des anciens Pays-Bas. PauL FREDERICQ. RAPPORTS. Notes et conjectures sur Manilius, tel est le titre d'une étude qui a été présentée à la Classe, par M. P. Thomas, professeur à l'Université de Gand. Rapport de M, P. Willems. « Le dépôt de ce travail nous surprit agréablement; Car, dans notre petit pays, les études critiques de textes clas- siques ne sont pas fort à la mode. Il semble que nous avons absolument abandonné aux savants des Pays-Bas _septentrionaux ce domaine de la philologie classique, dans lequel les philologues belges du XVI: siècle ont produit des œuvres si remarquables. Nous espérons que la nouvelle Organisation du doctorat en philologie classique secouera Ee nd torent de nos latinistes et de nos hellénistes pour ( 409 ) l'étude formelle des textes, et nous serions heureux si les essais de notre collègue de Gand ouvraient une ère nou- velle dans l’histoire de la philologie classique en Belgique. Le genre d'études dont nous nous occupons n'est, il est vrai, à la portée que d’un petit nombre d'esprits érudits et judicieux. La connaissance complète, approfondie de la langue grecque ct de la langue latine, l'initiation à tous les secrets de la civilisation grecque et latine; de plus, un jugement mûri parun long exercice, voilà les qualités que le philologue doit réunir, si, dans la critique des textes anciens, il veut produire autre chose que des conjectures aussilôl repoussées que trouvées. Ce sort ne sera pas réservé aux études de M. Thomas. L’érudition sûre et étendue dont il a fait preuve dans ses travaux antérieurs nous en est garant. Les nouvelles notes de M. Thomas sont consacrées à Manilius, c'est-à-dire à un poète qui est peu lu et, partant, peu apprécié, pour les motifs que M. Thomas expose dans l'Introduction de son étude. De plus, le texte de Manilius Hous est parvenu dans un état lamentable. Déjà en 1888, M. Thomas avait publié, dans le Recueil des travaux de la Faculté de philosophie et lettres de l'Université de Gand, Sous le titre de Lucubrationes Manilianæ, une étude intéressante. Il y commente ou corrige une vinglaine de Passages des Astronomiques, et il fournit, à la suite d’une notice sur le manuscrit de Gembloux, qui, à son avis, est de loin le meilleur des manuscrits de Manilius, une liste -des variantes de ce manuscrit. La lecture du livre récent de M. Robinson Ellis sur Manilius engagea M. Thomas à écrire les nouvelles Notes qu’il présente au jugement de l’Académie. Cette étude est Consacrée, comme la précédente, à une vingtaine de pas- (410) sages, choisis pour la plupart dans les deux derniers livres des Astronomiques. Certaines de ces études relèvent de ee à Nous citerons spécialement, livre V, vers 179 : Atque Atalanteos conatum ferre labores, que M. Thomas (préférant ici la leçon du Vossianus secun- dus à Athlanteos, leçon du Geinblacensis), applique, non pas avec Bentley à Hercule, ni avec M. Ellis à Méléagre, mais, à la suite d'une comparaison heureuse avec un texte des Cynégétiques de Xénophon, à Milanion, le hardi chas- seur qui, grâce à son intrépidité, gagna le cœur d’Atalanta. Dans certains autres passages, M. Thomas confirme les corrections présentées par ses devanciers Scaliger, Bentley, Ellis. Mais, pour la plupart des textes, il présente des conjectures originales, qui sont le fruit de ses recherches personnelles. Sa critique est à la fois diplomatique et conjecturale, bien que cette dernière semble exercer sur lui un plus vif attrait. Cependant il a su se défendre de la hardiesse excessive, qui a souvent jeté le diserédit sur la critique conjecturale; non pas que la hardiesse lui fasse défaut, bien entendu cette hardiesse relative sans laquelle on ne peut aborder un texte qui se trouve dans un état aussi défectueux que celui de Manilius. Les conditions imposées au correcteur des Astronomiques ne sont pas celles aux- quelles est soumis le critique d'un texte de Virgile ou d'Horace. Mais alors même que les conjectures de M- Thomas. présentent une certaine hardiesse et ne nous convainquent. pas entièrement, en général, elles nous intéressent, elles nous plaisent, et elles mettront pent “r la voie de la correction définitive. . Ainsi, lorsque, IV, 174, M. Thomas lit : « vite quoque tempora vendit », au lieu de : « cequo quoque tempora vendit » ; ou, V, 479 : « interpres tamen aptus erit », au lieu de : « hesternis tamen actus erit », nous avouons que la conjecture de M. Thomas présente un sens tolé- rable, intelligible, tandis que le texte des manuscrits est incompréhensible; mais nous ne sommes pas absolument certain que M. Thomas ait deviné le texte original de anilius. Nous dirons même que, dans certains passages, les conjectures de M. Thomas ne nous semblent pas aussi heureuses. Au livre II, vers 23 : Silvarumque deos sacrataque numina Nymphis, qui est la leçon commune à tous les manuscrits de Manilius, M. Thomas propose de lire : Silvarumque deos sacrataque flumina Nymphis. Certes, je préfère cette conjecture à celle de Jacob : … sacratäque munia Nymphis. Mais ce qui m'empêche d'adopter celle de M. Thomas, Silvarumque peos sacrataque flumina Nyuems, el, en second lieu, la considération que les Nymphes préfèrent d'ordinaire les sources et les bois aux fleuves. M. Thomas dit, il est vrai, que les deux mots numina el lumina sont souvent confondus dans les manuscrits, c'est d’abord le manque de symétrie dars la construction : par exemple 1, 738, II, 18, etc. Cependant, si je m'en réfère à l'édition de Jacob, dans ces deux pene les à EELA ar 2 ( 412) variantes présentent numina et lumina, c'est-à-dire, dérivent de la confusion de n et de l. C’est pourquoi je préférerais lire : Silvarumque DEOS SACRATAQUE NUMINA lymphæ. Au livre IV, 796, Manilius, parlant de la Germanie, dit : Letibus assiduis pontum terra sque tenentem. Letibus est la leçon du Gemblacensis et du Cusanus. Le Vossianus primus a cetibus, leçon dérivée de letibus. Dans les autres manuscrits se trouve la variante aestibus (estibus dans le Vossianus secundus, le Bodleianus, l’Oxo- niensis collegii corporis Christi, astibus, dans le Lipsiensis). Comme letibus ou cetibus ne donne pas de sens, les éditeurs ont préféré aestibus. Mais, outre que les marées n’affectent que les côtes et non la Germanie entière, il est, au point de vue diplomatique, préférable de prendre, comme point de départ, la leçon des meilleurs manuscrits, qui est letibus. C'est la voie suivie par M. Thomas. I propose de lire : Lintribus assiduis pontum terrasque tenentem. Cependant l’idée exprimée par lintres me semble anodine en cet endroit, et en désaccord avec la tradition, qui parle, non pas des embarcations qui auraient sillonné la Germa- nie, mais de l’âprelé de son climat et de la violence de ses tempêtes. Serrant de plus près l'orthographe letibus (cf. V, 217, où Flumine se trouve dans les manuscrits pour Lumine), je préférerais lire : Flatibus assiduis pontum terrasque tenentem. Si certaines corrections nous plaisent moins, plusieurs _ Autres ont obtenu aussitôt notre assentiment, tant elles EME BRAD ne en TE ( 415 ) semblent être simples et corriger heureusement les leçons louches des manuserits. Citons, par exemple : 11, 226 : sunt quæ, pour ut que, IV, 94: est pour et, V, 622 : superbe pour superbe, V, 325 : ponitque forum GAUDETQUE Lyaeo, au lieu de suadetque. Cette correction avait été déjà publiée par M. Thomas en 1879, dans la Revue de philologie, de litté- ralure et d'histoire anciennes. M. Thomas revient sur ce sujet pour nous informer que la correction dont il croyait être le premier auteur avait été déjà proposée, il y a deux siècles, par J. Fr. Grovonius. En vérité, ce n’est pas un mince honneur que de se rencontrer si heureusement avec le célèbre latiniste du XVII siècle. Nous voulons, pour terminer, appeler l'attention sur une correction qui nous semble la plus heureuse entre toutes. Au Livre I, v. 331, le manuscrit de Gembloux porte : Serpentem magnis Ophiuchus nomine signis Dividit atque etiam toto ingens corpore corpus. Le second vers est lu dans le Cusanus et le Vossianus de la manière suivante : Dividit et jam toto ingentem corpore corpus. L’exposé clair de M. Thomas démontre que la leçon ingens, ou plutôt ingentem, est inadmissible, et que les leçons urgentem et mergentem, qu'on lit dans les autres manuscrits, sont des corrections peu satisfaisantes, essayées _ pour rendre le texte intelligible. M. Thomas a eu la bonne chance de mettre la main sur deux passages des Aralea : … medium cingens Ophiuchum, et 8 Namque virum medium serpens sub pectore cingit. (M4) En conséquence, il lit chez Manilius : Dividit et torto cingentem corpore corpus. C'est une emendatio palmaria dont la trouvaille dédom- mage de bien des labeurs ou de recherches qui n’ont point donné de résulats. | Mais voilà, je pense, plus qu'il ne faut pour démontrer tout l'intérêt de l'étude de M. Thomas. J'espère bien que l'auteur, si bien préparé à cette tâche, nous fournira une notice détaillée sur la généalogie et les affinités des manuscrits de Manilius, et que, par une nouvelle édition des Astronomiques, il permettra au public de goûter un anteur qui, dans son état actuel, n'est accessible qu'aux critiques de profession. Je propose à la Classe de voter des remerciements à l’auteur pour sa remarquable communication, et d'impri- mer son étude dans les Mémoires in-8° de l’Académie. » M. Wagener, sur l'invitation de M. le Président, a bien voulu remplacer, séance tenante, comme second commis- saire, M. Roersch, décédé. Il appuie les conclusions du - rapport précité. M. Wagener ajoute qu’il a lieu de croire que M. Gantrelle, absent, se serait aussi rallié à ces con- clusions, en sa qualité de troisième commissaire. + 0 présence de cette déclaration et considérant que le travail de M. Thomas est à l'examen depuis plus de six mois, la Classe décide de passer outre. Elle ratifie les conclusions de M. Willems. ee | lee ilk ek PE ( 415 ) COMMUNICATIONS ET LECTURES. M. Lamy rend compte à ta Classe du congrès des Orien- talistes, qui s'est tenu à Londres du 4° au 10 septembre. Le congrès, fort nombreux, comptait des savants des diffé- rentes contrées de l’Europe et de l'Orient; il tenait trois séances par jour. Plus de cent cinquante mémoires ont élé présentés au congrès. Tous ces travaux concernaient les langues, les antiquités, l’histoire, Pethnographie, les sciences et les arts des. nations asiatiqués et africaines. Les principaux seront publiés dans les Actes du congrès. Le délégué de l’Académie a été reçu avec beaucoup de prévenance et chargé de présider une séance générale. Á la séance de clôture, invité à prendre la parole, il a exprimé au congrès les sentiments de sympathie de l'Académie _ royale de Belgique et l'intérêt qu’elle porte aux progrès des langues et des sciences orientales. Il a ajouté qu’en cela « l’Académie ne faisait que suivre l’exemple de son auguste protecteur, le roi Léopold II, qui, avant de ceindre là couronne, avait voulu visiter l'Orient et voir par ses Jeux ces antiques nations. Tout le monde sait depuis Combien d'années il consacre toute son activité, toutes ses _ FéSsources matérielles, toutes les forces d’une intelligence Supérieure à la grande cause de la civilisation des nations africaines, auxquelles plusieurs membres du congrès ont Consacré de si savantes et si intéressantes notices. » Ces Paroles furent vivement applaudies. | (M6) CLASSE DES BEAUX-ARTS. Séance du 5 novembre 1891. M. H. Hymans, directeur. Sont présents : MM. Éd. Fétis, vice-directeur; C.-A. Frai- kin, Ernest Slingeneyer, F.-A. Gevaert, Ad. Samuel, Ad. Pauli, God. Guffens, Jos. Schadde, Th. Radoux, _ J. Demannez, P.-J. Clays, G. De Groot, G. Biot, Vincotte, Peter Benoit, J. Stallaert, Henri Beyaert, Alex. Markelbach, . J. Robie, G. Huberti, membres; F. Laureys et Charles Tardieu, correspondants. M. le directeur donne lecture d’une lettre quej lui} a adressée M. le secrétaire perpétuel pour l’informer que son état de santé l'empêche de venir remplir ses fonctions. M. Huberti le remplace au bureau. MM. Jaquet, Rousseau et Hennebieq font aussi savoir que leur état de santé les retient chez eux. CORRESPONDANCE. men M. le Ministre de l’intérieur et de l'Instruction publique envoie, pour la bibliothèque de l’Académie, un exemplaire -du Rapport sur la situation de la bibliothèque royale, durant l’année 1889; par M. Éd. Fétis, conservateur en chef. — Remerciements. TN EEE A PT JN CHF - — M. Van Beesen remercie la Classe pour l'honneur qui lni a été fait au dernier concours d'art appliqué, dans lequel il a remporté le prix d'architecture. — M. D. Vander Haeghen, architecte à Gand, fait savoir qu'il est l’auteur du projet d'architecture Pax! Pax! auquel l’Académie a accordé une mention honorable, le 22 octobre dernier. L'ouverture du billet cacheté vient confirmer cette assertion. COMITÉ SECRET. La Classe se constitue en comité secret pour prendre connaissance de la liste de présentation des candidatures aux places vacantes, liste arrêtée par les sections de peinture, d'architecture, de sculpture et des sciences et lettres, dans leurs rapports avec les beaux-arts. OUVRAGES PRÉSENTÉS. Mailly (Ëd.). — Itinéraires et souvenirs de voyages, pré- cédés d’une autobiographie. Bruxelles, 1891 ; vol. in-8°. Errera (Léo). — Sur la loi de la conservation de la vie. Paris, 1891 ; extr. in-8° (10 p.). Selys bosche (Edm. de). — Additions aux odonates des Philippines. Bruxelles, 4891 ; extr. in-8° (10 p.). Philippson (Martin). — Histoire du règne de Marie Stuart, t. Ir. Paris, 1891 ; in-8° (x1-544 p.). | Belly (Félix). — A travers PAmérique centrale. Le Nicara- __Sua et le canal interocéanique, t. I et IL. Paris, 1867; 2 vol. s in-8°. + abd Detroz. — Des délimitations et des abornements. Liège, 1891; in-8° (55 p MER (Félix). - — Dispositions galvanométriques et emploi des lampes à incandescence, pour lie des meng defonants. Bruxelles, 1891 ; extr. in-8° (16 p . de Jonghe (Le vicomte B.) — Deux O ou tiers de gros au lion, frappés en commun par Jean III et Louis de Crécy. Bruxelles, 4891 ; in-8° (8 p.). Hendrickx. — De laetste dag der eerste wereld, helden- spel in vijf bedrijven. Gand, 1847; in-8° (82 p.). Fröhner. — Burlington fine arts club, catalogue of objects of greek ceramic art, exhibited in 1888. Londres, 1888; vol. in-4° (planches). Cathrein (Victor). — Le socialisme, ses principes fondamen- taux et son impossibilité pratique, traduit de l'allemand par Olivier Feron. Bruxelles, 1891 ; in-18. Hennequin (Le colonel). — Étude historique sur l'exécution de la carte de Ferraris et l’évolution de la cartographie topo- graphique en Belgique, depuis la publication de la grande carte de Flandre de Mereator (1540) jusque dans ces derniers temps. Bruxelles, 1891 ; in-8°. Gillée (Aug.) et Lemoine (Jules). — Contes populaires du pays wallon. Gand, 1891 ; in-8°, avec illustrations de J. Heyle- mans (176 p.). Frederichs (Julius). — De secte der Loïsten of antwerp- sche Libertijnen (1525-1545). Gand, 1891; in-8° (Lx-64 p.). Thiry (Fernand). — Cours de droit criminel. Liège, 1892; _in-8° (xn-447 PL De Bruyne (C.). — De la phagocytose et de l'absorption de la graisse dans intestin. Gand, 1891; 2 extr. in-8°. -~ „Masoin EL — Première et deuxième lettres à à M. le a à Dr Bérillon, rédacteur en chef de la Revue de l'Hypnotisme Fe on (réponses à M. le professeur Delbeuf). 1891 ; 2 extr. in-8°. ARLON. Institut. + be _ Annales, t. XXI IV et XX, 1891. MR PARC RE PONT Ne PO à nn SE SR ir OR erciemen ments. _ (425 ) — M. von Hofmann remercie l'Académie pour la lettre de félicitations Ai lui a été adressée à loccasion de son jubilé. — M. Valerius écrit que létat de sa santé ne lui per- mettant plus d'assister régulièrement aux séances de la Commission des paratonnerres, il se croit obligé de donner sa démission de membre de la dite Commission. — Pris pour notification. — Les travaux manuscrits suivants sont renvoyés à l'examen de commissaires : 1° Recherches sur la composition de l’atmosphère; par A. Petermann et J. Graftiau. — Commissaires: MM. Spring et Gilkinet ; 2 Sur le rythme musculaire dans le Tétanos strych- nique; par le D" Delsaux. — Commissaires : MM. Masius et Fredericq; 5° Sur la courbure dans les sections coniques; par . CI. Servais. — Commissaires : MM. Le Paige, Mansion et De Tilly. — Hommages d'ouvrages : 1° Comme quoi il n’y a pas d'hypnotisme ; par J. Delbœuf; 2 Theorie der partiellen Differentialgleichungen erster Or dnung, von D' Paul Mansion; édition allemande revue et augmentée par H. Maser. Présenté par M. Mansion, avec une note qui figure ci-après; 3° Revue annuelle de physiologie, 1890, 1891; par L. Fredericq. — Remerciements. ÉLECTIONS. DES Classe procède à l'élection de sa commission des finances pour 1892. — Les membres sortants sont élan. M. Crépin remplacera M. Mailly, dee 7 ( 424 ) — L'ordre du jour appelle l'élection de quatorze can- didats pour la composition du jury chargé de juger la neu- - vième période du concours quinquennal des sciences naturelles. — Le résultat du scrutin sera communiqué à M. le Ministre de l’intérieur et de PInstruction publique. NOTE BIBLIOGRAPHIQUE. J'ai Phonneur de présenter à la Classe des sciences une édition allemande (1), revue et augmentée, de la Théorie des équalions aux dérivées partielles du premier ordre, publiée, il ya seize ans, dans le tome XXV du recueil in-8° des Mémoires de l'Académie. Depuis 1875, la théorie des équations aux dérivées par- tielles du premier ordre a été l'objet de travaux impor- tants, dans trois directions différentes. M" von Kowalevsky, Darboux, Méray, Poincaré, Picard, Bourlet et d'autres ont étudié les difficiles questions qui se rapportent à l'existence de l'intégrale générale et des solutions singu- = lières de ces équations ; Lie et ses élèves ont étendu la = théorie. des transformations de contact à l'analyse entière = des équations différentielles totales ou partielles; enfin = Frobenius, Darboux, Morera, ete., ont traité à fond le problème de Pfaff, dans le sens le plus étendu. = Nous ne pouvions songer à introduire des recherches | aussi profondes et aussi originales dans l'ancien cadre de (1) Theorie der partiellen Differentialgleichungen erster Ordnung, _ von Dr P. Mansion, Professor an der Universität Gent, Mitglied der a | königl, belgischen Akademie. Vom Verfasser durgeschene und Beedle” etn Ausgabe. Mit Anhängen von S. von Kowalevskÿ _ und Darboux. Herausgegeben von H. Maser. Le $ Jalia: ag, 1892 am- 489 pages in-8°). - De ( 425 ) notre livre : il aurait fallu pour cela en doubler ou en tri- pler Pétendue et én modifier complètement le plan. La récente publication de trois ouvrages remarquables a, du reste, rendu inutile une pareille extension de notre mémoire primitif, Ces ouvrages sont les Leçons sur l'intégration des équations aux dérivées partielles du pre- mier ordre de E. Goursat (Paris, Herman, 1890), où l'on trouve un résumé excellent du premier groupe de travaux signalés plus haut; la Theorie der Transformationsgruppen de Lie (Leipzig, B.-G. Teubner, 1888-1890 ; le troisième volume n’a pas encore paru), et la Theory of Differential Equations. Part I. Exact Equations and Pfaff’s Problem, de A-R. Forsyth (Cambridge, 1890), où les deux autres groupes de travaux seront exposés d’une manière.complète. Nous nous sommes done borné à une revision attentive de notre livre, en y introduisant seulement un certain nombre d'additions, de corrections et de notes bibliogra- phiques : 4° A la fin de l'introduction et dans les notes de la préface, nous avons donné un aperçu historique des recherches sur l’existence de l'intégrale générale des équa- tions différentielles ou aux dérivées partielles et sur la théorie de leurs solutions singulières. En appendice, nous avons reproduit, avec l'autorisation de feu M" S. von _ Kowalevsky, le beau mémoire qu’elle a publié sur cette question en 1875. 2 Dans la théorie des équations liné- aires, nous avons introduit partout la méthode de Gilbert, qui permet de trouver sans intégration la solution singu- _lière signalée autrefois par Jacobi d'une manière mysté- | rieuse. De plus, nous avons montré comment la méthode de Cauchy. peut aussi donner la solution singulière et l'intégrale générale. 3° Comme application de la théorie des équations linéaires, nous avons intégré l'équation aux Wia partielles des surfaces ee dans tous les cas. l’objet depuis Lagrange jusqu’à Lie. Mansion et De Tilly, sur les deux mémoires de concours ( 426 ) 4° Dans l'exposition de la méthode de Jacobi, nous avons fait fes modifications rendues indispensables pour échapper à certaines objections de Gilbert ; et, pour plus de sécurité, nous avons ajouté à notre travail primitif le travail de ce géomètre sur la question. 3° Enfin, çà et là, nous avons introiluit des modifications moins importantes; nous avons ajouté aussi des notes bibliographiques, sans essayer toute- fois, sous ce dernier rapport, d'être absolument complet. Cela était inutile, d'ailleurs, à cause de la publication récente des ouvrages de Lie, Forsyth et Goursat, cités plus haut. L'éditeur allemand de notre: livre, M. H. Maser, bien connu par ses excellentes traductions de Gauss, d'Abel et de Galois, a ajouté en appendice à notre travail le mémoire analogue de d’Imschenetsky sur les équations aux dérivées partielles du second ordre ; puis, à notre prière, un petit mémoire de Darboux, éminemment suggeslif, sur le même sujet, ou plutôt sur la théorie générale des équations aux dérivées partielles. Grâce à ces diverses additions, le mémoire que l'Aca- démie a bien voulu couronner en 1873, pourra sans doule rendre quelques services, sous sa forme nouvelle, aux géomètres qui voudront s'initier à l’ensemble des travaux dont la théorie des-équations aux dérivées partielles a été P, MANSION. JUGEMENT DU CONCOURS ANNUEL. La Classe entend la lecture des rapports de MM. Catalan, PEEL a ( 427 ) qui ont été envoyés en réponse à la question suivante du programme pour l'année 1891. Déterminer la somme de la série de Lambert : 2 3 TX en Re ee pe I—x 1—7 1— x ou, si celle somme n’est pas exprimable sous forme finie, trouver l'équation différentielle dont elle dépend. Il sera statué dans la prochaine séance sur les conclu- sions de ces rapports. RAPPORTS. La commission des paratonnerres communique à l'Aca- démie un avis favorable sur le projet du Gouvernement d'organiser, à l'Observatoire, un service de statistique des coups de foudre, et d’instituer une commission permanente des paratonnerres. Cet avis, ratifié par la Classe, sera envoyé à M. le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique. — ll est donné lecture du rapport de M. Catalan, auquel a souscrit M. Le Paige, sur un travail de M. Baschwitz : Kote sur certaines transformations de la wie] 1-55 — Z p... — Restitution du travail à l’auteur et dépôt du Sane) dans les archives. Étude sur la synthèse de la benzine par l’action du zinc- éthyle sur l'acétophénone; par Maurice Delacre. Rapport de M. Louis Henry, premier commissaire. « La benzine est, par elle-même ou par ses produits de condensation, le point de départ d'une série de dérivés que Pon peut qualifier d'indéfinie. Dans le nombre de ceux- | (428 ) ci, il en est de la plus haute importance à tous points de vue, soit sous le rapport scientifique, soit par les applica- tions dont ils sont l’objet. à On conçoit donc l'immense intérêt qui s'attache à la connaissance de la constitution de cet hydrocarbure fon- damental. Aussi des recherches nombreuses et étendues ont-elles été exécutées dans ce but depuis une trentaine d'années, et depuis la théorie initiale de l'hexagone, ima- ginée par M. Kékulé, les théories et les hypothèses se sont-elles succédé sans interruption. ll n’est pas, en science, de sujet qui s’épuise ; celui-ci, paraît-il, moins que tont autre. À la suite de beaucoup de chimistes et, dans le nombre, | des plus distingués, M. Delacre s'est proposé, lui aussi, = d'apporter sa part de travail à la résolution de ce problème difficile. | | La question de la constitution de la benzine n'est, au fond, que celle de la-structure du noyau ou de la chaîne benzinique hexacarbonée Cs. Divers chimistes ont cri pouvoir déterminer cette structure par la nature des produits de condensation de l’acétone ordinaire CH; — CO — CH;; la soudure de trois fois le fragment C — C bicar- boné de la chaîne lriatomique de ce composé aboutit, en fin __ de compte, à constituer le noyau interne Ce du mésitylène, En qui est une benzine triméthylée CH, — (Ciy = = M. Delacre a trouvé préférable de prendre son point de | _ départ dans une kétone non symétrique, à poids molécu- laire élevé, l'acétophénone C‚H, — CO — CH, dont ai Paboutissant final de condensation est la triphénylbenzine < Cells — (Colla). dan Le nouveau travail qu'il a soumis à l'Académie, et quir ( 429 ) par son étendue, constitue un véritable mémoire, renferme une partie des résultats des recherches qu'il a entreprises dans cette direction. M. Delacre a fait connaître précédemment, sous le nom de dypnone, une kétone non saturée qui dérive de l'acéto- phénone par l’action du zinc-éthyle. Dans son travail actuel, il fait connaître et il décrit divers dérivés de condensation de cette kétone, notam- ment sa pinacone, ses deux pinocalines a et B, l'alcool qui leur correspond et l'hydrocarbure que l’on peut en river. La dypnone est le premier des produits de condensation de Pacétophénone; c'est le premier pas dans la voie qui con- duit de ce composé au produit final, la triphénylben- zine. Son présent travail indique et fait connaître les étapes multiples que l'on rencontre dans cette voie. Comme il annonce des compléments, le moment ne me parait pas venu d'émettre une appréciation sur la méthode qu'il a suivie et sur son argumentation. Je ne puis toute- fois me dispenser de remarquer que la voie qui conduit de l’acétophénone à la triphénylbenzine est longue et laborieuse. Peut-être trouvera-t-on aussi que, dans les transformations multiples subies par ces composés à poids moléculaire élevé, et dans lesquels il existe divers groupe- ments phényle-C;Hs, il est à craindre qu'il ne se produise ` aisément des mouvements de bascule qui changent les rapports de liaison des atomes de la chaîne carbonée fon- damentale Ce: Quoi qu'il en soit, le nouveau travail de M. Delacre se distingue par les mêmes qualités que l'on est habitué à rencontrer dans tous ses travaux antérieurs, le même soin- g i selon toute vraisemblance, elle constituera une confirma- ( 450 ) minutieux dansle manuel expérimental, et la même habileté persévérante. La composition des corps nouveaux qu'il décrit est appuyée sur de nombreuses analyses; la description en est enrichie de déterminations cristallogra- phiques dues à la savante obligeance de M. G. Cesàro. J'ai l'honneur de proposer à l'Académie d'insérer le mémoire de M. Delacre dans les Bulletins et de lui adres- ser des remerciements. Je juge inutile de engager à conti- nuer ses recherches et à nous en communiquer les résultats. L'Académie peut avoir la certitude qu'il aura à cœur de continuer, dans le laboratoire de l'École militaire, où la confiance du Gouvernement vient de l'appeler, les études qu’il a si heureusement commencées et poursuivies avec une si louable ardeur dans son laboratoire privé. » M. Spring, second commissaire, s'étant rallié aux con- clusions du rapport qui précède, celles-ci sont mises aux VOIX et adoptées. Sur certains plans réfringents qui, dans les crislaux biaxes, peuvent, pour une onde plane incidente, donner, outre un cône creux de rayons, un rayon lumineux distinct; par G. Cesàro, chargé du cours de minéralogie à PUniversité de Liège. Rapport de M, Lagrange, premier commissaire, « Dans ce nouveau mémoire, M. Cesàro signale une consequence très délicate, jusqu'ici inaperçue, de la théorie des ondulations. Si l'expérience la vérifie, ce qui aura lieu i ( 451 ) tion de cette théorie fondamentale, nouvelle et du même ordre que la réfraction conique d'Hamilton et Lloyd. Ne pouvant reproduire ici ni les figures détaillées, ni les calculs de l'auteur, je partirai d’un point de vue un peu plus général que le sien, convenable pour faire saisir, dans un simple rapport el en peu de mots, la substance de son idée. Considérons un milieu (cristal) à trois axes d'élasticité; dans ce milieu, un point vibrant O; la surface d’une onde est le lieu géométrique des points auxquels, après un temps déterminé, égal à unité, s’est transmis un ébran- lement provoqué par O. Prenons pour plan du tableau le plan passant par O, normal à l'axe moyen d'élasticité. Son intersection avec la surface de l'onde se compose d’un cercle et d'une ellipse ayant pour centre commun Q), et qui se coupent. Une tangente au cercle ou à Vellipse est la trace au tableau d’un plan, normal à ce tableau, tangent à la sur- face de l'onde. Parmi ces plans tangents, normaux au tableau, il en est quatre remarquables: ce sont ceux dont les traces au tableau sont les tangentes communes au _ cercle et à l'ellipse. Soit T un de ces quatre plans tangents, R son point de langence avec le cercle, R’ son point de tangence avec Pellipse. Hamilton a démontré que T est tangent à la surface de lende suivant un cercle de diamètre RR’ (cercle dont le plan est donc normal au tableau). La direction OR, nor- male à T, est un axe de réfraction conique. Ceci posé, soit OO’ la trace d’un plan normal au tableau ( 452 ) Nl et surface du milieu réfringent ou cristal; et supposons que le tableau soit le plan d'incidence à d’un rayon LO qui rencontre cette surface en O. Les rayons réfractés s’obtiendront en menant par un point O’, de O0, point déterminé par la construction d'Huyghens, des plans tangents à la surface de l'onde, et en joignant les points de contact au point d'incidence 0. Les traces de ces plans au tableau seront les tangentes menées par O’ au cercle et à Pellipse. Par O’ on peut mener quatre de ces tangentes, mais il wy en a jamais que deux, une au cercle, l'autre à l'ellipse, qui soient d’un même côté de 00’, c’est-à-dire sous la surface OO’. Il n'y à donc, en général, que deux rayons réfractés pour un seul rayon LO; en général, c'est-à- ~ dire excepté le cas spécial où LO et OO’ sont tellement ar choisis que OO” se trouve sur la ligne RR’; alors le plan ne tangent a, avec la surface, un cercle commun, et le nombre ae des rayons réfractés est infini. Tout ceci est connu. = Mais voici qui est nouveau. : Faisons varier l'incidence # de LO et la position O0’ de la surface, de manière à faire voyager O’ sur la ligne RR’ z Tant que O' est en dehors de RR’, les rayons réfractés _ forment, d'un côté de OO’, le cône de Hamilton; ce cône Sort du cristal, supposé limité par une face normale à l'axe _ _ de réfraction conique OR, sous la forme d’un cylindre, et, _ __FeCU sur un écran, il y trace un anneau lumineux. C'est Š _ l'expérience de Lloyd. . = Maissi O’ était entre R et R’, c'est-à-dire sur le côté rectiligne du triligne formé par la tangente commune au cercle et à Vellipse et par les deux ares de ces courbes que limitent les points de tangence et leur propre point (455) d'intersection, il y aurait d'un même côté de 00’, comme points de tangence donnant les rayons réfractés : 1° une partie du cercle d'Hamilton RR’; 2° un point isolé, obtenu en menant par O’ une tangente, soit au cercle, soit à l'ellipse. Dans ce cas singulier, l’image reçue sur un écran à la sortie du cristal (dans les conditions indiquées plus haut) se compose d’un arc de l'anneau d'Hamilton et d'un point lumineux isolé, qui d’ailleurs, suivant les cas, pourra être extérieur ou intérieur à cet are convexe ou coïncider avec un des points de cet arc. Cela revient encore à dire que si Fon taille le cristal de manière que le plan qui reçoit la lumière coupe le cône d'Hamilton, l’image réfractée (toujours en supposant que 0’ soit sur RR’) se compose d’une partie d'anneau et d'un point; tandis que si celle surface est tangente ou exté- rieure au cône qui est tout entier sous elle, l'image se Compose de lanneau complet, mais seulement de cet anneau. M. Cesàro a appliqué ses formules au cas de Varago- nite, dont les indices ont été déterminés par Rudberg. Il trouve que l'expérience n'est pas réalisable si la lumière incidente passe de l'air dans le milieu réfringent, mais qu'elle le devient pour un milieu extérieur plus réfringent que le cristal lui-même. Il propose, à cet égard, l'iodure de méthylène, calcule pour ce cas toutes les données numériques, et indique par une figure la marche à suivre dans la vérification expérimentale. Cette vérification fait encore défaut; mais je dirais presque qu'il faut s'en réjouir, en ce sens qu’ici comme Pour la découverte d’Hamilton, si l'expérience réussit, il ( 454 ) sera bien établi que la vision matérielle n’a fait que suivre ` la vue du calcul. En tout état de cause, la communication de M. Cesàro est du plus vif intérêt. J'ai l'honneur d'en proposer à la Classe l'insertion au Bulletin (avec la repro- duction des deux planches qui Paccompagnent); je lui pro- pose aussi d'adresser des remerciements à l’auteur. » Rapport de M, Van der Mensbrugghe, second commissaire. « J'ai lu avec le plus vif intérêt le travail de M. Cesàro; -je n'ai rien à ajouter au lumineux rapport de M. Lagrange, dont j'appuie avec plaisir les conclusions. Comme mon savant confrère, je crois que l'expérience confirmera lheu- reuse idée de M. Cesàro. » Ces conclusions sont adoptées par la Classe. Note sur la courbure des lignes algébriques ; par CI. Servais, professeur à l’Université de Gand. Rapport de M. €, Le Paige, premier commissaire. « Dans une note insérée au Bulletin de l'Académie, tome XXI, 3° série, pages 587-594, M. Servais avait, par d'élégantes transformations, déduit diverses conséquences de deux théorèmes dus à Duhamel et à Liouville. Notre savant confrère M. Catalan a fait observer avec raison que l'un des théorèmes énoncés par notre collègue - de Gand est inexact : c’est sur ce point que porte la courte _ hote actuelle de M. Servais, en $ ( 435 ) L'auteur fait voir que, dans le cas critiqué à juste titre par notre éminent confrère, la formule de Liouville est en défaut ; elle ne s’applique, en effet, qu’à des courbes ne possédant point de singularités. M. Servais, appliquant le théorème de Jacobi, dont le théorème de Liouville n’est lui-même qu’une conséquence, à un autre cas spécial, en déduit deux théorèmes qui ne manquent pas d'intérêt. Je propose très volontiers à la Classe d’ordonner l'im- pression de la présente note au Bulletin de la séance. » Ces conclusions, appuyées par MM. Mansion et de Tilly, sont mises aux voix et adoptées. Contribution à l'élude des fonctions respiratoires du nerf | vague; par Gabriel Corin. Rapport de M, Léon Fredericq, premier commissaire. « L'existence, dans le tronc du pneumogastrique cervical, de fibres nerveuses centripètes, capables de provoquer, par voie réflexe, un arrêt expirateur de la respiration, est encore aujourd'hui l'objet de controverses parmi les physiologistes. J'ai montré, il y a plusieurs années, que l'empoisonnement par le chloral ou par un mélange d'oxygène et d'acide carbonique constitue un excellent moyen de mettre en évidence l’action de ces fibres chez le lapin. L'auteur de la note soumise à notre-appréciation a reconnu que plusieurs autres substances hypnotisantes présentent la même particularité physiologique que le { o rendent. ( 456 ) r chloral. Chez les animaux empoisonnés par l'alcool, l'aldé- — hyde, la paraldéhyde, le croton-chloral, la chloralamide ou — l'uréthane, l'excitation du bout central du pneumogas- trique amène régulièrement un arrêt en expiration. On sait qu’à l’état normal cette excitation provoque ordinai- rement un effet d'inspiration. J'ai l'honneur de proposer à la Classe : 1° D'insérer dans le Bulletin de la séance l'intéressante notice de M. Corin, avec le tracé qui l'accompagne; 2 De voter des remerciements à l’auteur. » Rapport de M. Masius, second commissaire. « La notice de M. G. Corin confirme l'opinion exprimée, en 1879, par M. Léon Fredericq, dans un mémoire « sur la théorie de l’innervation respiratoire ». Comme lui, M. Corin reconnait, en effet, l'existence dans le pneumogastrique de fibres dont l'excitation pro- voque l'arrêt expiratoire; de plus, il étend à d'autres > substances narcotiques la propriété que possède le chloral de diminuer Vexcitabilité des fibres inspiratoires du nerf | vague, et de rendre prépondérante l'action des fibres de l'expiration, ou plutôt du centre bulbaire auquel elles se = Les expériences de M. G. Corin sont bien faites, elles _ offrent un certain intérêt. Aussi je me rallie aux conclu- sions de M. Léon Fredericq, de voter des remerciements : ur et d'insérer son travail dans le Bulletin de ae A séance. | 1 Ces conclusions sont PR par la Classe. ES (437) Sur les dépôts de l’évcène moyen el supérieur de la région comprise entre la Dyle et le chemin de fer de Nivelles à Bruxelles; par G. Vincent et J. Couturieaux. Rapport de M. G. Dewalque, premier commissaire. « Les auteurs de ce travail sé sont attachés particulière- ment à déterminer, d'après leurs fossiles, l'âge des sables qui recouvrent l'étage bruxellien à Glabais, et que Dumont a considérés comme laekeniens. Après avoir rappelé que notre savant confrère, M. Mourlon, a rapporté au nouvel élage asschien les deux assises de sables supérieures au bruxellien et recouvertes par le dépôt quaternaire, ils donnent la liste des espèces qu'ils y ont rencontrées, et indiquent dans autant de colonnes leur présence ou leur absence dans les étages bruxellien, laekenien, ledien, Wemmelien et asschien. Nons relèverons ce fait, que les trente-sept espèces rencontrées sont lediennes, trente-deux laekeniennes, vingt “bruxelliennes, vingt-huit wemme- liennes el trois seulement asschiennes. Au hameau de Sauvagemont, où M. Mourlon a signalé la même succession, les auteurs ont recueilli dix espèces, dont huit se retrouvent à Glabais. Hls ont retrouvé de même, près de la Belle-Alliance, quatre espèces dans un côté du talus du chemin, et sept dans le talus opposé, à un niveau un peu plus bas. Sur ces onze espèces, neuf sont à Glabais. Pour conclure, les auteurs font ressortir que l'on ne peut plus considérer ces sables comme asschiens, ainsi que M. Mourlon l'avait dit il y a deux ans, et que la présence de Ditrupa strangulata et d'Orbitolites compla- — nala ne permet pas de les placer plus haut que le venen ; 50 Pe SÉRIE, TOME XXII. ( 458 ) Les auteurs décrivent ensuite une conpe du hameau de Maison-du-Roi. On y voit, sur un sable fin, qui ne peut être bruxellien, un gravier suivi de sables divers, avec concrétions ferrugineuses dont les fossiles indiquent la zone de Glabais, ce qui est confirmé par l’examen des cotes d'altitude. Nous avons donc deux étages compris entre le bruxellien et le wemmelien : ce sont naturelle- inent le laekenien et le ledien. En terminant, les auteurs annoncent que leurs études récentes sur l’asschien tendent à le classer dans loligo- cène. Il y a longtemps que je m'attendais à cette dernière conclusion. Puisque l'occasion west offerte de manifester mon opinion sur le classement des assises comprises entre le bruxellien et le tongrien, j'en dirai quelques mots. A l’époque où j’écrivis mon Prodrome d’une description géologique de la Belgique, je crus devoir modifier légère- l ment la classification de Dumont, en faisant rentrer le _ i laekenien inférieur dans le bruxellien. Les motifs de ce ; changement n'existent plus tous : ainsi, c’est seulement quelques années plus tard que je reconnus l'illusion dans laquelle nous étions tous tombés en croyant à un grand ravinement à la base de mon laekenien. Mais, depuis lors, le vent a continué de souffler à la réforme. Non seule- — ment on à replacé la limite entre le bruxellien et le laeke- nien à la hauteur où Dumont l'avait établie, mais encore, — au fur el à mesure du progrès des études locales, et non Sans oscillations, les géologues bruxellois ont multiplié _ les étages aux dépens du laekenien, et même du tongrien _ inférieur, auquel sont généralement empruntés les dépôts _ Que Pon a appelés asschiens. Nous avons donc auone en d'hui trois étages compris entre le laekenien, fort réduit, 3 Ve ad EEE VION AE RE nd OEE Ie Que ai CD Let ph REE an me EE à LES sa ( 439 ) le tongrien : ils se nomment ledien, wemmelien et asschien. Je suis bien loin de prétendre que le progrès de nos connaissances n'ait pas rendu utile la distinction d'assises restées confondues dans l'étage laekenien; mais ce que J'ai toujours contesté, c'est la convenance de les traiter d'étages, avant de pouvoir indiquer des distinctions paléontologiques assez tranchées pour leur mériter ce nom. Hl eût été préférable d'établir des coupures dans l'étage laekenien, qui aurait été divisé en inférieur, moyen el supérieur, ou bien en sables de Laeken, sables de Lede et sables de Wemmel. On en trouve la preuve dans le tableau de nos auteurs, où, sur trente-sepl espèces lediennes, il y en a vingt-huit wemmeliennes, trente-deux lackeniennes et même vingt bruxelliennes. Pour finir, je conclus en proposant bien volontiers l'impression de la note de MM. G. Vincent et J. Coutu- ricaux dans le Bulletin, » Rapport de M, de la Vallée Poussin, deuxième commissaire, «J'ai lu avec beaucoup d'intérêt la notice de MM. G. Vin- tent el Couturieaux, sur les terrains éoeènes compris entre la Dyle et le chemin de fer de Bruxelles à Nivelles. Le premier commissaire a donné, dans son rapport, une analyse détaillée de ce travail, et il en a fait ressortir l'importance; je me borne donc à déclarer que je me rallie volontiers à ses conclusions favorables à l'impression du travail dans les Bulletins de l'Académie, et à féliciter les auteurs de leurs observations paléontologiques, si pré- cieuses pour déchiffrer les subdivisions qui ont été intro- duites dans l'ancien système lackenien de Dumont. » ( 440 ) Rapport de V., Bviart, Iroisième commissaire., -~ « Le travail de MM. Vincent et Couturiaux Sur les dépôts de léocène moyen el supérieur de la région comprise entre la Dyle et le chemin de fer de Nivelles à Bruxelles, bien que très court, a une réelle importance pour la géologie de nos terrains tertiaires. ll y a surtout une chose qui m'a frappée à l'inspection de la liste des fossiles qui y est produite : Cest la grande analogie qui existe entre les faunes lackeniennes, lediennes el wemmeliennes. Dans les circonstances ordinaires, on n’hésiterait pas à identifier les trois assises sableuses qui les renferment. Cependant on en a fait trois étages, parce qu'elles se trouvent séparées par des graviers d'immersion auxquels on accorde ainsi une importance qui me parait très contestable. Ces graviers n'existent pas toujours, Soul — parfois fort peu visibles ct demandent une certaine habi- tude pour être discernés. Ils indiquent certainement des changements de régime dans la sédimentation marine de la lin des temps éocènes dans notre pays; mais quelle doit en être la signification réelle au point de vue de la classi- fication? C'est là la véritable question. -La faune paléontologique doit indiquer le synchronisme des couches sédimentaires. C'est un principe qui à été oen — souvent rappelé et qui reste généralement admis. Si, pat- _ tout où les trois étages ont été reconnus dans le Brabant, - la même similitude des faunes existe, on ne peut évidem- ment y voir que trois dépôts successifs d'une même mer, dans laquelle ont vécu les mêmes organismes, à peu _ exceptions près, mais avant éprouvé trois mouvemen de recul trop peu prolongés pour que la faune ait pu Se ‘une hes notable. HE 3 È RE TRS je Dar, e ES LE glee PS ee TAN AE CE eeen CET en ICT PR. è L z nin à EEEE yi f en. { i * en rien aux précédents. ( 44 ) Nous nous trouvons en présence de trois assises sallenses renfermant les mêmes fossiles. Nous pouvons les distinguer, avec peine parfois, quand elles se trouvent réunies en un même lieu, mais toujours avec beaucoup d'incertitude quand elles se trouvent isolées. N'est-ce pas là la source des difficultés de classement dont nous a entretenu plusieurs fois notre savant collègue M. Mourlon, et dont il nous parlait encore à notre dernière séance ? Je crois donc, avec M. Dewalque, que les trois dépôts ne peuvent avoir que la valeur de sous-étages. Les mêmes listes nous indiquent encore que ces trois Sous-étages conservent de nombreux points de contact avec l'étage bruxellien sous-jacent, mais très peu avec l'étage asschien immédiatement superposé. Il y a done lieu, comme les auteurs le proposent et comme l'admet M. Dewalque, de retirer ce dernier de l’éocène et d'en faire la base de l’oligocène en Belgique. Je me joins aux deux premiers commissaires pour demander l'impression dans nos Bulletins du travail qui nous est soumis et pour remercier les auteurs. » Ces conclusions sont adoptées par la Classe. Sur le Lai dr doede de certaines A a ed par J. Deruyts Rapport de M, €, Le Paige, premier venne « La Classe connaît depuis longtemps les remarquables travaux sur la théorie des formes algébriques dus à notre honorable confrère, M. Jacques Deruyts. Le nouveau mémoire que l’auteur vient de nous soumettre ne le cède ( 442 ) Je ne veux pas entrer dans l’analyse détaillée de cette élude; il me suffira de dire qu’elle compiète d’une manière fort heureuse les recherches antérieures de notre collègue Dans les différentes notes publiées par l’Académie et condensées dans un important mémoire, imprimé parmi ceux de la Société royale des sciences de Liège, M. Deruyts = a établi la forme du développement des fonctions inva- ~ riantes les plus générales d'un système de formes algé- briques. Aujourd’hui, il va plus loin, et profite d'un théo- rème qu’il démontre dans les premiers paragraphes de son mémoire, pour donner, d'une manière explicite, le développement de toute fonction invariante o comme somme de covariants identiques multipliés par des polaires de covariants primaires. _ Ce résultat vient compléter d'une manière très heu- reuse ceux que notre confrère a obtenus jusqu’à ce jour, el je ne doute pas que la Classe ne vote avec plaisir l'impres- sion de cette pièce dans les Mémoires de l’Académie. » Ces conclusions, auxquelles a adhéré M. Mansion, ont | été adoptées par la Classe. Sur le rythme musculaire dans le télanos strychnique ; par le Dr E. Delsaux. Rapport de PT. Masius, premier commissaire. € La contraction musculaire est composée d'une série de vibrations se succédant rapidement, et correspondant aux f impulsions isolées, amenées au muscle qui se contracte. contraction musculaire est un tétanos, mais les physiologistes ne sont pas d'accord sur le rythme qui le caractérise. V. Kries ue que le nombre des Msn Rede E “à di 1 $ = die ea i UT 2 Tar ENE ee a ANS À ( 445 ) qui arrivent au muscle dans la contraction volontaire lente est de 8 à 12 par seconde et de 18 à 20 dans la contrac- tion rapide. Lovén, qui a fait une étude de la contraction volontaire et du tétanos strychnique au moyen de l'électro- mètre capillaire de Lippmann, prétend que le rythme des oscillations ne dépasse pas 8 à 9 par seconde. M. le Dr Delsaux, assistant de physiologie à l'Université de Liège, a vérifié les expériences de Lovén, et il a le mérite d'avoir réussi à enregistrer par la photographie les excursions de la colonne mercurielle de l’électromètre, dues aux variations du muscle actif. Dans la communication préliminaire que M. Delszux fait à la Classe, il étudie senlement le rythme musculaire dans le tétanos strychnique. Comme Lovén, il trouve que le rythme est, au plus, de 8 à 9 par seconde; les variations du courant d'action n’ont ni même intensité, ni même durée. Il y a concordance parfaite des phénomènes méca- niques et électriques de la contraction musculaire. Je propose à la Classe de voter des remerciements à. M. le Dr Delsaux, et d'insérer son intéressante notice dans le prochain numéro du Bulletin. » Rapport de M. Léon Fredericy, second commissaire, « M. Delsaux a étudié une question controversée et fort intéressante, celle du rythme du tétanos des muscles volontaires. Il l’a résolue au moyeu d’une méthode élégante et correcte, présentant des difficultés techniques considé- rables. ; Je me rallie donc volontiers aux conclusions du premier commissaire. » 8 Ces conclusions sont adoptées. (444 ) COMMUNICATIONS ET LECTURES. Une nouvelle famille dans la tribu des Schizopodes ; par P.-J. Van Beneden, membre de l'Académie. Il y a quelques jours, je reçus de Ponta Delgada (Açores) une lettre de M. Chaves, qui a recueilli déjà tant d'objets d'un véritable intérêt scientifique, lettre qui commence ainsi : zie « Il y a deux jours, étant à la mer, je voyais un grand nombre de Coryphœna equisetis (Damado, en portugais) faisant des sauts dans l'eau, ce qui me démontrait qu'ils _ faisaient la chasse à quelque animal. Je ne me trompais pas : j'ai pu prendre deux de ces animaux, et j'ai trouvé dans leur estomac plus d’une vingtaine de ces Crustacés que je a vous envoie par la poste. » ; Empressé d'examiner ces objets, j'ai éprouvé une de ces impressions que connaissent seuls les naturalistes, mettant la main sur une forme i Inconnue, plus ou moins probléma- tique. | J'avais sous les yeux quatre animaux de la grandeur d une noisette, semblables à un casque fortement hosselé, 5 au milieu duquel on voit circuler des bulles d'air chaque pe fois qu’on le déplace; an- dessous, les bords du casque : forment une gouttière au milieu de laquelle est logé un abdomen de Crustacé macroure. E _ D'abord, je ne savais pas Doi si j'avais affaire à un ni de dos couvert de zena Alcyon. „àun Phronyme, ou peut-être à une espèce dè ( 445 ) Après ma première visite, j'ai pu m'assurer que le casque - appartient en propre à l'individu, et qu’il n’est autre chose que la carapace d’un animal fort singulier, parfai- tement abrité sous son enveloppe. Mais cet animal est-il complet, ne représente-t-il pas une forme larvaire de quelque grand Décapode? Je n'ai pas eu de peine à m’assurer, en le disséquant, que le singulier casque appartient réellement à l'animal, qu'il n’est que le céphalothorax. sous lequel, ou dans lequel Plutôt, l'animal s'abrite tout aussi bien que la tortue _Sabrite sous sa propre carapace. Reste à savoir maintenant si cet animal, si différent par Son aspect de tout ce que nous connaissons, n'est pas une forme de transition qui doit faire place à l’une ou l'autre forme définitive, une espèce de Zoé ou de Phyllosome. La présence d'organes sexuels, c'est-à-dire d'un ovaire assez volumineux, parfaitement développé au milieu du Céphalothorax, et d’un bon nombre d'œufs disséminés au milieu des soies des pattes, même dans la loge branchiale, lèvent tout doute. Nous avons done sous les yeux un animal complet et adulte; c’est un Crustacé qui a les principaux caractères d'un Décapode ; nous allons en donner la description. : a quatre individus que nous avons reçus sont exacte- _ ment les mêmes pour la taille comme pour les caractères extérieurs; ils mesurent en longueur 8 millimètres, en largeur 5 millimètres. C'est l'étendue de la carapace sous _ laquelie tout l'animal est caché, avec Pabdomen, la geet _€t tous ses appendices, sauf les antennes. ie à La: sd est d’une nature toute particulière. Elle — ( 446 ) est dure et on peut la saisir par la pince comme si c'était une coquille; les parois ne cèdent pas sous la pression. Au milieu du dos, il ya des bosselures arrondies; sur les flanes, ce sont plutôt des replis. En avant, elle se termine en pointe sur la oe aidan comme un rostre reconrbé, et sur le côté il y a deux pro- longements qui s'élèvent comme deux cornes pour former de véritables orbites. Cette carapace se prolonge, en dessous et en avant, en deux autres cornes qui s’abaissent et contribuent à proté- ger les appendices si délicats qui garnissent l’orifice de la bouche. Plongé dans l'acide acétique, des bulles d'acide carbo- nique se dégagent de tous côtés, et au bout d’une demi- heure la carapace change complètement de teinte. Des bulles d’air s'accumulent dans une cavité qui n'est autre chose qu’une cavité branchiale. L'animal, placé sur le dos, montre tout son abdomen entre les lèvres de la carapace qui le protègent avec ses nombreux appendices. Sauf les grandes antennes, tout est à l'abri des attaques. Il n’est pas plus vulnérable que le Pagure dans sa coquille d'emprunt. Le céphalothorax, un peu plus large que long et forte- ment bombé, montre, à l'extérieur et au milieu, une double rangée de bosselures dont les antérieures sont les plus fortes. Elles se suivent à des intervalles égaux. On en comple quatre paires. Ce sont les appendices surtout qui vont nous faire connaître le groupe auquel se rapporte notre curieux ue Crastace. aa ere la carapace, les appendices, comme elette cutané, sont bien faiblement f incrustés de calcaire. ( 447 ) de antennes sont très longues, très fines, d'une grande flexibilité et recourbées en arrière, de manière à dépasser légèrement le céphalothorax. Ces antennes sont portées sur une base formée de denx articles, et sur le côté desquels on trouve une lamelle fort mince, plus large que les articles, et dont le bord est garni de soies très fines, flexibles et recourbées vers l'intérieur. Les figures publiées par Quoy ne représentent complè- lement ni les antennes, ni les autres appendices, et nous avons tout lieu de croire que les animaux, mis sous les yeux du dessinateur, étaient mutilés. Les antennules ont leur base également formée d’abord de deux articles faiblement accusés, puis d'une tige droite Sur laquelle on voit aussi un exopode relativement court et couvert de très courtes soies. : La tige est droite et divisée comme la grande antenne, en compartiments carrés. Les yeux sont pédiculés et logés dans une > orbite formée par la carapace. Le globe est sphérique sans être à facettes. Le Pigment est accumulé an fond du globe. ( 418 - -) La lèvre supérieure est parfaitement distincte : elle __ Consiste dans une lame ayant une certaine consistance, très bien isolée, de forme ovale et légèrement bombée du côté de l’orifice de la bouche. J n’y a point de lèvre inférieure. Ce sont les maxilles Be qui la remplacent, 3 Les mandibules sont très fortes et ne sont pas sans ressemblance avec un bec d'oiseau. Elles se distinguent o des autres appendices, quand elles sont en place, autant | par leur forme que par leur cou!eur foncée. | Chaque mandibule porte un palpe formé au moins de trois articles garnis de soics. Ces articles sont longs comme . ceux des pattes. ee» Ee Fie. 2. Lèvre supérieure, mandibules et palpes. t Les deux paires de maxilles sont serrées les unes contre — _ les autres; ce sont des feuillets divisés en plusieurs pièces — munies de fortes soies qui arment l'entrée de la hoc . : Ils portent aussi des palpes. a La seconde paire de maxilles remplace la lèvre w rieure, en se réunissant sur la ligne médiane. En _ Les soies de la première paire de maxilles sont nom- breuses sur toute la longueur, et toutes sont fortes 1 o _ raides, comme des pointes de flèches. e _ Les soies de la seconde paire sont également fortes, tont sur le dernier article, et sont finement barbelé lées. ies A des autres articles sont DE ( 449 ) a y a sept paire es d'appendices thoraciques qui se suivent el qui sont à peu près formées de même; une palle pour la préhension et une rame pour la nage. Dans chacun de ces appendices nous comptons cinq articles, tous garnis de soies longues et raides. Fie. 3. a. Première paire; b. deuxième Tre c. troisième paire. Sur l'article basilaire, la hanche, se développe une rame, exopode formée de la même manière dans les sept paires tontes portent séparément une soie plumeuse flexible, zl _ Comme celles des Cirripèdes et des Argules. = -La première paire a les divers articles plus forts que les oe : Suivantes et se termine en brosse garnie de soies barbe- Ee ‘es, comme les flèches qu’on trouve avec les silex. ne La seconde paire est notablement plus longue, el le ra articie, comme Je ene au lieu de soies 4 _€tqui dépasse | ‘endorode en longueur; au lieu d'être droit, on | iest régulièrement courbé et formé de pièces jointes, qui Ee 5 ( 450 barbelées nombreuses, ne présente plus que quelques soies plumeuses isolées, surtout au bout de chaque jointure. Le dernier article est simple et ne forme pas la pince avec le précédent. La troisième paire d'appendices thoraciques est terminée en pince, comme les suivantes jusqu’à la dernière. Quoy, daus sa description, n'accorde une pince qu'aux trois dernières paires d’appendices. Nous nous deman- dous si ces organes sont toujours terminés de la même manière. Nous reprodnisons le quatrième appendice thoracique avec une branchie encore adhérente : la patte terminée en pince, la rame avec ses soies plumeuses et la manière dont les soies sont insérées sur le bord de chaque carré. | Fie. 4. RS paire. Les deux derniers appendices thoraciques sont simple- ment plus courts et plus grêles que les autres. - Depuis la première paire d’appendices thoraciques | Jusqu'à la dernière, la septième, c'est sur la face externe — du même article, le fémur, que s ‘érige la rame, qui dépasse _ patte en longueur, se termine de la même manière CA pointe el Pene la même courbure à son extrémité. a à de A E EE ld EN a rn ienke (451 ) On ne peut pas dire que les appendices sont biramés ; il n’y a que la moitié transformée en rame pour la nage; , er P . . . l’autre moitié est formée de cinq articles dont le dernier forme pince avec l’article précédent, pour la préhension. -Nous ne connaissons que les appendices des Cirripèdes qui soient biramés. Ces appendices sont tout-garnis de soies plumeuses; il n’y a que le premier qui soit terminé en brosse. La région abdominale est la même que dans les Décapodes : chaque seg- ment porte ses pléopodes, et chacun deux est formé d’un exopode et d'un endopode relativement allongés. Le dernier segment ne diffère que par le plus grand développement de lexo- podite et de lendopodite. Tous les deux sont garnis, sur le bord, de soies plumeuses Le telson est long, peu cffilé au bout, échancré et terminé par deux cordons ou filaments mous, et à la base desquels on voit un aiguillon pointu. En dedans 5 de la bifurcation, tout le bord interne est dentelé. Ce que l'on a appelé Uropode, est a. Les trois derniersseg- tout simplement le Pléopode du dernier eg ane. ou sixième segment abdominal. šopodes |} existe de véritables branchies, et côté “du dos; b. le elles flottent librement dans une large eee cavité formée par les parties latérales de la carapace. Cette cavité est fort grande et les bulles d'air qui y pénètrent se rendent, selon l'inclinaison de : PC k ; l'animal, à peu près dans toute l'étendue de la carapace. { 152 ) | Elles se logent de préférence-dans les cavités formées re a les bosses. ie Les branchies ressemblent, par leur structure et la pla qu'elles occupent, aux branchies des grands Décapodes, c'est-à-dire, qu’en prenant une branchie isolée, on distingue au milieu de chacune d’elles et sur toute la loigueur un vaisseau principal, et, sur le côté, des vaisseaux qui en parlent ou qui en dérivent. Elles affectent la forme de |. certaines feuilles de fougère. ; Ces branchies sont dépendantes de l’article basilaire des pattes, et chacune d’elles, la première comme la dernière, en est pourvue, Ces organes ne sont pas toujours simplement étalés comme une feuille de fougère; ils se réunissent aussi, comme l'indique cette figure, à plusieurs en un tronc Commun, Comme dans plusieurs Schizopodes. FIG 6. Branchies. _ Les deux en nières paires d'appendices thoraciques ne ent pas une poche incubation, comme dans les __Mysis. Les femelles n'abandonnent cependant pas leurs œufs. Comme dans les Crustacés supérieurs, ils passent la _ ite d’incubation dans le céphalothorax, ou entre les iaia arue ls se font reconnaître par leat - ( 455 ) de la mère. On reconnait les caractères du Nauplius à tra- vers les parois de l'œuf. Pour connaître leur régime, nous avons visité l'estomac: l'animal est assez bien conservé pour avoir pu retirer avec la pince l'estomac entier avec une partie de l'intestin. Dans toute la largeur de ect organe on aperçoit une sorte de gouttière chitineuse dont la surface est hérissée de piquants de diverses formes, qui rappellent l'estomac des Mysis. Nous avons recueilli dans l'intestin des débris de Cypris et de Cyclops. Le foie a un aspect particulier : c'est une poche dans l'intérieur de laquelle on distingue des replis longitudi- naux remplissant tout l’intérieur. Il verse la bile par un canal exeréteur parfaitement isolé. Vs Me oaa Ces Crustacés vivent à la surface de la mer et les Cory- Phènes s’élancent hors de l'eau pour les saisir; les bulles ~ Wair qui pénètrent dans la cavité branchiale y font l'effet ~ (de vessie natatoire. Du moment que l’animal est sorti du liquide qui le conserve, on ne se fait pas une idée de la facilité avec laquelle des bulles d'air pénètrent sous la carapace et l'empêchent d'aller au fond. En frappant de la queue, l'animal doit reculer comme le Macroure, mais par ses pattes-nageoires il doit etre, comme les Mysis, un excellent nageur. _ Comme nous l'avons dit plus haut, M. Chaves a nani des Cryptopus dans l'estomac du Cor: yphæna. Ceux dont barle Quoy ont été trouvés dans l'estomac de la Bonite. _ Hls avaient encore leur coloration propre d'un bleu de ciel Chir, comme ceux des Açores. Is ont sans doute été Se SÉRIE, TOME Xxl, 51 ( 454 ) capturés dans les mêmes eaux. Les Cryptopus de Gray ont été recueillis dans l'estomac d'un Dauphin sur la côte du Brésil (1). Cet animal est-il connu? à Dans le Règne animal de Cuvier, Latreille fait mention d'un Crustacé de la Méditerranée qui vit à la surface de la mer, et auquel il donne le nom de Cryptopus Defrancii; malgré la courte description qu'il en fait, nous avons tout lieu de croire que c’est animal dont il est question ici. Latreille le place à la fin de la famille des Décapodes ` macroures, près des Mysis. Deux ans après J.-Edw. Gray parle, dans son Spicilegia Zoologica publié en 1850, d'un genre curieux qui semble identique avec celui de Latreille, et auquel il donne le now de Cerataspis monstrosa. Gray rapporte son Cerataspis à la famille des Nebaliadés, dont il n’a aucunement les caractères. (1) En examinant les Cryplopus conservés à Liège et dont l'origine n'est pas connue, nous avons été surpris de trouver, attaché encore à la place où est la bouche, un cordon replié sur lui-même, attaché à sa proie, er il s’agit d'un parasite, et que nous avons facilement reconnu, à sa ventouse placée vers le tiers antérieur du corps, pour un Distome. Nous ne pouvons rien dire de plus de ce Trématode, s ce n'est que les espèces de ce genre ne respectent pas plus les animaux inférieurs que les supérieurs; nous en avons trouvé même en vie, à Ostende, dans la cavité centrale d'un Cydippe Beroë. Nous avons sans doute affaire ici au Distoma ventricosum, très commun dans les poissons Scomberoïdes. M. R. Blanchard vient de publier une note pleine d'intérêt sur ce Distome dans le Bulletin de la Société Zoologique de France (t. IV), qui vient de paraître. Sars a signalé de même un Distome qui n'est pas sans ressem- blance avec celui-ci, sur le corps du Nematoscelis megalops. ( 455 ) En 1844, Quoy publie la description d’un Crustacé nou- veau qui lui a été remis par M. Leps, officier de la marine royale, qui l’a rapporté de ses voyages. Il lui donne le nom de Lepsia tuberculosa. Guérin-Meneville fait précéder cette description de Quoy de quelques observations, et comme la description de Latreille est fort courte, il propose de conserver le nom de Cerataspis de Quoy, quoiqu'il eùt été publié un an après. La description de Quoy et les bonnes figures qui laccompagnent ne laissent aucun doute au sujet du genre Proposé en premier lieu par Latreille. Dans son livre classique sur les Crustacés, Milne ne EE ET AE zr Ed 1 E RR M se RENE | p y, le doute si cet animal est un Décapode ou un Stomapode. Par la forme générale du corps, il ressemble aux Erychtes, dit-il, et on ne sait pas trop, ajoute-t-il, s’il est pourvu ou non de branchies thoraciques. Il en fait mention dans un appendice et le place à côté de la curieuse forme larvaire de Bose, connue sous le nom de Zoë. Quel est le nom que cet animal doit conserver : est-ce celui de Latreille ou celui de Gray ? | Guérin était d'avis de lui conserver celui de Gray, tout en reconnaissant que celui de Latreille est de deux ans antérieur, I vya pas à hésiter, à notre avis : le nom de Latreille a la priorité sur celui de Gray, et il est du reste très bien choisi. Nous lui conserverons donc le nom de Cryptopus Defrancii. Dans l'explication des planches, Guérin fait mention d'une seconde espèce recueillie dans l'océan Indien, et qu'il nomme Cerataspis Petitii. _ Guérin met le Cerataspis à côté des Mysis. ( 456 ) Au Britisch museum on possède les Cerataspis de Gray; à Paris, au Museum, les Cryptopus de Latreille ; au musée de l'Université de Liège, on en possède des exemplaires dont l'origine n’est pas connue, A Louvain, nous conser- vons les exemplaires des Açores, et M. Chaves en a con- servé plusieurs pour lui et le musée de l'archipel qu'il habite. ll nous reste maintenant à déterminer l’animal, ou plu- tôt à Ini assigner son rang. D'abord, le Cryptopus n'est pas une forme larvaire, puisque nous lui avons trouvé un appareil sexuel et des œufs. H a des branchies conformées d’après le plan général _des Schizopodes, logées dans une cavité distincte, sous le bouclier céphalothoracique. Sous ce rapport, il s'éloigne des Décapodes. Mais au lieu de dix paires de pieds il en a sept (Gray ne lui en accordait que cinq), et chacun de ces appendices, an lieu d'être simple, est au contraire double et sert en partie _àla nage, en partie à la préhension. Il n’est donc pas Déca- pode, mais tétradécapode. Le Crytopus représente jusqu’à un certain point un Macroure en voie de développement. Cavolini avait déjà fait l'observation que les crabes, à la sortie de l'œuf, ont l'abdomen beaucoup plus développé, proportionnellement au reste du corps, qu'il ne lest chez les adultes, et au lieu d'être accolé au plastron sternal, il le reste du corps; il est aussi plus détaché du plastron sternal. C'est le cas du Cryptopus, est alors moins mince, plus cylindrique et ples long que ( 457 ) ee ll a les yeux pédonculés, ce qui le place, d'un autre côté, parmi les Crustacés les plus élevés, désignés sous le nom de Podophtalmes. Il a l'abdomen complètement replié sous le thorax, comme les Décapodes brachyures, dont il a également la - carapace, el celle-ci abrite parfaitement l'animal sans en ; excepter les appendices. es œufs ne sont pas couvés dans une gn de la femelle ; ils sont abrités seulement par les appendices et les soies qui les garnissent. Ses antennes, comme ses antennules, sont conformées d'une manière role. D'après ce que nous venons de dire, le Cryptopus Defrancii forme le type d'une famille nouvelle, que nous proposons de nommer, d'après le nom proposé par Latreille, Cryptopodidés, et à laquelle on peut donner comme carac- | tères : des yeux pédonculés, sept paires d'appendices tho- raciques, des branchies ramifiées, une carapace céphalo- en thoracique qui abrite tout l'animal, y compris les ~ branchies. | a La famille des Cryptopodidés doit prendre place à côté ci des Mysidés, à la suite des Décapodes, dans la section des _Schizopodes, comme l’a proposé Latreille, il y a plus de soixante ans; ces Crustacés lient, d'après iii, les Macroures aux Sloniapoiles: En suivant la classification de Dana,nous aurions parmi les Tétradécapodes : | Une première tribu, les Dos une seconde tribu, les Isopodes; une troisième tribu, les Amphipodes ; el dans __ les Schizopodes, les Cryptopodidés, à côté des Euphasidés, _ des Mysidés, des Lophogastridés et des Eucopidés. Les deux premières familles n’out pas de mp et o = Pena passent par aat " ue En prin Ee A EE BAE EDE te de ae ey. g iaai ie i = s x i % ( 458 ) Le Cryptopus remplit úne véritable lacune : il y avail un hiatus entre les derniers Décapodes ou Stomapodes pour passer aux Isopodes, et le Cryptopus vient tout juste le combler. On peut même dire qu’il représente à la fois les Macroures et les Brachyures par les rapports qui existent entre le céphalothorax et l'abdomen. Il est Macroure par le développement de l'abdomen et Bra- chyure par la manière dont l'abdomen se replie sous le thorax. 2 Nous pouvons donc disposer ainsi ces Crustacés : ER Lophogastridés. à marsupium et sans a Eucopidés. métamorphoses SCHIZOPODES . . . . . Mysidés. T sans marsupium pee et à métamorphoses Cryptopodidés. INDEX BIBLIOGRAPHIQUE. LarTReiLe, Règne animal de Cuvier, vol. IV, p. 100. J.-E. Gray, Spicilegia Zoologica, fase. I, pl. VI, fig. 5, 1828. en Quoy, Magasin de Zoologie. Crustacés, pl. 1, 1839. ee Ferussac, Bull. se. nat., t. XVI, p. 115, 1829. Mirne Epwarps, Hist. nat. d. Crustacés, vol M, p. 458. Guérin, Iconographie du règne animal. Crustacés, pl. XXII, fig. 5°? n Dana, J.-D., Unit. Stat. Exploring expedition. Crustacea, part. l. o Phitadelohis. 1852. Kroven, Et Bidrag tit Kundskab om krebsdyrf. mysidæ. Nat. hist. Tidskr., R. 5, Bd. 1, 1861-65. _ Sans, Sur les Schizopodes recueillis o le voyage du Challen- ger, Zookoaux, t Xin, pl. X1, fig, 1, 1883., 3€ Série, Tome XXH. men. + $ Ed F £ E PÄ = CVN en ta Vi a (459) EXPLICATION DE LA PLANCHE. Cryplopus Defrancii. Fie. 4. — Le céphalothorax isolé ou vide, vu du côté du ventre. Fie. 2. — L'animal en place, dans la même position que le cépha- lothorax, vu du même côté, mais avec la tête un peu plus penchée. Fie. 5. — Le céphalothorax vide, comme dans la figure {, vu de profil, mais légèrement penché; on voit en avant les tentacules, sur le côté les yeux, en arrière le bout de l’abdomen, et au milieu quelques appendices céphalothoraciques. Fie. 4. — L'animal en place dans sa carapace, vu du même côté que la figure précédente, On distingue en arrière l’abdomen, en avant les yeux et les tentacules, et deux appendices thoraciques. Fic. 5. — L'animal avec le céphalothorax en place, son abdomen etendu et montrant les yeux avec les antennes. Fie. 6. — La région frontale de la carapace. Fis. 7, — L'abdomen avec ses appendices. Quelques théorèmes sur les intégrales enlériennes ; par E. Catalan. Afin de prendre date, j'énonce, sans les démontrer, les théorèmes suivants ("): 8 B A m) Tnéorème I. PP ÈME To =H Je (q + 2) (p + m= a) 3 | (p + À) (q + m + à) “Ae tf Tuéorème lI. 4) — Grn ; C) Les deux premiers sont tirés du Mémoire intitulé : Recherches sur la constante G (Académie de Saint-Pétersbourg, 1885). Les Conslantes p, q, m sont positives. (460 ) en > Anr U apg +) FARONÈRE HI. B(p, q) = H, (p+) (1 + p +2) erv, BWP) jp” (2 +1) (2 +9) PRIOR EN ne Il (22 + 2p + 1) (A + p) J ; we +2)( 4 q A4) TuéorènE V. on à (p ; ai ? ) (q + A) (1 sepr) o i A o ~ tes 3 ) Er) n THÉéORÈME VI. sx - x E =i (a <3) En | 234) avai Tr CP) 0+92p) (2à + 2p +5) TaéorÈme VII, ‚Il | pror o +p) (A+2p +2) (22+ 2p +1) Liège, novembre 1891; _ Sur les formules correctes du mouvement de dre Re Ô de Terre ; pe F. Folie, membre de l'Académie. Lee correct de rapporter les équations axe instantané. Ke C'est Oppolzer qui a ouvert la voie : « On doit se rap- 5 peler, que dans les observations l'équateur est pr E : pla fondamental et qu'il est déterminé par = C 461 ) plan perpendiculaire à l'axe instantané de rotation. z Si ces deux axes (ce dernier et le petit axe de l’ellipsoïde terrestre) avaient entre eux une inclinaison notable, dans l'établissement des formules que nous avons maintenant en vue, on devrait avoir égard à la différence qu’ils présen- teraient. » A celle raison, que nous discuterons plus. bas, est venue s'en joindre une autre qui a corroboré Oppolzer dans son idée: les formules d'intégration de Poisson, qui avait étu- dié le mouvement de la Terre autour de son axe principal, renferment des termes du second ordre que ce géomètre avail considérés comme négligeables, tandis qu’ils ne le sont pas en réalité, ainsi que l’a fait voir, le premier, Oppolzer, mais qui disparaissent lorsqu'on étudie le mou- vement de la Terre autour de son axe instantané. Il n'est done pas douteux que, si l’on adopte la méthode d'intégration de Poisson, les formules rapportées à l'axe instantané ne soient plus correctes que celles qui sont rapportées à l’axe principal, en ce sens que les termes négligés sont d'une importance beaucoup moindre. Mais ici se posent deux questions : 1° Les raisons invoquées par Oppolzer justifient- iles le choix de l'axe instantané comme axe de référence? rapportées aux axes principaux conduisent à des termes Pas des formules d'intégration rigoureuses relativement à ces axes ? : i Élucidons le premier point. i Selon qu'on rapporte le mouvement de la Terre à son axe instantané, autour duquel elle tourne en réalité, ou à 2° Dans la négative, puisque les formules de Poisson da second ordre qui sont difficiles à évaluer, n existe-t-il A axe principal, le enen qui est le plan déterminé - # ( 462 ) par l’un ou l'autre de ces axes et par le zénith, sera mobile ou sera fixe. Or, la définition de l'heure ne peut être donnée que par rapport à un méridien fixe. C’est quand l'équinoxe vrai passe dans ce plan qu'il est O heure sidérale ; et, entre O heure d'aujourd'hui et O heure de demain, il s’écoule exactement vingt-quatre heures sidérales, puisque la vitesse de rotation de la Terre autour de son axe principal est constante, ou du moins admise comme telle par tous les géomètres qui ont traité la question du mouvement de rotation du globe. Supposons, au contraire, qu'on définisse O heure comme l'instant du passage de l'équinoxe vrai par le méridien instantané, et admettons que la vitesse de rotation de la Terre autour de l’axe instantané soit constante, comme autour de l'axe principal. Entre 0 heure d’aujourd’hui et O heure de demain, il ne se sera plus écoulé exactement vingt-quatre heures sidé- rales, puisque le méridien de demain ne sera pas celui d'aujourd'hui. Et l'écart ne fera que s’accentuer de jour en jour. ll y a plus: deux lieux situés sur le même méridien géographique n'auront pas la même heure, puisque très généralement ces deux lieux seront situés sur des méri- diens instantanés différents. Et la définition des longitudes terrestres ne peut se donner correctement que par rapport au méridien géographique. Car deux lieux, qui sont aujourd’hui sur un même méridien instantané et auraient même longitude en ce moment, selon la manière de voir d'Oppolzer, ne l'auraient plus demain, à cause du dépla- cement de l'axe instantané à la surface de la Terre. Ces arguments sufliront pour démontrer aux astronomes | ( 465 ) que les géomètres qui rapportent le mouvement de la Terre à son axe instantané se mettent en contradiction avec les définitions fondamentales de l'astronomie. Et qu’on ne vienne pas objecter qu’il s’agit ici de quan- tités assez petites pour pouvoir être négligées: dans l’appli- cation de l'analyse à l'astronomie, on ne doit rien négliger de ce qui peut n’être pas négligé. Ajoutons enfin qu’à cette première négligence capitale il Sen joint forcément une autre, avouée par Oppolzer, mais beaucoup moins importante, il faut le reconnaître : Cest celle de certains termes qu'il est obligé de laisser de Côté, et qui proviennent de la substitution de l'axe instan- tané à l'axe principal comme axe de référence (`). De négligence en négligence cependant, que deviendrait la correction des formules, correction que l’astronomie de précision est en droit d'attendre aujourd’hui des géomètres ? La première question est donc résolue : malgré le fait, invoqué par Oppolzer, de la rotation de la Terre autour d'un axe instantané variable à sa surface, on ne peut prendre celui-ci comme axe de référence, sans se mettre en contradiction ouverte avec les définitions capitales de l'astronomie, celle de l'heure et celle des longitudes terrestres; on ne peut davantage faire usage du méridien Mstantané (qu’il faudrait, du reste, déterminer à nouveau chaque jour) dans les observations astronomiques, sous peine de déterminer l'heure d'une manière incorrecte, pusqu'elle ne peut être définie que par le méridien géogra- phique. C'est dans ce dernier plau qu’on vobservera le Passage des astres pour la détermination de l'heure et de 4 de C) Opporzen, trad. Pasquier, p. 157. (464 ) que devront être rapportées leurs coordonnées. Ces idées, que nous venons de développer (un peu trop longuement à notre gré) pour répondre aux critiques dont = ~ elles out été ‘objet de la part d’astronomes et de géomètres = — très distingués (°), ces idées ont été embrassées par je Laplace avec le coup d'œil du génie, lorsqu'il a dit que =~ Sile mouvement de nutation initiale était sensible, on le z reconnaîtrait par les variations JOURNALIÈRES de la hauteur — du pôle C°). Aussi Laplace, pas plus qu'aucun de ses successeurs jusqu’à Oppolzer, ne s'est-il jamais occupé de si même cel axe n'avait pas coïncidé à peu près avec l'axe principal. Oppolzer a contesté formellement cette affirmation du grand géomètre, en définissant la latitude par rapport au pôle instantané. _ Men est de même de Tisserand (Bull. Astr., loc. cit). 5 edoi aîlre tontefois que, dans sa Mécanique céleste, à part la dln qu'il donne de la latitude, tome II, page 380, selon Oppolzer, il n’a pas suivi celui-ci dans son du mouvement de la Terre à son axe instantané. Cette -définition est donc sans conséquence aucune sur la théorie -développée par M. Tisserand dans son ouvrage; elle.n a qe g: tort dei n'être pas adéquate à celte théorie (°). ui o Voir Bu. Astr., 1890, p: 278. z Astr. Nachr.. ne \5041. res | développements que l'ascension droite; c’est à lui et à à l'équateur géographique Procédé d'intégration, consistant à rapporter les formules éclare, dans : sa l pre que ce n’est m lui qui a laxe instantané, et n’y eût-il pas rapporté ses formules, ( 465 ) Une preuve absolument convaincante du caractère diurne de la nutation initiale, affirmé par Laplace, est la détermination que j'en ai faite au moyen des différences observées, soit en Æ, soil en déclinaison, entre deux passages consécutifs (supérieur et inférieur) d'une même étoile, et qui m'a conduit, en ne faisant usage que d’un nombre assez restreint de couples, à des valeurs qui non Seulement concordent très bien avec celles de Peters, Nyrén ct Downing, mais qui font concorder ces. dernières d'une façon inespérée, et avec les miennes et entre elles, bar la substitution de ma période de 337 jours à celle de 505 jours calculée dans l'hypothèse d'une Terre solide (voir l'Annuaire pour 1891 et pour 1892). Cette période nouvelle, déduite des observations, est, soit dit en passant, une preuve indirecte, mais frappante, de l'existence de la nutation diurne. Il nous reste à traiter la seconde question. Peut-on intégrer les équations du mouvement de rola- tion de la Terre, rapportées à ses axes principaux, sans obtenir ces termes du second ordre dont Oppolzer.a juste- ment reproché la négligence à Poisson, et pour l’élimina- tion desquels il a imaginé, à tort, de vouloir prendre laxe instantané comme axe de référence? Cette question peut être hardiment résolue par l'affir- - _ mative, si l'on admet d'abord, comme on le fait, du reste, ; ans tontes les méthodes d'intégration dont on s'est servi, ~ que la vitesse de rotation de la Terre autour de son plus Petit axe principal est constante. procédé d'intégration de Laplace, à l'inverse de celui | de Poisson, n'introduit, en effet, aucun terme du second ordre dans I intégrale des deux premières équations da Mouvement de rotation de la Terre, la troisième étant ( 466 ) relative à la variation de la vitesse angulaire, admise provisoirement comme constante. Et si le grand géomètre a laissé de côté, dans l'évaluation des coefficients des termes de la fonction perturbatrice, des quantités que l’on n'est plus en droit de négliger aujourd’hui, il faut l'attri- buer exclusivement à ce que ses formules étaient d’une exactitude suffisante eu égard à la précision des observa- tions de son temps. Mais celte négligence peut aisément être réparée; el c'est ce que nous avons fait. Les intégrales que nous avons données des deux Premières équations du mouvement de rotation de la Terre sont absolument correctes, comme on s'en con- vaincra aisément par la différentiation. Nous allons les rappeler brièvement. - Les équations d’Euler sont, l, m, n représentant les composantes de la vitesse angulaire du corps autour des axes principaux : Adl + (C — B) mndt = Pdt Bdm + (A — C) indt = Qdt Cdn + (B — A) lmdt = Rat. Si lon y fait T Art C— B =b; B—A=d; 5" P=—bng; Q=anp; R=dnr; ( 467 ) elles s’écriront : mn dt PTER d ue à dm a dE n dn d T = grt + ar); l et m étant connus, on en tirera © E el sin $ 2 au moyen des formules ds i di = — l cos p + m sin ọ, = UA sin 4— = lsin » + m cos ọ. dt Or, l'intégration montrera que le second membre de l'équation en a est très faible; aussi pourrons-nous sup- poser provisoirement 9 constant; on calculerait ultérieu- rement les modifications que l’abandon de cette hypothèse introduira dans les formules; mais nous ne nous occupe- rons pas ici de ce point, que nous avons traité ailleurs (`). Ceci admis, Laplace a montré que la fonction perturba- trice p peut se mettre sous la forme p = Xu sin (1 + v) p, d’où q = Zu cos (1 + va) 7, et a donné les intégrales des deux premières équations d’Euler, mais en négligeant v, vis-à-vis de l'unité. e (© Traité des Réductions stellaires. à ( 468 ) “Sans rien négliger, on peut mettre ces intégrales sous +d forme: ; a 4 — — + V l l = y sin ( + 6) — 5 žu sin (l + v)? 4 à K 1 A + Us (*) Au A oi : RE VE, cos (ip + joe nd Ps | a A = ` où» représente va. jet B les constantes arbitraires. B On sait que y est peu sensible, que A et B, et, par suite, a = C — À, b= C — B diffèrent très peu Fun de - _ l'autre; et l'on voit immédiatement par là que 5 sera, Fret effet, une quantité très pelite, comme nous re admis avant d'effectuer l'intégration. j Er Il est inutile que nous poussions plus loin le développe- 8 is ment de ces formules, qui conduiset nt aux expressions i compiètes de la nutation. X -Celles-ci renferment nd catégories bien distinctes de - _ termes: Sn : un terme constant, qui a pour facteur qu ‘il n'en est pas ainsi, à déduire des observations l'existence Si j je parviens à la déterminer, c’est à-dire tion initiale, que B est différent de . grue a priori, u étant 1 Ê 4 —|— tf. et e aa 2 AB A AB d'où 20— A—B A 2C des termes périodiques qui ont pour facteur oa lau K Peren eee (1 +v) — 5 que tous les géomètres ont remplacé par ; = Zon Lu; CES termes sont ceux de la nutation que j'ai pale annuelle, pour la distinguer des deux suivantes; des termes également périodiques qui ont pour fiitedt ; KE À y= — |, ORK et pour argument principal 24; ce sont les termes de la nutation diurne ; enfin les lerien de la nutation initiale, qui ont tei facteur principal y et pour argument (1 + +) ọ. On le voit, non seulement la méthode de Laplace, qui | consiste à rapporter le mouvement de rotation de la Terre ses axes principaux, est seule absolument correcte, mais son procédé d'intégration, légèrement amélioré, permet : d'éviter bien des négligences de détail qu’il avait commises lui-même, et gi n'ont été évitées par ancun de ses suc- cesseurs. La conclusion à tirer de cette analyse, c'est que : : en théorie, les formules de la pramen et de la nutation sas SÉRIE, TOME XXII. 32 EN, ; ( 470 ) ‘doivent être rapportées : aux axes principaux, et non $ laxe instantané; en pratique, les observations doivent être faites dans le méridien géographique, et non dans le méridien instan- tané. A la vérité, les parallèles décrits par les étoiles sont perpendiculaires au second, et non au premier de ces plans; et, de ce chef, il y aurait une réduction à faire aux | observations si l’inclinaison de ces plans l'un sur l'autre était un peu sensible. Mais les astronomes se convaincront immédiatement que la négligence de cette réduction est tellement insigni- _fiante qu'elle ne peut absolument pas entrer en ligne de compte. Étude de la synthèse de la Benzine par l’action du zinc- éthyle sur l’acétophénone ; par Maurice Delacre, profes- seur à l’École militaire. Les diverses réactions susceptibles de donner naissance à la chaîne benzinique ont, pour l’étude de sa constitution, onne importance incontestée. Cependant, si l'on cherche à se rendre compte du mécanisme de la synthèse, on ne 4 -tarde pas s'apercevoir des lacunes qui restent encore à combler dans cette voie. Ja polymérisation de l’acétylène ne pent, en aucite . façon, nous dévoiler la structure de la benzine; les syn- Ee ‘thèses si | importantes de l'éther succinylo-succinique el de Fac € | cart ne sont guère vorni à l'étude des produits intermédiaires, et c'est anipe ep final que l'on a + eu en vue. ( 471 ) première ligne les condensations de l'acétone ordinaire: on sait que M. Baeyer en a déduit un argument très ` séduisant en faveur de la formule hexagonale. Pourtant M. Claisen, dans son travail important sur les produits de condensation de Pacétone, n’a pas admis cette manière de voir; il a conclu que l'oxyde de mésityle n'était pas inter- médiaire entre l’acétone et le mésitylène. Cette question est importante; oxyde de mésityle est un produit non saturé des mieux définis, ct, s’il entre dans la construction de la chaine benziniquc, il y a lieu d'admettre dans cette dernière l'existence de doubles liaisons. Le caractère saturé de la benzine proviendrait de Féquilibre des trois doubles liaisons, équilibre qui est rompu lorsque lune vient à disparaître, ainsi que l'a montré M. Baeyer. Profitant des avantages que présente l'acétophénone Sur l’acétone, pour l'étude de ses produits de condensa- tion, j'ai cra pouvoir conclure de mes recherches que la _ dypnone Gj; > C —CH.CO.CEHP était intermédiaire entre l'acétophénone ct la triphénylbenzine. Il parait légitime d'appliquer cette conclusion à oxyde de mésityle, mais ce n’est là qu’une analogie; elle ne peut d'ailleurs être utile à la théorie de la benzine que pour autant que se trouve résolue la constitution de la phorone Ou des autres produits intermédiairesentre lox yde de mési- tyle et le mésitylène. S'il est encore permis de douter de la _ formule de M. Claisen et > C = CH.CO.CH = C > Ea z _ Ou doit reconnaître qu’elle a uge base qui manque à la En formule ancienne, et rien ne saurait, quant à présent, jus- | _ Wier l'admission de cette dernière. J'estime cependant ; l'utilité de nouvelles recherches dans ce sens et je m'effor- (472) cerai d'y répondre lorsque je serai en possession de quan- _ tités suffisantes de phorone. En attendant, j'ai cherché à me rendre compte d'une des nombreuses réactions qui donnent naissance à la tri- phénylbenzine au moyen de la dypnone; ie travail que j'ai l'honneur de présenter à l’Académie a en vue l'étude de la production de cet ee par l’action du zinc- éthyle. l, — Dypnopinacone, Préparation de la dypnopinacone. — 1° A l’aide de la dypuone. Le seul procédé pratique que j'aie employé jus- qu’à ce jour pour la préparation de la dypnopinacone est celui qui part de l’acétophénone, mais il est intéressant, pour la constitution du produit, de mentionner le suivant J'ai chauffé au bain-marie, pendant deux jours, un mélange de 8 grammes de dypnone, 25 grammes de zinc- éthyle et 100 grammes d'éther anhydre; j'ai précipité ensuite par l’eau acidulée et fait cristalliser le produit dans l'alcool. I! fond à 454°; à 160°,5-161° après cinq cristalli- salions, et ce point reste fixe après cinq cristallisations nouvelles. ; En disullant l'alcool et reprenant le résidu par l'acide acélique glacial, on obtient de la dypnopinacoline a mélan- m aiguilles blanches fondant à 477°, dont l'étude fera l'objet d’une communication ultérieure. a A l'aide de lacétophénone. On mélange 20 grammes de zinc-éthy le, 30 grammes d’acétophénone et 200 grammes d'é éther anbydre; on chauffe très doucement au bain-marie, à reflux; si l'opération marchait trop vite, on obtiendrait 5 la dypnopinacoline a. Dès que la première effer vescence sn en on éteint le feu, et Fon attend plusieurs 5 dik err Et an ( 475 ) heures pour chauffer de nouveau. Après deux ou trois jours le mélange ne fume plus; on distille l'éther, et on chauffe le résidu pendant quelque temps au bain-marie en pleine ébullition ; on recohobe l’éther, on laisse le mélange digérer pendant quelque temps, et on distille de nouveau en chauffant le résidu. Celui-ci est traité par l’eau acidulée, et cristallisé dans environ 500 centimètres cubes d'alcool. On obtient en moyenne 8 grammes de dypnopinacone. L'alcool est distillé, et le résidu, repris par l'acide acé- tique glacial, abandonne une petite quantité (05,1 à 0%,2) d'aiguilles blanches fondant vers 185° dont on peut retirer deux isomères de la dypnopinacoline, l’un fondant à 177°, l'autre à 205°. Enfin, après un repos de quelques semaines, il ne se dépose plus rien; en distillant les résidus d'une dizaine d'opérations dans le vide et au bain d'huile chauffé à 450°, on peut séparer l’eau, l’acide acétique et l’acétophénone; en reprenant le résidu par l'acide acétique, il s’est déposé lentement un composé organo-zincique, brun rougeâtre, insoluble dans tous les dissolvants que j'ai essayés. Traité par l’eau, il abandonne de l'acide acétique et donne finalement un corps fondant à 118°. Je suis parvenu à pré- parer ce dernier plus Ape: je l’étudierai dans un mémoire spécial. Caractères de la dypnopinacone. — La pile eg se présente en belles aiguilles blanches, fondant à 160°,5- 161°, peu solubles dans Péther et l'alcool froid, hl ie dans la benzine; elle cristallise bien dans l'alcool chaud. | M. G. Cesàro, professeur à l'Université de Liège, a bien voulu se charger des descriptions cristallographiques qui seront données dans ce mémoire. Je lui adresse ici mes 5 ( 474 ) plus vifs remerciements; ses intéressantes communications X prendront plus d'importance encore lorsque je pourrai décrire tous les isomères de la dypnopinacoline. Les cristaux de dypnopinacone dont la description va suivre, ont été obtenûs par évaporation de la solution benzinique. Masse cristalline confuse dans laquelle j'ai pu trouver queues t très us ne qui ont donné lieu à une bonne détermination ; Ces cristaux dérivent d'un prisme selino Y bique de 85°955; ils sont représentés pas la figure 1, dans laquelle : s = 131 = b? dř g'. La base et inclinée sur la verticale sous un angle dep= 8804. a: b: c = 1,08895 : 1 : 4,17618 Angles. _ Calculés, Mesurés. 91056! 056! * did! 1030497 103049" à bn ss LA sdésurgf 42340 4930 Fig. 4. Les cristaux ont l'aspect de niche dont la large face est g'. Les faces gt aes des images assez confuses, les autres fices sont bien réfléchissant ; F c mire paral, blanche. — A travers hr on n'obtient pas d de véri- — n prih- nl coïncide ITL Ia t an l'an des nieols er croisés, Ki oristal se colore en jaune et, dans ce dessin ées sur la figure 1, dans laquelle x = 17° environ, ère conver rgent — À travers l'étroite facette 4!, on parvient que distingi pôles très rapprochés des deux axes optiques QE = 26 environ). La bissecirice est positive, de sorte que Tori orientation Ni d'e A ainsi définie : axe ga nd’ chasticitë ( 475 ) | Réactions de la dypnopinacone. — La fonction alcoo- lique des pinacones est assez peu tranchée, à cause de la difficulté que présente la préparation de leurs éthers, même de leurs éthers salins. La pinacone ordinaire elle-même, qui résiste assez bien à la déshydratation, a donné à diffé- rents chimistes des résultats négatifs, et, bien que l'on wait pas douté, malgré cet insuccès, de sa fonction alcoo- lique, ce n’est que tout récemment que M. Couturier en a _préparé l’acétate (1). Ces difficultés augmentent encore avec la dypnopina- cone, instable tant en présence de la potasse que du chlorure d’acétyle et de l'acide acétique. Aussi ne faut-il pas s'étonner de ce que mes tentatives en vue de préparer l’acétate maient abouti à aucun résultat. La dypnopina- cone en solution dans l'éther anhydre est attaquée par le sodium, mais, jusqu’aujourd'hui, il ma été impossible de retirer des produits obtenus par l'action ultérieure du . Chlorure d’acétyle autre chose que la dypnopinacoline et ses isomères. En revanche, la dypnopinacone ne le cède à aucun corps de la même classe pour la facilité avec laquelle elle se transforme en pinacoline. De plus, comme toutes les pinacones, elle se scinde par l’action de la potasse alcoolique en un acide et un hydrocarbure du type du triphény méthane. L'action de l'acide acétique sur la dypnopinacone est très nette; le mélange ne se colore que très peu à froid, mais à inad il prend immédiatement une conleur jaune intense; en laissant cristalliser on obtient la dypnopina- Coline a pure. C'est là un bon moyen de reconnaitre h ee - (1) Contribution à Pètude de la pinacone, Thèses de Paris, 1891. (476) | pureté de la dypnopinacone; les dypnopinacolines fondant à 177° et à 205° sont en aiguilles blanches, ou jaune très pâle, et, lorsque la cristallisation a été suffisamment lente el prolongée, elles se détachent nettement des cristaux jaune intense de dypnopinacoline z. L’anhydride acétique exerce sur la dora la même action que l’acide, mais il faut tenir compte de l’action ultérieure de ce réactif sur la dypnopinacoline a. De même pour le chlorure d’acétyle et le trichlorure de phosphore; mais pour ces deux réactifs il y a à mentionner une particularité : l'action est très vive au contact et le mélange prend nne couleur rouge intense. En décompo- sant par l'eau, la solutioa aqueuse est colorée en jaune, et dépose, après neutralisation par l'ammoniaque, une petite quantité du corps qui sera décrit dans un travail spécial sous le nom de pseudo- dypnopinacoline. L'acide sulfurique concentré prend, au contact d'une trace de dypnopinacone, une coloration rouge pourpre ; le mélange précipité par l’eau et neutralisé par |’ ammoniaque donne la pseudo-dy pnopinacoline. Avec le pentachlorure de phosphore j'ai obtenu la dypnopinacoline æ et la Lt At et ce réactif agit done dans ce cas encore comme PC5+ Le zinc-éthyle agit d’abord en donnant la tr. coline a et son isomère fondant à 177°. L'action de l'acide iodhydrique en grand excès à 200° _ne m'a encore rien donné de net; le produit est liquide et possède une odeur g’ Rulrocarbare volatil. Par fusion de la dypnopinacone on obtient la dypno- _pinacoline æ et son isomère fondant à 477°. potasse alcoolique donne une série de réactions qui seront décrites dans un travail spécial sur l’iso-dypnopi- nacoline. — | ( 477 ) Distillation dans le vide. — J'ai opéré avec 9 grammes de produit pur, en chauffant au bain de chlorure de zinc. On recueille ce qui distille au-dessous de 250° (pr. 15 milli- mètres) ; c’est un mélange d’acétophénone (?), de dypnone, d'eau et d’un hydrocarbure cristallisé; ce qui reste dans le ballon est de la triphénylbenzine. L'hydrocarbure distillé fond à 106°-107°; il se présente en lamelles douées d’une fluorescence bleue; il est très soluble dans l'alcool chaud, peu soluble à froid. 0#,1180 a donné à l'analyse 0:°,0644 d'eau et 05°,3723 d'anhydride carbonique. Cela répond à 94,65 °/, de carbone et 6,06 ‘/, d'hydrogène. Constitution de la dypnopinacone. — La formule brute de ce corps est fixée par les combustions suivantes : | Substance. . . . | 0,1902 0,1755 0,2171 va. o eed HOR 0,0999 0,1260 Anhydride carbon.. | 0,6049 0,5536 0,6863 Calculé pour | C32H2802 aora a 86,69 86,34 | 86,21 85,49 a 6,44 | 6,32 6,45 6,31 C32H2802 représente un poids moléculaire de 444. On a obtenu par la méthode eryoscopique les résultats suivants: lL. Benzine 18%°,9418. — Cong. 4°,79 Substance. 0,0619 0,1372 0,2087 0,2559 0,5587 0,4042 Cong. . .44°,742 4667 4°,645 4,60 4°,553 4°,495 Poids mol. 3535 294 379 554 555 561 is | (48) lI. Benzine 205,517. — Cong. 4°,765. Substance. . . 0,0785 0,5035 0,4794 0,691! BOUR 4°, 733 4°,60 45 4,51 Poids mol. .. 656 446 568 570 Le zinc-méthyle agissant sur la benzophénone donne _ naissance à la benzopinacone (1). De même le zinc-éthyle agissant sur la dy pnone donne une pinacone. Cette fonction pinacone est prouvée : __1° Par la déshydratation du produit; 2° Par la constitution de la pinacoline ainsi obtenue; 3° Par la scission de Fun et l’autre produit en mue | benzoïque et un dérivé trisubstitué du méthane. La dypnopinacone répondrait à la formule : 6 Ce > C = CH C(OH).C'HS wr En En Ee CI > = CE C(OH). CH; fi 5 _mais elle correspond à 86,10 °/, de carbone et 6,72 °| d'hydrogène. Les analyses précédentes, faites avec des échantillons différents, sont en discordance avec ces | chiffres, et je suis forcé d'admettre le départ d’une molé- -cule d'hydrogène (2). Ce résultat est confirmé par touit En iea ue des ru: et de leurs dérivés. ee we futen de l'Académie royale Belgique, 5e série, t. X o : ane. m i a Ad de Winckler cbntenant n l'acide u ho Je me suis assuré G H n'en Ris pas échapper en. ( 479 ) La formule la plus probable me paraît être la suivante : ‘65 ai > C = CILC(OH).C'HS + Bur j = CEGODORS à canse de la constitation de la pinaceline qui lui corres- pond : cn > >C = CH. CC'H’ 0 Ee | cens? € = CU.C.C'H'; celle-ci (la dypnopinacoline f) Jonie par oxydation la éshydro-dypnopinacoline C32H%0. Or l'expérience prouve que cette dernière réaction n'a pu se faire avec formation d’une liaison simple En effet la déshydro-dypnopinacoline t >C = CIIC.C'H’ 2e 0, iS en g> C = CHEW traitée par l'acide iodhydrique done le même due de déshydratation que la dypnopinacoline au moyen de l'acide chlorbydrique. On peut donc admettre une hydrogénation 0 suivie de déshydratation, et, à moins de supposer que T Ane iodhydrique puisse rompre une liaison simple, il ; faut admettre | ‘existence de deuz groupe- a : ments — CH?— voisins. 2 on | ee à plusieurs reprises et dans les circonstances > plus 5 e verses, Il n’est pas sans intérêt e ben à ce propos que le départ de 2H m'aurait il ppé si javais retenu de - 7 Parle chlorure de calcium. - -o ( 480 ) : Il ya un autre argument en faveur de cette formule de la dypnopinacone, c’est la formation de triphénylbenzine. La scission de la dypnopinacoline se ferait de la façon suivante : Ga > C == CRCR + H°CH CO CH; Pautre formule possible de la dypnopinacone rend impos- sible la formation d’une chaîne benzinique : 5 CS C — C.C(OH).C'HS | er Ea cogged . Je dois cependant signaler ici une difficulté; la formule + précédente représente la triphénylbenzine 1-2-5 tandis = qu'en réalité c'est le dérivé 1-3-5 qui se forme. Il est possible que le premier se transforme directement dans le second; on peut citer bien des exemples de composés dissymétriques donnant directement le produit symétrique correspondant; ainsi, malgré de nombreuses tentatives, jours (CSH5?— CH. CH—(CSH5) que l’on a obtenu. 4 H. — Dypnopinacoline a. “Pau la préparer, il suffit de traiter la dypnopinacone “par! l'acide acétique. Mais il est plus avantageux de la faire _ fondre prudemment; on se procure ainsi une petite quan- | > dypnopinacoli ine ie 177°) fort rare et facile à on wa pas pu préparer (C6H5ÿ—C.CH2C6H, c'est tou- mr LE NEE Ee ai pe belki een enn ( 481 ) La dypnopinacoline « se présente en magnifiques cris- taux, jaune de soufre, vitreux et brillants; ils ont été examinés par M. G. Cesàro qui n'a pu, faute de temps, compléter ses indications par l'examen d'autres échan- tillons : Cristaux grossièrement agencés; leurs faces donnent des images con- fuses qui ne permettent pas de détermination précise. On peut les rap- porter au système anorthique et les noter ph!g*, avec h'g* = 26° et ph! = 150°. A travers g! les cristaux paraissent s’éteindre à peu près suivant Parête h'g!; à travers ht, les directions d'extinction font 50° et 60° envi- ron avec l'arête h'g*, Ces cristaux fondent nettement à 133°,5-134°; ils sont très solubles dans l'acide acétique glacial à chaud, peu solubles à froid, également peu solubles dans l'alcool et l’éther. Simplement fondus, ils se prennent par le refroidisse- ment en une masse jaune vitreuse, ne cristallisant pas par la conservation; le produit n’est cependant pas trans- ormé. La dypnopinacoline æ a donné à l’analyse les résultats suivants ; I H HI IV Substance. . . . | 0,4746 | 0,2634 | 0,1200 | 0,1520 Eau. . . . . . | 0,0987 | 0,1468 | 0,0667 | 0,0850 Anhydride carbon.. | 0,5773 | 0,8690 | 0,3952 | 0,5018 | Calculé pour „ae | —| C52020 Co... . .| 9048} 9009 | sosi| 9000| 2044 Boo... asl 620} 617| 62 6,10 (482) he détermination eryoscopique a donné les résultats _ suivants : ; I. Benzine 15%,5458. — Cong. 4°,278 4°,275 Substance. . 0,0897 0,5407 0,5976 0,6349 0,6958 o Coup. bo sos 5505 5967 oi ket Pads mol. 418 400 592. : 595 à lIJ. Benzine 175,274. — Cong. 5°,95. Substance. . . 0,1835 02614 _ 0,5615 0,7643 EON an a 5°,80 5°,757 3,917 59,593 wa mob 409 592 292 CRO roni à un poids moléculaire de 426. La dypnopinacoline a, chauffée pendant un jour au bain-marie avec un excès de trichtorure de phosphore, = donne, après précipitation par leau et cristallisation dans _ l'alcool ou Placide acétique, des cristaux jaune très påle, se distinguant nettement des premiers comme couleur et. comme forme. Ils fondent au début vers 159°, puis, après ie ` un certain nombre de cristallisations, à 140°,5 et 141°; ce =- point est resté constant après sept nouvelles cristallisa= _ tions dans l'acide acétique. C'est la dypnopinacoline f. Je iendrai gen aad sur les produits secondaires de cette En vase ds x 100°, Yacide chlorhydrique, en solution aicoolique suffisamment diluée, agit, comme le trichtorure de ae re, pour donner la dypnopinacoline f. La solu- me concen! rée donne: lieu à une réaction ra question plus foin. ( 485 Un courant d'acide ehlorhydrique sec dans la dypnopi- nacoline a, maintenue en fusion, la transforme également en dérivé ĝ. L'anhydride acétique en tube scellé, à 150°-180°, agit de même, mais son action est assez faible. Il en est de même du chlorure d'acétyle ; si l'on n’a pas soin de prendre un grand excès de réactif et de chauffer long- temps, on obtient des mélanges de dérivés a et B fondant à des températures très constantes. Une solution bouillante à 10 °/, de potasse dan: l'alcool a la même action que tous les réactifs cités. L'ac- tion ultérieure de la potasse alcoolique sera traitée au Chapitre de la dypnopinacoline 3. La dypnopinacoline a n'est pas attaquée après dix jours de contact avec une solution alcoolique d’hydroxylamine. Action du pentachlorure de phosphore. — J'aisfait digérer pendant quelques heures au bain-marie 1 gramme de PCB et 4 gramme de dypnopinacoline æ en solution dans la benzine; le produit est one à ceia! que l'on obtient en oxydant la d I (déshydro-dypno- pinacoline); de même que dans l'action qu'il exerce sur l'alcool trichloré (1), ce réactif agit done comme PCB + CR, mais les deux réactions ne sont pas tout à fait comparables, car, dans le cas présent, le chlore doit BE: | agir comme agent de déshydrogénation. : Action de la chaleur. — La dypnopinacoline a, distillée 3 ~ dans le vide au bain de chlorure de zinc, se scinde en _ > ren el triphénylbenzine 1.5.5. Ce est Ja, da u Bali de In Sho chin de pan t TE 784, 1 se - ( 484 ) moins, le caractère saillant de la réaction; l'opération n'ayant été faite que sur 4 gramme de substance, il était difficile d'isoler les autres produits qu'aurait pu contenir Pacétophénone. Action de lacide haden en solution acélique. — L'acide nitrique, et en général les acides minéraux intro- duits dans une solution acétique de benzopinacoline a, provoquent instantanément sa transformation en dérivé 9. Il faut tenir compte de ce fait dans l’étude de l’action de Pacide nitrique sur les dypnopinacolines. Si Fon opère avec une petite quantité d’acide nitrique, on obtient un dérivé de la dypnopinacoline 6. On chauffe très doucement 0,2 de dypnopinacoline æ avec à centi- mètres cubes d'acide acétique; on ajoute à la solution deux gouttes d'acide nitrique (dens. 1,48). Le mélange resle jaune de soufre et dépose bientôt des aiguilles blanches à aspect cotonneux, fondant constamment à 187°, et identiques au produit d'oxydation de la dypnopina- ‘ecoline B La réaction marche autrement si l’on augmente du premier coup la quantité d’acide nitrique; il est permis de supposer que c’est la dypnopinacoline « elle-même qui réagit dans ces conditions, avant qu’elle ait eu le temps de se transformer en dérivé B. On chauffe 0s",2 de dyp- — nopinacoline a avec 5 centimètres cubes d'acide acétique glacial, et l'on ajoute directement à la solution refroidie vingt gouttes d'acide nitrique (dens. 1,48). Le mélange se colore en brun dès qu’on chauffe un peu; il prend ensuite __une fluorescence verte, puis bleue, tandis que la teinte — fonce. Après quelque temps, il se dépose de beaux cris- De taux vitreux fondant à 177°, et dont la description ma | été communiquée par M. G. Cesàro. EN + 24 Maé dia rc f Beaux cristaux tansparents, légèrement jaunâtres, ayant souvent quatre millimètres, suivant l’arête pg' (fig. 2), el un millimètre de hauteur Fig. 2. lls se rapportent à un prisme clinorhombique de 414°2’, ayant sa base inclinée sur la verticale, sous un angle B = 8452’. Des faces m, deux, parallèles entre elles, sont beaucoup plus développées que les deux autres, qui sont rudimentaires et manquent même dans la plupart des cristaux. Les larges faces p donnent des images peu nettes. £ = 0,65168 Angles. Calculés. Mesurés. eu 414 2 414 Y * phe- 950 8! 950 8! mhi 4470 4! A4To 9! — 4146053! mg! 499597 : 12241! — 123017! 940181 90° x Clivage facile, parallèle à g*. En lumière parahdle, à travers g', les extinctions se font comme le montre la figure 2, dans laquelle a = st 5 ___Atravers p, il n° y a pas d'extinction proprement dite, mais coloration en — ae ni eten se pendant | la roenan “ n Bie: En erdi er le, à peine excen- rique un me optique parait done être dirigé normalement à Pi il s 'en- élasticité est dirigé suïtant l'axe binaire. DOS bona, ‚presque | J 1 J - ~ corps ne dn pas sur la hbe et m'est. o pas e par l'acide on en solution alcoo- Ree in 0e ( 486 ) lique concentrée. Il a donné à la combustion les résultats -suivants : 1 Il HI | SAUMUR ne S e 0,1447 0,1298 0,1953 MR E den 0,0734 0,0644 0,0927 Anhydride carbonique . . . 0,4336 0.3303 0,5865 Oe 81,72 82,05 81,80 En 5,63 5,49 5,27 Dypnopinalcool a. — L'alcool pinacolique correspondant à la dypnopinacoline x s'obtient par l'action du zinc-éthyle sur ce corps, mais une action ultérieure da réactif donne Je dypnopinalcolène, puis la triphénylbenzine. - - 45,6 de dypnopinacoline et 11 grammes de zinc-éthyle, chauffés au bain de vapeur, dégagent. un gaz qui est absorbé par le brome (éthylène); après quatre jours de chauffe, j'ai décomposé par l'eau acidulée et fait cristalliser dans l'alcool chaud. LE = Le produit analysé a été traité à trois reprises par de +: l’eau bouillante acidulée d'acide chlorhydrique, puis eristallisé dans l'alcool très légèrement acidulé, enfin : _ recristallisé dans l'alcool ordinaire; il foudait à 138°95 à 159°, après deux cristallisations nouvelles. . I H Substance... . . .| 04459 | 0,4467 Re dd 000 0,0893 a o _Anhydride carbonique. 4806 geef - | 7 ide carbonique. S Cs2n2s0 c oo z ps 89,34 89,54 Ho 6,176 6,57 ( 487 ) Ce sont de gros cristaux blancs; ils réagissent très faci- dement sur le chlorure d’acétyle pour donner le dypnopi- _nalcolène; il se dégage pendant cette réaction l'odeur daldéhyde benzoïque, mais le mélange ne se colore pas sensiblement. Cette dernière réaction affirme que le dypnopinaleool x est tertiaire et non secondaire ; on doit le représenter par -Ja formule 5 C> C = CH C(OH).C'H* | CI > C = CH CH C'H’, Dypnopinalcolène a. — On peut le préparer par déshy- dratation de l'alcool pinacolique, ou bien par une action Plus énergique du zinc-éthyle sur la dypnopinacoline a, Mais il est plus simple de partir de la dypnone. J'ai pris 20 grammes de zinc-éthyle et 40 grammes de . dYpnone; il ny a aucune action à froid, tandis qu’elle est très vive au bain-marie j'ai chauffé pendant trois jours, C'est-à-dire jusqu’à ce qu'il ne se manifestât plus aucun dégagement gazeux. Le mélange est décomposé par l’eau acidulée; le produit, cristallisé directement dans l'acide acétique, est d'une blancheur parfaite et pèse 9 grammes après deux eristallisations. Il y aura lieu de revenir sur les produits secondaires qui se forment dans ces circon- Slances. s Jai obtenu un rendement meilleur (17 grammes) en chauffant au préalable ie mélange avec 60 grammes d'éther Pendant dix jours. : a : Ce dypnopinalcolène se présente en lamelles blanches, ( 488 ) = > nacrées, eristallisant très bien de l'alcool et de l'acide acétique ; il fond à 95°,5-96° et reste vitreux par refroi- dissement; il ne subit pourtant pas de modification sen- sible à cette température. Lamelles rhombiques très minces, verdàtres (1), s'éteignant suivant les eee En pionie, gans En welles on a Epe mesurer pm = 90°, Elles (a US le me. ant eonrhec scope). pi pes les faces lat ralen Cet hydrocarbure a donné à l’analyse les résnltats sui- vants : I Il Substance . : 0,1270 0,2009 PR ne 0,076: 0,1241 Anhydride carbonique. . ,4340 0,6851 Calculé pour ; : C52H26 D T sur: 93,13 93,C0 93,H ie en. od 6,68 6,86 6,34 Lorsqu'on distille cet hydrocarbure sous pression ordi- | naire, il se décompose nettement en une petite quan- _ tité de liquide à odeur spéciale et absorbant le brome _avec une grande énergie d’une part, et la en. Ka | d'autre part. | ` EO ENE OE E a x w Les er istaux que j’: ai soumis à M. Cesàro n'étaient pas ; tout à fait purs; j'avais surtout visé à lui donner des cristaux volumi- ( 489 ) Le ed répondant à la formule FE > C = CH.C.CH | CH? | cep? C=CHCCHP, donne, sous l’action de la chaleur, la même réaction que la dypnopinacoline es Re ASE Hog > C= CHLC.C'H® + CH = COH. Action finale du zinc-éthyle sur la dypnopinacoline a. — J'ai chauffé d’abord pendant une journée, à 140°-150°, un _ mélange de 12 grammes de zinc-éthyle et 5 grammes de dypnopinacoline, puis pendant une journée, à 150°-160°, enfin pendant six heures vers 470°. Le produit de la réaction lavé à Valcool, puis cristallisé dans ce dissolvant, se présente en magnifiques aiguilles blanches, aje à 168°- 169° (triphénylbenzine). | Considérations sur la constitution de la dypnopinaco- linea. — Les preuves sur lesquelles j'ai établi la consti- tution de la benzopinacoline 8 (1) existent et sont tout aussi concluantes pour prouver la formule symétrique de la dypnopinacoline; c'est même sur le corps qui nous occupe . que j'ai expérimenté en premier lieu, et je wai fait qu'ap- = ensuite les mêmes réactions à la benzopinacoline $. (U) Bulletins de PAcadémie, 3: série, t. XX, p. 99. + ( 490 J = Ilya de plus ici, en faveur de la formule symétrique, des | preuves qu'il n'est pas sans intérêt de faire remarquer. __— Essayons de représenter les faits à l’aide de l'hypothèse de Boutlerow. Deux formules sont possibles : Le Cu SCC En CIE : i ; 5 C'H? 6 CH = GCOCE 0 : en ET EE cr —)CCOCH=CKEN . : (b) C'H = © la formule (b) ne saurait donner naissance à une chaîne _ benziniqne, et doit être rejetée pour celte raison. On peut objecter d’abord à la formule (a) que l'on n’a pu coastater la présence d'un groupement cétonique dans Ja dypnopinacoline a. - EEE serait, tn ce cas, représenté par Gr >= Teg LA G= Lee. | ; (44) et sa déshydratation ne pourrait donner que le corps sui- _ vant, dont il est superflu de montrer l’invraisemblance : CH pe CH > C= CH CHC CP Il y a d’ailleurs une considération qui exclut toutes les formules de ce genre. La dypnopinacoline « et le dypnopi- nalcolène «ont la même structure, ainsi que le prouve l'action de la chaleur sur ces deux corps; il faut donc admettre que l'hydrogène qui s'en va sous forme d’eau dans la déshydratation de l'alcool dypnopinacolique a est _ précisément celui qui s'est fixé sur la pinacoline pour donner naissance à cet alcool. Il me semble que c'est une preuve aussi directe que possible de la fonction oxyde de la dypnopinacoline æ et du caractère tertiaire de l'alcool qui lui correspond. II, — Dypnopinacoline 8. _ On la prépare facilement par l'action de la potasse alcoolique à 10 °/,, ou du trichlorure de phosphore, sur le érivé a. | | es Elle se présente en cristaux très nels, d'un jaune très pâle, fondant à 440°,5-141°. Ce corps cristallise facilement _ dans l’alcool, et surtout dans l'acide acétique. La solution — couleur de celle de l’isomère a. dans ce dernier dissolvant ne parait pas différer par la ( 492) Les déterminations suivantes ont été faites sur des cris- taux obtenus en solution acétique : Cristaux jaune verdàtre, représentés par la fi Lt 5. he ont la a générale aes T et surtout l'examen en lumière ‘polarisée, n mon- trent que Fon a affaire à des clinoèdres. ; Angles. Mesurés. phi ant. 940367 ot adj. 138552 à : hiy! gauche 88223! ris pg! gauche 85047! Fig. 3 pht post. 83021/ A On a. par ces rai que a forme est à peu près celle d'un cube . Porta | eristaux sont toujours très Fr aplatis-saivant la hauteur; ies faces p et h' Pe des images fort nettes; __otet g' fournissent des images souvent confuses ou multiples. Les direc- = tions d'extinction à à travers p varient assez bien d'un cristal à l'autre et a suivant que le cristal est placé sur sa face p supérieure ou sur sa face ` inférieure, quoique Pinstrument ait été réglé avec soin. Yole les résultats (voir fig. 5): $ re crist. + CSL. + CEE 4° crist. 27° 239 _ Fortement a En enlevant Per lorsque la direction — d'extinction æ (fig ig. 5) principale d u pola ariseur, l ef ro la toing ( 495 ) | Les faces du cristal ne sont pas en bre suffisant pour déterminer les dimensions du solide pg'h', mais on peut calculer les angles plans de ses faces, ainsi que le rapport des longueurs des arêtes pg* el k'y". On trouve qu'autour de l'angle supérieur de gauche, placé devant le spectateur, les angles plans sont, dans p : 88044, dans hi : 85054, dans gt: 94307, et Ë = 1,05864. Ces cristaux forment des groupements compliqués, qui paraissent suivre des lois déterminées, que leur agencement approximatif a empêché de formuler. La dypnopinacoline Ba donné à l’analyse les résultats suivants : I Il IH IV d VI VI | VIN Subst naines ln snoëtnouneln areln DDN 1042710 ASR 4607! s ere > i 2 ? 3 ? Eau BARON ED 4447 IO 404810 ñ 0} N , ’ "F : > À 14SQ1 0 gso s Ac. carb. » ; » , Cale. pour 21260 LC of. | 90,02! 20,26! 89,77| 89,73! 90,19] 90,26} 89,78] 89,85) 90,14 Ho. | 643| 6,70) 627| 6,2%] 604| 636| 642 630| 6,10 _ L'analyse Il a été faite avee un produit obtenu par l'action _ de l'acide chlorhydrique alcoolique dilué sur la dypuopina- = Coline a pure. | 205°); la pureté du produit, une fois constatée par liden- lité des cristaux déposés avec le produit resté dans le mi Pour les analyses II, IV, V et VI, j'ai utilisé un produit = provenant de l’action du même réactif sur un mélange de + _ dypnopinacoline a et des isomères y (fus. 177°) el è (las. os ( 494 ) £ laaide mère, j'ai fait cristalliser six fois dans l'acide acé- tique et une fois dans l'alcool pour les analyses IH, LV - et V, six fois dans l'alcool pour la combustion VI. 4 Le produit utilisé en VIE a été préparé par l'action de la potasse alcoolique à 10 °/, sur le même mélange; enfin ce produit, recristallisé dans Pacide acétique, puis dans l'alcool, a servi à l’analyse VIII. La détermination eryoscopique donne le même abaisse- ment que pour la dypnopinacoline «, mais je n’en von nullement conclure qu’ils ont tous deux le même poids moléculaire, Benzine 155,672. — Cong. 5°,925. Substance. . 0,1188 0,1957 0,2833 0,35912 0,7570 ORE o Pe 38. 3°,057- 3502 9,712 Poids mol, . 457 :- 398 587 594 590 La dypnopinacoline B ne réagit ni avec hydroxylamine ni avec la phénylhydrazine. Le zinc-éthyle à 150° est sans action sur elle; l'analyse I a été faite axec un produit traité par ce réactif à cette température. Ce n’est qu’à 180°-200° que la réaction ei manifeste, mais, de même que par réduction au moyen e l'amalgame, je n'ai pu obtenir encore que des produits huileux incristallisables. La dypnopinacoline 8, chauffée en tube scellé, à 200°, avec de l’eau, n’a subi aucune transformation. Distillée dans le vide, au bain de chlorure de zinc, elle _ se décompose, comme le dérivé a, en aeopmenone el tri- : phénylbenzine. Action de la potasse alcoolique. — La réaction la plus puis des ps est leur scission, sous l'influence P EENT ne Ei PE ( 495 ae la potasse alcoolique, en un acide et un dérivé trisub- stitué du méthane. La dypnopinacoline 8 donne également celle réaction; les dérivés a (fus. 134°), y (fus. 177°) et à (fus. 205°) agissent de même, mais se transforment d’abord en isomère 8. La dypnopinacone donne les mêmes produits de scis- sion, mais en passant par deux iso-dypnopinacolines, lane fondant à 162°-165°, l’autre à 150°-151°; je réserve pour un mémoire spécial la description de ces réactions, me contentant de faire remarquer qu’il y a ici un argument de plus en faveur de la symétrie des pinacolines, et que la preuve de leur asymétrie, basée sur la constitution des pro- duits de scission par la potasse alcoolique, n’a absolument aucune valeur. _ Action de la potasse à 180°. — 1 gramme de dypnopina- coline a, avec un excès de potasse alcoolique très concen- trée, est chauffé pendant treize heures à reflux, à 180°. On précipite par l’eau, et l’on recueille le précipité; la solu- tion, privée d'alcool par ébullition, puis acidulée et épui- sée par l'éther, abandonne de l’acide benzoïque. Le préci- pité, recristallisé dans Palcool, se présente en beaux cristaux qui fondent à 95°,5. Ils peuvent être chautfés à lébullition dans un tube à essais sans se décomposer (dif- férence avec le dypnopinalcolène). 0%,0975 de substance a donné à la combustion 0®",0662 d’eau et 0,3308 de CO? Trouvé. Calculé pour C25H?2. Gehe 93.17 Do 7,64 6,85 | ( 496 ) La réaction est donc : -6H5 Sip jen > C=CH.C.CH* k a >C=CH eo | 0 T Be? C=CH.C.C HE+ HO = Eu > C=CH —\CH+CH COOH, Css de même que l’on a, pour la benzopinacoline B, P CIC C'H’ ces | |> 0 + HO = CH ) CH + C°H*.COOM. CHCC - CH Action de la potasse à 200°. — On fait agir la dypno- pinacoline « sur une solution très concentrée à chaud de potasse caustique dans l'alcool; on prend un grand excès de réactif et Pon chauffe à 200°-210° en tube scellé, pen- | dant plusieurs heures; la réaction terminée, le contenu des tubes est tout à fait blanc. On précipite par l'eau; la solution alcaline, privée d'alcool et acidulée par l'acide chlorhydrique, abandonne de l'acide benzoïque à l’éther. Le produit doit être traité plusieurs fois par l'alcool pour cristalliser. H se présente en cristaux prismatiques, __vilreux, groupés en faisceaux et fondant à 145°. _ LS | Ï u l 4 ; O He a de HS 0,4050 | 0,1281 a Re a 0,0733 0,0888 Ep TE ; E à ; ki 0,425 Galculé pour Anhydride carbonique. : 00082 ceset J SO Ohe 92,23 ee 1,70 Rt le (A97) La potasse alcoolique agit donc dans ce cas comme un hydrogénant. C'est, sous une autre forme, la réaction bien connue de Dumas et Stas. On arrive au même hydrocarbure CH% par hydrogé- nation de C5H?2 au moyen de l'amalgame de sodium; il faut que l’action soit prolongée, mais elle ne va pas au delà de C25H2% | | 0#,1354 de substance obtenue par un long traitement a donné 05",0930 d’eau et 0:",4526 de CO? Calculé Calculé Trouvé. pour C25H?4, pour C?5H*6. Ge se OMAN 92,59 92,02 D 10 7,41 7,97 Cet hydrocarbure paraît s'hydrogéner par l'acide iodhy- drique. Il me paraît devoir être représenté par la formule 6115 ar le CH > C— CH — CH. cH: La liaison qui s’est opérée entre les deux groupements CH? pendant la formation de la dypnopinacone, peut-être — sous linfluence de Véthylène qui se dégage pendant la _ réaction, serait donc brisée en présence de la soude, de _ Préférence aux doubles liaisons contenues dans la molé- Ae cule. Déshydro-d ar — La réaction la plus nette . de la nor B est celle de l'acide nitrique a ( 498 ) solution acétique; la quantité d’oxydant ne modifie pas la réaction. Il suffit d'ajouter quelques gouttes d'acide nitrique à une solution acétique de dypnopinacoline @ pour obtenir immédiatement et uniquement le produit de déshydrogénation fondant nettement à 186°,5-187°. Sa composition est fixée par les combustions suivantes : 5 Il 1l | Substance. . . . 0,1370 0,1320 0,1910 | Bau... |. 00759 | 00706 | ooo | | | Acide carbonique . 0,4547 0,4334 0,6329 Calculé pour : ee C52H240 Eh co o o 0 90,15 90,37 90,57 en 6,15 5,93 5,69 5,66 Ce corps se présente en magnifiques houppes satinées, d'un blane éclatant, cristallisant bien de l'alcool et de l'acide acétique, plus solubles dans le second de ces dissol- vants Il distille sans décomposition dans le vide à très haute température, et résiste à la plupart des réactifs qui attaquent les dypnopinacolines; il ne réagit ni sur l'hydro- \ylamine, ni sur la phénylhydrazine. Traité par l'acide iodhydrique à à 200°, il donne le dypnopinacolène; il me semble que l’on peut, à cause de cette réaction, donner la préférence à la Leser des deux formules suivantes : > >= CH.C.C'H* | ar > C= CC.CH mre SCHEG. Epe CCC ( 499 ) Dypnopinacolène. — Cet hydrocarbure se prépare par déshydratation des dypnopinacolines à l’aide de l'acide chlorhydrique alcoolique. On prend indifféremment l’une ou l'autre des dypnopinacolines vraies, car toutes se trans- forment d’abord en dérivé 5. Le fait de cette transforma- uon est prouvé par l’action d’une solution alcoolique diluée, ou par Faction insuffisamment prolongée de lacide con- centré. P ai pris, par exemple, 25",55 de pinacoline æ pure et 75 grammes d'alcool saturé d’acide chlorhydrique sec dans un mélange réfrigérant. J'ai chauffé en matras scellé, au bain-marie, pendant dix heures. Le produit de la réaction est séparé en deux couches, l’une brune inférieure, l'autre jaune-paille. La couche inférieure se prend bientôt par évaporation en une masse cristalline, qui se sépare facilement du liquide surnageant; _lavée à l’alcoo! elle pesait, dans le cas cité, 2,22; c'est le - dypnopinacolène. ; La couche supérieure abandonne par évaporation des cristaux soyeux, jaune d’or, donnant, par décomposition par l’eau, la pseudo-dypnopinacoline. | j Le dypnopinacolène se présente en petits cristaux très hets et brillants, qui Ero à 200°-200°,5. Groupes de petits cristaux jaunàtres, ayant ordinairement la forme d'un prisme rectangu- laire droit; rarement ils sont modifiés par les faces m, qui sont toujours au nombre de deux (tig. 4). Dériveut d'un Pr Siriko de ee 46”. (Mesuré : mijt a væ E = STE. : ( 500 ) Ces cristaux s'éteignent parallèlement à leurs arêtes à travers p, h' à gt , La bissectrice est normale à p, mais les axes optiques sont trop écartés pour qu'on puisse apercevoir leurs pôles, même dans l'huile, $ | Cet hydrocarbure cristallise facilement dans l'acide acé- o tique; il est presque insoluble dans l'alcool froid. Sa composition centésimale est celle de la triphénylbenzine. SEN I H i i i SUHSlanpe roe, 0,1695 0,4744 à BRE en 0,0920 0,0943 ao o i Acide earbonique …… . 0.5820 0,5862 e ie à 6,03 9,92 Sa constitution me parait être CE 6H5 CH Soan l ' a C= GIE CN mais je me propose de revenir sur ce point intéressant. tata sur les dypnopinacolines, — La dypno- _pinacoline Ba la même formule moléculaire que le dérivés ee raison, appuyée par la facile transformation de l'iso- — mère a en Pa pourrait nous. tenter d’ admettre r existence 7; (DOE) tation un argument séduisant, Cest loxydation de la dypnopinacoline B; on pourrait croire que la déshydro- dypnopinacoline se fait dans ce cas parce que les deux chai- nons — CH? — sont superposés. Mais je ne veux nullement admettre cette manière de voir pour le moment. Les faits que j'ai décrits concernant les benzopinacolines ne me permettent pas d’avoir con- fiance dans la détermination cryoscopique dans le cas d'isomères aisément transformables lun dans l'autre. Je crois que la question doit se résoudre par des réactions, et principalement dans l'hydrogénation du produit. Quoi qu'il en soil, il y a dans ee travail une mine féconde d’isomères dont je (âcherai de dévoiler la constitution. Les dypnopinacolines vraies, donnant par distillation de Pacétophénone et de la triphénylbenzine 1.3.5, sont au nombre de quatre. Deux ont été décrites dans le présent travail; les deux autres sont malheureusement très rares ; elles se transforment aisément en le dérivé B; leur mélange, traité par le zinc-éthyle, m'a donné un alcool qui Se colore en rouge intense par le chlorure d'acétyle, en donnant un produit qui fond à 145°. Les cristaux remar- quables de cet alcool ont été examinés par M. Frank et reconnus différents de ceux du dypnopinaleoo! æ décrit plus haut. Outre ces quatre isomères, il y a deux iso-dypnopinaco- lines; leurs réactions les séparent nettement des précé- dents; elles ne donnent pas de triphénylbenzine 1.5.5 par distillation. En < Enfin, la pseudo-dypnopinacoline, indécomposable par distillation, représente une nouvelle classe de corps qui -diffèrent absolument des précédents. D" SÉRIE, TOME XXI, ~ gn 54 ( 502 ) Je reviendrai sur ces différents isomères dans des ăč communications ultérieures. Conclusion. Le présent travail explique comment prend naissance la triphénylbenzine par l’action du zinc-éthyle sur l’acétophé- none. La réaction se fait en passant par les intermédiaires suivants : dypnone, dypnopinacone, dypnopinacoline x, dypnopinalcool x, dypnopinalcolène, triphénylbenzine. Le zinc-éthyle agit sur la dypnopinacoline comme hydrogénant; c'est done une action spéciale, et il est certain que les autres agents de condensation doivent donner des produits intermédiaires autres. Ces produits pourraient cependant avoir une grandeur moléculaire représentant quatre molécules d’acétophénone condensées, auquel cas il y aurait une scission dans le genre de celle qui se fait avec les dypnopinacolines. . Mais avant d'aborder l'examen de questions de ce genre, je m'efforcerai de tirer du présent travail les conclusions . qu'il peut donner pour l'étude de la synthèse de la benzine. _ Cette étude est intimement liée à celle des isomères que j'ai signalés, et peut-être arriverai-je graduellement, par _Fiso-dypnopinacoline, à une triphénylbenzine différente ie 1 3.5. Vilvorde, laboratoire privé. ( 503 ) Sur certains plans réfringents qui, dans les cristaux biaxes, peuvent, pour une onde plane incidente, donner, Outre un cône creux de rayons, un rayon lumineux distinct; par G. Cesàro, chargé du cours de minéralogie à l'Université de Liège. On sait que lorsqu'une onde plane tombe sur un cristal biaxe de manière que l'onde réfractée est normale à un axe optique, on obtient à l'intérieur du cristal une infinité de rayons lumineux, formant un cône oblique creux, dont la base circulaire est normale à l'axe optique. Cette con- séquence de la théorie de Fresnel a été vérifiée expéri- mentalement par Lloyd. Le but de cet article est de mon- trer que, pour certains plans réfringents, on doit obtenir une partie du cône creux et un rayon lumineux distinct de ceux qui forment le cône; ce rayon est tantôt extérieur, tantôt intérieur, au cône, de façon qu'un rayon lumineux tombant sur un cristal limité par un des plans en question, ~ “Orcs une certaine incidence, devra donner, après l'avoir _traversé, sur un écran, une courbe lumineuse ct un point lumineux tantôt intérieur, tantôt extérieur à la courbe. Il est d'abord faci'e de chercher quels sont les plans réfringents qui, pour une onde incidente convenäblement Choisie, peuvent donner une onde réfractée perpendicu- laire à un axe optique. Sil est la vitesse de la lumière dans le milieu extérieur, R l'angle que fait avec un axe Optique la normale au plan réfringent, l'angle d'incidence sera donné par sin I= F (*). Povr que I soit réel, il faut que sin R< > —; (e étant l'indice du milieu exté- nn en (9) b* étant l'élasticité moyenne. + ( 504 ) rieur, B l'indice moyen du cristal biaxe). Ainsi, dans Paragonite : 8 = 1,68157 (raie D, Rudberg); dans le cas où le milieu extérieur est l'air, il vient : R < 36° 29° 24”; c’est-à-dire qu’en taillant dans un cristal d’aragonite un + plan rormalement à une direction faisant avec un axe optique un angle R inférieur à 56° 29' 24", on pourra obtenir londe réfractée perpendiculaire à cet axe, et par i conséquent le cône creux, en faisant tomber sur le cristal, 5 dans le plan déterminé par laxe optique et la normale au plan réfrińgent, un rayon jaune incliné sur cette normale sous un angle donné par sin I == ĝ sin R. Toute onde incidente donre en général deux ondes réfractées; l’une d'elles, par le choix de l'angle d'incidence . et du plan d'incidence, se trouve être perpendiculaire à laxe optique et donne le cône creux; mais que devient ed l’autre onde réfractée ? Dans l'expérience de Lloyd, dans laquelle le plan réfringent est la base p (perpendiculaire à , l'axe a? d’élasticité maxima), la seconde cnde réfractée n'existe pas; mais il est possible, en choisissant conveni- blement le plan réfringent, de produire en le eristal un rayon et un cône lumineux distincts. Considérons un cristal d'aragonite (‘) et occupons-nous nn dee C ) Dre est une substance biaxe négative, dans laquelle le _ plan des axes optiques est parallèle à 4t; la bissectrice, qui est done Faxe d'élasticité maxima a’, est perpe EE à la base p; l'axe. d'élasticité moyenne b? ecincide done avee la courte diagonale de la _ base, et Faxe d'élasticité minima c? avee la longue di: agonale. Les _ quantités a, b,c sont lesi inverses des indices principaux : Tet, 53015, B= 1,68157, a = 1,68589 (raie D). Le plan de la figure 1 est le plan _des axes optiques, l'axe des æ est axe vertical du cristal. ati rd 48 FU TE A B One a ee ii 2 EF Rs. CE Son LÉ ANS TES ( 505 ) | seulement des plans réfringents qui, comme celui choisi par Lloyd, sont parallèles à l'axe moyen 42, c'est-à-dire perpendiculaires au plan des axes optiques. La section de la surface de l’onde, par le plan des zz perpendiculaire à l'axe moyen b?, se compose (fig. 1) d’un cercle de rayon b et d'une ellipse ac. La tangente commune AB est la trace de l'onde réfractée normale à un axe optique; Ol est cet axe optique: le plan AB touche la surface de l'onde sui- vant la circonférence décrite sur IN comme diamètre; toute droite partant de O et aboutissant en un point de celle circonférence est dene un rayon lumineux, de sorte qu'à Fonde AB correspond le cône creux ayant O pour sommet et la circonférence IN comme base. Si OH est le plan réfringent et E la droite d’intersection de ce plan avec l'onde AB, comme les deux ondes réfractées se cou- pent suivant une droite du plan réfringent, la deuxième onde réfractée que nous cherchons s’obtiendra en menant par E un plan tangent à la surface de londe tel que le point de contact se trouve à l’intérieur du cristal. Tant que le plan réfringent est extérieur à l'angle ION, le plan tangent dont il s’agit coïncidera avec AB; mais lorsque le plan réfringent OK sera compris entre OI et ON, on Pourra mener un plan tangent KP touchant la surface de onde à l'intérieur du cristal et donnant lieu au rayon réfracté OP. Pour chercher dans quel cas le rayon réfracté OP est extérieur ou intérieur au cône, menons en S la tangente à l'ellipse, et soit T le point où elle coupe AB : tant que le Plan réfringent sera compris entre ON et OT, le rayon réfracté sera intérieur au cône; si le plan réfringent est dirigé suivant OT, le rayon réfracté se trouvera sur la 506 ) surface cenique et coïncidera avec l'axe optique Of; lors- qu'enfin le plan réfringent sera situé entre OT et Ol, le rayon réfracté sera extérieur au cône lumineux. Pour fixer la position des droites ON, OT, Ol, caleulons les angles que ces droites font avec Ox, en fonction des indices principaux q, 3, L'équation de la droite AB est EVR pan Beat 4 = On trouve facilement 4 ee ; NI a a— GB De ag à. tg NOx so i ; elfe) C: z rr Pro ae Ve a ee ot Va ren, a ag Py — y? y? EN tg TOr — Pour nus on trouve a sta B. Ze Pa Fe NOx — 10° 47'418”, TOx— 9° 51’ 14", 1Ox = 8° 55° 14: ; On voit que l'expérience à effectuer pour constater le = fait sera très délicate. La face à tailler doit faire avec Faxe — vertical du cristal un angle compris entre 8° 55'144” et 10° 47° 18"; poùr un angle plus petit que la première limite, on n'aurait pas de cône lumineux; pour un angle à plus grand que la seconde limite, on n’aurait que le cône. Si l'angle est compris entre 8° 53° 14” et 9° 51° 14", le yon lumineux sera extérieur au cône; si, au contraire, io Miia entre 9° BE are 10° 47’ 18", le rayon lumi- (507) Considérons le cas particulier où le plan réfringent serait dirigé suivant l'axe de réfraction conique exté- rieure OK, donné par Hr, ao TEV a ; On Le rayon réfracté OP sera donné par p y ms ay + af — By sehen Ket _2ay* + Py — af Pour l'aragonite, OK est situé entre OT et Ol (J de rayon réfracté OP est donc extérieur au cône; on trouve Een ES En KOr = 9° 48'435", POr = 8° 50 4”. Voyons ce qui se passe à l'émergence. Supposons que la el face q’ émergence MM’ soit taillée dans le cristal perpendi- r _ Culairement à l'axe optique OI : Fonde AB, normale à Pase optique, passera dans lair sans altération de direction ; il ae By aura qu'un changement de vitesse (b à 1), de sorte que le cône lumineux se transformera à l'émergence en Un cylindre creux de révolution ayant son axe normal au _ plan d’ émergence ; sa trace sur un écran LL’, parallèle à la face d'émergence, sera un arc de cercle dont la gran- : deur restera constante, quel que soit Péloignement de l'écran à Ja face d’ émergence. Quant au rayon réfracté OP, Supposons-le d'abord extérieur au er voe la es ns ; * ep )u est facile de voir, d'après i formules Edelen que ccia arrive pour les biaxes dans en a? re > 26°, c 'est-à-dire pone i sl a bisses négatifs. ( 508 ) tion de propagation normale OF de l'onde incidente KP; soil d langle d'incidence et v la vitesse de propagation suivant OF; on obtiendra la direction de propagation nor- male de l'onde émergente par la formule : sin r —° sin i; tt sera londe réfractée, et le rayon émergent s’obtiendra en menant par le point Q la perpendiculaire QQ’ à l'onde 4’; X est sa trace lumineuse sur l'écran LL’. On voit que le point lumineux X sera extérieur à la courbe et s'éloignera de celleci de plus en plus, lorsque l'écran LL’ ira en S'éloignant de la face d’émergence. Si le rayon réfracté était intérieur au cône, la direction OF restera encore comprise entre Of et Ox, de sorte que l'onde réfractée divergera dans le même sens; seulement, comme Q est intérienr à la circonférence ee’, le rayon émergent QQ’ rencontrera la droite Oe hors du cristal; si donc l'écran est suffisamment rapproché de la face d'émergence, le point lumineux sera intérieur à la courbe lumineuse; en 4! éloignant l'écran de la face d’émergence, le point lemi- i neux marchera vers la courbe, se superposera à celle-ci | pour une certaine position, puis deviendra extérieur. Il nous reste à chercher langle que fait le rayon émer- geni QQ' avec laxe optique, pour pouvoir déterminer, connaissant la position da plan réfringent ainsi que l'épaisseur de la lame et la distance de l'écran à la face _d'émergence, la longueur XY qui sépare le point lumineux de la courbe lumineuse. : Étant donné Pa angle À que fait le plan réfringent avec Ox, calculer langle r re fait le jon réfracté QQ’ avec l'axe optique. = Désignons par o l’angle que l'onde KP correspondant ds au Lo » réfringent donné fait avec Faxe des x, et prg ( 509 ) l'angle OAB; angle d'incidence de londe KP est évidem- ment : i= — ọ'; il sera connu dès ques @ et ©’ seront connus; or, on trouve aisément a V pa y? (æ — y? tg 1) + 24g å Vats Bay Zo = _ À Y Daytgi Ve yi Varg? (2 — y” 18) ; p— y? tg ? ae T a — B 7 : l Pour calculer r, on a : sin r = ; sin i. Reste à calculer la vitesse v, qui est représentée par la perpendiculaire Op menée par le point O sur le plan de Ponde : les triangles OIK et OpK donnent :u—OK sin (+9), b=0K sin (à+ ọ'); d'où b sin Ti tp) nt et sin ed EA $ sin (1 + #/) sin (1 + ọ) Si nous considérons le cas où le plan réfringent passe par l'axe de réfraction conique extérieure, à cause de E, gi B-r? a formule qui donne + ne s'écrire plus simplement Izy +(x— y) À 610 er Er et comme ọ' = 81° 4' 46”, on en déduit : 7 == 82 42 u, eti 4° 97:98"; puis r = 2° 44 EF ze Dans le cas où le plan seeden serait dirigé suivant OT, Ee í 310 ) . b sosite que le rayon coïncide sntêricuremest avec l'axe optique, on a vu antérieurement que À = 9°51'14". On trouve : p= 8X 38' 4’, i—1°35 18", r—2°575. Calcul des dimensions de la courbe lumineuse et de la distance du point lumineux à la courbe lumineuse. _— Nous supposons, dans ce qui suit, que le plan réfringent passe par laxe de réfraction conique extérieure el est l déterminé, par conséquent, par le #48 45". Soit d se l'épaisseur de la lame, c'est-à-dire la longueur de la per- _pendieulaire Oe menée du point d'incidence sur la face d’émergence ; le diamètre de la circonférence lumineuse 5 era ; D= One digi? 52 3/5 — 0,032608 d. (| La courbe lumineuse ne variera ni avec le plan réfr ingent, distance de l'écran à la face d'émergence; sent è . ent la longueur de l'arc visible variera avec le pla 2 fringent : la circonférence sera complète lorsque le plan — r ingent coincide avec ON, et Parc deviendra de plus en IS petit, an fur ct à mesure que le plan réfringent s'ap- he de ol. Si fest la gene de larc lumineux, x Sà AS = un e=VTP f) et x—0,016287.d, ra très approximativement une demi- Hie. i. G. Crsaro. Bull, de l'Acad. roy. de Belgique, 3: sér., t. XXII, p. 519, 189r, | CEsaro. Bull. de l ; i íl Acad, roy. de Belgique, 3° sér., t. XXII, p. 511, 189r, j | (BIL) | Quant à la distance XY du point lumineux au pôle voisin de la courbe lumineuse, en supposant toujours À — 9° 48' 43” et en désignant par d’ la distance qui sépare l'écran de la face d’émergence, elle sera donnée par ; ded to 0°5"10""+ d'ig2°4% 5"—=0,0015029. d +0,0:77662. Ë. Ces formules montrent que la figure lumineuse aura de _ très petites dimensions; il faudra l’observer à Vaide d'un instrument grossissant. __ Marche à suivre pour réaliser l'expérience. — Nous avons vu (p. 1) que, pour obtenir une onde réfractée normale à un axe sr il faut que sin R <5; or _ (fig. 1): R — 90° — À + & (en désignant par à l'angle que 5 fait laxe optique Ol avec l'axe des x; donc:e > B cos(À — L) = 1,68157 cos 0° 55’ 29” — 1,68137; il est donc impos- sible, pour les plans réfringents que nous avons dù choisir, qu’une onde provenant de lair donne une onde réfractée normale à l'axe oplique : il faudra employer un liquide de fort indice, tel que l'iodure de méthylène, pour lequel e — 78. L'angle d'incidence du rayon sera donné par sin | — : cos (à — 4); dans notre cas, L= 73° 541". On emploiera une cuve ABC ayant pour base le plan réfringent AC (ig. 2), et dans laquelle la face AB fera avec AC l'angle de 75° 54 1; celle cuve sera. remplie lement à AB, tombera sur AC sous l'incidence voulue et donnera à l'intérieur du cristal deux ondes réfractées dis- linctes, dont l’une sera perpendiculaire à l'axe optique. La face d'incidence AC sera taillée normalement au plan des axes optiques et fera avec la base p un angle de 99°48' 43"; | face DC d’émergence sera aussi taillée normalement au d'iodure de méthylène : un rayon jaune LS, dirigé norma- a (512) plan des axes optiques et fera avec la base p un angle _ de 174°4’ 46", de sorte que l'angle ACD, légèrement aigu, sera de 89°6' 31". En plaçant en HH’ un écran parallèle à la face d'émergence CD, on obtiendra un are Y ct un point lumineux X. En approchant HH’ de CD, Y restera invariable, mais X s’approchera de l'arc. Si, au contraire, en laissant HH’ immobile, on fait approcher de C le point d'incidence S, on verra la flèche de l'arc Y ? diminuer, ainsi que. sa corde; la position du point lumi- neux X par rapport au pôle voisin de l'arc restera sensi- blement constante, car la valeur de à donnée ci-dessus prouve que celte quantité ne varie sensiblement qu'avec d'. Liège, 50 octobre 1891. Note sur la courbure des lignes algébriques; par Cl. Servais, professeur à l'Université de Gand. | Dans un précédent travail sur la courbure des lignes ~ algébriques, nons avons énoncé le théorème suivant : Un cercle concentrique à une conique lu rencontre en deux couples de points diamétralement opposés Ay et Ao, Az el As Si Si, Sa, Sz, Si sont les puissañces d’un point S du cercle _ relativement aux cercles de courbure en A, Aa, A5» Ar on a — 1 + — + —- S; S; S; S nière provient d'une trop grande généralité donnée au _ Cette propriété est inexacte, ainsi que Va fait remarquer _M. Catalan sans indiquer la cause de l'erreur. Cette der- z ( 513 ) théorème suivant, dû à Liouville (*): Si l’on mène à une courbe algébrique plane loutes ses tangentes parallèles à | une même droite, la somme des courbures relatives aux divers points de contact sera généralement égale à zéro. Reprenons, en effet, la-démonstration de l’illustre géo- mètre; si f(xy) = 0 est l'équation de la courbe proposée, = les coordonnées (a, b) des points de contact des tangentes parallèles à laxe des x, seront fournies par les deux -~ équations df b) = eo use. . | à ex da à ; (1) | et l'expression algébrique de la valeur inverse du rayon de |: courbure sera pr À al Le théorème de Jacobi, appliqué aux solutions com- munes aux équations (1), donne, en prenant pour © (ab) -F sn As z df ; dé si 2 Fo ou À R 0. db On voit que cetle démonstration ne s'applique zi *) JOURNAL DE Lióöviias; 4841, Mémoire sur quelques propositions — 3 _ générales de géométrie et sur la théorie de l'élimination dans les équa- ie à “ tions a * a gébriques, (544) | daiis non singulières, car les coordonnées de tout voi multiple de la courbe considérée satisferaient aux ee = tions (1), ct l'expression z C4 ~ scrait en ce point infinie ou indéterminée. Cela étant, nous avons déduit notre théorème en appli- quant la formule R sin’ u gt 0 S * à une conique; ce qui revenait à supposer que la formule SR sinu—0 - existe pour une quartique trinodale, ou bien que le théo- - rème de Liouville ; ; 1 ziee : est arche à une courbe singulière de quatrième classe. ie 2. Le théorème de Jacobi, > prenant successivement les expressions A et f, donne, pour les poia al t t considérés, | a 5 7 dé (518) Prenons pour origine un des points de contact LA (ab: les axes coordonnés conservant la même direction, Péqua- tion de la courbe sera df 1 fs df „df 146 + La Er da? T adh der vl T l drf drf „df n-1 ARÈNES = 0. Aen |e dx" À da" dy © Le dy" E Fa, Tee Ter dl re pt he points où la courbe rencontre respectivement laxe des x el l'axe des y, en faisant abstraction du point A, on aura df da? A EAN AT. AT... AT, …. 4 d”f $253 -n da df db Ho + AS,.AS,. AS; AS. 1253. n- db* Les égalités ci-dessus deviennent donc 1 1 ee en o 2 AT, AT: RE == AS, . AS; … AS, à On a ainsi les propriétés suivantes : Si l’on mène à une courbe algébrique des tangentes paral- _ dèles. à une même direction, la somme des inverses des ~ Produits des segments déterminés par la courbe sur chaque (516 ) pese est égale à zéro. Si, par les points de contact de ces tangentes, on mène des sécantes parallèles entre elles, la somme des inverses des produits déterminés par la courbe sur chaque sécante, est égale à zéro. | Contribution à l’étude des fonctions respiratoires du nerf vague; par le D" Gabriel Corin. | En étudiant les propriétés physiologiques de certaines S substances de la série de la pyridine, je me suis aperçu Eo que plusieurs d’entre elles présentaient la particularité signalée par Léon Fredericq pour le chloral et lacide car- bonique (1). On sait qu’à la suite de l'administration de fortes doses i de chloral, ou dans le cours de l'intoxication par CO,, l'ex- citation du bout central du pneumogastrique provoque régulièrement un arrêt en expiration. A létat normal, cette excitation provoque, au contraire, le plus souvent, un arrêt en inspiration, rarement un arrêt en expiration. On pouvait se- demander si le chloral n'intervient pas ici en déprimant l'activité des hémisphères cérébraux. Rosenthal, Henrijean et d'autres ont démontré que labla- piratoires (inspiratoires) de Eeen du bout ae du ae pe de (2. -A Hi Frepenicg, Sur la théorie de Pinnervation respiratoire, Bull, Acad. royale de Belg, ; > série, t. XLVII, n° 4 1879, et Ezti- (rigue, Ar Arch. de biologie, A VI. tion des hémisphères ne modifie en rien les effets res- Ce, Travaux i 4 4 RE er ON lei (OEI J D'autre part, comme Fredericq affirme que l'effet expi- ratoire ne s'obtient que dans une phase avancée de l'into- xication chloralique, il devenait vraisemblable que ce poison intervient en déprimant l’excitabilité de la moelle allongée. La pyridine a d'ailleurs été considérée par Ger- main Sée comme un dépresseur du mésocéphale. Je me suis demandé si d'autres poisons, d'une action analogue à celle du chloral, ne pouvaient pas également modifier les résultats de excitation du pneumogastrique dans le même sens que l'anhydride carbonique, le chloral et la pyridine. Les quelques expériences que j'ai pu instituer me per- meltent d'affirmer qu'il en est bien ainsi pour un grand nombre d’hypnotisants. A côté du chloral et appartenant à la même série que lui, je puis citer la chloralamide et le croton-chloral. D'autre part, laldéhyde, la paraldéhyde et l’uréthane agissent dans le même sens. Il en est de même pour l'alcool éthylique. J'ai recherché, m’attendant d’ailleurs à un résultat négatif, si la glycérine n'avait pas un effet analogue. Il n’en est rien ; c'est d'ailleurs ce que des con- Sidérations théoriques pouvaient faire prévoir, la glycé- rine n'ayant nullement l'action hypnotisante des autres poisons que j'ai étudiés. Je wai pas porté mes investigations sur le sulfonal, le tional, le tétronal, l'acétophénone, etc, mais il est très vraisemblable que tous ces corps, en leur qualité de nar- coliques, influencent le pneumogastrique de la même façon que le chloral. Je me réserve de revenir, dans un travail ultérieur, sur les veh des corps de la série tf ee j'ai me SÉRIE, TOME XXII. ( 518 ) étudiés, et bornerai ces quelques ligues à l'examen des substances hypnolisantes signalées plus haut. Je ferai remarquer qu'il est nécessaire d’employer des doses assez fortes; je n'ai jamais cependant été forcé d'atteindre les doses considérables signalées par Léon Fredericq à propos du chloral, ce qui peut tenir à ce que les substances que j’employais étaient très actives el mes animaux très jeunes. Voici d’ailleurs l’'énumération des doses Sd m'ont servi, avec le poids des lapins utilisés : Paraldéhyde. . . . lapin de 560 gr. dose 05,50 Croton-chloral . … . — 400gr. — 05,50 _Chloralamide. . . . — 400gr. — 48,10 Alcool éthylique. . . — 600gr — 05,90 Aldéhyde pr : — 600gr. — 05,70 réthane. … — 500gr. — 46,00 . Paraldéhyde . … . . = „650 gr. — 08,30 Remarquons en passant que les deux seuls toxiques amidés, la chloralamide et l'uréthane, exigent des doses beaucoup plus considérables pour produire leur effet dépressif sur les centres respiratoires. Malgré ces doses assez fortes, la respiration ne-pré- sente guère de modification, au moins au début de l'into- xication, alors cependant que l’excitabilité du nerf vegue est déjà profondément modifiée. Ce n'est que dans les phases les plus avancées de l'em- _ poisonnement que le rythme se modifie, que la respira- _ tion devient plus rare et plus paresseuse; mais alors les- centres respiratoires sont tellement altérés, qu’une exci- arn _ tation un ge RE amène un arrêl one de la ( 519 ) Longtemps avant que la dépression des centres ait alteint cette extrême limite, on peut constater d’ailleurs _que l'irritation du bout central du pneumogastrique chez les animaux narcotisés produit des arrêts expiratoires plus complets et plus durables que les arrêts inspiratoires ordi- naires. Je possède un tracé, que je ne puis intercaler ici à cause de sa longueur, pris sur un animal empoisonné par la paraldéhyde, et chez lequel une irritation de nonante secondes de durée a produit un arrêt expiratoire de la mème durée, sans interruption aucune. J'ai pu constater, mais pas dans tous les cas, après la pause expiratoire, une durée un peu plus grande de l'in- spiration. Le fait est beaucoup plus accentué dans les graphiques de Léon Fredericq, ce qui tient probablement à ce que la vitesse de l'appareil employé par ce dernier était beaucoup plus grande que dans mes expériences. Cet effet inspiratoire consécutif est vraisemblable en t Vanalogue de ce que Meltzer (1) a constaté en excitant le bout central du pneumogastrique par de forts courants chez des animaux non empoisonnés. Il obtint dans ce cas un arrêt expiratoire, puis, après la cessation de l’irri- talion, un arrêt inspiratoire, ce qu'il appelle inspiratory after effect. Je donne ci-après, à titre d’exemple, un graphique pris chez un animal empoisonné par le croton-chloral. Le temps d'excitation est marqué par le tremblement du Signal Marcel Deprez sur la ligne moyenne du tracé, (1) The New York Medical Journal, 1890, janvier 18, septem- bre 6, novembre 22, et 1891, juin 6, août 8, $ Travail du laboratoire de thérapeutique de l'Université de Liège. n du procédé de la bouteille. Excitation du bout central du pneumogastrique cervical. Temps en secondes Fig, 4 Tracé respiratoire enregistré chez le lapin au moye La respiration a été prise avec l'appareil employé par Léon Fredericq (procédé de la bouteille). (521) Sur les dépôts de l’éocène moyen et supérieur de la région comprise entre la Dyle et le chemin de fer de Nivelles à Bruxelles; par G. Vincent et J. Couturieaux. Dans la région comprise entre le cours supérieur de la Dyle et la Sennette, les roches tertiaires qui succèdent à celles de l’éocène inférieur ypresien ont été rangées par A. Dumont dans ses systèmes bruxellien et laekenien. A Huleu et dans plusieurs autres localités, le sable et le grès inférieur du bruxellien se présentent sous un facies sensiblement différent de celui des roches typiques de même âge dans les environs de la capitale. Leur allure particulière amena M. Velge, notamment, à les considérer Comme un horizon géologique distinct du bruxellien, ce qui fit qu'il le rattacha à l’ypresien comme terme supé- rieur (1). L'ensemble faunique découvert par nous dans ce dépôt, el que nous avons fait connaitre à la Société royale malaco- logique de Belgique (2), nous a permis de démontrer qu’il est incontestablement bruxellien, c'est-à-dire d'âge éocène moyen, ainsi que Dumont l’a justement considéré. Les roches qui, dans la partie de cette région située entre la Dvle et le chemin de fer de Nivelles à Bruxelles, a (1) Observat. relat. à la stratigr. de Péoc. en Belgique. (Annales de la Soc. malucologique de Belyique., pp. cexxvin-cuxxxix, 1889.) (2) Quelques mots relatifs à l’âge ypresien accordé par M. Velge aux sables calcareux entre La Dyle et la Sennelte; par G. Vincent et J. Couturieaux. — Procès-verbal de la séance du 7 juin 1890, PP. Lx à Lxi. (922 3} succèdent aux roches bruxelliennes, ont appelé, il y a quelque temps, l'attention de M. Mourlon. ‘Dans une notice publiée dans le Bulletin de l'Acadé- mie (1), le savant géologue avance avec raison que, Contrairement à l'opinion de Dumont, ces sédiments ne sont pas tous laekeniens. Il fait remarquer, en outre, que la faune qu'ils recèlent se rapproche de celle du wemmc- lien. | Récemment aussi nous avons dirigé nos recherches dans cette dernière région. Les nombreux fossiles décou- verts par nous dans les sédiments sableux, tant rouge brunâtre que concrétionnés par la limonite, constituent un nombre d'espèces important. Comme il ressort de ces matériaux des faits nouveaux, nous avons pensé qu'il serait utile de les communiquer à l'Académie. _M. Mourlon classe dans l’asschien : 4° le sable gris _blanchâtre et jaune, devenant argileux vers le haut, el non loin du contact du dépôt quaternaire; 2 le sable jaune brunâtre, ferrugineux, parfois moucheté de blanc, avec _ divers niveaux continus de concrétions ferrugineuses et _ gravier à la base, le tout lié intimement au précédent et reposant sur l'assise bruxellienne. Se Dans ces sédiments nous avons trouvé, à Glabais, les ~ espèces qui figurent dans la liste suivante. Pour donner le _ plus de clarté possible aux faits que nous allons faire valoir plus loin, nous avons indiqué, dans des colonnes 1 séparées, celles d'entre elles qui sont connues dans les - asl den entre l’éocène inférieur et le tongrien RENE à 5 w Bullet. de PÂcad. royale de Bely., 5° série, t. XXII, n° 8, p- 95-109, 1891. Liste des espèces recueillies dans les sables janne brunätre avec lits concrétionnés de Glabais. ÉTAGES g “ts : £ ESPÈCES. nie Z |. | ORSERYATIONS. z Sls sin © — se; = eme z KISSES s & = En 2 BIS rele te Castidaria nodosa, Sok. ate ac es ia a re Si lt +f ł 3 | Niso terebe esh. „al AA+ Turr:tella im nbricararia, ‘Lmk.. Et telt Commun. ə | A och simulatus, Sol. ee AE Be S 6 | Terebellum fu siorme, Desh . .|+|+|+|+ Í lens sp, ? Thracia grignonensis, Desh. . Re DUAL Solecurtus Deshayesi, Desm a Bn na maf 1 p hen en, nf ndora, Sow wilet Por F2 ++ | + a ) Telma rontralis, T me + Le i + | + |Assez commun ` + Éd Mn + | + TE filosa, So ++ |+ Commun. 5 | Psammobia effusi H+ | + Commun. ) Gacheten Mer best Be | Hit | + Assez commun. |} | subert rycinoides, Desh la | + | + | _ Assez commun. g Cupic cardia isocardo:des, Desh ++ | + Cardium porulosum, Sol. DA + Commun. arile, Desh. + | + | + | + | Très commun. if iplod donia transversaria, Cossm. DN md Be H ; ) Incina H .Dofr. +++ | + | | Commun. reld barni m A Me Ti oaa M= F — Rigaulti, besh. SP B mi eah Neen ar p tenoria, VIRG 77 a ne dui F | 26 G rassatella Nystuna, con se +++ 2 | 27 | Leda Galeottiana, Nyt aad rd 28 | Pectunculus pulvina s, Lm EE ET -p 29 Nuculella (Pec una al l +| | 20 i E j Te e a aa HDE F A inenus, $ e À + + | + + Commun. i |-32 bei rak. titit Commun, | 33 a tertiarium, Leh. … : A | 34 sis, +++ | + Très commun. | 35 er acuminatus, Goldf. ee Un ASSE COMEN | 36 cyamus propinquus, Gal.. | + | + | + | 37 | Ditrupa strangulata, 7 Ti Commun. | | 38 | Orbivolites complanata, Lmk Mc Bae Commun, a ( 524 ) Au hameau de Sauvagemont (Couture-Saint-Germain), M. Mourlon signale la même succession de roches que celle qui vient d'être indiquée pour Glabais. La coupe, visible dans une carrière ouverte pour l'exploitation des sables blancs quartzeux bruxelliens, a été décrite en détail. Nous avons étudié, de notre côté, cette coupe de Sauvagemont. Dans les sables ferrugineux jaune rougeâtre et brunâtre avec concrétions ferrugineuses qui y surmontent le bruxel- lien, nous n'avons pu découvrir que de rares débris de coquilles indéterminables. Seul, leur gravier de base nous a fourni de nombreuses coquilles effritées et roulées de Nummulites lœvigata, Lmk. et de Nummulites scabra, Lmk. Mais dans les berges du chemin que l’on remarque à 150 mètres environ de la sablière, et qui mène du hameau -~ au haut du plateau, nous avons rencontré dans le sable jaune el rougeâtre qui correspond latéralement à celui de la sablière quelques faibles lits concrétionnés par la limo- nite. Dans ceux-ci se trouvent : eeN eed als acnes Cerithium, sp nov Psammobia effusa Ta ks Crassatella ills; g’ Or b: Da : ; -© Cardium sé Desh; ssmanni, Vine. ; 5 Cad. een Nyst.; | e Lucina Rigaulti, Desh. ; i Ae Jorbula ; Pecten corneus, Sow ebeius, ep — Nysti, Vinc. à i C'est la faune de Glabais. Nous avons également exploré le sable jaune rougeàtre — avec lits de concrétions ferrugineuses semblable à celui de Glabais et à découvert dans les talus du chemin qui ( 525 ) conduit de la Belle-Alliance à Plancenoit. Au monument des Prussiens, l’un de ces lits, observable près de la base du quaternaire, nous a fourni à son tour : Turritella imbricataria, Lmk.; ardita ; Leda Galeottiana, Nyst.; Pecten corneus, Sow.; — plebeius, Lmk. Dans le talus opposé se trouve un autre lit ferrugineux beaucoup plus has que le précédent, et dans lequel on trouve aussi : Voluta cithara, Lmk.; x ges PETITS, Sol.; yst.; Pecten corneus, Sow.: lebeius, Lmk.; Fe strangulata, Desh. ; Orbitolites complanata, Lmk. C'est encore la faune de Glabais. remarque que la généralité des espèces mentionnées caractérise les étages inférieurs aux couches asschiennes, dans lesquelles passent seulement trois des fossiles recueillis. Un autre fait non moins significatif, c’est que ces sables (asschiens a de M. Mourlon) recèlent, à Glabais et à Plan- cenoil : Ditrupa strangulata et Orbitolites complanata. Or, on considère comme bien établi que ces deux fos- siles, d'une grande abondance dans le laekenien et dans le ledien, n'ont pas dépassé la limite de ce dernier étage. En étudiant maintenant l'ensemble de ces fossiles, on NE PATES Pur ee kee VAUT ( 526 ) Dès lors, on est amené à reconnaitre que la masse de sable qui les renferme ne peut être que d'âge laekenien ou ledien. Pour compléter par des données stratigraphiques pré- cises les indications que vient de nous fournir la paléon- tologie, nous avons recours à la coupe suivante, visible dans le chemin situé an nord-est et près du hameau Maison-du-Roi. Coupe au nord-est du hameau de Maison-du-Roi. 4. Sable fin se mel brunâtre assez uniforme, visible sur On ads RE 2. Gravier formé par quatre lits de gros grains de quartz, salis par l'hydrate ferrique. Le lit supé- _rieur, épais de 20 centimètres, renferme de menus | débris de coquilles D a de SR > 3. Babe grisåtre, panaché d'orange, assez fin . . - 1,50 4. Mince lit ferrugineux, concrétionné fossilifère (Car- un bes Cardium Ahl Pecten cor- avec cailloux de silex alii - he (527 ) Dans cette coupe, le sable supérieur au gravier montre parfaitement, par Valtitude qu’il occupe (132,40 à 156), et vu Pinclinaison générale des couches vers le nord, qu'il est le correspondant du sable jaune et rouge brunâtre avec 4 lits de concrétions ferrugineuses fossilifères de Glabais L (140 à 145,50), de Sauvagemont (152,65 à 158,60) et de Plancenoit, où la partie supérieure arrive environ à la Io cote 136. Ces roches sont, du reste, dans toute la région | qui nous occupe, immédiatement inférieures aux sables = argileux. Quant au sable situé sous le gravier, il est bien distinct, par sa nature pétrographique, du sable bruxellien du voisinage. Si l’on considère la finesse de son grain et son altitude par rapport au sommet du bruxellien qui se trouve à la cote 120 environ, il est à croire qu'il appar- lient à une formation particulière. La paléontologie démontre donc que les couches qui nous occupent sont d'âge antérieur au wemmelien. v L'observation directe montre, de son côté, qu'en cer- | : tains points elles reposent sur le bruxellien par Pintermé- i diaire d’un autre dépôt sableux. Nous nous trouvons, en conséquence, en présence de deux étages compris entre le wemmelien et le bruxellien. Or, dans l’ordre de succession des terrains tertiaires, l'échelle stratigraphique nous indique qu'entre le wemme- lien et le bruxellien il existe deux cases dans lesquelles viennent se placer deux étages, le laekenien et le ledien. Les couches de Glabais, de Sauvagemont, de Plancenoit el toutes celles qui, dans la région, ont été rangées récemment dans l'étage asschien formant ici la case supé- ~ rieure, appartiennent par le fait au ledien, ce qui est bien = conforme à la donnée paléontologique. | = Celle-ci est encore corroborée, du reste, par le grand ~ dans 50 centimètres cubes d’eau acidulée de quelques ( 528 ) nombre d'échinides que l'on a recueillis à Glabais, dans la même position qu’à Saint-Gilles et à Sterrebeek. En terminant cette note, nous pensons devoir présenter une observation sur le classement de l’asschien dans notre série éocène, où il a été placé jusqu'à présent. Des éludes récentes de l’un de nous tendent à démontrer que les couches ainsi qualifiées doivent prendre plutôt place dans Foligocène, d’après les fossiles, aujourd’hui plus nombreux, qui y ont été recueillis. À aucun point de vue done, les couches éocènes. supé- rieures au bruxellien, entre la Dyle et le chemin de fer de Nivelles à Bruxelles, ne pourraieut être assimilées aux dépôts d’Assche. Nouvelle méthode pour la détermination quantitative de la valeur du pain, de la farine, de l’albumine, etc. (seconde communication); par John Barker Smith, L. R. C. P., Londres. ll y a un an, l'Académie royale de Belgique a bien voulu accueillir dans ses Bulletins (4) l'exposé de ma nouvelle méthode pour la détermination quantitative de la valeur du pain, etc.; j'ai l'honneur de lui soumettre | aujourd’hui de nouvelles recherches sur le même objet. 1 On se rappelle que le réactif: normal employé est une solution de 5 milligrammes de permanganate de potassium | : gouttes d'acide sulfurique. Cette solution correspond à peu près à 1 milligramme d'oxygène. (1) 3e série, t. XX, p. 614, 1890. (529 ) En pratique, on se servira toujours d'un réactif sous- normal, ou de 10 centimètres cubes de la solution acide. Ainsi l’on peut diluer le liquide dans cinq fois son volume d'eau, et les résultats seront encore en rapport avec le réactif normal. Si l’on opère avec une solution diluée au dixième, on aura encore une relation avec le réactif normal en divi- sant par 2 le résultat. Les substances albuminoïdes réagissent avec le réactif normal à froid, tandis que les hydrates de carbone, tels que les sucres, Pempois, les dextrines et les alcools, ne réagissent qu’à l'ébullition. Quand la matière albuminoïde peut être mêlée à l’eau, comme le lait, il suffit d'employer une solution décime. Quand la substance ne se dissout pas dans l’eau, on peut suivre un procédé à peu près semblable, par exemple on laisse macérer 1 gramme de viande découpée en très pelits morceaux dans environ 4 centimètres cubes d'une solution de potasse, en agitant de temps en temps, pendant une heure, ou plus; en chauffant pendant quel- ques instants, on obtient une solution complète. On ajoute de l’eau pour amener la solution au volume de 100 centi- mètres cubes. On dissoudra, de cette façon, les albumines solides, le pain et même, si l’on emploie plus de potasse, la soie et la laine. On tient le petit flacon qui contient le réactif normal de la main gauche, et de la main droite la burette conte- nant la solution à analyser; on laisse tomber la solution goutte à goutte dans le réactif, en agitant jusqu’à dispari- tion de la couleur du permanganate. Les résultats obtenus avec les hydrates de carbone sont très satisfaisants, parce Que le réactif normal agit d'une manière constante à l'ébullition. ( 550 ) La solution de permanganate se fait comme il suit: On prépare d’abord une solution de permanganate de potas- sium au titre de 1 °/,. Cette solution se conserve pendant quelques semaines. On étend 1 centimètre cube de celle- ci jusque 100 centimètres cubes avec de l’eau additionnée : de 1 centimètre cube d'acide sulfurique pur. Le liquide obtenu suffit pour dix essais. H représente deux mesures normales ou dix mesures sous- normales, el l se conserve quelque temps. | Au lieu d'employer les termes mesure normale, mesure | sous-normale el centimètre cube, je préfère les termes sui- vants, teut aussi précis : norme, sous-norme el cenlime. 5 Je mwen servirai ici. Le norme est nécessaire pour l'établissement des rap- B ports, el le sous-morne pour la pratique. a TP LE Pa NT Des matières que l'on peut doser par ma méthode. ces GLUTEN. — L'é étalon de gluten bende est 02,1; c'est oi = la quantité qui réduit complètement le norme. Le pouvoir a réducteur du gluten est double avec le norme bouillant. Je nommerai capacité d'oxydation, ces chiffres exprimés par 1 — 0,5; ils représenteront souvent une réaction com- plète, ou ils fourniront plusieurs renseignements quantita- tifs et qualitatifs, et même ils serviront à fixer un carac- - tère spécifique. ___ On trouvera à la fin de cette note des explications at | sujet de la capacité d’oxydation. + Comme 10 centimes d’une solution au centième de ù nn, gluten humide décolorent le norme et que l'on procède de _ même au centième avec une farine (1 gramme de farine — de m 4 centimètres cubes d’eau et de potasse, pe A Den AT tnt ln PEPE PE, ( 551 ) | amené à 100 centimètres cubes), le calcul du résultat est très $ commode; car, puisque l’on se propose toujours de déter- f miner la quantité pour cent, le dividende sera constamment $ 1000, et le diviseur, le nombre de centimètres cubes de la i solution nécessaires pour décolorer-le norme : le quotient 1e sera le pour-cent de gluten humide. ALBUMINE. — L'étalon est 05,95, et pour l’albumine sèche 0504. : SucREs. — En dissolution étendue, toutes les espèces de sucre se rapprochent comme prise d'essai de albumine : sèche, les sucres étant traités au norme bouillant et l’albu- mine au norme froid. Empois. — L’empois, la gomme, le mucilage, traités au norme bouillant, réclament un étalon semblable à celui de l'albumine humide. Dexrnine. — L'étalon de la dextrine a été trouvé égal à 15 centigrammes avec le norme bouillant. Les relations de certaines matières avec le norme sont remarquables et intéressantes. Ainsi l'empois se rapproche de l’albumine humide, les sucres de l’albumine sèche, le gluten humide de la dextrine, les albumines étant essayées avec le norme, e froid, les autres matières avec le norme bouillant. Ces relations ont sans doute quelque intérêt pour la physiologie des plantes. Arcoor. — L'alcool pur ne réagit pas immédiatement avec le norme froid. L'étalon mentionné dans ma première communication pour le norme bouillant était 6 centimètres cubes. Les impuretés ordinaires de l'alcool réagissent immé- _diatement avec le norme. Les relations de la capacité ( 532 ) d’oxydalion de ces impuretés sont intéressantes; elles sont exprimées, cette fois, avec le sous-norme, en centimes. Tino ue a 6 —0,16 Furfurol . 2,6 — 0,12 Aldéhyde. . . 3 —05 Alcool propylique En | + — caprylique, . . . , 3 —03. vat CE E Soie. — On peut dissoudre la soie et estimer sa valeur en opérant comme pour la viande dégraissée. La solution de la soie est complète mais un peu opaline et visqueuse, comme certaines variétés de mucus; elle est d'une odeur agréable. Laine. — La solution alcaline de la laine est d'une couleur gris d’ardoise; son odeur est désagréable. Le coton n’est pas soluble dans la potasse. Le tair. — On constate une grande différence entre les ` | rapports des diverses variétés de lait avec le norme froid, c’est-à-dire dans leur titre en albumine. Voici des capa- à | cité d'oxydation de divers laits : ze pui ss + Loit de vache. , : .. te Ce MD CHENE |, ci |. 45—5 — d'ânesse . . . . . . 25—6 — de femme. . . . . e 23—85 Ces chiffres résultent d'analyses complètes des laits; on | peut en déduire la quantité d'albumine, d’eau additionnée, 4 des matières solides, ainsi que les renseignements fournis | par les rapports des termes de chaque expression. à L'application de ma méthode demande que l’on fasse deux essais avec le lait; mais ces deux essais font Con- naître les quatre caractères fondamentaux prérappelés- Il faut environ une minute pour porter le sous-norme à _Fébullition et une demi-minute pour laisser couler le lait 533 ) de la pipette; en somme, il faut trois minutes seulement pour fixer la capacité d’oxydation d’un échantillon de lait, c'est-à-dire pour faire une analyse plus ou moins complète. On agite d’abord le lait; on en prélève exactement un cenlime el l’on y ajoute 9 centimes d'eau. On détermine Sous-norme à froid et le nombre nécessaire pour obtenir le même résultat à chaud; en divisant par 2, on a le rapport avec le norme. On peut se proposer aussi de déterminer le titre en graisse, en crème, en sucre et même en coagulum. Pour cela, on prend une quantité connue de lait et on la fait bouillir dans un tube avec quelques gouttes d’acide acélique. Après refroidissement, on jette le lait sur un petit filtre; on étend le liquide filtré de dix fois son volume d'eau et on l’examine au norme bouillant. On obtient ainsi les indications relatives au sucre. Le liquide filtré Contient encore de l'albumine, environ 2 °/…; on peut déterminer cette quantité à l'aide d’un norme de cinq cenlimes au moins. On obtient des indications approximatives pour le beurre en laissant au repos cent gouttes de lait pendant vingt heures dans un tube en verre. La crème sera examinée, et l’on divisera le résultat par 3. le norme contienne 4 °/, d'albumine sèche; rien ne sera de l’albumine dans un échantillon de lait : il suffira de - diviser le dividende constant 4 par le nombre de centimes nécessaires pour décolorer le norme. le E relativement à la caséine et à la graisse. SÉRIE, TOME XXII. í alors le nombre de centimes nécessaire pour décolorer le Supposons qu’un lait dont un centime peut décolorer plus simple alors que de trouver le titre pour cent On peut examiner, d'autre part, le coagulum. resté sur Re arna me ed a S T A E E E le" enn en A be COIL) La quantité d'eau ajoutée au lait peut être déterminée par la perte d'albumine de la manière suivante: Supposons que Pespérience ail fait trouver 1,2 centimes pour un échantillon de lait pur; si ce lait a été mélangé d'un volume égal d’eau, soit de 50 p. °/,, il devra fournir le rapport 2,4 avec le norme. De là la règle : On considère les dixièmes dépassant 1,2 comme des nombres entiers et on les multiplie par quatre; le produit représentera le pour-cent d’eau. On peut dresser, d'une manière semblable, d’autres tableaux pour la crème, le lait écrémé, etc. Au moyen des données précédentes on pourra dresser un tableau général non seulement pour les matières albu- minoïdes, mais encore pour les autres substances alimen- taires: étalon d’albumine sèche 02,04; étalon des matières solides totales du lait 05,065, et ainsi de suite. ALcoor. — On maintient le sous-norme à lébullition pendant qu’on laisse écouler de la pipette l'alcool à examiner jusqu'à ce que la couleur rouge ait fait place à une couleur brune. Le norme ne restant pas limpide après l'essai comme dans les autres expériences, il importe que le flacon soit bien propre; on placera même un papier blanc sous la lampe à à alcoo!, afin qu’on puisse juger plus facile- ment, par transparence, de la fin de la réaction. _ MÉLANGEs p'aLcooL ET peau. — Supposons qu'un échantillon d'alcool absolu, dilué d'eau au dixième, réclame 1,2 centimes pour décolorer le norme. Il faudra done j | 0, 12 centimes pour l'alcool absolu. Comme on se proposé — -toujours de trouver le volume pour cent, le dividende _ Constant pour le sous-norme sera 12. De là la règle : -Diviser 12 par le nombre de centimes nécessaires pOur | décolorer le sous-norme;-le quotient sera le volume pout cent de F: alcool eon ( 555 ) Les alcools forts seront toujours étendus d’eau au dixième. Cocnacs, ETC, — La présence de sucre et d’autres substances peut causer des erreurs sérieuses dans l’esti- maticn des alcools. On peut en reconnaître un millième en laissant tomber une goutte du liquide sur un morceau de papier blanc; on laisse sécher soigneusement et l'on chauffe : l’apparition d’une tache noire indique la présence de matières organiques autres que celles qui ont été mentionnées. Si les cognacs et les alcools contiennent des substances sucrées, on procédera comme pour les vins et pour les bières. | - Vins er pières. — Les matières colorantes et les sub- Stances astringentes réagissent avec le norme; même les vins blancs ont une réaction bien marquée. Un vin rouge demandera peut-être deux ou trois centimes; un vin blanc, Cinq ou dix; une eau-de-vie de pruneaux en a demandé vingt. Les écarts sont donc notables; néanmoins ces réactions brutes avec le norme froid aideront à l'examen du vin. On peut établir d’abord la capacité d'oxydation en éten- dant le vin de cinq à dix fois son volume d’eau; cela suf- fira pour fixer l'identité de l'échantillon. Le second terme À PT ms Li Fr ne à i 1i f capacité d'oxvdation gnera, apf Sur le pour-cent d'extraits. Le bois du Brésil, examiné an norme froid, se rap- proche de l’albumine sèche. Le tannin est dix fois plus énergique; les tartrates à chaud agissent encore comme les albumines à froid. Les tartrates et les citrates ne réagissent pas immédiatement avec le norme, mais on . Peut fixer le titre de leur dissolution au moyen du norme ( 550 ) bouillant. Il en est de même de la glycérine, dont le rap- T port à l'alcool est constant. SE Voici, par exemple, les capacités d’oxydation de deux échantillons ainsi que leur volume d'alcool pour cent: À : Stout > . . 25— 5; 4 es d'alcool absolu. Ri Claret . .. . 4 — T; 71/20 Pour obtenir le pour-cent d’alcool, on verse 10 centimes : du vin dans une petite cornue tubulée; on en distille les deux tiers ou plus, on étend le distillat au volume primi- tif avec de l’eau et l’on opère comme on l’a indiqué pour les mélanges d'alcool. La quantité de vin soumise à l’essai est, à la vérité, très ; petite; mais on reconnaitra qu’on ne saurait doser plus En siwpieient une telle quantité. Les résultats sont d'une iffisante,comme on en jugera par | ‘exemple suivan: Soit un gehandi de vin dont la capacité d’oxy- dation ait été trouvée égale à 4 —7; le second chiffre (7) E indique le maximum de 85,7 °/, d'alcool. Cela posé, on — | verse quelques centimes de la liqueur dans une cuillère de table et l'on évapore l'alcool avec soin; on reprend le résidu avec de Peau en le ramenant au volume primitif. Un essai au norme fournit 0,75, ce qui conduit, tout calcul fait, à 80 °/, d'alcool. En opérant ainsi de deux manières différentes, on constate une différence de 5,7, qui donne 2 pour cent de moins que la vue trouvée par distil- lation. 5 = Les Brés. — On prend un échantillon de blé broyé oe simplement pour l'examen, et on fait les deux essais — suivants : le premier, par la méthode de trituration; il donne, par exemple, 31,2 °/, de gluten; le second, par des e ; il fournit 54 °/, de gluten. o Ces extractions successives net e rent j ( 557 ) tion par l’eau froide; elle donnera, par exemple, 3 °/, de matière albuminoïde sèche, équivalant à 8,8 °/, de gluten humide; 2° le résidu est traité par la potasse; on trouve une indication de 20 °/, de gluten humide; 5° on répète le traitement par la potasse et l'on trouve encore 3,2 °/,. La somme de ces parties est 34 °/.. Mais un traitement du résidu par la potasse bouillante a fourni encore le degré 2 °/, équivalent au gluten humide. Capacité d’oxydation. Mes essais permettent de considérer les corps à un point de vue nouveau, celui de leur capacité pour les grandes fonctions de l’hydratation et de l'oxydation. On remar- quera l'analogie avec les fonctions physiologiques des plantes et des animaux, à savoir leur respiration même dans les conditions pathologiques. Toutefois ma méthode n'ayant que des prétentions pratiques, je ne développerai pas le point de vue théorique. La capacité d’oxydation sera un caractère important pour toutes les substances; même si nous ne savons pas ce qui se passe pendant l'oxydation, nous serons cepen- dant en possession d’expressions en état de fixer l'identité des corps, comme le font les caractères organoleptiques ou physiologiques; dans bien des cas, nous serons aussi en état de titrer les solutions de ces substances. Une expression telle que 1,2— 5 est nommée la capa- cité d’oxydation. Le premier nombre est le premier terme de l'expression ou l'étalon : on l'obtient au moyen du norme froid; le second nombre est le second terme de "expression : il est obtenu par le norme bouillant. | En divisant le second terme par le premier, on a le rap- port d’oxydation (5 :1,2—2,6). ( 558 ) Les chiffres expriment des grammes, ou des grammes- volumes ou des fractions de gramme. Les résultats sont toujours relatifs au norme, et seule- ment quand on l'indique spécialement au sous-norme. Autres substances qu’on peut titrer à l’aide de ma methode : Quinine, morphine, cinchoninie, acide pyrogallique, hydroquinone, antipyrine, acide phénique, eréosote ter- pène, acide urique, sperme, mueus, liquides patholo- giques, liquides physiologiques, tannins, gélatine, cou- leurs, sulfites, hyposulfites, hypophosphites, semences, ete. Sur le ee initiéutaire dans le tétanos strychnique; par EFE re assistant de Pee ar Université de Liège. Le plupart dai physiologistes admettent que la contrac- tion musculaire, volontaire ou réflexe, est un tétanos; mais ils ne sont pas Fate sur le rythme qui le carac- . térise. question : Helmholtz (1864), qui a analysé le phénomène par la méthode des résonnateurs, admet que le rythme _vibratoire d’un muscle qui se contracte, soit volontaire- _ ment, soit d’une manière réflexe, est de 18 à 20 par seconde; il admet de plus que ce rythme est l'expression de celui des centres nerveux moteurs. La simple méthode myographique a donné, entre les _ mains d’autres expérimentateurs, des résultats très diffé- = 8 rents de ceux de Helmholtz : Beaunis (1881) trouve, pour L'étude du bruit musculaire semblait devoir élucider B oe + + A and ( 539 ) les muscles de l'avant-bras, 10,5 vibrations par seconde. Horsley et- Schaefer (1886) obtiennent, par l'excitation des centres nerveux, des contractions létaniques dont la période serait de 10. V. Kries (1886) donne ce même chiffre (8 à 12, 10 en moyenne) comme caractérisant le rythme de Vinnervation dans la contraction lente et pro- longée; mais les vibrations pourraient être beaucoup plus nombreuses (jusque 45 par seconde) dans les contractions volontaires les plus courtes. Griffiths (1889), d'autre part, repousse la méthode myo- graphique, qui, d’après lui, serait inapte à révéler le rythme es impulsions cérébrales. Tout récemment (1891), Wedenski reprenait l'étude de la question en analysant le bruit musculaire au moyen du téléphone. Il conclut de ses expériences qu'un ne peut déduire du rythme vibratoire de la contraction normale le rythme fonctionnel des centres nerveux; il admet que celui-ci est représenté par un nombre très élevé de vibra- tions, et n’est pas constant. Dies Au moyen de l’électromètre capillaire, Lovén (1879) a étudié la contraction volontaire chez le crapaud, et le tétanos stryehnique chez la grenouille. Il reconnut, en S'aidant d’un métronome battant quatre fois par seconde, que le rythme des oscillations du ménisque de l'électro- mètre n'atteint jamais le chiffre fixé par Helmholtz, et ne : dépasse pas 8 à 9 par seconde, dans les contractions les : plus énergiques. Les mêmes phénomènes s’observent dans les nerfs, mais moins nettement. Lovén n’admet pas de rythme constant. Martius (1883). au moyen du même instrument, n'a obtenu aucun résuJtat chez la grenouille. En présence d'opinions si différentes el si contradic- ( 540 ) toires, il ma paru intéressant de répéter les expériences de Lovén, et de les rendre plus précises en enregistrant par la photographie — méthode qui, entre les mains de Marey, Burdon-Sanderson, Fredericq, ete., a donné de si brillants résultats — les excursions de la colonne mercurielle de Véleetromètre, dues aux variations du courant d'action des muscles actifs. Les premiers résultats de ces expériences font l'objet de cette communication préliminaire. Pour ce genre de recherches, il est absolument néces- saire d'avoir un électromètre d’une exquise sensibilité ; celui dont je me suis servi, et que j'ai construit moi- même, donnait des excursions énormes lorsqu'on le met- tail en rapport avec le ventricule d’un cœur de grenouille. A près quelques essais faits chez le crapaud, j'ai préféré inscrire les oscillations de la colonne de l’électromètre, relié avec le gastrocnémien d’une grenouille en tétanos strychnique. Sur un graphique que je possède, mais dont la netteté insuffisante empêche la reproduction, on lit que le nombre des oscillations, dans le cas de tétanos parfait, est bien de 8 à 9 par seconde, comme l'a vu Lovén. Mais ce rythme est très variable, et change avec l'inten- sité de la contraction. La figure 1 montre le tracé photographique des oscilla- tions de l'électromètre, lors d'une contraction d'énergie moyenne à rythme lent (5 par seconde). A B Fic. 4. n photographique des variations électriques d'un gastrocnémien de grenouille en tétanos strychnique. — Dixièmes de seconde. ( 541 ) La ligne de démarcation supérieure de la zone sombre présente des hachures marquant les dixièmes de seconde, (Signal électrique relié à l'interrupteur de Kronecker.) La zone blanche inférieure est limitée supérieurement par une ligne ondulée, de A en B, représentant les oscil- lations de la colonne de mercure. On y distingue que les variations du courant d'action n'ont ni même intensité, ni même durée; elles s'espacent graduellement depuis le début jusqu’à la fin de la con- traction. Elles ne sont pas pendulaires. J'ai cherché également à inscrire sur un même gra- phique la courbe de raccourcissement du muscle, et celle des variations électriques. Les figures 2 et 3 montrent, au milieu de la zone sombre, une ligne blanche ondulée : c'est la courbe myo- graphique. Le tracé de l’électromètre se voit, comme dans la figure 1, à la limite de la zone sombre et de la zone claire inf- rieure. Fic. 3. 1441005 ( 542 ) | Le retard de la courbe myographique est dû à un défaut de l’appareil enregistreur que j'ai employé; on peut en faire abstraction, et porter uniquement son attention sur la concordance parfaite des phénomènes mécaniques et électriques de la contraction musculaire. Notons également que, dans tous ces tracés, la première - oscillation de l’électromètre est notablement plus élevée que les suivantes, et correspond donc à une impulsion nerveuse plus énergique. Ce fait expliquerait peut-être pourquoi, dans les essais de tétanos secondaire au moyen du rhéoscope physiolo- gique appliqué sur un muscle en contraction naturelle, on n’a jamais obtenu qu’une secousse de début. ( 545 ) CLASSE DES LETTRES. Séance du 7 décembre 1891. M. G. TrBeremien, directeur, président de l’Académie. Sont présents : MM. Lamy, vice-directeur ; Alph. Wau- ters, Ém. de Laveleye, A. Wagener, P. Willems, S. Bor- mans, Ch. Piot, Ch. Potvin, P. Henrard, J. Gantrelle, Ch. Loomans, L. Vanderkindere, Alex. Henne, le comte Goblet d'Alviella, Ad. Prins, membres ; Alph. Rivier, asso- cié; E. Banning et A. Giron, correspondants. -M. le comte Goblet d'Alviella remplit les fonctions de secrétaire. CORRESPONDANCE. ee „La Classe pen avec regret la perte quelle a faite en la personne de Yun de ses associés, Francesco noae de Amorim, décédé à Lisbonne le 4 novembre. —— M. de Ministre de l'Intérieur et de Instruction publique envoie, pour la bibliothèque de l’Académie, un exemplaire des ouvrages suivants : 1° Étude sur l'abbaye de Waulsort de l’ordre de Saint- Benoît (944-1795); par L. Lahaye; = œ Dictionnaire géographique, historique, arke. gique, biographique et bibliographique du Hainaut; par héodore Bernier, nouvelle édition ; ( 544 ) 5° A. De heerlijkheden van het land van Mechelen : Duffel, Gheel en hunne Heeren; B. Les seigneuries du pays de Malines, Wavre-Notre-Dame et ses seigneurs ; C. Les armoiries des Berthout et de Malines ; par J.-Th. de Raadt; 4 Drei Karten von Gerhard Mercator : I. Europa, 1554 (15 feuilles); II. Britische Inseln, 1564 (8 feuilles); III. Weltkarte, 1569 (18 feuilles). Publiées par la Société de géographie de Berlin. — Remerciements. — M. Lamy remet, pour l'Annuaire de 1892, la notice nécrologique sur J.-J. Thonissen. — Remerciements. — Le neuvième congrès international des Américanistes se tiendra à Huelva (Espagne), du 1° au 6 octobre 1892, et coïncidera avec le quatrième centenaire de la décou- verte de l'Amérique. — Pris pour nolitication. — La ville de Ravenne ouvre une souscription pour élever un mausolée à Dante Alighieri, elle demande le concours de l’Académie de Belgique. — Hommages d'ouvrages : 1° A, La monnaie et le bime- tallisme international; B. le Gouvernement dans la demo- cratie, tomes I et II; par Em. de Laveleye; 2 Discours inaugural et rapport de L. Roersch, recteur sortant de l'Université de Liège (année académique 1 891- _ 1892); 3° Zwei Jahre belgischer Geschichte (1791 -1792), 1I. Theil ; par H.-R. von Zeissberg; -~ 4 De la surveillance spéciale de la police; par le cheva: lier Hynderick ; © 5 Les œuvres des maitres de l’école flamande pr imi- ES ee TEE (545) live, conservées en Italie et dans l’est et le midi de la France; par Mgr Dehaisnes, associé de la Classe. (Pré- senté par M. Piot avec une note qui figure ci-après) ; 6° Evoluzione o creazione? par A. Figazzaro et L. M. Billia. (Présenté par M. Alph. Le Roy). — Remercie- ments. ÉLECTIONS. La Classe procède à la nomination de sa commission des finances pour 1892. Les membres sortants sont réélus, sauf M. Faider qui, sur sa demande, a été remplacé par M. Henrard. MM. Bormans et Willems sont élus en remplacement de P. De Decker et J. Thonissen, décédés. L'ordre du jour appelle l'élection de quatorze candidats pour le choix du jury chargé de juger la seconde période du concours quinquennal des sciences sociales. — Le résultat du scrutin sera communiqué à M. le Ministre de l'Intérieur et de l’Instruction publique. - NOTE BIBLIOGRAPHIQUE. J'ai l'honneur de présenter à la Classe des lettres un nouveau travail de M. Dehaisnes, intitulé : Les œuvres des maîtres de l’école flamande primitive conservées en Italie et dans l’est et le midi de la France. Sous ce titre, l'auteur a rassemblé les notes qu'il avait communiquées aux réunions des sociétés artistiques de France. Il a visité Dijon, Beaune, Lyon, Aix, Avignon, Turin, Milan, Venise, Sienne, Bologne, Florence, Rome, Naples, Palerme, Messine et Catane. Au cours de ces tournées artistiques, il a vu des Broederlam, des Roger Vander Weyden, des Memling, des Jean Schoreel, des Gérard David, des Hugo Vander Goes et des Van Orley. Le visiteur étudie, disente les maîtresses œuvres que les musées de ces différentes villes s'enorgueillissent ou se vantent de posséder. Ses appréciations, ses critiques, ses _ jugements portent la marque d'une incontestable compé- tence. : Les personnes qui s'intéressent à l'histoire de la minia- ture flamande liront avec profit les considérations de l’auteur sur les manuscrits enluminés de Lyon, les Heures de Turin, la Somme-le-Roi de Milan, le Missel de Sienne, le célèbre bréviaire Grimaud de Venise, ce chef-d'œuvre de Jean Memling, de Gérard de Gand ou Vander Meire, de Liévin d'Anvers ou Van Laethem et de Jean de Maubeuge. A Dijon, notre confrère trouve des sculptures dues au ciseau de maîtres belges. Cu. Pior. RAPPORTS. La Classe entend la lecture des rapports de MM. Rivier, Lamy et Willems sur le travail de M. Victor Chauvin, intitulé: le Scopélisme. — La Classe vote l'impression de €€ travail dans le Bulletin de l'Académie, après revision par l’auteur dans le sens indiqué par les commissaires. | | ma Het seront également imprimés au Bulletin. 5 CLASSE DES BEAUX-ARTS. Séance du 5 décembre 1891. M. H. Hymans, directeur. Sont présents: MM. Éd. Fétis, vice-directeur ; C.-A. Frai- kin, J. Portaels, Ernest Slingeneyer, F.-A. Gevaert, Ad. Samuel, Ad. Pauli, God. Guffens, Jos. Schadde, Th. Radoux, Peter Benoît, J. Demannez, P.-J. Clays, G. Biot, J. Stallaert, Henri Beyaert, Alex. Markelbach, Max. Rooses, J. Robie, G. Huberti, membres ; Ed. Van Even et Ch. Tardieu, correspondants. M. Max. Rooses, désigné par M. le secrétaire SEE remplit les fonctions de secrétaire. Jo CORRESPONDANCE. La Classe apprend avec un profond sentiment de regret la perte qu’elle a faite en la personne de l'un de ses membres titulaires, M. Jean Rousseau, directeur général au Ministère de l'Intérieur, décédé à Ixelles le 15 novembre dernier. M. le directeur bed à la mémoire du défunt un sin- cère hommage de sympathie et de regrets. ( 518 ) Une lettre de condoléance sera écrite à M™° veuve Rousseau, et le discours funèbre prononcé par M. Hymans, lors des funérailles, sera inséré au Bulletin. M. Tardieu accepte de rédiger, pour l'Annuaire de l'Aca- démie, la notice nécrologique du regretté défunt. M. le directeur se fait également l'interprète des senti- ments de condoléance de la Classe, à l'occasion du deuil qui a frappé l’un de ses membres les plns éminents, M. Gevaert. M. Gevaert remercie. — M. le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique communique une lettre par laquelle le jury du dernier concours de composition musicale propose des modifications à la disposition réglementaire fixant la limite de l’âge de admission des concurrents. M. le Ministre ajoute que cette question intéresse aussi les concurrents des autres concours de Rome. — Renvoi à la Commission dite des Prix de Rome. — Le même haut fonctionnaire transmet le quatrième rapport semestriel de M. Lagae, lauréat du concours de en de 1888. — Renvoi à la section de sculpture. — Hommages d'ouvrages : 1° Louvain et son ar rondis- sement, par Ed. Van Even; 2° Notice sur la vie et les travaux de M. Robert-Fleury; — Remerciements. . — M. Van Beesen envoie, conformément au règlement, = a _la reproduction photographique de son projet d'architee- ce ture couronné au dernier concours d'art appliqué : Colonne — su! Discours prononcé aux funérailles de M. J.-B. Rousseau, membre de la Classe des beaux-arts, par M. H. Hymans, directeur. Messieurs, Il y a moins de six semaines, dans cette même demeure, nous venions nous incliner devant la dépouille d’un homme que la mort enlevait, chargé d’ans, à l'affection des siens. Et ce fut un moment d'émotion profonde, mêlée d'admiration, lorsque le cortège se mit en marche, que Pon vit s’avancer derrière le char funèbre quatre fils, pères eux-mêmes, tous arrivés jeunes aux plus hautes situations du pays : dans les lettres, dans les sciences, dans la magistrature et dans l’armée. Certes, nul de nous ne pensait à ce moment que déjà lange de la mort avait marqué de son sceau le premier-né de cette famille émi- nente, qu’à peine refermée sur le père la tombe allait se rouvrir pour le fils. Telle est pourtant la cruelle, la poignante réalité, et le coup funeste qui enlève à la Belgique un de ses serviteurs les plus distingués, frappe les lettres nationales dans la personne d’un de leurs très rares repré- sentants dont la valeur fût universellement admise. Vous venez d'entendre, Messieurs, de la bouche même du chef du département de l'Intérieur, l'exposé de la brillante et trop courte carrière administrative du défunt. Organe de l’Académie, j'ai pour mission de retracer les rapides et brillantes étapes qui devaient aboutir, pour celui qui n’est plus, à l'honneur d'occuper un siège dans le Premier corps savant du pays. Jean-Baptiste Rousseau était originaire de celle pro- vince de Luxembourg qui a donné à notre pays tant de 3"° SÉRIE, TOME XXII. 37 ( 550 ) citoyens dévoués, tant de travailleurs d'élite. Né à Marche le 5 août 1829, fils d’un homme de science, destiné lui- même aux hautes études, il semblait obéir à une vocation bien décidée, le jour où, vouant toutes ses forces à la culture des beaux-arts, il résolut de se faire peintre. A l’Académie de Bruxelles, il fut, m’a-t-on assuré, un élève studieux. Pourtant le maniement du pinceau ne suffit plus avant peu à défrayer l'activité de ce débutant en qui gisaient les aptitudes d'un critique de haute race. Rousseau avait enfin trouvé sa voie : il mania la plume en artiste, et ses premiers essais littéraires firent sensation. La presse belge ne tarda pas à saluer en lui un de ses représentants les plus autorisés. A Paris même, la finesse de ses aperçus, servie par une rare élégance de forme, lui créait bientôt des succès que peu de nos nationaux ont connus sur cè vaste théâtre intellectuel. Membre de la rédaction du Figaro, à l’époque de la plus grande vogue de ce journal en évidence, il y fit paraître, pendant une dizaine d'années, des courriers hebdoma- daires, réunis plus tard en volumes, et dont la vogue a marqué dans les souvenirs de tous. La Belgique suivait avec intérêt et non sans orgueil les travaux d'un de ses enfants en qui la capitale francaise elle-même n’hésitait pas à reconnaitre un des plus brillants Chroniqueurs du jour. Elle accueillit avec joie son retour, et il ne fut pas un instant douteux que de hautes sue étaient réservées à notre futur confrère. Chargé par le Gouvernement d'importantes missions ~ artistiques en Italie et en Espagne, il rapporta de ses voyages un précieux ensemble d’études, publiées en partie dans le Journal des Beaux-Arts et qui, bientôt, justifièrent ha nomination de leur auteur à la chaire d'esthétique à ( 551 ) l'Académie des beaux-arts d'Anvers. La mort de M. Jules Dugniolle ayant laissé vacante la place de secrétaire de la Commission royale des monuments, Rousseau fut appelé à ces importantes fonctions; nous savons tous combien il sut leur donner de relief. Il les a conservées jusqu’à sa | mort. i Une participation brillante au congrès des arts du | dessin, en 1868, mit puissamment en évidence les vues très larges de Rousseau en matière d'enseignement artistique, et ce fut sans surprise aucune qu’à la mort de M. Van Soust de Borkenfeld, en 1877, on le vit appelé à recueillir, comme inspecteur des beaux arts, la succession de cet éminent et dévoué fonctionnaire. Amené par les exigences de sa nouvelle situation à abandonner le professorat, Rousseau laissait à l’Académie d'Anvers le souvenir d’une carrière brillamment parcou- rue. L'Académie, par l'organe de son administrateur, M. Kempeneers, rendit un publie hommage à la valeur de son enseignement que le Gouvernement voulut reconnaître, à son tour, par la décoration de l’ordre de Léopold. Il est resté du passage de Rousseau par l'Académie d'Anvers une œuvre où se confondent en un tout harmonieux son talent d'artiste et d'écrivain, un parallèle entre les types de la statuaire grecque et les types de l’art moderne. L'auteur y passe en revue les créations artistiques les plus -~ célèbres, appuyées chaque fois d’un commentaire fait pour mettre en vif relief sa parfaite compétence du sujet, formée par l'étude des maîtres. Parues à la veille de l'entrée de leur auteur à la direction des beaux-arts, ces pages avaient Pimportance d’un programme. « L'art grec, disait Rous- Seau, a dû son admirable développement à diverses causes, _ les unes locales et exceptionnelles, les autres générales et ( 552 ) propres à amener des résultats analogues partout où elles se reproduiront. Une des plus importantes à noter dans cette seconde catégorie, c'est que la Grèce n'a pas connu l’art pour l’art, c'est-à-dire sans but et sans utilité. L'art grec a une fonction publique, à la fois civile et religieuse. Il s'attache à reproduire les images des dieux et des héros de la patrie, il décore les places publiques, les temples, les monuments à l'usage de tous. Il est donc fait pour inté- resser lous les citoyens et non seulement pour satisfaire les fantaisies et les caprices de quelques particuliers. De là deux grands élémenis de progrès; il traite des sujets plus élevés et revêt naturellement une forme plus noble. » Inspecteur, directeur, bientôt inspecteur général des beaux-arts, Rousseau ne pouvait manquer, autant qu'il fut en son pouvoir, de faire concourir l’action gouverne- mentale à la mise en pratique de ces vues élevées. Il fut, à bien des reprises, extrêmement heureux dans la forme qu’elles revêtirent. Frappé, comme on l'a vu, de la puissante et radieuse expression du génie des peuples laissée par la sculpture, il contribua, avec une prédilection évidente, à associer cet art aux travaux dont il prit l'initiative, et le brillant essor de la statuaire belge contemporaine est en grande partie son œuvre. La variété et l’étendue des connaissances de Rousseau l'avaient dès longtemps désigné aux suffrages de l'Aca- démie. Ses élections comme correspondant et comme titu- laire se suivirent de près. La dernière est du mois de janvier 1888. Assidu aux séances, notre regretté con- _ frère jouissait parmi nous d'une autorité qu'il devait d’abord à l'élévation de ses vues, et les procès-verbaux de 4 j "i 553 ) la Classe des beaux-arts témoignent de la part active qu'il prit à ses débats. Bien que malheureusement trop courte, la carrière académique de Rousseau a enrichi nos annales de travaux importants. Ses études sur Donatello, sur Léonard de Vinci, sur Angelico de Fiesole sont au nombre des productions les plus élégantes de la littérature belge. Chapitres détachés d’un livre voué à l'étude des. maîtres de la renaissance italienne, nous disait l’auteur, ces feuillets épars sont aujourd’hui tout ce que nous aurons d'une œuvre qui promettait au pays un de ses plus sérieux ensembles littéraires, en même temps qu’elle devait résumer une longue et active carrière d'observations et d'études. Oserai-je le dire ? Les devoirs absorbants de l’adminis- tration, outre qu’ils compromirent la santé de Rousseau, eurent cette autre fàcheuse conséquence qu'ils réduisirent au silence un de nos lettrés les plus délicats. Pour peu qu’on se souvienne des magistrales études d'histoire et d'archéologie insérées tour à tour dans le Journal des Beaux-Arts, dans le Bulletin des Commissions royales d'art et d’archéologie, etc., il est impossible de ne pasdéplorer l'interruption brusque de travaux qui, comme l'histoire de la senlpture en Belgique, promettaient à la littérature nationale des œuvres dont l’inachèvement nous apparaît comme d’autant plus douloureux qu’il évoque le souvenir de la disparition de leur auteur. Mais si notre cœur se serre, Messieurs, à la pensée de tant d'espérances anéanties, si par sa soudaineté même la perte que nous déplorons est deux fois cruelle, la mémoire de notre regretté confrère, inséparable désormais des œuvres où persiste la trace de sa rare intelligence, prodi- guée au service du pays, parle plus haut encore que notre ( 954 ) douleur. Notre dernier et solennel adieu ne s’adresse plus seulement à Fami, au confrère, au collaborateur, mais au citoyen dont le passage de ce monde — où lui-même a connu les plus poignantes douleurs — vers l'éternel repos ne sera, vous en avez autant que moi la certitude, que le commencement d’un souvenir inaltérable pour ceux qui ont été les témoins de son labeur. — ÉLECTIONS. La Classe procède à la nomination de sa section des finances pour 1892. Les membres sortants sont réélus. PROGRAMME DE CONCOURS POUR L'ANNÉE 1895. PARTIE LITTÉRAIRE. PREMIÈRE QUESTION. a Faire l'histoire de l'architecture qui florissait en Belgique pendant le cours du XV° siècle et au commencement du | XVI°, architecture qui a donné naissance à tant d’édifices 4 civils remarquables, tels que halles, hôtels de ville, bef rois, sièges de corporations, de justices, etc. oe Décrire le caractère et l’origine de l'architecture de celle ___ Période, avec dessins et croquis à l'appui. $ DEUXIÈME QUESTION. Ai le rôle de la gravure en taille douce depuis les dernier s perfectionnements de la photographie, et indiquer | “celui da elle peut être anpelie à jouer dans Pavenir. 555 ) TROISIÈME QUESTION. Quel est le rôle réservé à la peinture dans son association avec l'architecture et la sculpture comme éléments de la décoration des édifices ? Déterminer l'influence de cette association sur le dévelop- pement général des arts plastiques. QUATRIÈME QUESTION. Faire, au point de vue musical, l’histoire de la chanson mondaine, française et flamande, à une seule voix, dans les provinces belgiques, depuis le XI siècle jusqu'à nos jours. La valeur des médailles d’or présentées comme prix sera de mille francs pour la première question, de huit cents francs pour la troisième et pour la quatrième, et de six cents francs pour la deuxième question. Les mémoires envoyés en réponse à ces questions doivent être lisiblement écrits, et peuvent être rédigés en français, en flamand ou en latin. Ils devront être adressés, francs de port, avant le 1° juin 1893, à M. le chevalier Edm. Marchal, secrétaire perpétuel, au Epen des Aca- démies. Les auteurs ne mettront point leur nom à leur ouvrage; ils n’y inscriront qu’une devise, qu’ils reproduiront dans un billet cacheté renfermant leur nom et leur adresse. _ Faute, par eux, de satisfaire à à cette formalité, le prix ne Pourra leur être accordé. | _ Les ouvrages remis après le temps prescrit ou ceux dont _ les auteurs se feront connaître, de quelque manière que ce _Soit, seront exclus du concours. ( 556 ) L'Académie demande la plus grande exactitude dans les citations : elle exige, à cet effet, que les concurrents indi- quent les éditions et les pages des ouvrages qui seront mentionnés dans les travaux présentés à son jugement. Les planches manuscrites, seules, seront admises. L'Académie se réserve le droit de publier les travaux couronnés. Elle croit devoir rappeler aux concurrents que les manuscrits des mémoires soumis à son jugement restent déposés dans ses archives comme étant devenus sa pro- priété. Toutefois, les auteurs peuvent en faire prendre Copie à leurs frais, en s'adressant, à cet effet, au secrétaire perpétuel. ART APPLIQUÉ. Peinture. Grand panneau pour une cour d'assises. Les cartons devront avoir 17,40 sur 0™,45. Prix : mille francs. Gravure en médailles. Une médaille commémorative de la mort de S. A. R. le prince Baudouin. L’avers est réservé à leffigie du prince; le revers représentera un sujet allégorique. | Les modèles en cire ou en plâtre devront avoir 0”,50 de diamètre. Prix : six cents francs. _ Les cartons et les projets de médaille devront être remis au secrétariat de l'Académie avant le 4° octobre 1895. AAN # 3 Ta iT NEN ek ne Dae ( 557 ) L'Académie n'accepte que des travaux complètement terminés; les cartons (sur châssis) et les modèles (en plâtre ou en cire) devront être soigneusement achevés. Les auteurs couronnés sont tenus de donner une repro- duction photographique de leur œuvre, pour être conser- vée dans les archives de l’Académie. Les auteurs ne mettront point leur nom à leur travail; ils n’y inseriront qu’une devise, qu'ils reproduiront dans un billet cacheté renfermant leur nom et leur adresse. Faute, par eux, de satisfaire à cette formalité, le prix ne pourra leur être accordé. Les travaux remis après le terme prescrit, ou ceux dont les auteurs se feront connaître, de quelque manière que ce soit, seront exclus du concours. La Classe se constitue en comité secret pour procéder à la discussion des titres des candidats présentés pour les places vacantes, et pour procéder à en de candi- datures nouvelles. PR MS PRE Re RE ee SN Rede MEREN Fu de PEU nu ET 7 FÅ: das ( 558 ) CLASSE DES SCIENCES. Séance du 15 décembre 1891. M. Fézix Prareau, directeur. Sont présents : MM. F. Folie, vice-directeur, P. Van Beneden, le baron de Selys Longchamps, G. Dewalque, Brialmont, Éd. Dupont, Éd. Van Beneden, C. Malaise, A. Briart, Fr. Crépin, J. De Tilly, Ch. Van Bambeke, Alf. Gilkinet, G. Van der Mensbrugghe, L. Henry, M. Mour- lon, P. Mansion, J. Delbœuf, P. De Heen, C. Le Paige, membres ; E. Catalan, Ch. de la Vallée Poussin, associés ; L. Fredericq, A. Renard, Ch. Lagrange, et F. Terby, correspondants. M. C. Le Paige remplit les fonctions de secrétaire. En ouvrant la séance, M. le directeur annonce la perte douloureuse que l’Académie vient de faire en la personne e Jean-Servais Stas, le doyen d’ancienneté de la Classe î des sciences et le trésorier de la Compagnie. De = « L'émotion qui me gagne, ajoute M. Plateau, mem- — pêche de m’étendre sur la valeur etles éminentes qualités de celui que nous pleurons. Je résumerai ma pensée en disant que la Belgique a fait en Stas une perte im- mense; je me réserve de prononcer son Éloge dans notre __plas prochaine séance. En » Je vous propose, Messieurs, de lever la séance, en Signe de deuil, après l'expédition des affaires statutaires. » - (Assentiment unanime.) ` : ~ La Classe apprend aussi avec un profond sentiment de _ regret la mort d’un des associés de la Section des sciences s (D99 ) mathématiques et physiques : l’empereur Dom Pedro d’Alcantara, né à Rio-de-Janeiro le 2 décembre 1825, décédé à Paris le 5 de ce mois. MM. Van Beneden, père et fils, font ressortir les brillantes qualités d’esprit et de cœur dont l'illustre défunt . était doué. CORRESPONDANCE. LL. MM. le Roi et la Reine font savoir qu'Elles se trouvent dans l'impossibilité d'assister à la séance publique de la Classe des sciences. = M. le Ministre de l'Intérieur et de l’Instruction publique regrelte que les travaux parlementaires el la discussion de son budget ne lui permettent pas de s’associer à ladite solennité. « J'eusse été heureux, ajoute-t-il, de pouvoir donner à votre savante Compagnie un témoignage du hant intérêt que je lui porte. » M. le Ministre des Finances et M. le Ministre de la Guerre remercient pour l'invitation qui leur a été faite. JUGEMENT DU CONCOURS ANNUEL Deux Mémoires ont été envoyés en réponse à la ne question du programme pour 1891 : -Déterminer la somme de la série de Lambert : het xr? 7 tn à tr f y l- r Ou, si celle somme west pas exprimable sous forme finie, trouver l'équation différentielle dont elle dépend. ( 560 ) Rapport de M. Catalan, premier Commissaire. Mémoire n° 1 (devise grecque). « L’auteur représente par £ (x) la somme de la série de Lambert : Comme la lettre £ exprime, fort souvent, un logarithme népérien, je crois pouvoir lui proposer de la remplacer FACE Ce mémoire, fort bien écrit (sous le rapport calligra- phique) contient quelques idiotismes, sur lesquels l’auteur s’excuse. On doit les lui pardonner, attendu qu'il paraît être Hongrois. L'auteur ne va pas droit au but. Il démontre, chemin faisant, un certain nombre de théorèmes qui ne se rattachent guère (à ce qu’il me semble) à la question proposée par l’Académie. Il en est ainsi de ceux qui sont contenus dans le paragraphe 3. Au contraire, la figure qui se rapporte à la discussion de A(x), est fort curieuse. Dans les paragraphes 5 et 6, l’auteur se lance dans des calculs et des formules d’une complication telle, que les uns et les autres sont presque illisibles. Dans le para- graphe 2, il donne le théorème d'Euler, exprimé par la célèbre égalité : Ar) — à) (1 — x) (1 — xf)... ms ber rees mm C°) Cette demande s'adresse également à l'auteur du mémoire n° 2. Faisons observer, en passant, que lambda rappelle Lambert. ( 561 ) qu'il a trouvée par induction. Cet intelligent Géomètre n’a donc pas lu l’Introduction à Analyse, ni le Calcul diffé- rentiel de M. Bertrand, ni les Recherches sur quelques produits indéfinis? L'esprit d'invention ne suffit pas : il y faut joindre un peu d'érudition. De l'égalité d'Euler, l’auteur conclut, naturellement, certains théorèmes d’arithmétique connus. En résumé, le Mémoire n° 1 ne résout pas la Question proposée. Mais comme il contient des parties intéressantes, et que l’auteur semble animé du feu sacré, je crois qu’il y a lieu de remettre, au Concours, cette même question. Mémoire n° 2 (citation latine). Ce Mémoire, ou plutôt cette Note, en cinq pages, est un simple programme, qui m'a vivement intéressé : s’il était développé et corrigé, il formerait, je pense, une œuvre remarquable, peut-être digne du prix. L’auteur a eu l'heureuse idée de chercher des relations entre les fonctions de Jacobi et les quantités À(q), À(q?), etc. Je crois que, pressé par le temps, il a commis des fautes de calcul (*). La note se termine par la belle formule x 1 1 sin up MS + F 2 PT en dans laquelle, à ce que je crois : | gee”, i=V—i. p ) En partant de quelques-unes de ces relations, je trouve l'égalité O+gægege. Jets ge 29 g + 2 2 t évidemment fausse. ( 562 ) Cette formule, qui résoudrait partiellement la question proposée, est-elle exacte? Je le souhaite. Quoi qu’il en soit, considérant que l’auteur n’a pas eu, paraît-il, le temps de développer sa note, je demande à la Classe qu’elle veuille bien proroger le Concours. » Rapport de M, P, Mansion, second commissaire. « Le mémoire n° 2, ayant pour devise : Est modus in rebus, sunt certi denique fines, ne contient que cinq pages divisées en deux paragraphes. Dans le premier, l'auteur essaie d'exprimer la série de Lambert x? 5 + ete., — £ au moyen de diverses séries elliptiques données par Jacobi dans les Fundamenta. Mais il n’y réussit pas, comme il l’a reconnu dans une lettre reçue au secrétariat de l'Aca- démie, le 10 octobre 4891 : par suite d'une erreur de notation, il a confondu la série de Lambert avec d’autres développements rg Le second paragraphe n'a qu’une dizaine de lignes : l’auteur y donne, sans démon- stration, el sans en tirer aucune conséquence, une expres- sion de £(x) en intégrale définie. Le mémoire n° 1, porte la devise grecque : Ol ¿v sraûtw TRÉXOVTES névres pev Toéyououv, els DE hara Bdver Tò Boafetov, 5 _ emprantée à un passage célèbre de saint Paul. C'est une _ étude beaucoup plus étendue, où l’on trouve quelques _ résultats nouveaux et intéressants, solidement établis. Das: le premier chapitre (50 pages), l'auteur étudie ( 563 ) d’abord avec grand soin l'infini de la fonction £(x), corres- pondant à x=1. Si x est réel el égal à 1—e, on a, pour € tendant vers 0, pe AE eee) e = — log — E € Si z = (1 — €) (eos LE + isin ar), p et q étant entiers el premiers entre eux, on a de même, dans le cas encore où e tend indéfiniment vers zéro, Var lim — 1. l 1 ik qe: € Il établit ensuite, d’une manière assez compliquée, les propriétés correspondantes des dérivées de {(x). Peut-être, au moyen de la règle de L’Hospital pour la recherche des vraies valeurs des expressions indéterminées (so : c), pourrait-on arriver plus rapidement à ces derniers résultats. Çà et là aussi les démonstrations relatives à _£(a) même nous semblent susceptibles de simplification. _ Armé de ces résultats qui établissent que le cercle de _ Convergence de £(x) est une ligne singulière pour cette _ fonction, l’auteur prouve que £(x) ne peut être exprimé au moyen d'un nombre fini de fonctions élémentaires. Il essaie aussi de démontrer que £(x) ne peut satisfaire à une équation différentielle que si elle est algébrique, d'ordre supérieur au premier et non linéaire. Nous disons : essaie de démontrer, parce nous n'avons pu saisir la force probante des raisonnements contenus dans les para- _ graphes 8-9, rédigés avec moins de clarté que les pe : ee antérieurs. En en ( 564 ) Le deuxième chapitre (22 pages) est moins intéressant que le premier. L'auteur s'y occupe, dans plusieurs para- grap phes et sans que rien semble l’y forcer, d’une série voisine de celle de Lambert, obtenue en multipliant chaque terme de celle-ci par l’exposant de la puissance de x qui y entre. Il rencontre, à propos de cette nouvelle série M(x), le théorème d'Euler signalé par M. Catalan dans son rapport, en rappelle les conséquences arithmétiques et enfin exprime ‚jn (x) au moyen du quotient de deux inté- grales définies compliquées. Il revient ensuite à Ç(x), l'obtient d’abord sous forme d’une intégrale définie très compliquée aussi el très peu maniable, puis sous forme d’une série nouvelle très convergente, enfin comme quotient de deux séries. Ce dernier résultat suggère cette question assez intéressante : n’y aurait-il pas moyen de mettre £(x) sous forme de fraction continue ? Pour terminer, l'auteur cherche empiriquement les cent soixante premiers termes du développement de £ (x) multiplié par tous ses dénominateurs, mais sans pouvoir établir mathématiquement la loi de formation des coeffi- cients de cette série, ni les conséquences arithmétiques qui s’en déduiraient, si elle était prouvée d’une manière absolue. _ Comme on le voit, l’auteur du mémoire n° 4 est un analyste intrépide, qui ne recule devant aucun calcul, si long soit-il; c’est aussi un analyste soucieux de la rigueur, car il a établi avec le plus grand soin les propositions een du début de son mémoire, et ailleurs, là même où il n'a pu réussir à atteindre le but poursuivi, il à indiqué avec précision ce qui reste à démontrer pour y en ae S'il a été moins clair dans ce qui touche à la ( 565 ) question de l'équation différentielle à laquelle £(x) satis- fait peut-être, cela tient sans doute à la nature même du sujet traité et, dans une certaine mesure, à cette circon- stance que l'auteur écrit dans une langue étrangère. Si la seconde partie du mémoire contenait autant de résultats nouveaux et précis que la première, nous devrions proposer à la Classe de lui décerner le prix. Mais comme on la vu plus haut, et comme l’a fait remarquer M. Cata- lan, il n’en est pas ainsi. L'historique des travaux anté- rieurs dont £(x) a été l’objet manque d’ailleurs complète- ment, bien qu’un exposé de ce genre semble le préliminaire _ indispensable de toute étude sur la question. į Tout en signalant l'intérêt que présente le mémoire n° 1, Nous ne pouvons donc, à cause des imperfections dont nous venons de parler, que le mentionner honorablement. - Mais nous proposons à la Classe de remettre la question au concours pour 1895. D'ici à dix-huit mois, le premier Concurrent pourra simplifier et préciser les résulats de son Premier chapitre; il pourra sans doute, dans le second, relier davantage les propriétés de (x) et de $(x), trouver de nouvelles séries ou quotients de séries pour celle-ci ou pour 1 : £(x). Le second concurrent aura le temps de chercher les relations exactes (s'il en existe) _ Entre la série de Lambert et les nombreux développements -analogues contenus dans les Fundamenta; enlin, il pourra _ développer les conséquences de sa formule sommatoire. _ Lerésultat du concours actuel permet d’augurer qu’en 1895 _ la Classe pourra couronner une et peut-être deux mono- . graphies de la fonction si curieuse de Lambert. * M. De Tilly, troisième commissaire, s’est rallié aux appréciations de ses deux honorables confrères. 5e SÉRIE, TOME xxi. La Classe adopte l'avis de ses trois commissaires. En conséquence, le prix n'est pas décerné. Il sera statué ultérieurement sur la proposition de reporter la À tag au programme pour l’année 1895. ÉLECTIONS. Aux termes du règlement général de l’Académie, la Classe procède aux élections pour les places vacantes. __ Les résultats seront donnés dans le compte rendu de la _ séance publique. CLASSE DES SCIENCES. Séance publique du 16 décembre 1891. Le Bureau se compose de : MM. F. Plateau, directeur de la Classe des sciences, G. Tiberghien, président de l'Académie, H. Hymans, directeur de la Classe des beaux- ts et C. Le Paige, membre de la Classe des sciences, ff. de secrétaire. Sont présents : MM. Folie, vice-directeur; P.-J. Van Beneden, le baron de Selys Longchamps, G. Dewalque, E. Candèze, Brialmont, Éd. Dupont, Ed. Van Beneden, _ ©. Malaise, A. Briart, Fr. Crépin, J. De Tilly, Ch. Van Bambeke, G. Van der Mensbrugghe, Louis Henry, M. Mour- ton, P. Mansion, J. Delbeeuf, P. De Heen, membres; E. Catalan, Ch. de la Vallée Poussin, associés; Ch. Lagrange, | L. Errera et F. Terby, correspondants. > Assistent à la séance : Crasse pes LeTTRES : MM. Lamy, vice-directeur; Ch. Potvin, P. Henrard, Al. Henne, membres ; Alph. Rivier, «associé; E. Banning, correspondant, CLasse pes BEAUX-ARTS: MM. Félis, vice ieunes _C-A, Fraikin, Ernest Slingeneyer, F.-A. Gevaert, G. Guf- fens, J. Demannez, Gustave Biot, membres. = M. Le Paige proclame le résultat du concours et des élections : CONCOURS ANNUEL DE LA CLASSE 1891. Deux mémoires ont été envoyés en réponse à à la pre- mière question du programme de concours de l'année = nn ( 568 ) Cette question était libellée de la manière suivante : Déterminer la somme de la série de Lambert: 2 3 x Ha een, tojo y 1x Ver ou, si celle somme n’est pas exprimable sous forme finie, trouver l'équation différentielle dont elle dépend. Le premier de ces mémoires porte pour devise : Ot sy stadt T TPE EY OVTEG TAVTEC Ley TRÉYOUTLY, els dE XauBaver TC BoaBeïov. Le second : Est modus in rebus, sunt certi denique fines. La Classe, ratifiant les conclusions de ses commissaires, décide qu’il n’y a lieu de couronner aucun de ces mémoires. Elle examinera ultérieurement la proposition des rap- porteurs, de porter la question au programme pour lan- née 1893, afin que les concurrents puissent produire une œuvre plus complète. ÉLECTIONS. Dans le courant de cette année, la Classe a eu le regret de perdre : le secrétaire perpétuel de l’Académie, J.-B. Liagre; trois de ses membres titulaires : Michel Steichen, Edouard Mailly et Jean-Servais Stas, ainsi que trois de ses associés étrangers : le général Ibanez, Guillaume Weber et l’empereur Dom Pedro d'Alcantara. Ont été élus dans la section des sciences mathématiques el physiques: membres titulaires, sauf approbation royale: MM. Charles Lagrange et François Terby, tous les deux -~ Correspondants de l'Académie; correspondant, M. J. Neu- - berg, professeur à l'Université de Liège; associés, M. Simon Newcomb, professeur de mathématiques, U. S. Navy, | Washington, et M. J.-D. Van der Waals, membre me l'Académ iie A sciences d'Amsterdam. ( 569 ) M. Félix Plateau, directeur de la Classe, prend la parole dans les termes suivants : « Messieurs, Aù » Il y a quelques mois, dans la séance générale du 5 mai, nous célébrions le cinquantenaire académique d’un de nos plus illustres membres, d'un de nos confrères les plus aimés, de Jean-Servais Stas, dont le nom, connu dans le monde entier, est synonyme de probité scienti- fique. confrère M. Spring ct moi-même, comme directeur de la Classe des sciences, nous avons, à cette occasion, énuméré les grandes découvertes faites par Stas dans le domaine de la chimie et les inoubliables services qu’il rendit, avec un désintéressement rare, à l’Académie qu’il aimait tant, à SON pays auquel il était si dévoué. » Manifestation plus touchante : nous avons vu une députation de Louvain, sa ville natale, venir apporter au vénérable jubilaire les félicitations de ses concitoyens. | » Dans plusieurs de ces discours se trouve énoncé le Vœu, si éloquemment exprimé par M. Tiberghien, de voir le grand savant « prendre longtemps encore part à nos travaux pour Phonneur de l'Académie et pour la gloire de la pätrie », =» Hélas! ce vœu ne s’est pas réalisé. Stas nous a quittés pour un monde meilleur, où sa belle âme, assoiffée de vérité, jouira enfin de ce qu'elle désirait : Tout savoir, tout comprendre! » La perte que la science belge fait en Stas, — l'auteur des travaux désormais classiques : Sur le véritable poids @lomique du carbone, Sur les lois des proportions chi- » M. Tiberghien, président de l'Académie, notre savant ` miques, sur les poids atomiques et leurs rapports ( 570 ) mutuels, etc., le professeur dévoué qui a formé de si brillants élèves et a su inculquer à tous ses disciples la persévérance que rien ne rebute, l’honnêteté dans la recherche poussée jusqu'au scrupule, l’académicien si bienveillant pour les débutants qu’il encourageait dès qu’il discernait chez eux des aptitudes réelles, — est immense, irréparable. a » La Classe des sciences, voulant témoigner d'une manière solennelle les regrets que lui cause cette mort, à décidé, dans la réunion d'hier, que sa séance publique serait levée en signe de deuil immédiatement après la pro- clamation des résultats des concours et des élections. » N. B. Les discours de MM. Plateau et De Heen, inscrits au pro- gramme de la séance, seront lus dans la séance mensuelle de janvier _ et insérés au Bulletin. Ils portent pour titre : La ressemblance protectrice dans le règne animal. La constilution de la malière et la physique moderne. OUVRAGES PRÉSENTÉS. en Delboeuf (J.). — Comme quoi il n’y a pas d’hypnotisme. Paris, 1891 ; extr. in-8° (12 p.). cratie, t. Fet IT. Paris, 1891; 2 vol. in-8°. o vol. petit in-8° en chungen erster Ordnung, herausgegeben von H. Mase _ Berlin, 1892; vol. in-8°. Laveleye (Émile de). — Le Gouvernement dans la démo- — La monnaie et le bimétallisme international. Paris, 1891; Mansion (Paul). — Theorie der partiellen Differentials- : is _ Mourlon (M. ). — Aa anr géologues. — Sur unc réforme les bibl ] Bruxelles, 1891; (571) Fredericq (Léon). — Revue annuelle de physiologie, 1890 et 1891. Paris; 2 extr. in-4°. Even (Éd. Van). — Louvain et son arrondissement Bruxelles, 1890; vol. in-4° (100 p.). Bernier (Théodore). — Dictionnaire géographique, histo- rique, archéologique, biographique ct bibliographique du Hainaut, nouvelle édition. Mons, 1891; gr. in-8°. De Raadt (J.-Th.). — De heerlijkheden van het land van Mechelen; Duffel, Gheel en hunne heeren. Turnhout, 1890; in-8°. — Les Seigneuries du pays de Malines. Wavre-Notre-Dame et ses seigneurs. Nymègue, 1891 ; in-8°. — Les armoiries de Berthout et de Malines. Malines, 1891; in-8°. Hynderick (Le chev). — De la surveillance Le de la police, discours. Gand, 1891; in-8° (70 p.). Hublard (Emile). — Quelques expériences sur la révi- _viscence du Rotifer vulgaris Oken. Mons, 1891; extr. in-8° (44 p.) =: Verschaffelt (Julius). — Proeve eener Theorie der hygro- scopische bewegingen. Gand, 1891 ; extr. in-8° (29 p.). Stocquart (A). — Sur un cas d’anomalie hyoïdienne chez omme. Bruxelles, 1891 ; extr. in-8° (16 p.). — Rapport du directeur de la première division des Mines sur la situation de l’industrie minérale et métallurgique pen- jd _dant l’année 1890. In-8°. s _ Ministère de l'Agriculture. — Rapports des commissions n médicales provinciales, 4890. In-8° Gann. Archives de biologie. — T. E 4; XI, Set 4. Lièce. Université. — Année académique 1891-92; ouverture solennelle des cours, 15 octobre 1891; discours inaugural et rapport de M. L. Roersch, recteur sortant, Liège, 1891; inge. sie (372) ALLEMAGNE ET ÅUTRICHE-IĪONGRIE. Zeissberg (H. R. von). — Zwei Jahre belgischer Geschichte (1791-1792) IL. Theil; vom Tode Kaiser Leopoldus II. bis zum Ende der Statthalterschaft der Erzherzogin Maria-Christine. Vienne, 1891 ; in- 8e, Kükenthal (Willy). — Verglcichend-anatomische Entwicke- lungsgeschichtliche Untersuchungen an Walthieren, 1. Theil. Jena, 1889; in-4° (200 P. pl). Bertin. Gesellschaft für Erdkunde. — Drei Karten von Gerhard Mercator : Europa Britische Inseln Weltkarte. — Facsimile-Lichtdruck nach den Originalen der Stadtbibliothek zu Breslau. Berlin, 1891 ; in-plano. InnsBrRuck. Ferdinandeum für Tirol. — Zeitschrift, 55. Heft, 1891. _KuaenroRrt. Naturhislorisches Landes-Museum. — Jahr- buch, 21. Heft. — Diagramme der Beobachtungen, von Ferd. Seeland, 1890. Ee Leipzia. Forschungen zur brandenburgischen und preus- sischen Geschichte. — Band I V, 2,1891. MaGpEBourc. Naturwissenschaftlicher Verein. — Jahresbe- richt und Abhandlungen, 1890. Um. Verein für Kunst und Alterthum. — Mitteilungen, Heft 2, 1891. In-4e, AMÉRIQUE. Blake (Clarence). — Boston hospitals. The Boston city- hospital. Boston; 2 br. in-16. : ~- — Influence of the use of the telephone upon the hearing power. Washington, 1888; extr. in-8° (4 p.). _—Reduplication of mucous membrane in the normal tym- panic cavity. Boston, 1890; extr. in-8° (8 p.). ie X 3 B fi s ( 575 ) Bryant (William). — Observations on the topography of È the normal human tympanum. Boston, 1890; extr. in-8° (16 p.). +. . Pierce (George Winslow) — The life-romance of an alge- i braist. Boston, 4891; vol. in-8°. Eo ALBANY. University. — Regents’ Bulletin, n°* 1-7, 1890-91. State library Bulletin, july 1891, and august. B Causrince. Harvard College Observatory. — Annals, B Yol. XXI, 2; XXIV; XXVI, port 4; XXX, 2 FR Hauirax. Institute of natural science. — Proceedings and transactions, vol VII, 4. In-8°. Rio DE Janeino. Instituto historico e geographico. — Revista trimensal, t. LIV, 4. In-8° SALEM. American association for the advancement of science. — Proceedings, 59'® meeting, 1890 SALEM. Esser Institute. — Historical collections, XXV and XXVI. Bulletin, 1889 and 1890. Sao PauLo. Commissao geographica e geologica. — Boletim, n% 1-6, 1889-90 Wasnineton. Naval Observatory. — Observations, 1886. 1-4 WASHINGTON. Smithsonian Institution. — Contributions to knowledge, n° 801. Wasnincron. U. S. National Museum. — Proceedings, vol, XII, 1890. Wasnineron. Historical Association. — Annual report, 1889. = Wasmnçrosx. Surgeon-general’s Office. — Index-catalogue, XXE FRANCE. = Deluborde (Henri) — Notice sur vie et les travaux de _M. Robert-Fleury. Paris, 1891 ; in-4 = Dehaisnes. — Les œuvres des maîtres de l’école flamande _ primitive, conservées en Malie et dans l’est et le midi de la France. Paris, 1891; in-8° (48-p.). E> ( 574 ) | ABBEVILLE. Société d’émulation. — Bulletin, 1890. Mémoires, t. 4%, fase, 1 (in-4°), t. XVII, 2° partie, in-8°. Amers. Académie des sciences. — Mémoires, 1890. "o à Arras. Académie des sciences et arts. — Mémoires, t. XXI, A a 1891. 1. Besançon. Sociélé d’émulation du Doubs. — Mémoires, vol. V, 4890. es Bône. Académie d’Hippone. — Comptes rendus des réunions > = d'octobre 1890. i l Borpeaux. Académie des sciences, belles-leltres et arts. — Actes, 1889. Douai. Société Wann. — Bulletin agricole, 1888. Lite. Université. — Travaux ct mémoires des facultés, n° 4-6. Lille, 1891 ; in-8°, Nancy. Académie de Stanislas. — Mémoires, 1890. | Paris. Ministère de Instruction publique. — Collection de documents inédits sur l’histoire de France, 2° série: Comptes _ des bâtiments du roi, t. HI, 1891. Panis. Société des wers rte — Bulletins ct mémoires, 1889; 2 vol. in 8°. = Parts. Museum d'histoire naturelle. — Nouvelles archives, ame série, t. HI, 4er et 2° fasc. Panis. Observatoire. — Catalogue : fojon observées des bn étoiles, t. H, 1891 ; in-4°. mar Étoiles observées aux instruments méridiens, t. Il, 1891; t 6 in-4e. RE — Rogen. Société libre d’émulation. — Bulletin, 1890-91; oe anke partie. Ehm TT IRLANDE ET COLONIES BRITANNIQUES. Bily (H. H.) — The tribes and castes of Bengal, vol- r HR i, Calcutta, 1891 ; 2 vol. in-8°. , (W. L.). - — À monograph of oriental Be | ADELAÏDE, vol. XIV, ___Loxpnes. Government of India — Scientific results of the second Yarkand mission : Introduction note and map. Aves. 1891; 2 cahiers in-4°. The nautical almanac for 1895. Londres, 1891; in-8°. Society of south Australia. — Transactions, ĪTALIE. . Fogazzaro (Aje Billia (L. M). — Ex oluzione o ereazione? - Turin, 1891: extr, in-8° (26 p.). Paganelli (Atto). Cronologia biblica e i fatti dei due Tobia. Prato, 1892; in-8° (52 p.). _ Rome. Ministerio della istruzione publica. — Le opere di _Galileo Galilei, vol. II. Florence, 1891; vol. in-4°. Pays-Bas. Engelmann (Th.-W.) et Pekelharing. — Onderzoekingen gedaan in het physiologisch laboratorium der utrechtsche : hoogeschool, 4% reeks, I, 2. Utrecht, 1891; in-8°. r Kaiser (Otto). — Die Funktionem der Ganglienzellen des ye _ Halsmarkes. La Haye, 1891; in-8°. (Utrecht : Genootschap voor kunsten en wetenschap). PAYS DIVERS. Luxemsovne Anstitut royal grand-ducal. — Publications, | t. XXI. Observations météorologiques faites à eed we 1884 à 1 888, 5° volume (Reuter-Chomé). De _ SainT-Pérenssoune. Académie des sciences. — Mémoires se de Bulletins pour 1890-91. _— Saaxr-Perenssoune. Physikalisches Central-Observatoriam. _ — Annales 1890, Theil I. In-4°. = Coelho (Joseph-Ramos). — Historia do infante D. Daarte, “rm de El-Rey D. Joào IV, tomo II. Lisbonne, gai vol ( 576 ) En outre, durant l’année 1891, l’Académie a reçu les publications des Sociétés savantes et les recueils dont les noms suivent : Anvers. Académie d'archéologie. — Société de géographie. Société de médecine. — Société de pharmacie. Bruxelles. Académie royale de médecine. — Analecta Bol- landiana. — Annales de médecine vétérinaire — Annales des travaux publics. — Annales d’oculistique. — Association belge de photographie. — Bibliographie de la Belgique. — Ciel et terre. — Commission royale d'histoire. — Commis- sions royales d'art et d'archéologie. — Institut de droit inter- national et de législation comparée. — Moniteur industriel belge. — Presse médicale belge. — Revue bibliographique belge — Sociétés d'Anthropologie, d’ Archéologie, centr ale d'Architecture, de Botanique, d’Électriciens, Entomologique, de Géologie, Paléontologique et d’ Hydrologie, de Géographie, Malacologique, de Microscopie, de Médecine publique, de Numismatique, de Pharmacie, des Sciences médicales et natu- relles. — Société scientifique. Charleroi. Société paléontologique et archéologique. Enghien. Cercle archéologique. Gand. Archives de biologie. — Messager des sciences histo- riques. — Revue de l’instruction publique. — Société de médecine. Liège. L’Écho vétérinaire. — Le Scalpel. — Société d'art el d'histoire du diocèse. — Société des Bibliophiles liégeois. — Société médico-chirurgicale. Louvain. Le Muséon Mons. Cercle archéologique. Namur. Société archéologique. Nivelles. Société archéologique. Saint-Nicolas. Cercle archéologique. _ Tournai. Société historique et littéraire. Berlin. Akademie der Wissenschaften. — Dralha chemi- 5 sche Gesellschaft. — Geodätisches Institut. — Geologische Gesellschaft. — Gesellschaft für Erkunde. — Gesellschaft für Anthropologie, Ethnologie und Urgeschichte. — Gesell- schaft naturforschender Freunde. — Physikalische Gesell- schaft. — Physiologische Gesellschaft. — Technische Hoch- schule. _ Bonn. Vaturhistorischer Verein der preussischen Rheinlande und Wesphalens. Giessen. Gesellschaft für Natur- und Heilkunde. Halle. Vaturwiss. Verein für Sachsen und Thüringen. Iéna. Médic.-naturwissenschaftliche Gesellschaft. Leipzig. Archiv der Mathematik und Physik. — Astrono- mische Gesellschaft. — Beiblätter zu den Annalen der Physik und Chemie. — Zoologischer Anzeiger. Marbourg. Jahresbericht über die Fortschritte der Chemie. à Munich. Akademie der Wissenschaften. — Repertorium - der Physik. Prague. Sociélé mathématique. = Strasbourg. Société des sciences, agriculture et urts de la Basse-Alsace. ou Vienne. A nthropologische Gesellschaft. — Geologische Belehvanaialt Wurzbourg. Ph ysikal.-medizinische Gesellschaft. Diore John Hopkins University. on Academy of arts and science. — Natural history oce y. enok; res. Sociedad cientifica Argentina. Cordova. Academia nacional de ciencias. -o Mexico. Sociedad de historia EA o + N A A i; y s ie : — New-Haven. Journal of sciences and arts ay New-York. American geographical I — Academy of c nces. dn ie A, geen = BE Philadelphie. Franklin Intitute. ee Historical Sonety. jen ( 578 ) Academy of natural sciences. — The american naturalist. — Philosophical Society. — Geological Survey. Rio de Janeiro. Instituto historico e geographico. — Obser- valorio — Sociedade de geographia. Washington. Bureau of education. — Signal office. Copenhague. Videnskabernes Selskab. — Soctélé des anti- quaires. Madrid. Sociedad geographica. — Academia de la historia. Amiens. Sociélé industrielle. — Société des antiquaires. — Société linnéenne du Nord de la Frunce. Caen. Société des beaux-arts. Dax. Sociélé de Borda. Lille: Société géologique du Nord. — Société des architectes. _ Marseille. Société scientifique industrielle. 7 Paris. L’ Astronomie (Flammarion). — Bulletin scientifique ~ dela France et de la Belgique (Giard). — École normale supé- rieure. — Journal de l’agriculture. — Journal des savants. _— Le Cosmos. — La Nature. — Le Progrès médical. — Le Polybiblion. — Moniteur scientifique. — Musée Guimet. — Revue Britannique. — Revue des questions historiques. — Revue politique et littéraire. — Revue scientifique. — Revue _ internationale de l’électricité. — Semaine des constructeurs _ Société nalionale d'agriculture. — Société des antiquaires. — … Société de biologie. — Société des études historiques. — Société ~ géologique. — Société zoologique. — Sociëté de géographie. — | Société Bende — Société philomatique. — Société 5 = anthropologie. — Société météorologique. — en __ Saint-Omer. Société des antiquaires de la Morinie. _ Toulouse. Société franco-hispano-portugaise. — bee istoire naturelle. ( 579 ) T Calcutta. Asiatic Society ef Bengal. — Meteorological. Department. Dublin. /rish As and Dublin Society. Édimbourg. Royal physical Society. Londres. Anthropological Institute. — Astronomical Society. — Asiatie Society. — Chemical Society. — Entomological Society. — Geographicul Society. — Geological Society. — Historical Society. — Institution of mechanical engineers. — _ Institut of british architects. — Institute of civil engineers. _— Institution of Great Britain. — Iron. — Mathematical Society. — Meteorological Society. — Microscopical Society. -— Nature. — Numismatic Society. — Royal Society. — Sta- tstical Society. Montréal. — Geological Survey of Canada. ____Neweastle-upon-Tyne. — Znstitule of mining and mecha- -nical engineers. - Toronto. — Canadian Institute. Brescia. Ateneo. Florence. — Società entomologicu italiana, — Rivista scien- tifico-industriale. — Biblioteca nazionale centrale. Modène. Società dei naturalisti. Naples. Zoologische Station. Palerme. Circolo matematico. ; Pise. Società toscana di scienze naturali. en = Rome. Academia dei Lincei. — Academiu pontificia de nuovi Lincei. — Bulletin del vulcanismo italiano. — Comitato di artigliera e genio. — Ministerio dei lavori publici. — _ Biblioteca nazionale centrale Vittorio Emanuele, — Stazioni «grarie. Turin. Acudemia delle scienze. Delft. École polytechnique. Harlem. Société hollandaise des sciences. da ie Patémslogiihe Varens ng. a Leyde. Maatschappij der nederlandsche letterkunde. - en A _Dierkundige vereeniging. x > Utrecht. rien van kunsten en nn sciences. — Société di i imie. Moscou. Société des naturalistes. Stockholm. Entomologtsk Tidskrift. — _ Arkiv. — Nordiska Museet. Berne. Le droit d'auteur. - Genève. Archives des sciences physiques et naturelles. - - Société de géographie. Zurich. Natu ed Gesellschaft. BULLETIN DE L'ACADÉMIE ROYALE DE BELGIQUE. ee | TABLES ALPHABÉTIQUES B DU TOME VINGT-DEUXIÈME DE LA TROISIÈME SÉRIE. 1891. ~o TABLE DES AUTEURS. | A Š deux mémoires d concours concernant in détermination de la somme de la série de Lambert: rees = +, B ee x ph). — Romerdit pour les-félcitations de L'cadénie au au : ns + sa nomination de € correspondant de l'Institut, 67 Rapports : voir De Braey, De Wu i Bambeke (Ch). — Hommage d'ouvrage, 186. a - Rapports : Grosjean, Massart. et — Hommage d' Oe K Etudes ouralo-alt l si Zi Pit de WD. Babes accordé à n pro, ba ele., 999; pop 381; remercie, u; remet a photographie de ce proj jet, 548. (Éd. Van). — Rapport : voir Cerfontaine, 7 ed TOME xxi. TABLE DES AUTEURS. en (P. J. Van). — Deux Lernéopodiens nouveaux revaeillis, n aux Açores, l'autre sur les côtes du Sénégal, 23; un mot sur _— une bande d'Hyperoodons échoués en pe dans la Tamise, en partie sur les côtes de Normandie, ; un Argule nouveau des côtes d'Afrique, 369; une nouvelle famille pa la tribu des Sehi- __ zopodes, 444; réélu membre de la Commission des finances, A23 Bergmans (Paul. — Rapports de MM. Prins, Vanderkindere et Potvin _ sur son travail intitulé : Étude sur l’éloquence parlementaire belge sous le régime hollandais, 1815-1830 (impression dans le tome ee 3 des Mémoires in-8°), 170 à Bernier (Charles). — Lauréat (second prix en partage) du grand concours de gravure de 1891, 332. Bethune (Le baron Jean, — En ge d'ouvrage, 169. Beyaert (Henri). — Rapports : voir De Braey, De Wulf. ; “Billia (Michelangelo). — Hommage de plusieurs ouvrages, 250, 395, 45; note sur louvrage intitulé : Max oA e la scienza del pensiera, par Alph. Le Roy, 254. p3 Borman (Jean) sculpteur belge. — Voir Even (Ed. Van). _ Bor mans (Stan. en Membre de la Commission spéciale des finances, 2 es eu J.) : 7 Son buste par M. Namur, 4 E Erdee (Van Aj. — Hommage du atas illustré de x _ collection d'œuvres d'art, exposée à Londr 888, par l « so fines arts Club », 250; note sur ce ge par ge Wagener, 263; mention par J. Stallaert, 299. l „Be jabmont (Alexis). — Rééla membre de la Commission des finances, 423. P Briart (Alph. — Rapports : voir Couturieaux (J.), Vincent (G. à. ins (Ém.). à € — Hommage dump. Io nn — Lauréat du concours des cantatés flamandes, 7e ir Rouché Eu “rés de M. Servais, 9; quel sgt eulériennos, Sr — Rapports: 2 TABLE DES roue, 583 Cauchie (Alfred). — Hommage d'ouv rage (2e re de la querelle des ne investitures dans les diocèses de Liège et de Cambrai), 58; note sur : Lamy, 63. Cerfontaine (Paul). — Notes préliminaires sur Porgants i er éveloppement de différentes formes d’Anthozoaires, 2e communi- cati ei Pig rapports sur ce travail par MM. Éd. Van Beneden et F. Plateau, 90, 92, Certes 7 zi Hommage d'ouvrages, 186. Se Cesäro (G.). — Sur les eas dans lesquels deux formes hémiédriques conjuguées ne sont pas superposables. Conditions nécessaireset _ Ee re ge P un polyèdre soit superposable à son image vue miroir plan. Possibilité dans les cristaux d'un genre x PAIA aua es formes conjuguées superposables, quoi- x | que ne possédant ni centre, ni plan de symétrie. Symétries directe n et inverse. Groupe tétartoédrique, non signalé dans le système RE quadratique, 2%; mn sur ce travail par MM. De Tilly, de la r Vallée Poussin Renard, 195, 198, 200; sur certains plans de réfringents qui, he les cristaux biaxes, peuvent, pour une onde _ pleine incidente, donner, outre un cône creux de rayons, un rayon lumineux distinct, 503; rapports sur ee travail par MM. Lagrange et Van der Mensbrugghe, 430, 434. Champy (S.) et Le Clément de Saint-Marcq (le chevalier). — Dépésout un pli eacheté, 84. _ Chauvin Vietor — Lectu e des rapports de MM. Rivier, Lamy et _ Willems sur son travail Heid Le Scopélisme 5 Chestret de Haneffe (Le baron de). — Hommage dou 58, 29. (Mario Lanino. — Annonce de sa mort, 184. f) mmage d'ouvrage (Melostomaces), 186; note TE (Ga briel. — Contributions à balie des fonctions respiratoires du nerf vague, 516; rapports sur ee travail par MM. Léon ss j, 436. = r Vincent (63). En élébra ation de son Bei anniversaire comme TABLE DES AUTEURS. D Dante (Alighieri). — a ville de Ravenne ouvre une souseription pour lui élever un monument De Backer Louis). — Hommage d'ouvrage, 169. ne (Cs. — - Hommage d'ouvrages, 5 3, 361. De Busschere (L en — Hobimage d'ouvra e, 85. - De Ceuleneer (Ad.). — Sur la sinifeation du mot NEGOTIATOR CITRA RIUS (lettre à M. P. Willems), Haen (Victor). — ue mention honorable) du grand concours. de seulpture de Dehaisnes (C.). - Fa veeptón de son diplôme d’associé, 56; hommage d'ouvrage (les œuvres des maitres de Fécole flamande - primitive, conservées en Italie et dans l'est et le midi rd la France 345; note sur ce volume par Ch. Piot, 545. ien SA — nee voir Lagrange et Hoho. mmage d'ou orde! Henri. os ge, 548.. a “Delacre (Maurice. — T bite de la padre de la benzine par l’a du zine éthyle sur l’acétophénone, 470 ; ae de MM. L. Hen et Spring sur ce travail, 427, 430. . — Second es de ge concours de pare ede a gheen d'ouvrages, 84 ‚186. d > = mens de la Commission spéciale des finances: m se dre a re travail par MM. Le dana en et d E TABLE DES AUTEURS. Ee zs (François). — Sur un Poci de génération de la surface a ubique, 35; rapport sur ce travail par MM. Le Paige et Mansion, —_— : , 9; soumet un travail sur la correspondance e homographique e en a les éléments de deux espaces linéaires quelconques, 186. kare : Deruyts (Jacques). — Sur une extension de la loi de réciprocité de M. Hermite, 41; rapport de MM. Le Paige et Mansion sur son tra- o vail (destin à ux Mémoires in-4°) concernant le développement de certaines fonctions algébriques, 441, 442. — Rapports : voir Demoulin, Servais Detroz. — Homm image d'ouvrage, Dewalque (G.). — Rapport: voir Vincent (G. ) et Couturieaux (J.). De Witte (Alph.). — Hommage d'ouvrage, 58. - De Wulf (J.). — Communication au Gouvernement des appréciations e E ANEN D, , 291- g Dierickx (0 mer). — Dépose deux billets cachelés, 360. _ Dirickæ-Du Ca aju (Mme L.1. — Remercie ef le discours ned aux funérailles de J. Du Caju, 291. Du eni (Joseph). — Annonce de sa mort, 173; discours prononcé à -Ses funérailles par H. Hymans ons (S:). — Dépôt aux archives de sa note atie une pipe i tabac hygiénique, 18 Ren Dupon ea — Second } prix du grant e concours de see de pri zi — Rapports : voir Verstraete SE 4 Errera (Paul). — Hommage re (Les Masuirs), 1695 note ce volume En L. Vanderkindere, 169. an met. un mémoire intitulé: Sur dae Aárnnverta ne (Ed. an - Note sur un retable qui se trouve au v illage wu a, en i Suade exécuté par] le ein: belge Jean Borman -o TABLE DES AUTEURS. F „ Faye (H. j; — Hommage d'ouvrages, 3. Ferron (Eug.). — Lecture du rapport de M. De Tilly sur son travail nm le roulement des cylindres, Fétis(Éd.). — Rapport: voir Lampe (L.). _Figazzaro (A.). — Hommage d'ouvrage, > Flatt won). — Soumet une liste de noms de graminées en latin) D pour être traduits dans la langue vulgaire du pays, Sa Folie (Fr.) — Sur les gelées blanches, D sur les rules correctes A _du mouvement de rotation de la ter e, 460; hommage d'ouvrages, vee note cie Hoke correctes dé la nutation initiale), 84, 87. Fraikin(Ch. D — Membre de la Commission spéciale des finances, 554. _Frederichs (J.). — Hom mage d'ouvrage (De secte der Loïsten of Ant- = Werpsche Libertijnen, 152- 1545), 395; note sur ce hbe, par P. Frederieq, 405. Frederieg (Léon). — eend ne sur autotomie chez le se is (imprimées dans le tome XLVI des Mémoires in-8), mmage d'ouvrage, 493. ur: voir Corin (J.), Delsaux E. ) osjean (A). Fredericq (Paul). — Note bibliographique : voir Frederichs (J.). ze Frère-Orban YI: — Accuse res de son diplôme, 56. G : Gallait (Louis). — Inauguration de son monument à Tournai, 299 M. Hymans est remercié pour les paroles qu'il y a prononcées au om de l’Académi t (F.-Aug.). — Membre du jury du grand concours de compo- n nusicale, 10; remercie pour les condoléances de l'Académie ug.) et Lemoine (L.) — rt Luce (Contes P : es du pays wallon), 395; note sur ce volume par le comte „408. TABLE DES AUTEURS. Gomes de Amorim (Francesco', — Annonee de sa mort, 543. __GraftiauiJ.)et Petermann (A. — Soumettent des recherches sur la = composition de l'atmosphère, 493. ; x _ Greuse (Louis). — gea (mention hónorabte) du grand concours de gravure de 1891, : $ Grosjean (Alfred). — ln de MM. Frederieq et Van Bambeke sur son travail (imprimé dans le tome XLVI des Mémoires in-8°) et con- cernant l’action physiologique de la propeptone et de la peptone, _ en 8 + Harlez (Le chev. der. — Les divinités chinoises (lecture), 172; hom- mage d'ouvrage (Les religions de la Chine), 250; note sur ce volume par P. Willems, _ Henne (Alex. — g d'ouvrages, 250. Hennebicq (A.).— Assistait à l'inauguration du monument Gallait, 292. Henrard Paul). — Hommage d'ouvrage, 249; membre de la Commis- a sion spéciale des finances, an — Note bibliographique : voir Phi- _— lippson. _Heéron-Royer. — Hommage d'ouvrages, 3. eid (Louis). — Rapport : voir Delacre. _ Henry (Paul). — Synthèse directe des alcools primaires, 109; avis us _ exprimé sur ce travail par M. Spring, 88. G Fe Hiel (Emmanuel. — Andromeda, drama (vertaald), 344 : Fo Hoek (Aug.). — Hommage d'ouvrage (Liège sous le régime hollan- dais, 1820 à 1830), 58; note sur ee volume par J. Stecher, 62. _ T Hofmann -W. vow. — Célébration de son cinquantième anniver- octorat, 2; remercie l’Académie pour les benen qui sk _ Hoho (Paul) et Lagrange (Eu ug”. — Sur un phénomène lumineux et ealorifique accompagnant l'électrolyse, 205; rapport sur ce travail . = par MM. Van der Mensbrugghe et De Heen, 92, 94. _Houzé (E.). — Hommage d'ouvrage, 3. a “hot (Henri). — Discours prononcés aux funérailles : : de Jos. -Du Caju, 174; de Jean Rousseau, 549; discours (histoire du por- _ trait), 301; est remercié pour les paroles qu'il a percer > l'inauguration du monument Gallait, 292. Ee Hynderick (Le chevalier). — Hommage d'ouvrage, 544. Hubner (Émile). — Aeccuse ae i son ee wE TABLE DES AUTEURS. K se Karolyi (Tibor). — Hommage d'ouvrage, 58. Keymeulen (L. Van). — Hommage d'ouvrage (La Maison Smits’, , 250; _ note sur ce roman par J. Stecher ‚ 258. ; ; Kockerols CARK Coran caion au Gouvernement de l'avis émis = Sur son projet d'itinéraire de voyage comme lauréat du concours Godecharle, 70. be L š Lagae (Jules). -— Demande à pouvoir reproduire un bas-relief atique déc NAN à Rome, 293; envoi à l'examen de son quatrième rapport semestri : Lagrange br — Élu membre titulaire, 568. = Rapports : bide Gesàro (G>, Wattier Lagrange (Eug. i et Hoho Paul). Étude sur un phénomène Jumi al fiqu tl'é lectrolyse, par MN. Van der Mensbrugghe et De Heen, 92, 94. 5 - Rapport de MM. Fétis, Se Stallaert èt z sur ses nouvelles considérations au sujet de 7 des tableau $, ta ny a. Hi. = Discours prononcé aux funérailles de J.-J: Tho sen ; accep g d à RA imännseët. 218, 395, 544; compte de sa mission au congrès des Orientalistes, à iôndies: 45, — Note kien Dem _Cawchie. TABLE DES AUTEURS. Le Br \. — Rapports : voir Baschwitz, Demoulin, Deruyts Jacq. et Fr), Servais. Le Roy (Alph.). — Note bibliographique voir Billia et Lilla. Levieux (Fernand). — g , 68. E e (Mme). — Hommage d'ouvrage, 169. nd t (F:): Hommage d'ouvrage (Saggio storico-eritico sulla | de San dei contratti’, 950; note sur eet opuscule par Ki Alph. Le Roy, 254. Ee HE JE M Mailly ( (Édouard-Nicolas). — Annonce de sa mort, 184; discours prononcé à ses funérailles par F. Plateau, 187; M. Terby chargé de faire sa notice, 422; autobiographie offerte par la famille, 361; _ ie lègue à l’Académie une somme de 10, 000 franes pour la fondation = d'un prix d'astronomie, 492. p Mansion (Paul). — Sur un théorème ss M. Servais, 11; hommages . on d'ouvrages avec notes bibliographiques : 1° tome X de Mathesis, : 84, 86; % Théorie der partiellen TE erna N erster Ordnang 493, 424. — Rapports : voir Anonymes, Demoulin, ri ts (Fr), Servais. — Note bibliographique : voir Rouché et ander (de). — Annonce l'ouverture du 21° Congrès pour la langue et la littérature néerlandaises, 1 Masius (J.-B. N. V.). — Rapports : voir C Gorin (6), Delsaux Ei) en oin (E.). — Hom mmage d'ou ivrages, 186, 361. ze Massart (Jean). — Recherches sur les organi nismes inférieurs, us; rapport sur ce travail par MM. Errera et Van Bambeke, : Maus (Henri). — Réélu membre de la Commission des finances, 15 : Micheels (H 3 — De la présence de raphides dans l'embryon « 'ertains palmiers, 391; rapport verbal sur ce travail par MM. BE EE net et Errera Min tre de l'Agriculture, de l'industrie et des Travaux publies M. a _— Envoi d'ouvrages, 185, 422 _ Ministre de la Justice (M. le). — ‘Hommage d'ouvrage, 394. Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction. m (M. lor. — Envoi d 6, 422, : D à den | nement du ns de la ren m RENEE R 500 TABLE DES AUTEURS. evn (Eus g.) — Hommage d'ouvrages : A. Questionnaire de Folk- lore; ef Bulletin du Folklo ore, 395; notes sur ces publications pe le pas Goblet d'Alviella, 404. ie (Albert de). — Hommage Era ge ; a orel de Westgaver (Albert). — Lauréat (mention o du concours d'art appliqué e. ie (musique), 298 Mortelmans Louis. — Lauréat ( prix en partage) de concours d'art appliqué (musique), 296, 329. PA A — Sur la prédominance et l'extension des dépôts d e supérieur FeR dans la région comprise entre la- Senne si la Dyle, 95; sur la position stratigraphique des gites fossiliféres de Péccène on r au nord de Glabais, près de Genappe, 387. — Rapports : voir Verstraete. = L Nadaillac (Le mar quis de). — Hommage O 169. _ Namur. _ buste en marbre de feu J. Braemt, 177. z aian ). — Hom X, de Mathesis et Ge p édition du Traité de géométrie de MM. ‘Rouché et Camberousse), 84 oc ~ bibli liographiques sur ces volumes par M. Mansion, 86, 192 u correspondant, : neen (Simon). — Élu associé, 568. LL o ~ Observatoire dag de Belgique, à Uccle. - : de fer, Pos voir e DeB mort, 559. ee — Sometent v un travail atita tion de l’a tmo ; e). — TABLE DES AUTEURS. iàn (Martin .— Résultats de ses recherches, faites aux archives de l'État à Venise, concernant Philippe I, a; hommage d'ou- vrage (histoire du règne de Marie Stuart, t. Ier), 398; note sur ee volume par P. Henrard, 399. ot (Ch.). — Membre de la Commission spéciale des finances, 545. — Note Dors voir Dehaisnes. irenne (Henri. — Hommage d'ouvrage (Histoire du meurtre de a Charles a Bon par Galbert de Bruges), 250; note sur ce volume oei 2 : par Aug. Wagener, PES Plateau (J ). — Discours prononcé aux funérailles d'Édouard Mailly, 187; paroles pisse à l'annonce de la mort de J.-S. Stas, 3; © éloge du défunt, 569. — Rapport : voir Cerfontaine. Fe ot in (Charles). — Rapport : voir Bergmans (Paul). ea Prins (Ad.). — Note bibliographique : voir Thiry Fernand). — Rap- l Port : voir Bergmans (Paul. R aa one (Th \, — Membre du jury du grand concours de composition musicale apport: voir Gesàro (G.). Rivista italiana di saaien — Hommage d'ouvrage, 169. ch Louis). — Hommage d'ouvrage, 544; annonce de sa mort, J her . 949; Fe Rombaux Egide). — - Lauréat (ler prix) du grand aari de seutp- _ ture de 1891, 332. si tai me et Comberousse (Ch. de). :— Hommage d'ouvrage _ té de géométrie', 186; note sur ce volume par P. Mansion, : 199. Lo (Jean). — Rapport: voir Lampe(L.\.— Annonce de sa mort, | 547; discours wen à ses funérailles par H. Hymans, | E šo AS Ad’. — Membre du jury du grand concours de composition = | RoN 10; membre de la Commission spéciale des finances, 5 ière es”. - = Lauréat du concours des cantates tes fran ronnée), 333, 344. ). — - Rappons voir De Bracy, De wasr. Er En En TABLE DES AUTEURS. Schindeler (Ém.). — Dépose un pli cacheté, 360. Selys Long gehamps (Le baron Edm’. — Désigné pour À congratlee à M. Cré : Servais Clém). — Sur son théorème « Un cercle concentrique, ete. », par MM. Catalan et PE Š 11; sur les sections cireulaires dans a t: voir Lampe (L.). Smith (John Barker). — Nouvelle méthode pour la pbs ao de la valeur du pain, de la farine, de l’albumine, ete. mmunication), 528; rapport sur ce trav ail par M. Ps 367. Smulders (Charles es). — der second prix du grand eoncours de compo: sit = | Mihtiaitchaire 168. : Fu royale de botanique 4 n Belgique. =- - Annonce la cótėbratiót ] vingt-e , M. Fr. Crépin, 361 Spring (WJ). = Rapports : : voir Delacre (M. ) Henry (Pauls < Smith J.-B): Stallaert J.). — Appelle l'attention de la Classe des beaux-arts _Fouvrage offert par M Van Branteghem, intitulé : Catalogue … greek ie…, 299. — Rapport : voir Lampe (L)- — hs voir Goblet d'Alviella Stas — Annonce de sa mort, 558; paroles € et prononcés par F. Plateau, 538, s o echer FE ; Ta: E Jean Lemaire de Belges, Dit discours. prononcé aux funér les Roersch, 396. T Notes bibliographiques : : voir Hock, us {second prix en partage) du grand cours ne 1801, 332. TABLE DES AUTEURS. T x iE) ). — Sur l'apnerion de pdd nouvelles tacties rouges Pine l'hémisphère austral de Jupiter et sur “es structure de la bande -= septentrionale 4 de cette planète, 378; accepte de rédiger pour l'Annuaire une notice sur Éd. Mailly, 122. élu membre Staate, 568. > xik sur ce volume par Ad. ing 04 Thomas w ze - Rae de MM. pe et Wagener sur son trav ail 0 (J.de Annonces de 55 a 948; discours prononcé à ses funérailles par Th. Lamy, 250; Mgr Lamy accepte de rédiger la _ notice du défunt, 248. Tiberghien (G.). — Hommage d'ouvrages, 57, 249; le nouveau spiri- tualisme (lecture d'un travail imprimé dans le tome XLVI des Ki (CE De) — - Rapports: voir ce Césàro, Ferron, Servais- a EA cn Ae Lx y hg CORRE. TA HE à JAI LUE ce UUE Sd bo ne de 1891 à der Haeghen (D.). — Louriat ee honorable) Pre concours, 5 art rest sde 417. ir e (Léon). — Rapport : voir Bergmans Paul). — — - Note graphique : voir Errera (Paul) Van “es brune (G). — Remet pour l'Annuaire le manuserit de’ sa notice sur Ch. mope a — Rapports: voir Cesäro (6 » agr Lp ) et Hoho (Paul i t(0.). — manie d'ouvrages, 3, 186. r Waals gep ). — Élu associé, ò 5 es ité comme lauréat du p quinquenal d des bean DES AUTEURS. Verstraete (Ém.). — Soumet les notes suivantes, concernant : 4° ie 5 dépôts wealdiens et néocomiens du sud-ouest de la Hesbaye et du sud du Brabant, 3; % la présence de fossiles d’ âge senonien dans : w gravier à Nomu. LITES LÆVIGATA qui sépare le bruxellien s r ce O . Dupont, Briart et Mourlon, 193, 194, 195, 367, Vincent (Jy: = Soui une note intitulée : Citro- stratus et alten tus ( aies dans le tome LII des Mémoires couronnés in-4o), iei; $ rap sur ce travail par MM. Folie et Dewalque, 364, 366. Vincent 6. ) et Couturieaux (J.). — Sur les dépôts de l’éocène moyen et supérieur de la région re entre la Dyle et le chemin de ter de Nivelles à Bruxelles, 521; rapports sur ee travail par MM. De- walque, de la Vallée Poussin et Briart, 437, 439, 440. Vuylsteke (J.). — Délégué de l’Académie au vingt et unième congrè pour la angue et la Meade néerlandaises, 169. 3 WW : Wagener (Aug.). — Rapport : voir imas (P). — Notes bibliogra- — phiques : voir Branteghem (Van), Pirenne. War tier (Ed.). — Soumet un mes intitulé : sur uné nouvelle Re A 4; rapport sur ee travail par Ch. Lagrange, a01. Hans je Précis le tome X des Relations politiques d Pays-Bas a l'Angleterre, 97; membre de la Commission ere des finances , 945. i Weber Évillaume). — Annonce de sa mort, 84. Willems (P. )- — Accepte de rédiger pour l'Annuaire la notice L. Roersch, 394; membre de la Commission spéciale des finances, 545 — Note sen voir Harlez (Ch. det — Rapp Thomas (P.). T fique, 4; rapport sur cette note, Le aux archives, par Ch. Lagrange, 201. — Voir Legs. : B aux-arts. — Voir Concours (grands) ; Prix de Rome ; Concours de la Classe des beaux-arts ; Prix Godecharle; Peinture aen — Notes sur les ouvrages suivanis : R Études ee. hen (W Roy, 954. — - Catalogue i illustré exposée à | Londres, en 1888, par ie o Aug. Wagener, 963 querene de diocèse … = de Liège, ge partie (ALF. CAUCHIE!, par TJ Lamy, 63. — Mélasto- cées (ALF. COGNIAUX), par Fr. Crépin, vres des res de l’école flamande primitive, conservées en Italie et ), par L. Van formules correctes ‘de la nutation liae F. +. par Pau teur, 87. — De secte der Loïsten of Antwerpsche Libertijnen, 1 525-1545 (J. hie cus), par P. Frederieq, 405. — Contes popu- taires du pays wallon (AUG. GITTÉE et J. ae Deere Goblet deed 403. — La migration d boles (le comte a Chine ne (C. er par P. Willems, 957. — Liège sous le e hollandais, 1820 à 1830 Ave. Hocx), par J. Stecher, 62. — Maison soie roman par L. V. KEYMEULEN), par J. Ste Stecher, TABLE DES MATIÈRES. Saggio sonra cnco sulla elassificazione dei contratti (V. Lita), par Alph. Le Roy, 254. — Théorie er partiellen Differentialgleichungen erster Ordnung (P. Mansion’, par l’auteur, . — Mathesis, tome X rt et NEUBERG), par P. Mansion, — À. Questionnaire de Foiklore publié par la Société du Fol- Hen wallon; B. Bulletin du Falkor (EUGÈNE Monseur), par le Š te Eug. Goblet d'Alviella, ; Stuart, G Era Pros. par P. Henra _ du: meurtre de Char … PIRENNE), par Aug. a avec appendice, par J. rate (RoucHé et DE COMBEROUSSE). B P. Mansion, 492, — Cours de droit criminel (FERNAND Tay), par Ad. pa s, 404. illets he déposés par MM. J. Crocq, 2; S. Champy et le, _ehevalier Le Clément de Saint-Marcq, 84; 0. Dierickx et L. Cor-- z bey; 360; Schindeler, 360. à - Biographie. — Éloge de J.-S; Stas par F. Plateau, 558, 569. Discours | prononcés aux Lindrailies g r Mailly par F. Plateau, 187 _J.-J. Thonissen par T.J. L ad z L. Roersch par J. Ste s D de ia Rousseau ea . Hymans 549; de J. Du Caju par Hy , 114. — Voir Monuments J Non biographiques P - Biologie. — Carai (PAUL). Notes préliminaires sur Torga | | tion et le développement de différentes formes d’Anthozoaires (deuxième se ee 198; rapports sur ce travail par _ Éd. Van Beneden et F. Plateau, 90, 92. — M en sur 3 organismes ini 148; TABLE DES MATIÈRES. Synthèse direete des alcools rise 109; avis exprimé sur ce — travail par M. Spring, 88. — Sur H (Jons ier Nouvelle Re méthode pour la enige te de la valeur du pain, see de la farine, de albumine, ete. (deuxième eon 528; rapport sur ce travail par k pring, 367. — PETERMANN (A.) et GRAFTIAU (J.) Soumettent un travail intitulé: ro sur la composition de l'atmosphère, 423. — Voir Ph T Commission chargée de. discuter toutes les questions elie aux prix ; e Rome. Examinera: A. Les critiques parlementaires dont ces concours ont été l’objet, 293; B. La disposition réglementaire fixant la limite d'âge d'admission pour les mêmes concours, 548. — des finances : Classe des sciences, 493 ; Classe des lettres, 545 ; Classe des beaux-arts, 554. — des paratonnerres. Chargée d'examiner un projet d'organisation, à l'Observatoire, d'un service de ENE des coups de foudre en Belgique, 184; son avis sera communiqué à M. le Ministre de se ei démission de M. Valérius, ee _— pour la publication des œuvres des grands écrivains du pays. M Stecher dépose ie tome IV eg ceuvres de Jean Lemaire de Belges, OT. — royale d'histoire. M. Wauters dépose le tome X des Relations À ie des Pays-Bas avec l'Angleterre, 57; liste des ouvrages déposés dans la ous de Piola. _ Concours. — La société d'Émulati ion de re” adresse son pro- _ gramme de concours pour a Concours annuel de la Classe des beaux arts (4891). — Partie lité- | _ raire. Sans résultat, a Suj 5 Projets recus, 296; lauréats, 299, 47; proclamation, 331 ; remer- en cements, 417; M. Van ta, remet la photo couronné, 548; (Musique). Partitions reçues, 293; rapport de la section de ome 294 ; lauréats, 296, 298 ; aep a — 1893. Programm Concours de la es gn Litres (1893). — Programme 50. nation de commissaires, 85; rapports sur m marn P tion de la somme de la série de Lambert : Mere Je T rer z TUR “ré MM. Catalan, Mansion et De m 360, 562 565; proclamation, cours (grands). Prix d ‘Rome. — La cominission gen les prix de _Romeest chargée d'examiner: À. Les eritiques res dont ces concours ont été lo ‚293; B. La demande de modifier la í 40 Le sue, TOME XXIe RE ee o TABLE DES MATIÈRES. E i | à disposition réglementaire fixant la limite de l’âge d'admission pour =: les mêmes concours, — ARCHITECTURE (1887). Communication au Ministre de l'Intérieur des appréciations : 4° du sixième rapport de M. J. De Wulf, 177 ; 2e des notices avec croquis accompagnant les deuxième et troisième envois réglementaires du même lauréat, 297, — GRAVURE (1891) Lauréats, 332. — MUSIQUE (1891). MM. Gevaert, Samuel et Radoux désignés pour faire partie du jury, 68, 70; lau- réats, 209; proclamation, 331 ; exécution de la cantate de M. Lebrun (er prix, 332. — SCULPTURE (18881. M. Lagae demande à pouvoir reproduire un bas-relief attique découvert à Rom e, 293; envoi à ` l'examen à quatrième rapport du même gen. 548; (1891). : Lauréats, i Concours des cohaies — Lauréats, 292; proclamation, 331; Andro- mède, eantate couronnée de J. Sauvenière, 333; id., traduction par Emm. Hiel, 344. Congrès. — Mgr my rend “papie de sa mission au congrès des Lam 5- Orientalistes, à Londres, 415. — M. Vuylsteke, délégué de l'Académie it =ne et unième congrès pour la langue et la littérature néerlan- a daises, 169. — Neuvième congrès international des Américanistes, à “es (Espagne), en 1892, 544. Crista allographie. — CEsaro (G. ). Sur les cas dans lesquels deux formes iédriques eo Fe. et Suflisantes pour adp poga soit su n 226; rapp MM. De Tilly, de la Vallée Pouesio et Renard, 195, 1 certains plans réfringents qui, dans les cristaux biaxes, peuvent, i -pour une onde pleine et incidente, don nner, outre un € a rayons, un rayon lumineux distinct, 503; wars sur ee travail ~ par MM. Lagrange et Van der Mensbruggbe, 430, 4 < D on: vrages imprimés par MM Bambeke (Van\, 186; Bang a neo. Bethune ile baron J.), 169; Billia, 230, 305, 545; Bran- teghem (Van), 250; Calinon, 3; Castan. 58, 249: Cauchie, 58; Certes, de] se fie baron de: 58, 249 ; Cogniaux, 186; Com- » 169; De Bruyne, 3, 361 ; de Bu sschere, 85; TABLE DES MATIÈRES. nt Dehaisnes, 545; de Jonghe (le vicomte B, 395; Delaborde, 548; Delbceuf, 186, 423 ; Delvaux, 84, 186; Demoor, 186; Demoulin, 85; Detroz, 395; De Witte (A.), 58; Errera (L.), ee Errera (P.), 169: Even (Éd. Van), 548; Faye, 3 ; Figazzaro, 545; Folie, 84; Frédéri 395; Frederieq (L.\, 423; Gittée, 395; Gluge, px Goblet aken (le comte Eug.\, 68; Harlez (Ch. de), 250; Henne , 250; HenrardP.), 2240, Héron-Royer, 3; Hock, 58; Houzé, 3; Hynderich (le chevalier), 544; Karolyi, 58; Keymeulen, 250; Laveleye, 544; Lemoine, 395; ; a Li , _ Pirenne, 250; Rivista italiana di numismatica le Dr), 169; Roersch (L.), 544; Rouché, 186; Selys Longchamps (le baron de), 361; _ Stecher, 57; Teffé (le baron de), 2; Thiry, 395; Tiberghien, 57, 249; _ Van der Stricht, 3, 186; Zeissberg (von), 544. — Medaille offerte par la Société royale belge de numismatique, 169. Ro, Nominations. — CLASSE an SCIENCES. MM. Lagrange et orrespondant; MM. New- ant de l'Institut de France, 67. Bible — Voir Physique. Eloquence parlementaire belge. — Voir Histoire aies P. Ee G He nor paléontologie. — MourLoN (Nice). Sur la rédominance et l'extension des d so de l'éocène supérieur ine et la Dyle, 95; ilifères de l'éveène | ord de 'Glabais, prés de Genappe, 387. — Vie ENT les à Bruxelles, 52; ra a je TABLE DES MATIÈRES. walque, de la Vallée Poussin et Briart, 437, 439, 440. — VERSTRAETE (Em). Soumet diverses notes concernant : 1° les dépôts Pr et. néocomiens du sud-ouest de la Hesbaye et du sud du Brabant, 3; 2 Ja p enee de fossiles d'âge senonien dans le gravier à Nome cett 187; rapports sur ces travau a ro ML en fare à AE 193. 194, 195, 367. — Voir Cristallo- : graphie. Géométrie. — Voir Cristallographie, Mathématiques. H Histoire. — BERGMANS (PAUL. ete de MM. Prins, vandien et Potvin sur son die concernant l'éloquence parlementaire TES SD. ME né dans le` in-8o, ! m. — Pas pelle : VEN (Én. VAN). Sur un retable qui & à ve au village de > Willberga, en Suède, exécuté par le sculpteur e Jean Borman, 71. — HYMANS (Herr. Discours (Histoire du ire des religions. — Harrez (CH. pe). Les divinités chinois (Lecture d’un aperçu de ce travail), 472. Histoire du droit. — Cuauvix (Victor). Lecture des rapports de Riv vier, Lamy et Willems sur son ien intitulé : Le Scopé- = - Duwos IMONT (S3. Dépôt aux archives de sa communication ayant pour En une e pipe à tabac. hygiénique, ae : J e - Vingt-einquième anniversaire de M. Crépin, secrétaire de la Société abe 1% botani arge de p 361. — Célébr: TABLE DES MATIÈRES, M . Mathématiques. — BascHwrTz DEK Papi a ard note sur certaines transformatìons de la série = — F + -` +e, 187; remis en possession de son manuserit, 497. — AFS ES Sur un théo- rème de M. Servais, 9: quelques théorèmes sur les intégrales eulé- _ tiennes, 459. — “DEMOULIN (AL. PHONSE!. Sur la courbure des lignes _d'ordre p, possédant un we multiple d'ordre p — 4, 120; rapport . sur ee travail par MM. Le Paige, Mansion et Deruyts (J \, 89, 90. — Derurrs (FRANÇOIS). Sur un procédé de génération de la surface cubique, 39 ; rapports sur ce travail par MM. Le Paige et Mansion, 4, 5; soumet un travail sur la correspondance homographique entre les éléments de deux espaces linéaires quelconques, 1 DERUYTS sa Sur une extension de la loi de réciprocité de AL; rapports de MM. Le we et Mansion sur son roulement des evlindres, 364. — MANSION (P.*\. Sur un théorème de M. es LL. — SERvAIS (CL.). Sur son théorème « Un cercle e, etc,» par MM. Catalan et Mansion, 19, il; sur les par MM. Le nsior Ge Siar la courbe jes seer aal ques, 493. - Concours de la Classe des sciences, Graphe. et intitulé : bc et alto-stratus, 364, 366. — Voir Com- mission des paratonnerres Monuments. — L. en beam à l'inauguration, 292; M. Hy- mans est remereié pour les paroles aid ya pron oneées: hee - Voir Concours í grand). Prix de Rome TABLE DES MATIÈRES. 2 F - J.-J. Thonissen, 248; L. Roersch, 393; J.-S. Stas, 558; Dom Pedro Il d'Alcantara, 559; G. Gomes de Amorim, 543 ; Jean Rousseau, SAT. Notices biographiques pour l'Annuaire. — M. Van der Mensbrugghe remet łe manuscrit de sa notice sur Ch. ee 185; Mgr remet le manuserit de sa notice sur J.-J. Thoniss 44; "M. Wil- lems rédigera la notice de L. Roersch, 394; M. Terby celle de t Mailly, 422; M. Tardieu celle de Jean Rousseau, 548. Biographie i © Orientalisme. — Voir Congrès, Histoire des religions. . Ouvrages présentés— Juillet, 75; août, 179; octobre, 352; novembre, 417; zeem 570. p Lampe (Louis). Rapport de MM. Fétis, Slingeneyer, proe et Rousseau sur ses nouvelles con ados au pee e ve la en et de la conservation des tableaux, 4117. — Voir es in-8e et intitulé: Notes et conjectures sur Manilius, 408, ilosophie. — TIBERGHIEN (G.). Le nouveau spiritualisme (imprimé dans le tome XLVI des Mémoires in-80), 47 stologie. — CORIN (GABRIEL). Contribution à l'étude des fonctions _ ennn: du nerf vague, 516; rapports sur ce travail par Mi: L Fred rederieq et Masius, 435, 436. - DeLsAux (E.). Sur le rythme muscu , 538; ; rapports sur ce trava par MM. Masias et L. Frederieq, ua, 443. ERRERA „Leo ~ an mémoire gique à distance découverte par Elfving, 85. — Saat Léon. Recherches sur l’autotomie chez le crabe (lecture imprimée dans le . tome XLVI des Mémoires in-8°), 369. — GROSJEAN (LE Dr). Rapport Frederic: et V Van Bambeke sur son | travail Pega T ), intitulé : que de la propeptone et de la peptone ne, 368, 369. - “daan echerches sur les organismes inférieurs, 18; sue oe travail e MM. us Van Bambeke, 92. — A TABLE DES MATIÈRES. lumineux et calorifique accompagnant l'éleetrolyse, 205 ; rapport Sur ce travail par MM. = der Mensbrugghe et De Heen, 92, 94. — Voir Commission des paratonnerres. — ANDROMÈDE, dens couronnée de J. Sauvenière, 333; “traduction en néerlandais par Emm. Hiel, Prix Charles Lemaire. — (Première période, 1891- sas Règlement, 362. id _ Prix du Roi. — Questions pour 1897 et 1898, 1 $ Prix de Rome. — Voir Concours (grands). Sg e ‘Bo ome. íd. Mailly. — Legs de 10,000 franes pour fonder un prix d astronomie, 422. Prix Godecharle. — ARCHITECTURE (1891). Communication au Ministre - de l'Intérieur de l'avis émis sur le projet d'itinéraire de voyage du _ lauréat Kockerols, 10. - (1888). Communication au même Ministre des appréciations du ln rapport du lauréat De Braey, 171. ix Jos n (sixième concours, quatrième période, 1890- -91). gra e, 61. Prix Teirlinck bo période 1892-96. — Programme, 61. D — SCIENCES MÉDICALES. Félicitations à M. Vanlair, 184; remerciements, 360. — SCIENCES NATURELLES (neu- ; ee het Liste double de présentation pour la composition du jury, 3 — SCIENCES SOCIALES (deuxième période). Liste double de présentati n pora apoi ion duj jury, 394, 545. tri al de riode 1888-1890). 4 Prix. décerné à l'œuvre intitulée : “La prin. cesse Maleine, 249. R koe - Voir Histoire des religions. Ss Sciences juridiques. — Voir Histoire du droit. Sciences médicales. — Voir Physiologie.- uipture. — Voir Histoire des beaux-arts. CLASSE cembre (séance publique), 30 56; 3 août, 168; 12 octobre, 218. 9 nn. 393; 7 décembre, $ _— CLASSE DES BEAUX-ARTS : 2 juillet, 67; 6 août, 173; 8 octobre, W; been 298; 25 dd nee ee ), 300; 9i novem- mbre, 5 604 TABLE DES PLANCHES, ETC. Z oologie. — BENEDEN (P.-J. Van). Deux Lernéopodiens nouveaux recueillis, l’un aux Açores, l’autre sur les côtes du Sénégal, 23; sur une bande d'Hyperoodons échoués en partie dans la Tamise, en partie sur les côtes de Normandie, 202; un Argule nouveau des côtes d'Afrique, 369; une nouvelle famille dans la tribu des Schizopodes, 444. TABLE DES PLANCHES ET DES FIGURES. Pages 34, 378, 447-459. — BENEDEN (P.-J. VAN). A. Brachiella Chavesii. Brachiella Chevreuxii (2 planches). — gulus Melita, V. B. (1 planche). — C. Cryptopus Defraneii … — 128-148. — en (PAUL). Organisation et développement différentes formes Onnen 12 figures et 1 a — 228-246. — Cesaro (G.1. Sur l’hémiédrie holoaxe 7 figures) — 920. — CORIN (GABRIEL). Fonctions respiratoires du nerf vague (1 figure). ; — 414, 485, 499, 499. — Deracre (Maurice). Synthèse de la Ben- zine Les l'action du zine-éthyle sur l'acétophénone (4 figu — 540, 541. — eau (E.). Rythme musculaire dans le tétanos strychnique (3 figures). — 121, 122, 124. — DEMOULIN (Alph.). Sur la courbure des lignes ‘ordre p possédant un point multiple d'ordre p-1 (3 figures). — 26, 218. — LAGRANGE (Euc.) er Hono (PAUL). Sur un phéno- 3 figures). — 148-163. — as (JEAN). Recherches sur les organismes inférieurs (6 figures — M6, 118. — en (CLÉMENT). Sur les sections circulaires dans les surfaces du second degré (2 figures). _— 386. — Teresy (F.). Jupiter, 4891. — 526. — Vincent (G.) et Courumieaux (J.'. Sur les dépôts de l'éocène moyen et supérieur de la région comprise -entre la Dy le, et le Ake de fer de Nivelles à aa B (1 figure). WE Rapport de MM. la een de la benzine par Pact ction du zin } hénone TABLE DES MATIÈRES. CLASSE DES SCIENCES, — Séance du 5 décembre 1891. ESPONDANCE. — Legs d e dix ri francs, par feu Édouard Mailly, pour a fondation d'un prix Paströnd e. M. Terby accepte de rédiger, pour l'Annuaire, la notice du dé DE — Remerciements de M. von Hof- mann pour les félicitations à l'occasion de son jubilé. — a e aas i membre de la Commission des acg == yux manuscrits soumis à l'examen kene de Ja Com n spéciale des NCOURS 25 pes SC n RS QUIN x IENGES NATURELLES (neuvième période). — Liste double de candidats pour le choix du jury 424 BIBLIOGRAPHIE. — T ; ze partie ss Differentialgieichungen ‘erster E ung (P Pau ectur en des: rapports de MM. catalan, Mansion et ur les deux mémoires en en réponse à ques à concernant la "M nication au Ministre de batteur et de l'Instruction ue de l'avis émis sur le du Gouvernement, d'instituer à oire un service de statistique des cou ps de foudre e ae jon permanen! paratonnerres pa Lecture du rapport de M Castatan gi Le e Pae, i un travail de M. Baseh- witz concernant la série Z . T L. Henry et Spring, sur un travail de À t of kucno de in Commission spéciale des finance: i - Élog Ardin: dan _ Table des auteurs kend ‘tome XXII de la 3 série des Bulletins 5 > da Me même tome Contribution á „l'élude des geer SrA du nerf pitié par Sur tie dépôts de Péocène moyen et supérieur de la région comprise entre ‘a Dy e et le chemin de Jen de-Nivelles à Bruxelles ; par G. Vincent et uturieaux . Nourelle méthode a détermination quantitative de la va aleur ‘du e la farine, de ab oise etc. ads onde vett vg, par ot bete i > m ht. rythme mtb dans le tétanos strychnique; par le Dr E. elsa y CLASSE DES LETTRES. — Séance du 7 décembre 1891. CORRESPONDANCE. — Moni ai Ke Les gt pe: A associé — Ms" La my . remet pour l'Annuaire le notie r J.-J Thonissen. Neuvièm sp ds international EN probe alt à Huelva (Espagne) — mont cription pour un monument à élever à Dante Alighier vrag 8 bte BIBLIOGRA s des maîtres de cole flamande primit ive consernées en al nv prake lest et lè midi de jie sae (Ms? Dehaisnes), + ee pa ine Droite es ‘des rapports de MM. Rivier, Lamy et Willems sur un travail de x; Titor Chauvin concernant Le Scopélisme CLASSE DES BEAUX-ARTS. — Séance du 3 décembre 1891. ring ns — Mort de Jean-B. Rousseau. M, Tardieu fnan de rédiger pour Fr d ka notice du déf — Remerciements de "M. my ge condoléances exprimées par “j'Académie à ‘la mo rt de _ Mme Gex — ets ae Pexamen : te d'une d roet relative à la fixa- . tion de l'age ð ents pour les prix ML q ida mink =d M. Ligne, Mort du grand e inte win *seuiptu Biaid t la photographie de son projet d’ ee er oe vr wen hee Discours peunon ré aux funérailles de J.- B. Bousseau par H. ‘Hymans. Étection de la Commission spéciale des finan NCOURS ANNUEL, — Programme pour 1893 . CLASSE LES SCIENCES. — Séance du 15 décembre 1891.. Annonce de ad re no J.-S „Stas et de Dom Pedro d'Alcantara CORRESPOND ja séance “publique JUGEMENT, re y ERS ANNDFL (189 4). — Rapports de MM. Catalan, Mansion et i De Filly sur les ES mémoires en he opaa à la question concernant Ja série de Lambert : de … “OUR ret Fa Pitcrozs AUX PLACES TE dns “on Di E NNN CLASSE DES SCIENCES. — Sie publique du 16 décembre 1891. Proclamation du résultat des vers el Fest vba Re a . . binen stig ' ; e dires ed ef es et des figures. i ` . . me > - . 549 554 NE 558 559 565 566 PUBLICATIONS ACADEMIQUES. Depuis la réorganisation, en 1816, eaux Mémoires, tomes aa rare. in-4°,— Mémoires, ee "XX dn Sd ter fasc.; et 24 fasc. (1846-1891); in-4°. — Pri T. par vi olume e à partir den sk mé eerie eme sl-XV (1817-1843); in-4r, — Eer ronnés et Mémoires ad savants étrangers, 10 S XVI. LI Er LI, ter et 24 fase. ; in-4°. — Prix : 8 fr. par heg à gen du tires couronnés, in-8°, t. I-XLV. Prix : plan par vol. e arithmes, par A, Namur et P. Mansion, in-8e. manoda des Mémoires (1816-1857) heal à in-18 Annuaire, 17° à 58me année, 1855-1892; i Bulletins, [re série, tomes 1-X er ss $ I-L; — 5° sér., t. I-XXII, in-8°, — Annexes aux Bulletins de 1854, in-8°. — Prix : 4 fr. os vol. de en des Bulletins : tomes I-XXIII, 1re série (18 52-1856). 4858, in- érie, tomes I-XX (1857- 1866), oo XXI-L (1867- rt erpii académique, 1re édit., 1854, 2e édit, 1874, 5° édit., in 18. Catalogue de la Bibliothèque de l'Académie, {re partie: Sociétés savantes et Recueils pério odiques ; 24e partie : sciences, lettres, arts, 1881 B, Aha in-8°, anniversaire de fondation (1772-1872). 1872 -a À er. in-8°, Monuments de la littérature flamande. OEuvres de Van Maerlant: DER NATUREN BLOEME, tome ler, publié par geerd iy laert, 1869; 1 vol. — Parthonopeus van Bloys, publie par J. Bormans, 4371; 1 vol. Taree 4 der Wysheit, van Jan Praet, publié par J. Bor- Er 1872; 1 des grands écrivains du pays. de cnastcatn, publiées par le ie bag Lettenhove. 4865-1865. 8 vol. in=8", — riivre des-C es de Er gen par le même. 1865, 2 vol — pe ar oniques | de Jehan ee Bel, par L. Pol 1865, 2 vol — Li Ronm. é Van Hasselt. 1866, 2 vol — pits et contes oe dean et degeen a “à dre r Auguste Scheler. 1866, 5 vol. — Li ars d'amo , par J. Petit. 1866-1872, 2 vol. TERR bo, Froi eri banned id a baron eren de Letten- ve. 1867-1 26 vol ; oésies, par Au heler. 1870-1872. 5 vols. Glossaire, par le même. 187 rol. — Lettres de Commines, par | de Lettenhove. 1867, 3 vol — nus de Watriquet de € , par A. Scheler. 1868, 1 vol. — Li afa par le même. 1374, vol. — Bueves de Comm archis, de Eds li Rois, par le même. 1374, 1 vol, — Li Roumans de ferte aus grans piés, par le mème. 1874, Î vol. — Trouvères belg es du XIR au rh uiste par le mème. 1876, 1 vol. — To série, 1879, 1 vol. — Eten stars de Bullion, par même. 1877, 1 vol, — Récits d'u co ciennes (xave siècle), > le baron Kervyn de pia 1877, 1 vol. — Oku- Vres de Ghilicbert de Lannoy, par Ch. Potvin. 1878, 1 vol. — Poésies ee se li Muisis, par Keriya de de an ve. 1882, 2 vol. — OEuvres de Belges, par J. Stecher. 188291, 4 vol. avec notice. megret Guillaume, a À. : Scheler. 1882, c ie nationale. US Fes royale d'histoire, Collection de Chroniques belges inédites, publiées par ordre du came: 85 vol. ek (Voir la liste es la couverture des Chroniques.) à iles des séan ces, 1re serie, avec table (ES . gr pri aver z (1850-1859), 15 vol. in-8°, — 5me EM 15 en Je me série, tomes I-XVII (1875-1891). — Ber penie; pbk Aas aux Bulletins, 17 volumes in-8e, „(air mens ouvertu des Aant t des Comptes rendus.) _ ae Wma